DE L’OUVERTURE
l’angle d’ouverture est porté à 115°, et où la direction des forces est indiquée par les lignes DE, Hi, KL (les mêmes lettres ont été conservées aux mêmes lignes), on remarquera que plus on ouvre les palettes, et plus les angles formés par les lignes Hz, KL et la ligne des centres AB deviennent aigus. Il en résulte que la puissance agit de plus en plus obliquement et que la résistance tend , de plus en plus, à se faire dans le sens de l’axe de la roue; circonstance extrêmement défavorable, parce qu’une plus grande partie de l’effort de l’échappement est supportée par la pointe d’un pivot appuyé contre une plaque inflexible. La roue, prise entre la pointe d’une dent et son pivot inférieur, agit, de plus en plus, comme un levier rigide, arc-bouté par ses deux extrémités. La pression sur les axes, ainsi que la décomposition de force, est considérable; la puissance est en partie paralysée et, en vertu de l’inertie du balancier, la lutte entre les deux forces produit un frottement tel que les palettes, même les plus dures, ne peuvent résister.
Fig. 12.
Concluons, ainsi que l’a fait M. Wagner : « que l’échappement à palettes recevra une application d’autant plus avantageuse que les oscillations seront plus petites. » Et , comme il y a corrélation entre l’arc décrit par le balancier et l’ouverture de sa verge, ajoutons : qu’un échappement de montre sera dans les meilleures conditions de durée, quand son angle d’ouverture ne dépassera pas l’étendue strictement reconnue nécessaire et justifiée par l’expérience.
Elle a fixé le chiffre à 100°, comme terme maximum, ainsi que la
suite va le démontrer. . . ,
ÉCHAPPEMENT A B. DE R. — PRINCIPES
De la levée*
156. La pénétration des dents dans les palettes n’est pas arbitraire, on le sait ; elle dépend de l’ouverture. Il en est de même de la distance de l’axe de la verge aux pointes des dents. Ces pointes vont en se rapprochant de cet axe, à mesure que l’on agrandit l’angle d’ouverture. Pour un angle de 40° (fig. 13), la pénétration ira, environ, entre 1 /7e et 1 /6e de la largeur de la palette, à compter de son extrémité. L’éloignement des dents du corps de la verge sera égal à un peu plus que la distance comprise entre une pointe de dent et la pointe de la dent suivante.
L’ouverture étant fixée à 100°, la pénétration s’arrêtera aux 2/3 environ de la largeur de la palette. L’espace restant entre l’extrémité des dents et l’axe de la verge se réduira, à peu près, entre 1/4 et l/6e de la distance de deux pointes de dent (fig. 12).
Enfin, pour une ouverture de 115° la pénétration ira entre 6/7e* et 5/6e‘ environ ; c’est ce que l’on exprime dans la pratique en disant que la roue prend jusque dans le corps de la verge. Alors la distance de la pointe des dents à la tige du balancier est à peu près de 1/1 0me de la distance de deux pointes (fig. 12).
Les chiffres que nous venons de poser ne sont qu’approximatifs, c’està-dire suffisants. Les chiffres rigoureux seraient inutiles et sans application dans l’échappement qui nous occupe.
157. Ce que nous venons de dire de la pénétration peut s’appliquer, en renversant le rapport, à la largeur des palettes. Cette largeur varie en sens inverse de l’ouverture. (Voir les fig. 11, 12 et 13, tracées sur une distance égale des dents des roues.) Plus l’angle en est ouvert, et plus la largeur des palettes diminue; par suite, la roue agit sur un levier de plus en plus court , et l’impulsion que reçoit le balancier varie en raison de la longueur de ce levier et de la durée de l’action motrice dont il supporte l’effort.
On voit qu’il doit exister un rapport entre la force motrice, la longueur du levier, le poids et le diamètre du balancier, mais que la solution de ce problème échappe au calcul et ne peut être donnée, présentement, que par l’expérience. De savants praticiens fixent pour l’extrême limite de la pénétration, dans la montre ordinaire, les 2/3 environ de la largeur de la palette, et nous ferons remarquer que cette pénétration est précisément celle qui correspond à une ouverture de 100°.