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PIGNONS DE

de ceux avec lesquels on peut toujours faire commencer la menée sur la ligne des centres. Mais il faut pour cela que l’aile soit très-maigre, c’està-dire que ce pignon ait un peu moins de 1/3 de plein et un peu plus de 2/3 de vide; proportion que Moinet estime en degrés, en comptant 11° pour l’épaisseur de l’aile, et 25° pour la largeur du vide.

La profondeur du vide du pignon est vers la moitié du rayon total.

L’ogive de la roue doit avoir la forme épiclycloïdale, et afin que cette ogive ait une suffisante hauteur, on donne à la denture de la roue plus de plein que de vide.

La hauteur de l’excédant est alors un peu moins des 2/5mc' du diamètre primitif du pignon.

Avec ces proportions, la menée est uniforme et se fait entièrement à partir de la ligne des centres, mais on a fort peu d’ébat dans l’engrenage, et la moindre inégalité des dentures peut engendrer un accotement. Dans le dessein d’éviter ce défaut donne-t-on un plus grand ébat à l’engrenage, il mène alors un peu avant le centre, si ce n’est sur toutes les dents, au moins sur les dents inégales ; et l’on sait qu’il n’est pas rare du tout d’en rencontrer de telles dans les dentures d’horlogerie. Lorsqu’on a besoin de solidité, comme au centre d’une montre, par exemple, il est avantageux de substituer à ce pignon de 10, nécessairement toujours très-maigre d’aile, le pignon de 12, qui, en outre qu’il ne mène pas avant le centre, présente des ailes solides et permet un ébat suffisant pour assurer la rentrée.

1137. Lorsque l’on ne craint pas un peu de menée avant le centre, et qu’on veut éviter la trop grande précision de la rentrée et avoir un peu de force à l’aile, on peut adopter pour les proportions du pignon 1/3 de plein et 2/3 de vide,, et réduire la largeur de la dent; mais il faut toujours lui laisser, pour le moins, autant de plein que de vide (l’excédant est alors un peu plus bas).

Nous ferons observer ici qu’à mesure que s’élèvent les nombres attribués aux pignons, la menée devenant de plus en plus courte (1123), les inconvénients de la fin de cette menée, signalés à propos des échappements à recul (1123), deviennent de moins en moins sensibles, et qu’en conséquence il faut principalement s’attacher à faire disparaître le frottement rentrant,

1138. Observations concernant le pignon de 10. — La grande précision qu’exige l’engrenage de ce pignon, pour qu’il ne soit pas mené avant le centre et qu’il n’ait pas de chute, explique pourquoi on en rencontre si peu qui satisfassent aux conditions théoriques.

TRAITÉ DES ENGRENAGES

Depuis quelque temps il sort des fabriques, même des plus médiocrement réputées, une foule de montres où l’on a prodigué les pignons de 10, et sans que ceux qui les construisent paraissent se douter qu’une confection inintelligente de ces pignons rend complètement illusoires les avantages que l’on se promet d’un nombre plus élevé. Avec ces pignons de 10 mal faits, le frottement rentrant est égal en intensité, si ce n’est en étendue, à celui d’un pignon de 8, et sans qu’ils offrent comme ce dernier une grande sûreté à la rentrée.

1139. Le pignon de 10 est très-employé au centre des montres. Là, la menée sur une aile dure pendant un intervalle de temps de six minutes ; si une partie de cette menée se fait à frottement rentrant, il est bien évident qu’il y a de grandes variations dans la force motrice transmise au régulateur pendant l’écoulement de ces six minutes.

1140. Moinet dit quelque part que les accotements sont à craindre avec le pignon de 10, si l’on tombe dans la faute de tenir les ailes trop maigres. Nous soupçonnons là une erreur typographique, car le défaut d’une aile trop mince est tout entier dans la fragilité et dans la crainte du gauchissement à la trempe. S’il a voulu faire entendre que l’aile maigre était un défaut quand on n’augmentait pas proportionnellement la largeur de la dent, il eût été plus rationnel de dire que les accotements sont à redouter avec une denture de roue trop maigre ; ce qui est vrai, surtout si l’aile est très-mince, car alors l’arrondi descendant très-peu de chaque côté, le rayon primitif est un peu plus long qu’il ne faudrait au pignon, qui est en réalité trop gros lorsque son diamètre total est conforme à la mesure pratique (1122). Ce cas se rencontre assez fréquemment.

