EXÉCUTION DE LA DÉTENTE
fatiguer 1a. lame ni la faire gauchir. Il faut varier la position de la détente en limant si l’on veut une lame bien égale, parce que 1a, main a toujours une tendance à pencher un peu d’un côté.
Le ressort ne doit avoir que la force nécessaire. Il doit être sans ondulations et progresser un peu sur son épaisseur en sens opposé au talon.
Le ressort dit à lanterne, c’est-à-dire ouvert au milieu, est une mauvaise chose. L’élasticité des deux lames est rarement pareille; elles sont presque toujours inégalement trempées, inégalement adoucies, et il en résulte que leurs centres de flexion sont rarement sur le même axe.
873. La trempe d’une détente exige non-seulement de minutieuses précautions de la part de l’ouvrier, mais elle demande aussi qu’il possède un peu l’habitude de cette opération pour ne pas fausser la pièce, ou brûler la lame-ressort. On peut tremper avant d’avoir complètement aminci celle-ci et la terminer avec un fer et de la pierre broyée à l’huile.
Chaque échappementier a son procédé de trempe, dont le succès tient surtout à l’habitude acquise. On peut employer l’un de ceux indiqués au n° 496, ou le suivant, qui en est une variété. (Consulter le Guide manuel et le Recueil des procédés pratiques.) ■
On forme avec une feuille de platine une petite boîte oblongue d’un diamètre de 5 à 6 millimètres, mais plus longue] que la détente, et fermée par une extrémité. Elle porte un pied au moyen duquel on la fixe sur un charbon, creusé de telle sorte que la petite boîte est supportée par ses deux extrémités. La détente introduite, on la fait rougir en dirigeant la flamme sur l’enveloppe de platine, et quand tout est bien à point, on fait glisser la détente dans l’huile.
Quelques ouvriers dardent, au préalable, quelques jets de flamme dans l’huile en deux ou trois coups de chalumeau, et prétendent ainsi empêcher le gauchissement de la détente. Nous n’avons jamais expérimenté ce procédé et n’en pouvons rien dire.
Il ne faut pas entourer la détente de poussier de charbon ou de noir animal : des particules de ces matières adhèrent parfois à la lame du ressort, et sont cause qu’en ces endroits la lame reçoit un moindre degré de dureté.
874. La détente terminée et munie de son petit ressort, on y ajuste un repos en acier convenablement entaillé. Si tout a été fait avec soin, il suffira, s’il existe quelques différences de position, de changer un peu l’inclinaison de la face de repos ou sa profondeur, pour que tout soit bien à sa place. Le repos d’acier, vérification et correction faites, sera donné comme modèle au pierriste.
ÉCHAPPEMENT A DÉTENTE
On perce les pieds de la patte de la détente après avoir donné à celleci la bande nécessaire pour la maintenir contre sa vis d’arrêt.
Des pivots et des trous. — Du spiral et du balancier.
875. Les indications qui auraient leur place ici ont été données, et sous les mêmes titres, dans le chapitre III de l’échappement à ancre. Le lecteur doit revoir ces articles, et il est actuellement assez avancé pour savoir de lui-même choisir ce qui est applicable au cas présent.
876. Le spiral isochrone et le balancier compensateur étant absolulument nécessaires à l’échappement à détente, nous renvoyons aux articles de la Troisième Partie de cet ouvrage consacrés à ces deux organes et au réglage.
Seulement nous ferons remarquer tout de suite que la disposition du spiral recommandée par quelques horlogers, parce qu’elle diminue les chances d’arrêt-au-doigt, est celle qui , au point zéro de la tension, place le petit doigt de dégagement comme dans la figure 5 de la planche neuvième, c’est-à-dire de façon qu’il suffise de donner un mouvement peu étendu au balancier pour opérer le décrochement.
Cette indication , quoique suffisante , est vague ; en voici une plus précise.
Le spiral doit tenir le balancier, arrêté au repos, dans une position telle qu’en le faisant tourner à droite et à gauche il décrive le même arc pour laisser échapper d’un côté la détente et de l’autre le petit ressort.
Causes des arrêts et des variations.
877. L’échappement à détente ne souffre aucune médiocrité dans l’exécution. Toutes les causes d’arrêts et de variations proviennent d’imperfections dans le travail ou d’erreurs de principes.
Il est inutile de faire ici la nomenclature de ces causes, que nous avons, du reste, signalées. Tout horloger un peu capable doit être à même de les reconnaître; sinon il faut qu’il se remette à étudiera fond cet échappement avant d’en entreprendre, soit la construction, soit la réparation.
Quant aux défauts inhérents à la nature même du mécanisme, tels que Y arrêt-au-doigt, le galop , le renversement, on a dû les réduire à leur moindre valeur, et ils ne sont à craindre, dans une montre bien faite, que si on la secoue en remuant les deux mains en sens contraire pendant le remontage du ressort moteur, ou si elle est soumise à des
CAUSES DES ARRÊTS ET VARIATIONS
secousses violentes et répétées, telles que celles qui résultent de sauts brusques, du port de la montre dans une poche de vêtement constamment agitée par l’action de la marche ou par une course à cheval, etc. ; mais, nous devons le redire encore une fois, l’échappement â détente ne convient pas à l’usage journalier, il ne convient qu’aux montres destinées aux observations scientifiques, et veut être manié par des mains soigneuses.
Néanmoins , et comme dernière recommandation , nous dirons que l'horloger qui l’a construit doit attacher une excessive importance : — à la vérification des effets de rebondissement et de trépidation , sensibles surtout avec une détente faible; — à l’état du ressort de la détente, qui, plus ou moins bien dirigé dans le sens de la pression sur le repos, plus ou moins droit, plus ou moins renflé ou creusé en travers par l’adoucissage, etc., peut donner lieu à des effets de flexion complexes et imprévus; — à un plot d’arrêt mal placé;— aux vitesses du retour sur ce plot, dont la promptitude change avec les excès de température, etc., etc. En un mot, toutes les fonctions doivent se faire avec une certitude absolue, quels que soient les changements que pourront amener l’âge des huiles et les variations de la température.
878. Nous terminerons en appelant l’attention sur la nécessité d’un parfait équilibre de la détente pivotée; elle est suffisamment démontrée par les expériences rapportées au n° 635, et aussi sur les effets de rebondissement auxquels les détentes appuyées par leur contre-poids sont plus sujettes, quand l’arrêt n’est pas rigoureusement à sa place. Ces effets ont été particulièrement observés dans des chronomètres de poche sans .fusée, et sont attribués, à tort ou à raison, à l’excès de la force qui soulève la détente. Ce qui a conduit à cette conclusion , c’est qu’on a remarqué dans plusieurs de ces pièces, en regardant avec une forte loupe les échappements à contre-jour, que le petit vide entre la détente et son arrêt, résultat du rebondissement, était plus visible quand le ressort moteur était complètement bandé.
Pourquoi la détente d’Arnold a été abandonnée.
879. Dans le système d’Arnold, la pression de la roue au repos a lieu en tendance à allonger la détente ; dans celui d’Earnshaw, cette pression refoule la détente sur son ressort. Ce dernier système a prévalu.
11 offre cependant l’inconvénient, toutes choses égales, d’assurer moins bien la stabilité de la détente: aussi le ressort d’Earnshaw est-il généralement tenu moins souple que celui d’Arnold.