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DE SA SUSPENSION

De la suspension du pendule.

1299. Les premiers pendules étaient suspendus par une cordelette de matières textiles. Clément, de Londres, remplaça le fil par une lame métallique longue et flexible, et Julien Le Roy compléta l’invention de Clément en employant deux ressorts au lieu d’un. Convenablement espacés, ils empêchent les trépidations ondulatoires de la lentille. C’est la suspension moderne.

Nous ne nous occuperons pas de la suspension à couteau, aujourd’hui complètement abandonnée, sauf pour quelques applications rares et spéciales.

Si on rapproche du centre de rotation le point d’attaque d’un pendule suspendu à des lames longues et flexibles, ces lames reçoivent à chaque impulsion un mouvement d’ondulation d’autant plus marqué que le rapprochement est plus considérable, les lames plus longues et plus flexibles et la lentille plus légère. Il en résulte un raccourcissement accidentel du pendule par les grands arcs d’oscillation, et une cause d’accélération de ces grands arcs sur les petits. On trouve dans ce fait, en partie du moins, l’explication de la régularité relativement assez grande de certains échappements à palettes et à ancre, pourvus de suspension flexible, en soie ou en métal, et de pendules légers oscillant beaucoup ; mais il est clair qu’il ne faut pas chercher un élément de précision dans l’action d’une lame tourmentée outre mesure.

Quelques soins qu’on apporte dans le choix du métal employé et dans le travail, l’on n’est jamais assuré d’avoir deux suspensions identiques; le défaut d’homogénéité du métal, de l’écrouissage, du laminage, de la trempe ne le permet pas. L’horloger qui copiera fort exactement la suspension éprouvée d’un artiste en renom pourra fort bien n’en retirer que des déceptions, s’il ne l’expérimente assez longuement luimême, et ne s’assure que sa force et sa flexibilité sont dans le rapport convenable avec le reste de l’échappement, ce qu’il reconnaîtra dans les épreuves du réglage de précision.

Une lame métallique, qui vient d’être travaillée, est le plus souvent dans un état moléculaire contraint. Il faut qu’elle ait fonctionné un certain temps par différentes températures et sous la dépendance du pendule, pour arriver à un état moléculaire permanent et bien assis. Certaines lames, par suite de défaut dans l’acier, d’un travail brutal qui a corrompu ou énervé l’ordre moléculaire, ou par un mauvais agencement des lames, n’arrivent jamais à cet état. L’exécution d’une suspen-

DU PENDULE. — ISOCHRONISME.

sion destinée à un régulateur exige tous les soins et l’attention dont un horloger est capable. L’ajustement des deux lames doit être parfait dans la double-pince qui doit les serrer sans les tordre et les tendre toutes deux bien d’aplomb ; autrement l’action de l’une contrariera celle de l’autre ; l’axe de flexion présentera une ligne brisée plus élevée sur une lame que sur l’autre. Il en serait de même si les lames étaient d’inégale force, ou inégalement trempées ou revenues, etc. , et le pendule, mal suspendu, aurait en-dehors de son plan d’oscillation des mouvements ondulatoires fort nuisibles. L’axe de rotation de l’ancre et l’axe de flexion de la suspension doivent être en prolongement l’un de l’autre.

Quelques artistes emploient, au lieu des lames en acier, des lames en or allié, préparées comme il est indiqué pour les spiraux en or.

On trouvera quelques autres détails utiles dans le Manuel Roret.

Isochronisme des oscillations du pendule par les ressorts de suspension.

1300. On lit dans le mémoire de Pierre Le Roy ; « La nouvelle observation (concernant l’isochronisme des ressorts) peut être d’un grand secours dans la disposition des pendules, soit petites, soit à secondes, où le pendule est suspendu par un ressort ; en effet, on sent qu’il doit y avoir une longueur dans le ressort de suspension, où toutes les vibrations de ces pendules peuvent être isochrones. »

Ferdinand Berthoud, reprenant pour son compte, et plus de vingt ans plus tard, l’opinion de Pierre Le Roy, a imprimé : « La suspension « à ressort bien construite tend à rendre isochrones les oscillations du « pendule. » Nulle part il ne rapporte que des expériences aient été tentées pour en vérifier l’exactitude.

De nos jours ces expériences ont été poursuivies en commun par MM. Laugier et Winnerl et ont fait l’objet d’un mémoire présenté à l’Académie des sciences en 1845.

En employant des lames d’une longueur de 1 à 3 millimètres, sur une largeur de 5 millimètres et une épaisseur de 0m“,24, et en cherchant cà approprier le poids de la lentille à chaque longueur de ressort, ces habiles expérimentateurs ont obtenu avec le pendule libre, non seulement des oscillations isochrones entre 1 et 5 degrés, mais même des oscillations plus rapides dans les grands arcs que dans les petits.

Des artistes expérimentés ont paru craindre la trop grande résistance J des ressorts qu’il faut fort courts, et en outre le changement d’état moléculaire d’une lame relativement courte, épaisse, et par suite moins élastique.

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