‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 27 sur 553 · PROPORTIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

PROPORTIONS DIVERSES

aussi exacte que celle des montres à cylindre. » (Le contraire est prouvé par l’expérience.)

« La longueur et l’ouverture des palettes doivent varier en raison de l’angle d’oscillation qu’on veut faire décrire au balancier ou au pendule, et non pas en raison du diamètre de la roue, comme on l’a cru jusqu’à présent : toutefois l’écartement des dents reste toujours une des bases de ce principe. »

« Malgré la défaveur qu’on a cherché à jeter sur cet échappement et la légèreté du pendule généralement employé (il est question ici des pendules dites marqueteries et des horloges comtoises ) , l’exactitude de la marche d’un grand nombre de ces pièces est aussi satisfaisante qu’avec les échappements modernes, tant vantés. » (L’angle des palettes de la verge est dans ces pièces, relativement, très -fermé.)

« L’opinion que cet échappement ne souffre pas un pendule aussi lourd à faire mouvoir que les autres échappements est une idée fausse. »

« Le principal but, dans la détermination des principes que je vais poser, est de produire le plus d’effet avec le moins de frottement possible. »

« Je ferai remarquer que, pour réduire les frottements à leur minimum, il faut que l’action de la dent sur la palette, durant l’arc d’oscillation complet, et surtout pendant l’arc complémentaire, se fasse le plus près possible de la ligne qui passe par le centre de l’axe de l’échappement et celui de la roue. »

« L’action que la dent exerce contre la palette influe très-peu sur le frottement des pivots. » (Ceci n’est vrai que pour les pendules et les horloges pourvues de verges très-fermées, car pour les montres le contraire est journellement prouvé par l’agrandissement rapide des trous des pivots.)

A la suite d’une comparaison de deux échappements, l’un système Le Roy, l’autre système Wagner, nous lisons :

« On aura dans le premier, où la verge est plus ouverte, une augmentation de frottement produite tant sur les pointes des dents que sur les pivots de l’axe de la roue, par l’action oblique des palettes sur les dents, pendant le recul de chaque dent, ou pendant l’arc supplémentaire. Il est donc démontré que plus on donnera d'ouverture aux palettes, au delà de ce qu’il faut pour empêcher le renversement, plus on introduira de frottements et par conséquent plus il y aura de perturbation dans la marche des pièces.

ÉCHAPPEMENT A ROUE DE RENCONTRE

« Nous avons vu que les variations de marche, résultant des frottements, sont en raison de l’étendue de ceux-ci. »

« L’obliquité de la face des dents doit varier en raison de l’étendue des arcs, rinclinaison des faces devant être de quelques degrés plus couchée que la moitié de l’arc additionnel » (pris d’un seul côté).

« Je férai remarquer que l’étendue des frottements du bout des dents sur la face des palettes augmente en raison des arcs décrits, circonstance qui est sans remède dans cette application. Cette indication démontre que cet échappement recevrait une application d'autant plus avantageuse que les oscillations seraient plus petites. »

ISO. Il est difficile de comprendre, après ces quelques citations, pourquoi l’auteur auquel nous les empruntons a donné, quant à l’application à la montre, la préférence aux proportions adoptées par Duchemin. Il est évident que l’habile artiste s’est préoccupé, dans son travail, de divers faits observés dans les pendules, et surtout dans les horloges, où l’échappement à palettes est muni d’un pendule. Ainsi, par exemple, ne tient-il pas suffisamment compte du recul, qui, tout à fait insignifiant dans un échappement d’horloge, où l’oscillation totale est de peu d’étendue, devient une cause d’usure et de perturbation excessivement grave dans les montres, où l’amplitude des arcs décrits est environ huit fois plus considérable que dans les horloges.

Nous bornons notre analyse à cette dernière remarque; on comprendra notre réserve vis-à-vis d’un artiste vivant.

Quoique nous ne puissions nous expliquer le choix des données de Duchemin par M. Wagner, nous devons consigner ici que c’est à ce dernier artiste, si connu par ses beaux travaux d’horlogerie monumentale, qu’on doit la théorie géométrique de l’échappement que nous décrivons.

Tableau des proportions adoptées par les auteurs.

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