COMPAS D’ÉPAISSEUR
a c, qui réunit les deux points d’intersection de l’arc et des lignes D a et D c, embrasse exactement 40 millimètres de la règle divisée. On fixe alors la règle dans cette situation, soit par des vis, soit en coulant de la cire à cacheter, etc.
Du pointe comme centre avec un compas à ajustements fermes et à poinles fines et trempées, on décrit (la loupe à l’œil), à partir de chaque division de la règle, de petits arcs de cercle qui vont couper le grand arc abc. A chaque intersection on marque un point.
Les espaces parcourus sur l’arc, ainsi gradué, par l’extrémité de l’aiguille, qu’on aura mise en rapport de longueur avec i a, progresseront alors proportionnellement aux écartements successifs des mâchoires.
L’outil représenté figure 4 mesurera des vingtièmes de millimètre. Si les lignes ia et ic avaient double longueur, elles auraient embrassé entre a etc 80 millimètres, et les mâchoires n mesureraient alors des quarantièmes.
Une même règle peut servir pour diviser des écartements différents en prenant pour unité 4 ou 2 ou 3, etc., de ses divisions.
11 serait utile que l’horloger eût à sa disposition un autre compas, se terminant en pointe, au lieu de mâchoire (K, figure 4), mais dans l’usage il ne faut pas oublier qu’une pointe placée dans un trou ne répond plus au centre pour peu que son axe soit incliné.
Liions, avant de terminer, les deux compas à mesurer les épaisseurs et les profondeurs de M. Cuei, On en trouve la description dans le volume III de la Revue chronométrique.
Compas à coulisse et à dernier.
4485. Le principe du vernier est expliqué dans notre petit Manuel pra tique.
La figure 8 ( planche seizième) nous montre ce compas qui se compose d’une règle méplate b a, se relevant en a, en équerre terminée par une pointe. Sur cette règle glisse une coulisse fd, se relevant également en équerre en c. Les deux faces en regard des équerres coïncident exactement sur toute leur hauteur et chacune des extrémités de cette double équerre forme un demicylindre. Les deux réunis, comme sur la figure, se terminent ou en cône aigu si l’on veut avoir des pointes, ou en becs tranchants de pinces si l’on a abattu en biseau la droite et la gauche du haut du cylindre.
Comme on l’a vu, la coulisse fdc glisse à volonté le long de la règle b; la poupée s, qui est reliée à la coulisse par une vis de rappel, la suit dans ses mouvements (la vis de pression étant bien entendu desserrée).
La règle est divisée en millimètres. Le vernier, dont la longueur à partir de 0 est de 19 millimètres, est divisé en 20 parties égales. Il en résulte, quand on déplace la coulisse, que si l’on fait coïncider en partant de 0, la lr' division du vernier avec la lrc de la règle, les becs s’écartent de un vingtième de millimètre; la 2e du vernier et la 2e de la règle, l’écartement sera de deux vingtièmes, et ainsi de suite jusqu’à ce que les deux divisions 20 et 20 soient exactement superposées. L’écartement sera alors de un millimètre entier.
On voit tout de suite qu’il suffira d’ouvrir l’instrument à très-peu près au diamètre de l’objet à mesurer, de serrer la vis de pression de la poupée s, et, par la vis de rappel, d’amener les becs à l’ouverture convenable. La règle donnera le nombre de millimètres et le vernier la fraction complémentaire en vingtièmes de millimètre.
Cet instrument, lorsqu’il est bien fait, est plus précis que le compas à aiguille, lequel nécessairement a toujours un peu de jeu à ses pivots, mais malheureusement la plupart des compas à coulisses qu’on trouve dans le commerce sont mal faits et peu exacts. Celui qui nous a servi de modèle est tout en acier, ce qui vaut mieux; nous y avons seulement ajouté la poupée en
MICROMETRES.
laiton s et ses deux vis; cet accessoire ajusté très-librement rend l’usage de l’outil plus commode. Nous le tenions d’un habile horloger, M. C.-E. Jacot, qui l’avait fait établir, avec les soins qu’il sait apporter à sa fabrication, par M. Maurer, mécanicien à l’observatoire de Genève. Nous recommandons cet outil parce qu’il nous a paru fidèlement exécuté et de prix modéré.
Micromètres.
1486. Micromètre Duchemin. — Les deux poupées A, B (fig. 78), porten deux broches semi-cylindriques. Les broches se rapprochent et se rejoignent par leurs extrémités inférieures, coupées en biseau, comme le font les deux mâchoires d’un étau dit parallèle.
La broche C est assujettie au moyen d’une plaque et de plusieurs vis. La broche D, qui doit être mobile et marcher à frottement doux, est également maintenue par une petite plaque et des vis.
La vis de rappel H, taraudée dans la partie N qui appartient au corps de l’outil, fait marcher la broche D. Cette vis à filets fins et serrés est mue au moyen de la roue ou diviseur P fendu en 50 coches. Quand cette roue tourne, ses pleins soulèvent par un effet de sautoir le ressort R qui porte une arête suffisamment saillante pour s’engager dans un vide et maintenir le diviseur quand la main l’abandonne.
