SPIRAUX EN OPPOSITION, ETC
courbes terminales. Il ne facilite pas mieux le mouvement du balancier et demande autant de soin d’exécution que le spiral sphérique , auquel cependant les chronométriers ont préféré le spiral hélicoïde à courbes terminales, parce qu’ils trouvent dans l’usage de ce dernier ces deux avantages : exécution plus simple, emploi du manchon creux pour la trempe, et qu’en outre la possibilité de modifier à volonté ces courbes procure de très-précieuses facilités pour terminer le réglage.
On a objecté que la formation des courbes, ou la modification de ces courbes avec des pinces, corrompait ou altérait l’arrangement moléculaire de l’acier et donnait lieu à des erreurs d’accélération , qui du reste s’affaiblissent et disparaissent avec le temps. Mais il faudrait, pour qu’elles fussent évitées avec le spiral d’Hammersley, comme avec le spiral sphérique, qu’il fût possible de les tremper dans leur forme définitive et qu’on n’eût aucunement à retoucher les extrémités. C’est ce qui ne pourrait arriver que fort rarement, puisque les épreuves d’isochronisrne et du réglage dans les positions doivent, de toute nécessité, être faites sur le chronomètre complètement achevé.
Spiraux en opposition et spiral à double volute.
1375. Mettant en pratique une idée de Bernoulli, Romilly , vers la fin du siècle dernier, fit adapter à une montre marine, par Frédéric Hourietqui travaillait pour lui , deux spiraux plats, l’un au-dessus de l’autre, et se développant en sens opposés; ils étaient armés chacun d’un tour, ce qui les mettait en état d’équilibre forcé. La liberté de mouvement du balancier était si grande, qu’il avait peine à s’arrêter.
P. Le Pioy avait d’avance condamné comme désavantageux l’emploi de deux spiraux ainsi disposés, par cette raison qu’ils étaient tous deux clans un état de contrainte qui lui paraissait de nature à engendrer des causes de perturbations plus considérables que celles que l’on évitait par une diminution du frottement latéral des pivots, etc.
1376. On a construit depuis et publié en 1838, dans un Manuel signé L. Janvier etMagnier, la description d'un ressort spiral cylindrique double, c’est-à-dire formé d’une seule lame d’acier, repliée de champ en sens contraire à son milieu, et, à partir de ce pli commun, la moitié supérieure monte contournée en hélice dans un sens, tandis que la moitié inférieure descend en tournant dans le même sens (figure 15, planche dix-neuvième).
Le but de l’inventeur, qui ne faisait que réaliser l’idée des deux spiraux en opposition mais non bandés, était non-seulement de diminuer
DU SPIRAL
le frottement des pivots,, puisqu’une moitié du spiral se ferme de la quantité dont l’autre s’ouvre, mais surtout d’assurer la position de repos du balancier. En d’autres termes il espérait ainsi éviter une mise hors d’échappement du balancier, laquelle selon lui était à craindre par l’effet de l’extension du spiral à des températures élevées. Ces idées montrent chez ces deux horlogers une certaine ignorance des lois de la dilatation des corps (1259).
1577. De nos jours M. R.ozé a exécuté un spiral à double volute, mais qui diffère du précédent, en ce que le milieu de la lame, passe par le centre o, et, de là, forme deux spiraux, à la suite l’un de l’autre, x b d a et o z b. mais dont les spires sont inclinées en sens inverse. Le premier s’élève, le second descend. On annulerait ainsi l’effort qui s’exerce suivant la longueur de l’axe dans les spiraux hélicoïdes en usage, effort qu’un appareil construit par M. Rozé pour M. Phillips mettait en complète évidence. L’influence de ces effets, le balancier considéré dans les deux positions horizontale et verticale, n’est pas connue que nous sachions, et ne peut par conséquent être appréciée. (L’axe du balancier est coudé au centre et aux extrémités.)