DES ARRÊTAGES OU ARRÊTS DE REMONTOIR.— DE LA BRIDE
GÉNÉRALITÉS SUR L’ARRÊTAGE.
1234. Dans les pièces d’horlogerie commune, Tonne se préoccupe pas d’une différence de marche d’un certain nombre de minutes en quelques jours, ou de l’été à l’hiver; aussi est-il indifférent qu’elles soient pourvues ou dépourvues d’arrêtages, en ce sens que c’est peine superflue de chercher à réaliser les conditions du bon développement avec des ressorts valant en fabrique de 20 à 30 centimes, et dans des montres qui, lorsqu’elles conservent une certaine régularité de marche, ne la doivent qu’à des compensations de hasard et non au talent de l’établisseur. Il est logique, du reste, que celui-ci, qui trouve bon d’économiser quelques centimes sur le prix d’un ressort, en économise quelques autres qu’il devrait ajouter pour avoir de bons arrêtages. Aussi les horlogers en sont réduits à supprimer les trois quarts de ceux existants, tant ils sont mal conçus, mal exécutés, mal ajustés ; mais la faute en est aux établisseurs et non à l’arrêtage.
Les Américains, qui fabriquent déjà un grand nombre de montres, avaient, dans leurs premières pièces, d’ailleurs très-hautes, supprimé les arrêtages. Sans doute l’expérience leur en a fait comprendre l’utilité, car nous voyons sur un de leurs catalogues, que nous avons sous les yeux, qu’ils les ont rétablis dans la généralité de leurs montres.
Description «le quelques arrêtages.
1235. Le plus communément emoloyé est celui dit à croix de Malle,
ARRÊTAGES DIVERS.
représenté en H, figure 1 ( planche dix -septième). Il est trop connu pour qu’il soit nécessaire de le décrire.
1236. La figure 6 (planche dix-septième) nous le montre modifié par M. H. Robert et destiné aux chronomètres à barillet denté. L’arrêt a lieu à la tangente en v, sur une tête de vis faisant saillie sur la croix de Malte.
1237. La disposition représentée figure 7 est due à M. Racapé; elle est fondée sur le principe de l’arrêtage de* M. Robert, la butée à la tangente. Elle peut se loger dans une moindre épaisseur que celui-ci, mais elle présente un peu moins de résistance dans le doigt d’arrêt.
1238. La figure 12 ( planche dix-septième) est la section d’un barillet pourvu de l’arrêtage Gontard, nom de l’habile horloger qui l’a créé et qui dirige aujourd’hui une importante fabrique de mouvements de montres à Montbéliard.
L’arbre ha n’a qu’un carré en h, et par conséquent se termine en a par un pivot plus long que ceux ordinaires. Sur la face de la bonde c est réservé un épaulement s (fig. 11 et 12), contre lequel se présente la concavité; des dents de la croix de Malte. Ce relief circulaire offre un vide en z, et en avant de ce vide est implanté et se relève de champ une goupille ou doigt t , faisant fonction du doigt d’arrêt ordinaire. Une creusure pratiquée à l’intérieur du couvercle livre passage à l’épaulement et au doigt, et une autre creusure, mais celle-ci sur la face extérieure du couvercle en h (fig. 12), loge la croix de Malte. Ces deux creusures anticipent l’une sur l’autre, comme les cercles d et f, et laissent ainsi entre elles une ouverture n (fig. 11).
La partie centrale du relief circulaire étant creuse, on peut ménager un très-bon ajustement au pivot reçu par le couvercle.
Cet arrêtage, très-solide, offre, en regard de l’arrêtage ordinaire, des avantages palpables et que tout horloger appréciera à première vue.
Voici les deux reproches qu’on lui a adressés :
La petite ouverture peut laisser échapper l’huile ou entrer la poussière.
L’on n’a la ressource d’armer le ressort à volonté, de 1/4, 1/2, 3/4 de tour, qu’à la condition de faire tourner le couvercle dans son dra geoir, et il peut ne pas tourner rond.
La première objection ne nous paraît pas avoir grande importance.
Quant à la seconde, M. Gontard répond que dans beaucoup de cas il suffira de supprimer le crochet de la bonde et d’en ajuster un dans le trou qui est foré du côté opposé, mais aup fous les couvercles des ba-