IMgnon de 11.

1141. Les avantages que procure l’emploi des pignons de 10 sont encore plus sûrement obtenus avec le pignon de 11. On peut, à ce dernier, et sans avoir à craindre la menée avant le centre, tenir la denture de la roue autant pleine que vide , et donner à celle du pignon un peu plus de 1 /3 de plein et un peu moins de 2/3 de vide, et à l’excédant de la roue un peu moins de 1/3 du rayon primitif du pignon.

Le pignon de 11 étant très-rarement employé, nous n’avons pas jugé utile d’en donner la figure, cette lacune pouvant être aisément remplie au moyen de l’article 1199.

IM Ç no ii de 12.

1142. Le pignon de 12 (fig. 3, planche quatorzième) est réellement

PIGNONS DE 12 ET A U— D E S S ü S.

le premier des pignons de hauts nombres qui, sans laisser appréhender la menée avant la ligne des centres, permet une denture de roue autant pleine que vide, et offre la force désirable de l’aile avec un suffisant ébat ou jeu dans l’engrenage.

On lui donne 2/5 de plein pour 3/5 de vide, c’est-à-dire que le plein est au vide dans la proportion de 2 à 3, ou, en d’autres termes , un vide et un plein étant supposés réunis, et le tout divisé en cinq parties égales, il faut en enlever trois pour former le vide et en laisser deux qui font ainsi l’épaisseur de l’aile. (Voir la figure 3.)

La profondeur du vide doit être un peu moindre que la moitié du rayon primitif du pignon.

La hauteur de l’excédant de la roue doit avoir les 2/7 du rayon primitif du pignon.

Si toutes les règles ont été bien observées, la fine pointe de l’ogive est inutile à la menée, on pourrait émousser légèrement cette pointe, mais il est bon de la conserver par mesure de précaution, et, en outre, parce que la dent conservée entière a une régularité plus flatteuse d’aspect.

Pignon «le 14 et nu-dessus.

11 43. Au-dessus de 12, c’est-à-dire à partir du pignon de là (fig. 2, planche quinzième) , nous négligeons celui de 13, on en verra la raison plus loin, on a toujours le commencement de la menée sur la ligne des centres ; la denture de la roue autant pleine que vide, et celle du pignon un peu plus vide que pleine.

Sauf pour le pignon de là ailes, nous ne donnons pas les figures de la série des hauts nombres au-dessus de 12 ailes, il sera facile de suppléer à leur absence par des dessins faits avec netteté et précision, et ce que l’on a vu jusqu’à présent doit amplement suffire pour exécuter ces tracés.

Nous ajouterons seulement, pour faciliter ce travail, quoique quelques-unes de ces remarques fassent double emploi : qu’on part toujours du premier point de contact pour opérer d’abord la division de la roue, dont on termine de suite les dents ; et qu’on trace ensuite l’épaisseur provisoire des ailes; cette épaisseur est déterminée, en définitive, parla quantité de jour nécessaire entre une dent et l’arrondi de l’aile (o «) ; car on voit qu’en diminuant l'aile, selon z v x, ce jour grandit en raison inverse de l’épaisseur de cette aile.

TRAITE DES ENGRENAGES

On peut enlever aux dents la partie de la pointe de l’ogive inutile

à la menée.

Lorsque les dentures doivent offrir une grande force de résistance, on laisse les fonds des vides arrondis, c’est-à-dire selon la forme indiquée au pointillé en R et en G , (même fig. 2, planche quinzième.)

1144. On a appris par l’article 1124 qu’avec les pignons de hauts nombres la rentrée devient de plus en plus précise, et que cette grande précision des effets peut dégénérer en accotement, surtout par suite de l’agrandissement des trous des pivots. Les nombres élevés offrent en outre, dans l’horlogerie, l’inconvénient de produire des dentures trop fines pour être solides.

On fera sagement de s’arrêter à un terme moyen, c’est-à-dire à la série des pignons de 10 à 18 ailes.

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