Un tour entier du diviseur fait avancer la broche D d’une quantité égale à la hauteur du pas de la vis de rappel, et d’un cinquantième de cette quantité si la roue tourne seulement d’une division. Une cheville portée par le diviseur sert de repère pour le point marqué 50 ou 0 et vient buter contre un pied porté par le ressort R.
Fig. 78.
Veut-on se servir de l’outil, on fait avancer la broche D en tournant le diviseur jusqu’à ce que sa cheville rencontre le pied du ressort, l’arête de celui-ci doit prendre bien en plein dans une coche. On pousse la broche C de façon à la faire joindre à D; leurs deux mâchoires coïncidant, on serre les vis de C. On fait reculer D, que l’on ramène ensuite en avant jusqu’à ce que l’objet à mesurer passe sans jeu entre les deux mâchoires. Puis, à partir de ce moment, on continue à faire marcher la branche mobile jusqu’à ce que les mâchoires se touchent, mais en comptant les tours et fractions de tours qui font connaître la valeur cherchée.
L’arrière de la broche D est entaillé ainsi que la chose est indiquée en Z o. L’extrémité de la vis de rappel est diminuée en pivot. Ce pivot traverse la partie o x et va s’appuyer en Z; il poussera la broche en avant. Pour éviter au retour un temps de repos , on chausse sur ce pivot une petite virole qu’une goupille maintient et fait presser contre la paroi o, tandis que le bout du pivot Z presse sur la paroi opposée.
MICROMÈTRES.
4487. Micromètre Saunier. — Les micromètres avis offrent deux défauts : 1° de l’aller au retour, ou vice versa, il y a toujours un temps perdu; 2» quand on serre l’objet entre les mâchoires on peut avoir une erreur de plusieurs crans du diviseur, erreur due à l’élasticité, à l’effet de ressort de la matière comprimée. Voici la construction de micromètre que nous avons imaginée et qui nous paraît propre à faire éviter ces deux causes d’erreur.
La broche c (fîg. 6, planche seizième) est ajustée à frottement très-juste et assez doux. Elle est traversée par une cheville lui permettant de glisser longitudinalement suivant la longueur de la rainure ouverte dans le corps de la poupée et dans laquelle loge la cheville. Cette broche est constamment poussée en avant par un ressort r et l’aiguille f, appuyée par son petit bras contre la cheville traversant la broche, répond à 0 quand cette cheville appuie au fond de sa rainure à droite.
L’autre broche d d\ glisse à frottement sous l’action de la vis micrométrique, qui traverse le renflement ou plot faisant corps avec cette broche. Le petit index ombré répond au 0 de la division en millimètres, marquée sur le corps de l’outil, quand les deux becs tranchants des broches se joignent bien exactement. Le pas de la vis a de hauteur 1 millimètre, et, comme le diviseur T est fendu en 50 coches, on pourra mesurer des cinquantièmes de millimètre, ou, pour une hauteur quelconque du pas, des cinquantièmes de cette hauteur. La cheville i ne sert qu’à assurer le fonctionnement régulier de la broche, et, quant au ressort-sautoir n, nous en connaissons la fonction.
Le ressort r doit avoir seulement la force nécessaire pour qu’un axe, par exemple, dont le pivot est pressé entre les mâchoires y demeure suspendu; avec un ressort faible les moindres pressions sont accusées.
Lorsque l’objet placé contre le bec c est touché par le bec d, pour éviter le temps perdu qui résulterait du premier mouvement de rétrogradation, on fait encore avancer un peu la vis; l’aiguille f se déplaçant, avance de quelques degrés. Alors on ramène la vis en arrière jusqu’à ce que l’aiguille soit revenue a 0. Le petit index fait connaître le nombre entier de millimètres et le compteur T la fraction complémentaire en cinquantièmes. Pour plus de commodité dans l’usage on peut faire tenir librement la broche c au ressort r, de façon à pouvoir, quand on donne à d son excédant d’avance, et l’objet étant retiré d’entre les broches, ramener avec l’ongle la broche c en arrière, placer entre les becs l’objet à mesurer, et n’utiliser que le mouvement de retour de la broche d.
Un micromètre comme celui de la figure 6, si les deux becsc et d se relevaient en retour d’équerre, serait fort commode pour mesurer des diamètres d'ailes de pignons, de dents de roues, etc.
1488. Observations et détails de construction. — Une vis micrométrique très-exacte est fort difficile à faire. L’horloger qui voudrait posséder un outil tout a fait précis devrait s’adresser pour la vis aux fabricants d’instruments de précision; mais avec des soins il peut cependant en construire une suffisamment juste pour les usages ordinaires.
L’acier employé doit être de l’acier fondu de premier choix, c’est-à-dire aussi homogène qu’il est possible de le trouver. La filière dite à main doit être rejetée, et la filière à coussinets choisie de préférence. Le taraudage doit déplacer ou enlever peu de matière à la fois. Il serait bon que la filière tût pourvue de deux paires de coussinets : la première paire laissant le filet légèrement plus gros, la dernière paire servant à l’amaigrir et à le rectifier. Ces coussinets doivent être épais, c’est-à-dire comprendre un bon nombre de filets parfaitement faits et bien tranchants, etc.
Pour obtenir un bon ajustement, on peut procéder ainsi :
Quand l’horloger aura oblenu une vis le satisfaisant, il en fera une seconde