DANS LES ECOLES D HORLOGERIE
Écoutons des voix autorisées.
Dans le rapport du directeur d’une des trois grandes écoles d’horlogerie françaises, on lit : qu’il faut « développer chez les élèves le génie mécanique, leur apprendre à perfectionner leurs moyens de travail; » qu’il faut «. donner une certaine importance aux connaissances théoriques et les faire apprécier des élèves en leur enseignant non pas une théorie abstraite, oubliée presque aussitôt qu apprise, mais une théorie pratique, ne quittant jamais terre, suivant pas à pas leurs travaux manuels » .
C’est fort bien dit; mais qu’on lise le programme des cours de cette école et l’on conclura tout de suite à l’impossibilité d’appliquer rigoureusement et complètement ce programme.
Passons à une école suisse, et des mieux organisées; ayant à sa tète un homme absolument capable; voici quelques extraits du rapport annuel concernant les examens (théorie) : « Les questions posées aux élèves, quoique très élémentaires, paraissent souvent être à peine comprises; d’où résulte une grande hésitation dans le développement.... deux ou trois élèves font exception... Les élèves (dit le professeur) ont souvent l’air de trop peu s’intéresser aux choses de la leçon et ne s'en préoccupent presque jamais chez eux. »
Dans le Rapport sur l enseignement technique et professionnel , présenté au Ministre du Commerce et de l’Industrie, par la Société des anciens élèves des Écoles d’Arts et Métiers, on lit :
« Le travail manuel et le dessin devront tenir la plus large place dans l’enseignement des écoles d’apprentissage, car il ne faut pas perdre de vue que leur but est uniquement de former des ouvriers possédant les notions théoriques strictement nécessaires à la pratique intelligente de leur métier. Donner trop de développement à la partie théorique serait s’exposer à manquer le but, en détournant les apprentis de l’atelier. »
1501. Nous pourrions multiplier les citations, car, dans toutes les écoles professionnelles, les mêmes faits se produisent; il n’y a de différence que du plus au moins.
Ce n’est pas le corps enseignant qui manque à sa tâche, c’est la tâche qui n’est pas appropriée aux besoins et aux facultés de la moyenne des jeunes intelligences pour qui les programmes d’étu les ont été élaborés.
Nous ne pouvons nous étendre ici plus longuement sur le sujet, et nous concluons :
Si l’on veut conserver à l’exercice de l’industrie horlogère l’honorable et fructueuse situation d’une profession libérale, il faut modifier les méthodes de l’enseignement actuel, aussi bien scientifique que technique.
Ce dernier fera l’objet d’un mémoire qui paraîtra après cet appendice.
Avantages des méthodes graphiques remplaçant le calcul.
1503. Dans notre étude sur l’exposition de 1867 nous disions : l’habitude du tracé graphique est un des meilleurs moyens pour développer l’intelligence des mécanismes d’horlogerie, parce qu’il facilite â un haut degré