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CHAPITRE IL

PRINCIPES DE L’ÉCHAPPEMENT A ROUE DE RENCONTRE. L’échappement tangent.

I5£. Levée, — Soit ab (fig. 10) la ligne passant par les centres de mouvement de la roue et de la verge; ZY la direction de la force motrice et en même temps le profil du plan qui passe par les pointes des dents. La seule inspection de la figure fait voir que l’échappement ne se trouve à la tangente que quand la face de la palette est placée sur la ligne ab. En effet, la ligne indicative de la direction de la force, ZY, est alors

ÉCHAPPEMENT A ROUE DE RENCONTRE

perpendiculaire à l’extrémité du rayon aq , et par conséquent tangente au cercle pqr.

FiS. 10.

Le recul s’effectue quand la palette, après avoir reçu le choc de la dent, contraint celle-ci à rétrograder. Or, la chute n’ayant lieu que lorsque cette dent a passé la ligne des centres, il s’ensuit que la dent est ramenée en arrière, sous un frottement à rebroussement dont l’intensité diminue à mesure que l’action se rapproche de la ligne ab.

153. Donc : dans l’ échappement à roue de rencontre les frottements , la décomposition de la force et la pression des axes, pendant la levée et le recul; seront d’autant plus considérables que l’action aura lieu plus loin de la ligne des centres et se fera plus obliquement à cette ligne.

La levée se fait à frottement sortant. Le recul 3 au contraire, se fait à frottement rentrant; aussi est-ce dans ce recul que réside le défaut capital de ce mécanisme.

Les échappements à palettes des horloges fonctionnent beaucoup moins obliquement à la ligne des centres que les échappements des montres; c’est pourquoi les premiers se conservent intacts plus longtemps que les seconds.

Tracé «l’un échappement à palettes.

154. La méthode pour opérer ce tracé est basée sur le principe émis par M. Wagner que : « la longueur et l’ouverture des palettes doivent varier en raison de l’angle d’oscillation qu’on veut faire décrire au balancier ou au pendule. »

Soit un échappement d’horloge auquel on veut faire décrire 8 degrés de levée et 6 degrés d’arc supplémentaire.

L’angle d’ouverture des palettes aura en conséquence 14°.

Tirons la ligne des centres AB (fig. 11); à égale distance de chaque

tracé de l’échappement.

côté de cette ligne, menons ses deux parallèles H et X, dont l’écartement mesure l’intervalle qui sépare une pointe de dent de la roue de la pointe suivante, intervalle qui doit, s’il n’est pas connu, être préalablement déterminé.

Du point A , pris pour centre de rotation de l’axe de la verge, et après avoir fait passer par ce point la ligne FG, perpendiculaire à AB, on trace l’angle OAY égal à 3° (1/2 arc supplémentaire) ; puis l’angle CAY égal à 3°+8° ou à 11°. L’angle total OAG est donc ouvert à 14°.

Fig. 11.

Parallèlement à FG on fait glisser une équerre, adossée à une règle, jusqu’au point où l’on trouve l’égalité des deux distances OY et XC. Le point C, ainsi déterminé, fixe l’extrémité inférieure de la palette AC, et

ÉCHAPPEMENT A R. DE R. — PRINCIPES

la position qu’elle occupe à la fin de la levée ; c’est-à-dire quand la dent va lui échapper.

La ligne ED, menée par le point G, perpendiculairement à AB, fait connaître la direction suivie par les pointes des dents de la roue.

Du point A comme centre, avec une ouverture de compas égale àAC, on décrit un arc de cercle qui détermine la longueur de l’autre palette. Quant à la position de la dent qui entre en prise de recul , à l’instant même où commence l’arc supplémentaire, elle est donnée par l’intersection des lignes AO et ED.

De l’ouverture.

ISS. La figure 11 nous représente une verge ouverte à 1A#.

Nous y voyons que la direction de la force motrice va, pour la dent O, de E en D, et pour le recul de H en i, et que par suite la force qui fait rétrograder la roue agit presque perpendiculairement à la ligne AB (ïîgne des centres), dans laquelle se trouve l’axe de la roue. L’action a lieu en sens inverse du mowement de cette roue, repoussée de quelques degrés en arrière. Ce recul n’offre aucun inconvénient, le /eu des engrenages permettant qu’il s’opère sans grande résistance de la part de la roue. D’ailleurs, par suite du peu d’éloignement du point O de la ligne des centres AB, la pression sur les pivots est presque nulle, et la pression exercée par la dent sur la palette se fait par un frottement assez doux ; aussi voit-on peu d’usure aux palettes, à l’endroit de ce recul, dans les échappements d’horloge dont l’angle d’ouverture est de peu d’étendue.

Si l’on cherche la direction des forces pendant la levée, on remarque que la ligne KL (fig. 11) s’éloigne beaucoup plus que H i de la perpendiculaire à l’axe de la roue, et que la pointe de la dent agit beaucoup plus loin de la ligne des centres. Mais comme le frottement de la levée est moins intense que celui du recul (le premier étant un frottement sortant, le second un frottement rentrant), l’échappement est encore, dans ce cas, dans de très-bonnes conditions de durée.

Un exemple nous en est fourni par les échappements à verges trèsfermées des horloges comtoises. Ils s’usent bien moins vite que ceux des montres et peuvent marcher, tout en demeurant suffisamment réglés, cinq ou six années et parfois davantage.

Passant maintenant à l’examen du dessin à droite de la figure \ 2 , où

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