DÉTAILS PRATIQUES.— DU SPIRAL
lieu que lorsqu’on s’est assuré de la bonté des engrenages, de la liberté des mobiles, du jeu des pivots garnis d’huile, etc.; car un peu plus ou un peu moins de liberté dans le rouage changera le rapport entre la force motrice et le régulateur, et, par conséquent, l’allure du balancier, qui, alors, quoique tirant le nombre de minutes donné, pourrait bien ne pas être dans des conditions propres à procurer un réglage sûr.
Les montres à vibrations lentes ayant besoin d’un balancier pesant et d’un spiral faible, rebattent facilement au porter. Il convient donc que le nombre des vibrations par heure ne soit pas au-dessous de 16,000, ni au-dessus de 18,000.
Un balancier doit être en parfait équilibre ; tout son poids doit se trouver dans sa circonférence ; les rayons et le centre doivent être dégagés de matière et n’en conserver que la quantité nécessaire à la solidité.
179. Un balancier tirant un nombre de minutes connu, comme 20 par exemple, on peut déterminer par le calcul combien il faut ôter de son poids pour lui en faire tirer 26. Voici la formule qui donne la solution de ce problème, et qui est due à M. Henri Robert.
On élève au carré le nombre des minutes à obtenir (26) , ainsi que le nombre des minutes tirées (20) ; puis on établit la proportion : le premier carré est au deuxième comme le poids du balancier existant est à x; poids du balancier à construire. La valeur de x , étant trouvée, donne le poids approximatif du balancier tirant 26' par heure (1310).
Elu spiral.
180. On peut accepter comme une règle, car elle souffre peu d’exceptions, que le développement uniforme et complet d’un spiral, ou la régularité du travail de sa lame, d’une extrémité à l’autre, est le meilleur indice de ses facultés réglantes. Dans la plupart des pièces à l’usage civil, c’est bien plus à cette propriété qu’à son plus ou moins de longueur qu’est attaché le succès du réglage.
Sans vouloir aborder ici une question qui sera largement développée plus loin (voir l’article particulier Du Spiral), nous nous contenterons de faire remarquer que les montres à roue de rencontre d’aujourd’hui, munies de spiraux beaucoup plus longs que les montres du siècle dernier, ne donnent pas comme réglage un résultat supérieur. En ce qui touche.le spiral, nous en indiquerons la raison.
Le spiral ne doit pas avoir un trop grand nombre de tours ; l’opinion
ÉCHAPPEMENT A ROLE DE RENCONTRE
de la plupart des praticiens expérimentés, opinion conforme à notre expérience personnelle, affirme que dans la plus grande quantité des cas, l’échappement à roue de rencontre se règle mal avec un spiral trop nombré. Ce qui s’explique : plus un spiral a de tours pour un même diamètre, plus il est long ; il faut, à ce grand spiral, un plus grand mouvement pour mettre enjeu toutes ses spires. Ou plutôt, il est généralement plus difficile de rencontrer dans un long spiral de montres civiles une lame réellement homogène dans toutes ses parties, et dans laquelle le mouvement se propage régulièrement. Or, avec cet échappement, les arcs de vibration étant peu étendus, les tours intérieurs, le plus souvent, font presque seuls le travail, et les tours extérieurs, qui sont, dans ce cas, à peu près inutiles, ne servent qu’à rendre plus variable la position des tours agissants. De plus, dans les grands arcs et par les secousses du porter, le développement du spiral étant parfois interrompu violemment, les spires trop serrées se heurtent, surtout si elles ont des parties faibles.
Plus un spiral est long, et plus les inconvénients que nous venons de signaler et ceux dus aux changements de température seront sensibles. 11 convient donc de se borner à 6 tours, au plus à 8. On n’ira au delà que dans le cas où l'on ne trouverait pas, dans ces nombres, des spiraux qui se développassent régulièrement.
Les spiraux plats des montres ordinaires ne sont pas dans des conditions à produire l’isochronisme. On comprend, d’ailleurs, qu’il est parfaitement inutile de le chercher pour l’échappement à R. de R., où l’action du spiral est extrêmement contrariée.
11 serait à désirer que le spiral fût un peu plus fort du centre que du dehors, afin qu’au moindre mouvement du balancier il vibrât dans toute sa longueur; tout au moins faut-il qu’il soit bien d’égale force partout, puisqu’il n’est guère possible d’en rencontrer où cette force progresse régulièrement ; car il est facile à remarquer que, s’il y a des tours forts et des tours faibles, ceux-ci seuls vibrent, tandis que les autres ne se développent presque pas.
Le diamètre du spiral est donné par le rayon du balancier. La place du piton se trouvera, par la moitié de ce rayon, mesurée du centre du coq.
Le spiral doit être parfaitement rond, plat, et bien centré par rapport à la verge. Sa virole et son pilon doivent tenir avec solidité. Enfin, il faut apporter de grands soins au choix et à la pose d’un spiral : c’est un des principaux éléments de la régularité d’une montre.