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CHAPITRE PREMIER

Préliminaires

192. L’échappement à cylindre, qui appartient à la classe des échappements à repos frottant, a été inventé par le célèbre horloger anglais Graham, vers 1720. Cet échappement commença d’être connu en France en 1724, et fut, à son apparition, assez peu apprécié par quelques horlogers français. Ce qui provenait, en outre, de la défiance qu’inspire toute nouveauté, de ce que ses principes n’étant pas encore établis d’une manière précise, plusieurs des premiers essais ne furent pas heureux. F. Berthoud, entre autres, voulut, mais en vain, prouver théoriquement la supériorité de l’échappement à roue de rencontre sur celui à cylindre, et, en général, sur tous ceux à repos. Il rencontra pour adversaire Jodin, qui , dans un mince volume contenant de bonnes choses, et théorique à la manière de Berthoud, fit preuve d’un bon jugement et d’un profonde étude de cet échappement, mais qui, bien qu’il eût rencontré juste dans la plupart de ses appréciations, ne pouvait donner de grands éclaircissements sur les procédés de construction encore dans l’enfance.

Aujourd’hui, l’échappement à cylindre, sorti enfin des tâtonnements qui suivent toute découverte, plus connu, mieux exécuté par suite de l’invention d’outils spéciaux qui ont abrégé sa fabrication en le perfectionnant, donne de très-bons résultats quant à l’usage civil.

Berthoud, le premier, a développé explicitement quelques règles pour la construction de cet échappement; mais, comme on en convient aujourd’hui, sa théorie des échappements à repos pour montres, renferme de nombreuses erreurs. Cependant on doit lui tenir compte de son travail et se souvenir en le lisant que, de son temps, et par suite d’une opinion admise sans examen en horlogerie, les roues de cylindre se faisaient en laiton et étaient assez épaisses; l’huile s’y décomposait promptement, les dents, quand les roues étaient légères, étaient sujettes à se fausser sous la main de l’ouvrier, elles s’usaient avec une bien plus grande facilité que ne fait une roue d’acier sous une même pression. Le cylindre, le plus souvent épais et lourd, portait un balancier grand et léger. Les pivots, généralement plus gros pour une même dimension de cylindre que ceux d’ aujourd’hui, roulaient dans des trous en laiton, qui, en s’agrandissant

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