CHUTE.-— ACCOTEMENTS
le plein adjacent sur la roue occupent moins d’étendue que sur le pignon. Les vitesses étant différentes , l’entrée en prise d’une dent avec une aile a lieu d’autant plus loin en avant de la ligne des centres que le pignon est plus gros , ce qui est cause que cette entrée en prise se fait par des accotements , et même, si la grosseur du pignon est exagérée, l’accotement dégénère en arc-boutement par suite de la butée des extrémités des dents contre celles des ailes.
1121. L’ arc-boutement suspend complètement la marche d’un engrenage.
Les accotements absorbent inutilement une grande partie de la force motrice, occasionnent la destruction rapide des surfaces frottantes, et parfois même l’arrêt de la machine.
Les chutes sont cause aussi d’une perte de force et d’une usure assez prompte, mais à un degré moindre que dans les cas ci-dessus, et elles ne sont pas une cause d’arrêt : d’où nous conclurons , pour les rhabilleurs , que, dans un engrenage , à conditions égales, les chutes sont moins nuisibles que les accotements.
Quelques soins que l’on apporte dans l’application des règles de la théorie à la construction d’un engrenage , l’imperfection des instruments , les inconvénients de la trempe et du polissage des pignons, qui altèrent les formes, sont cause qu’il y a toujours quelques inégalités dans les dentures ; et qu’ ainsi , chaque fois qu’une portion de roue, comprenant un vide et un plein , en rencontre une un peu plus grande du pignon, il en résulte un arc-boutement ou des accotements, et de la chute quand la partie la plus courte est celle du pignon.
On vient de voir plus haut que la chute (modérée) est moins nuisible que les arcs-boutements et que les accotements ; en conséquence, il faut donner à la roue , et en raison des imperfections à craindre , un peu plus de grandeur que celle théorique : le pignon tenant alors du 'petit, l’engrenage roulera avec une plus grande facilité, mais avec un peu de chute (1009).
Il faut user de ce moyen avec beaucoup de circonspection ; car il ne peut pas y avoir de règle qui fixe la limite de cet agrandissement du mobile menant, parce qu’il est essentiellement dépendant des inégalités de division , et par conséquent du plus ou moins de justesse des machines à fendre, à arrondir, etc.
1122. Application pratique. — Si l’on a bien compris les raisonnements précédents, on voit qu’un pignon n’est trop gros ou trop petit que parce que son diamètre primitif est trop grand ou trop court. On peut
TRAITÉ DES ENGRENAGES
donc obtenir un meilleur engrenage d’un pignon trop petit en limant l’aile, suivant une ligne comme B o (fig. 5, planche quatorzième ), ce qui rend le diamètre primitif plus grand.
Il est bien entendu que ce moyen est à l’usage des rhabilleurs, et pour les cas obligés, mais non applicable à la belle horlogerie.
Si le pignon est trop gros , on fait descendre l’arrondi un peu plus bas et en lui donnant la forme a m B nd (fig. 7, planche quatorzième) .
Le diamètre total d’un pignon est, comme on voit, à peu près de grandeur arbitraire , puisqu’il peut être un peu plus grand ou un peu plus petit à volonté , pourvu, toutefois, que la courbe de son excédant ait une forme convenable et qu’elle se termine au point précis où doit commencer le flanc droit, c’est-à-dire le diamètre primitif.
Avantages et inconvénients qu’offre l’emploi des roues et des pignons
très-nombres.
1123. Il convient, dans les ouvrages de précision, de ne pas employer des pignons ayant moins de 10 ailes, puisque c’est seulement à partir de ce nombre , et au-dessus , qu’on peut obtenir une menée uniforme sans frottements rentrants.
Plus une roue ou un pignon est nombré, et moins il y a de différence entre le diamètre total et le diamètre primitif, parce que les dents étant plus étroites l’excédant est moins élevé.
Plus le pignon est nombré , et plus la menée est courte sur chaque aile. L’étendue de cette menée est de 60° pour le pignon de 6, de 4-5° pour le pignon de 8, de 36° pour le pignon de 10, de 30° pour le pignon de 12, et ainsi de suite.
On voit qu’en employant des mobiles de plus en plus nombrés lamenée , n’utilisant qu’une portion de plus en plus réduite de la courbe, de l’excédant, devient de plus en plus courte, et qu’elle arrive presque à n’être qu’un simple attouchement. On conçoit combien alors sont peu sensibles et les frottements et même les défauts d’une ogive mal conformée.
Comme il n’est guère possible de donner dans la pratique une forme rigoureusement exacte aux dentures des montres, on obtient les meilleurs engrenages en nombrant le plus possible les mobiles; règle subordonnée toutefois aux observations qui suivent.
1124. Il y a des limites à la règle que nous venons de poser ; car plus les nombres sont élevés, moins il y a de jour de sûreté entre la dent qui fait son entrée dans un vide du pignon et le revers de l’aile, et plus