ET DES DENTURES QUI V ENGRSSNENT
Grosseur des pignons conformés exactement.
Observations préliminaires.
1125. A l’époque où Camus publia son Traité des engrenages, on n’employait guère que des échappements à recul très-caractérisé. Avec les pignons peu nombrés, la menée se prolonge d’autant plus loin après la ligne des centres que cette menée commence plus près de cette ligne, et il en résulte que, vers la fin de cette menée, les pointes d’ogives, agissant de plus en plus perpendiculairement aux flancs de l’aile, la dent oppose une grande résistance au recul du pignon, ce qui produit la prompte destruction des surfaces frottantes.
1126. Les modèles d’engrenages calculés et dessinés par Camus, pour les pignons de bas nombres, faisaient commencer la menée, et pour les motifs exprimés ci-dessus , assez en avant de la ligne des centres ; mais du jour où les échappements à recul ont été remplacés
TRAITÉ DES ENGRENAGES
par les échappements à repos, il n’a plus éU nécessaire de faciliter un recul qui n’existait plus, du moins au même degré, tandis qu’il devenait important de diminuer le frottement rentrant.
1127. Pour faire sortir de l’état de repos un corps quelconque et le faire entrer en mouvement, nous savons qu’il faut employer une force bien plus considérable que celle qui est nécessaire à l’entretien de ce mouvement (29). Cela entendu, et en remarquant qu’avec l’échappement à grand recul le rouage est dans un mouvement perpétuel , et sensible jusqu’à la roue de centre , tandis qu’avec un échappement à repos les fonctions de ce même rouage se font par des alternatives de repos et de mouvement, on s’aperçoit bien vite que la force motrice a une plus grande résistance à surmonter après chaque repos ; et si cette résistance est compliquée encore par une plus forte adhérence des surfaces et par plusieurs frottements rentrants, une grande partie de la puissance du moteur est paralysée.
1128. Pour diminuer l’étendue et la puissance du frottement rentrant dans les pignons de bas nombres, il faut rapprocher de la ligne des centres ie point où commence la menée : ce que l’on obtient en amincissant l’aile et en élevant la hauteur de l’ogive ; mais alors l’extrémité de l’ogive se trouvant un peu au-dessus du point où atteint l’épicycloïde , la fin de la menée n’est plus tout à fait uniforme, petit inconvénient qui est compensé ici par l’avantage (essentiel pour échappement à repos) de faire commencer la menée aussi près de la ligne des centres qu’il est possible de le faire sans qu’il en résulte d’inconvénient (1117).
1129. Ce qui précède est admis dans la supposition que la denture de la roue est divisée autant pleine que vide , c’est-à-dire que la largeur d’une dent égale la largeur d’un vide entre deux dents. On conçoit très-bien que plus une dent est large et plus son excédant est élevé, puisqu’il emploie de chaque côté une portion plus haute de l’épicycloïde ; mais comme la largeur de la dent doit dépasser de très-peu la largeur du vide (s’il en est autrement on tombe dans le défaut des dents trop épaisses, et par suite dans la nécessité d’éloigner un peu les centres) , la pluralité des artistes , depuis une vingtaine d’années au moins, ont adopté, comme le terme moyen le plus convenable, l’égalité de largeur du vide et du plein.
Nous verrons dans les articles qui suivent quels sont les cas où l’on peut apporter des modifications à cette règle générale.