UN MOT
Sur les échappements à force constante.
1489. L’espace nous manque, et nous publierons un peu plus tard un travail assez étendu sur les forces constantes; mais dès aujourd’hui nous allons tâcher de faire comprendre aux chercheurs qui s’usent à la poursuite d’une séduisante chimère, l’échappement à force constante appliqué à l’horlogerie de précision, l’inanité de leurs recherches.
Aphorisme. — La force constante, telle que la plupart des horlogers l’entendent, n’existe pas et ne peut exister.
Les organes des échappements de cette sorte se déplacent toujours, ou à peu près, rapidement et sous de faibles forces, et leurs effets, qui nécessairement sont fort délicats; n’ont été étudiés par les inventeurs qu’à l’aide des premières notions de la mécanique, c’est-à-dire au simple point de vue de la théorie du levier, lis ne se sont pas aperçus ou ont omis de se rendre compte de l’influence de certaines causes physiques, qui ont ici une telle im- ' portance que sous leur action les effets mécaniques ne peuvent plus être qu’instables.
En effet,
La force élastique d’un ressort varie avec les changements de la température.
Tous les corps sont en mouvement perpétuel de dilatation ou de contraction, et ce mouvement s’opère par des saccades qui n’ont pas toujours lieu dans le même temps. Il est démontré que l’affinité s’exerce par saut ou d’une manière discontinue.
En présenee de ces faits révélés par la science et constatés, on comprend que les molécules accomplissent leurs mouvements ou évolutions avec plus ou moins de gêne, selon les pressions et l’état des surfaces, et que l’effet retardé se produit enfin, mais plus violent. On en trouve une preuve dans ce fait qu’il suffit souvent d’un léger ébranlement causé par un petit coup donné sur un pendule compensateur, pour déterminer un effet de dilatation qui se produit d’un saut et brutalement.
En outre, l’adhérence entre surfaces sèches, qui ne nous paraît guère