DETAILS PRATIQUES
869. Nous serons sobres de détails pratiques, les réduisant à ceux tout à fait particuliers à cet échappement. 11 faut admettre que l’horloger qui l’entreprend sait suffisamment bien travailler, et qu’il en a déjà exécuté d’autres. Ces détails feraient d’ailleurs double emploi avec la plupart de ceux si largement donnés, soit dans le chapitre précédent, soit quand nous avons traité des échappements Duplex et à ancre, auxquels nous renvoyons.
De la roue.
870. La roue se fait en laiton bien écroui ou en alliage d’or, d’argent, de cuivre. On la durcit par un recuit approprié. Elle se taille avec la fraise circulaire, ou le plus souvent au couteau ou crochet, comme les
ÉCHAPPEMENT A DÉTENTE
roues de Duplex ou d’ancre. La figure 16, 'planche dixième, nous montre une coupe des deux couteaux qui servent, l’un à vider les pleins et à tailler la face frottante, l’autre à former le revers des dents.
La dent ne doit pas s’appuyer par un angle vif, mais par une petite surface arrondie.
(Revoir les articles concernant les roues Duplex et d’ancre.)
La plupart des artistes se contentent, par mesure de précaution, de graisser d’huile avec un bois les dents de la roue mise en place dans le chronomètre.
Exécution d’une détente-ressort.
871. Le cas le plus délicat qui puisse se présenter est celui du remplacement d’une détente brisée. Alors la position de celle-ci se trouve rigoureusement fixée.
Sur une plaque finement adoucie on transporte avec beaucoup de soin tous les centres de mouvement : trous de pieds, de vis, etc. ; puis on trace toutes les lignes (sur l’outil-à-fendre, s’il est possible) et la direction de la détente. On agrandit avec les précautions voulues le trou de la roue jusqu’à ce que son pignon (qui doit tourner très-rond) entre dans ce trou et puisse s’y mouvoir à frottement assez doux.
Si le pignon est éloigné de la roue, on forme avec le tour-universel, sur la plaque, une creusure où la roue entre et tienne légèrement par le simple frottement des pointes.
La roue mise en place sur le calibre, on y ajuste le plateau pourvu d’un axe ou arbre entrant sans jeu dans le trou agrandi du balancier. Il devient alors facile de vérifier, et au besoin de rectifier la position du petit cylindre de repos (867).
872. De grands soins et de grandes précautions sont nécessaires dans le choix et le travail de l’acier dont on fera la détente, autrement on s’expose à se donner beaucoup de peine sans résultat. L’acier carré anglais, nerveux, et offrant à la cassure un grainé fin, serré et d’une nuance gris d’argent, est assez généralement préféré. On le recuit par les procédés indiqués à l’article Acier, puis on le martelle à petits coups, et seulement dans le sens du plat de la lame. On le revient bleu, et quand il est limé bien carrément et bien plat sur chaque face, on y pointe et on y perce sur l’outil-à-percer-droit les trous du repos, etc., et l’on découpe ensuite la détente à la lime.
Le limage du ressort demande une attention soutenue pour ne pas