DÉTAILS PRATIQUES. —PIVOTS ET TROUS
mée pour la solidité, on prendra pour diamètre des pivots, qui doivent être durs, cylindriques et bien polis, un quart de la largeur de la palette : l’expérience ayant démontré que cette proportion de la grosseur du pivot à la longueur du levier est celle qui convient. On donnera pour longueur à ces mêmes pivots trois fois leur diamètre. Le bout des pivots ne doit pas être arrondi , mais être plat et avoir seulement son angle légèrement abattu, afin d’égaliser, autant que possible, les sommes de frottement dans les positions horizontale et verticale ; c’est-à-dire afin de régler du plat au pendu.
Les pivots de la roue peuvent être de la même grosseur que ceux de la verge. Il n’y a pas d’inconvénient à les tenir un peu plus fins; mais il faut toujours leur conserver une bonne longueur, au moins deux fois leur diamètre et plus si l’on peut
173. Les trous, en bon laiton, doivent avoir une épaisseur suffisante ; autrement ils rongeraient les pivots. Nous en avons vu la raison à l’article 171.
L’équarrissoir, qui sert à donner le dernier coup aux trous , doit avoir été légèrement tiré de long au rouge. Cette opération, en le débarrassant de minces rebarbes, rendra ses angles moins aigus et moins susceptibles de laisser de petits fragments d’acier aux parois des trous. Ce qui est une cause de destruction peu soupçonnée, et dont la preuve, au moyen d’une forte loupe, se découvre dans la forme en scie des arêtes vives des petits équarrissoirs avant longtemps servi.
Après l’équarrissoir, on passera dans le trou , pour l’adoucir, une pointe de bois, garnie de charbon de bois tendre broyé à l’huile ou de rouge à polir. L’emploi du rouge à polir est réprouvé par de bons horlogers. Il nous a cependant réussi ainsi qu’à plusieurs de nos collègues, mais il nécessite un nettoyage fait avec soin.
Le trou du coq, où passe le tigeron de la verge, ne doit pas être trop grand, pour prévenir, en cas de rupture du pivot, la course du rouage.
Les nez de la potence et de la contre-potence doivent être arrondis en goutte de suif du côté de leurs plaques, et avoir un petit jour avec ces mêmes plaques, afin que l’huile puisse rentrer dans le trou à mesure que celle qui s’y trouve s'évapore (91).
Des trous en pierres fines.
176. Les trous en pierre valent moins que ceux en bon laiton : ils rendent une montre difficile à régler et sujette à des écarts subits et im-
ÉCHAPPEMENT A ROUE DE RENCONTRE
prévus. Il en est de même avec des pivots excessivement fins à l’échap- •pement.
Comme pour les palettes en pierre, toute la difficulté se réduit ici à une question de frottement. Nous savons que le réglage est le résultat d’un certain équilibre entre la puissance et la résistance ; donc si le rapport convenable existait quand avait lieu le contact d’acier et laiton, il n’existera plus quand au laiton on substituera un corps beaucoup plus dur, mieux poli, et qui, conséquemment, et sous une même pression, se laissera moins pénétrer que le laiton.
177. L’amoindrissement des résistances provenant des frottements rend l’échappement très-sensible et exige que les proportions de l’ensemble soient bien plus rigousement observées. Les horlogers qui possèdent des connaissances scientifiques étendues pourront réussir ; quant aux autres, nous ne pouvons que les engager à ne pas poursuivre des essais dont le moindre inconvénient serait de leur faire perdre leur temps.
Au trou du lardon , qui se dérange si facilement par le rebouchage, et qui use si promptement son pivot, un trou en rubis assurerait pour longtemps les fonctions de l’échappement. Nous ferons connaître ses chances de succès en rendant compte d’expériences faites par un horloger de Paris.
©15 baîamcler.
17S. Les auteurs et les artistes praticiens n’ont pas de règle précise, géométrique, pour déterminer la grandeur et le poids d’un balancier.
Nous aborderons largement cette matière difficile et neuve ; mais ici nous devons nous contententer de fournir aux' lecteurs les données de l’expérience ; données assez vagues du reste, comme on va le voir.
La règle empirique qui fixe sa grandeur lui attribue, dans nos calibres modernes, un diamètre moyen égal à celui du barillet. L’expérience, en effet, prouve que le balancier théorique doit s’éloigner peu de cette dimension.
Quant au poids, dans nos calibres actuels, un balancier qui tire moins de 25 minutes par heure est trop lourd, il faut le diminuer; autrement il occasionnerait l’arrêt-au-doigt et un surcroît de frottements inutiles. Celui qui tire plus de 27 minutes est trop léger, et, par conséquent, il règle mal : il faut le remplacer.
Piemarquons que l’opération de faire tirer les minutes ne doit avoir