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RESSORTS MOTEURS LIBRES

RESSORTS LIBRES I®e 91. A. Philippe.

1232. On a construit, il y a une cinquantaine d’années, des pièces d’horlogerie à mouvement d’heure et de sonnerie où l’un des rouages recevait l’action du moteur et l’aulre était mené par un barillet tournant sous la pression qu’exerçait à l’intérieur de la virole un ressort accroché seulement à l’arbre, et qu’armait constamment, ou par intermittences, un des organes du rouage sur lequel agissait le moteur. On a, plus tard, appliqué ce mode d’entraînement à des rouages de secondes.

Prenant cette conception incomplète pour point de départ, M. A. Philippe eut l’idée de renfler un peu le ressort au point où il s’accroche à la virole, et de faire à l’intérieur de celle-ci quatre cannelures où pouvait s’emboîter le renflement du ressort. Il y tenait assez pour que l’on pût armer complètement le ressort ; et quand l’effort de la main allait au delà, le renflement quittait la rainure qu’il occupait pour glisser à la suivante, où il s’arrêtait avec un petit bruit sec, et qui avertissait que le moteur était complètement remonté.

M. Philippe avait encore imaginé de placer à l’intérieur du barillet un anneau élastique comme ch a (figure A, planche dix-septième) et d’accrocher le ressort à son extrémité. Le ressort s’armait dans le sens indiqué par la ligne et la flèche pointillées, et se tendait de plus en plus tant que l’anneau résistait suffisamment ; passé ce point, il se produisait un petit déplacement de l’anneau.

L’inventeur ne s’arrêta pas là ; il s’aperçut bien vite qu’il suffisait, pour qu’il réalisât dans de meilleures conditions les avantages de ses premières dispositions, de renforcer simplement le tour qui s’appuie à la virole d’un ressort ordinaire, et qu’il en faisait ainsi un nouveau ressort possédant de sérieuses propriétés.

Il est représenté partiellement figure 2 ( planche dix-septième). La portion comprise entre À et B a d’épaisseur environ le double de l’épaisseur générale de la lame, indiquée en f. De B en c, ou environ, la diminution est progressive, et ensuite de c en d, f, etc., jusqu’à l’extrémité intérieure qui s’accroche sur l’arbre, il est d’égale épaisseur.

1233. Dans un rapport fait par M. H. Robert à la Société des horlogers, sur le sujet qui nous occupe, on lit :

« L’arrêtage devient inutile et peut être supprimé..... Nous faisons remarquer le fait sans entrer dans la question .de savoir s’il importe ou non au fabricant de faire une économie de ccttp nature.

DES AllRÊTAGES.

« Cette suppression permet de faire tourner au profit de la hauteur de la lame du ressort la portion de hauteur occupée par l’arrêtage.

« Dans le rhabillage, le ressort libre sera fort utile lorsque l’arrêtage est difficile à faire avec sûreté, en raison du peu d’espace disponible.

« La propriété la plus importante pour M. Philippe est que son ressort remplace le ressort bridé,, et comme lui se développe mieux que le ressort ordinaire. » (Consulter, au besoin, le rapport complet et une notice de l’inventeur daYis la Revue chronométrique, vol. Y.)

Pour notre part, nous ne sommes pas éloigné de voir dans le ressort libre, employé comme l’est le ressort ordinaire, et en vertu de sa propriété de pouvoir remplacer avec avantage le ressort bridé, un excellent élément de régularité. Mais, quoi qu’il en soit, et sans essayer de fixer les limites de ses applications futures, nous aimons à reconnaître que c’est pour l’horlogerie une utile conquête.

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