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INCLINAISON DES DENTS

pour cela. C’est toujours au point où commence l’action du recul qu’une palette se pique tout d’abord. Ce point est très-visible à la loupe et même à l’œil nu. Aussitôt qu’une palette est marquée, l’extrémité des dents se déforme, la destruction de l’acier s’opère avec rapidité sur toute la surface frottante, et les variations du réglage deviennent de plus en plus sensibles. La puissance de ce recul se manifeste encore par le prompt agrandissement des trous des pivots, et fréquemment par l’usure de ces mêmes pivots.

Tous les essais d’amélioration qui ont été tentés, tels que : roue en or, roue en acier trempé fonctionnant avec un peu d’huile aux pointes, trous en rubis, etc., ont échoué complètement, par la raison toute simple qu’aucun d’eux ne supprimait les inconvénients du recul, c’est-à-dire du défaut capital de l’échappement.

Il résulte de ce qui précède que l’agrandissement de l’angle d’ouverture favorisant l’étendue et la dureté du recul, il convient de s’arrêter à la limite la plus restreinte fixée par la nécessité, si l’on veut éviter d’augmenter les causes de destruction et par suite l’irrégularité de la marche, qui se produit dans un avenir assez prochain. On a, comme on le voit, d’assez bonnes raisons pour ne pas dépasser, ou du moins de fort peu, le nombre de 100° pour l’ouverture des palettes.

Eucliuaison des dents de la roue.

160. On sait qu’il faut donner aux dents de la roue la plus grande inclinaison possible, afin d’éviter le rebattement de la palette contre la face de ces dents. Les modernes portent cette inclinaison à 35°; nous pensons que c’est à tort , parce que, comme il faut alors, pour éviter le talonnement sur le dos de la dent, dégager beaucoup cette partie, on produira une denture mince et effilée, et dont le peu de force cause de sérieuses difficultés pour obtenir d’abord et pour conserver ensuite la justesse de la roue.

Le dessin occupant la gauche de la figure 12 , page 67, où les pièces représentées ont les proportions convenables, rend toute démonstration superflue.

On fera sagement de s’arrêter à 30°. Cette inclinaison laisse rigoureusement aux dents une solidité suffisante et n’exige pas, au même point que celle à 35°, les soins et les précautions auxquels il serait ridicule de vouloir assujettir les praticiens qui traitent cette partie de la médiocre et courante horlogerie. Néanmoins nous devons reconnaître

ÉCHAPPEMENT A R. DE R. — PRINCIPES

que la denture de la roue, inclinée à 35°, ne présente d’autres inconvénients que la difficulté de la tailler et de la conserver juste.

RÉSUMÉ

161. D’après les articles que nous venons de parcourir, nous savons maintenant que l’ouverture, la pénétration des dents, la levée, l’arc supplémentaire, l’arc total, le plus ou moins de recul, etc., rien n’est laissé à l’arbitraire; tout se lie; il s’agit seulement de déterminer, d’après une base choisie , les rapports proportionnels des différents organes.

Or, du moment qu’il nous est prouvé qu’au delà de l’oscillation totale de 180°, la destruction des surfaces en contact augmente rapidement, ainsi que les causes de variation de réglage (158), nous possédons une donnée précise qui nousguidedansla construction de l’échappement. C’està-dire que : force motrice, poids du balancier, levée, frottements, etc., sont subordonnés à cet arc d’oscillation et doivent être combinés de façon à le produire dans les meilleures conditions mécaniques possibles.

Et pour conclure , nous nous rappellerons que nous avons établi qu’en adoptant 100° pour l’angle des palettes, nous aurons, en outre d’une levée d’environ ffO° : 1° une vibration totale suffisante, puisqu’elle peut aller à 180°, et qu’elle s’accomplira beaucoup plus librement que toute autre plus étendue; 2° l’arc additionnel le plus libre et le plus grand qu’on puisse avoir relativement à celui de levée ; 3° la pénétration aux 2/3, c’est-à-dire au bout d’un levier qui n’est pas assez long pour que la roue maîtrise le balancier, et qui n’est pas assez court pour qu’il se produise un arrêt-au-doigt , ce signe infaillible de l’impuissance de la force motrice en action sur la palette. Tous ces faits notoires, et prouvés I ar la théorie et l’expérience (consulter Le Roy, Sully, Berthoud, Jodin, Lepaute, Tavan, Perron, Duchemin, etc., etc.), suffiraient à démontrer qu’il ne faut, dans aucun cas, dépasser 100°, et si l’on considère que trois ou quatre degrés de plus ajoutés vont faire augmenter dans une progression rapide, non-seulement la pénétration, mais encore la puissance du recul , déjà si considérable et si nuisible même aux verges ouvertes à 100°, on s’étonne que la question de l’ouverture soit encore l’objet de controverses, et que l’on ait, à plusieurs reprises, proposé une levée de 50° pour produire une vibration totale de 170% quand on sait, par l’expérience de plus d’un siècle, qu’on obtient à volonté, avec une simple levée de 35° environ, un arc total de 170° au moins.

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