EXÉCUTION DES PENDULES COMPENSATEURS
1302. Les pendules compensateurs à 9 branches, 5 branches et 3 branches et de différentes autres dispositions se rattachant plus ou
PENDULE A MERCURE
moins à celles dont il est question au 1270, se trouvent décrits dans la plupart des ouvrages d’horlogerie, et notamment dans le Manuel Roret. Nous y renverrons, nous bornant à faire remarquer qu à l’aide des tables de dilatation, etc., il est aisé de calculer préalablement des dimensions approchées et qui permettent de faire une disposition générale , dans laquelle il faut surtout que les surfaces de pression soient suffisamment larges, sans exagérer les diamètres des tiges qui, trop fortes, subissent lentement l’action de la température, et trop faibles s’impressionnent vivement et fléchissent ou s’écrasent aux points de contact.
L’essentiel est d’avoir des métaux bien homogènes et dont on aura vérifié les puissances de contraction et de dilatation (1261).
Peut-être serait-il bon de savoir si l’emplacement du régulateur présentera de notables différences de température du plancher au plafond, provenant du mode de chauffage ou de l’exposition au soleil, auquel cas il ne serait pas indifférent d’adopter le balancier à tringles de préférence à celui à mercure, ou vice versa.
Les détails contenus dans l’article de la Compensation et suite (page 682) sont complétés dans le Deuxième Appendice.
1303. Pendule à mercure. — Les premiers pendules à mercure n’avaient qu’un seul tube ou réservoir. On en fait actuellement où le mercure est divisé dans des tubes parallèles. Cette disposition, qui est due à Duchemin, nécessite plus de travail et de soins pour obtenir un parfait équilibre, mais elle offre l’avantage d’un moindre déplacement du centre de gravité du mercure, et celui-ci se met plus rapidement en équilibre de température.
Calculer un pendule à mercure. — Si l’on considère, dit le Dictionnaire de Laboulaye (L. Breguet), le centre d’oscillation comme se confondant avec le centre de gravité de la lentille, ce qui est peu différent delà réalité (la masse de la lentille étant très-grande relativement à celle de la tige), L étant la longueur de la tige, K le coefficient de dilatation de la substance dont elle est formée, LK sera l’allongement pour 1°, ou l’abaissement du centre de gravité de la masse du mercure.
En même temps le mercure occupant une hauteur h dans le tube, sa dilatation tendra à relever ce centre de gravité, relativement au fond
du tube, de K' ^ (K' étant le coefficient de la dilatation linéaire de la
colonne du mercure, déduite de la dilatation apparente totale égale
DtJ PENDULE. - LE C U II SEUL.
à V0^urne d’après Dulong et Petit). On aura donc l’équa¬
tion LK=:-K' pour déterminer la hauteur H du mercure dans le
tube qui peut établir la compensation.
Soit izrVi le volume du cylindre de mercure (tt:=3,1416), sa dila-
tation pour 1° sera (wV?) ■ 0- = K'; la formule ci-dessus revient
donc à :
h Tir^h Trr/i1 r"A2
On fait le tube en verre ou en fer, Le verre est fragile et mauvais conducteur. Le fer étant bon conducteur rend les effets plus prompts.
On trouvera, à la page 807, des notes complétant l’article ci-dessus et la description du pendule à mercure de M. Vissière.
1304. Observation. — Par un effet de capillarité (89) la surface libre de la colonne de mercure prend une forme plus ou moins convexe ou concave. Quelques horlogers ont cru voir là une cause d’irrégularité dans la compensation. Lorsaue les changements de forme se reproduisent identiquement pour les mêmes températures, ils ne sauraient affecter la compensation ; mais il pourrait en être autrement si les effets de capillarité, par suite de l’état des parois du vase ou de l’impureté du mercure, étaient variables, c’est-à-dire si le mercure ne revenait pas toujours au même point pour le même degré de température. Il n’est pas à notre connaissance qu’on ait constaté, sur les pendules exécutés par d’habiles horlogers, des écarts appréciables et dus à la différence entre la concavité ou la convexité qui se produisent aux changements de températures. (Consulter le Deuxième Appendice.)
Du curseur adapté au pendule par Huyghens.
ISOS. La théorie du curseur, ou petite masse ajustée sur un point de la tige du pendule et pouvant s’y mouvoir, a été donnée par Huyghens: ce travail n’est pas de nature à être abordé ici ; disons seulement que le curseur, par sondéplacement ascendant ou descendant, sert dans le réglage à modifier la distance des centres de suspension et de rotation, quand l’écart de réglage réside dans des quantités trop faibles pour bue l’on ne craigne pas de les dépasser, en plus ou en moins, en essayant de les corriger par l’écrou qui supporte la lentille.