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DÉTAILS PRATIQUES. — DE LA ROUE

et se conservent mal dans les trous minces en métal et en pierre, et que la suspension à couteau se détruit. Le couteau ne portant jamais bien exactement sur toute sa longueur, il n’y a que de petites surfaces qui sont en contact, et elles se grippent promptement.

La roue de rencontre doit toujours avoir un nombre impair de dents, afin que lorsqu’une dent entre en prise avec une palette, l’autre palette se trouve dans un vide.

Un praticien (Perron) a fait, il y a plus d’un demi-siècle, des essais de roue de rencontre en or et en acier. Celles d’or n’ont pas préservé les verges; mais celles d’acier ont donné de bons résultats moyennant un peu d’huile aux palettes.

Il est difficile de tailler une roue de laiton très-juste, à moins d’enlever peu de matière à la fois, d’avoir une excellente lime circulaire, dite fraise , et de terminer la denture par plusieurs opérations successives. Les dents cédant plus ou moins sous la pression de la taille, la roue est toujours déformée à la fin de son premier tour.

La roue doit être ébarbée , frisée à la pointe des dents et justifiée avec soin. Une roue qui n’est pas ronde, qui est divisée inégalement, ou qui tourne mal droit , fait perdre une partie de la levée, produit des chutes inégales et, en somme, rend parfois le réglage de la montre impossible.

172. Il est bon de corroder modérément les dents avec l’acide azotique (nitrique du commerce) , ainsi que l’indique l’article de la piqûre (chapitre IV) . Mais à la suite de cette opération, quelques horlogers nettoient la roue en la brossant légèrement soit avec de la terre pourrie, de la corne de cerf calcinée, ou du charbon doux , et sans prolonger l’action de la brosse au delà du terme nécessaire pour un simple nettoyage.

On obtient de bons résultats en enlevant aux dents les traits laissés par la taille avec de la pierre à l’eau douce broyée à l’huile et une lime d’étain, puis on les adoucit avec un bois tendre chargé de charbon doux broyé à l’huile, et on complète l’adoucissage avec une brosse bien garnie du même charbon. L’emploi d'un brunissoir, qui doit être très-doux , très-propre et très-poli , offre plus d’inconvénients que d’avantage quand la roue n’a pas été préalablement ou passée à, l’acide, ou parfaitement adoucie, et il ne sert quelquefois qu’à enfoncer plus profondément les corps étrangers attachés à la surface de la dent.

Ces derniers détails se complètent par différentes indications pratiques contenues dans le chapitre suivant.

ÉCHAPPEMENT A ROUE DE RENCONTRE

Justifier une roue de rencontre.

173. Les marchands de fournitures d’horlogerie vendent tous des outils à justifier les roues de rencontre; mais malgré leur prix assez élevé et la longueur de l’opération faite avec leur secours, le résultat n’en est pas toujours satisfaisant. On peut avec avantage suppléer cet outil par la méthode pratique suivante de M. Noriet, de Tours, méthode employée avec succès depuis vingt-cinq ans au moins par M. Brisbart , de Paris, et par les nombreux élèves de cet excellent professeur.

La roue ayant été délicatement frisée sur les pointes des dents, puis remise en place, et l’échappement étant à son point (sans jeu), on fait marcher le lardon de très-peu ; c’est-à-dire juste de la quantité nécessaire pour produire l’accrochement sur la palette du nez de potence.

Cet accrochement sera produit par la pression du doigt, la roue devant recevoir en arrière un peu de jeu dans le sens de la longueur de son axe, afin que la dent puisse passer outre en reculant.

Ayant ainsi fait marcher le lardon jusqu’à ce que quelques dents ne passent qu’en forçant et la platine tenue de la main gauche, dont un des doigts conduit la roue de rencontre, lorsqu’une dent accroche, on pousse deux dents en avant : la dent qui accroche se trouve alors en évidence, et il devient facile, avec une petite lime barette douce et bien coupante, de limer cette dent sur son angle et de façon à ce qu’elle n’accroche plus. Cela peut être fait sans que le pivot coure aucun risque, parce que la roue est soutenue par le doigt qui presse la portée du pivot contre le nez du lardon, et parce que l’application de la lime tend à donner à la roue un mouvement de recul sur elle-même plutôt qu’un mouvement de tirage sur ses pivots. Avec un peu d’habitude, cette opération n’offre ni difficulté ni danger.

La roue ayant accompli un tour entier, et les quelques dents qui accrochaient ayant été touchées, on fait marcher de nouveau un peu le lardon, l’on répète l’opération ci-dessus, et ainsi de suite, jusqu’à ce que toutes les dents passent sans chute sur la petite palette, etc. , etc.

Quand les différences sont très-considérables, il faut commencer par employer le moyen indiqué chap. IY. (Les dents de la roue faussées, etc.)

Des pivots et des trous.

174. N’ayant conservé au corps de la verge que la grosseur récla-

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