‹ Traité d'horlogerie moderneChapitre 523 sur 553 · LÉGENDE DE LA FIGURE · texte numérisé non relu

LÉGENDE DE LA FIGURE

La roue R ( roue de repos) porte sur son contour de longues dents relevées du champ (deux seulement sont représentées en R et r), et dans son intérieur un même nombre de courtes chevilles a, h (représentant la roue d’impulsion). Au lieu de chevilles, on peut employer une roue légère et mince, dont l’épaisseur est figurée au pointillé; ses dents, qui remplacent alors les chevilles, sont courbées en avant.

L’axe du balancier B est cylindrique ; il est coupé à la hauteur du repos de la grande roue d’une entaille h. Sur cet axe, au point du repos, est chaussée une écorce cylindrique D (vue isolée en d); elle est fixée à la gomme-laque dans l’assiette du balancier, et au-dessous de l’écorce cet axe porte le doigt d’impulsion G (vu isolé en c).

Fonctionnement. — Le balancier B tournant vers la droite, la dent R reste immobile appuyée sur l’écorce D, en mouvement de rotation. — Au retour du balancier, cette dent R pénètre dans l’ouverture de l’écorce (au point qui correspond à l’entaille de l’axe). Cette dent R s'avance alors en pressant sur la lèvre de l’écorce et lui échappe au moment où le doigt i, qui vient de passer devant la dent a, se trouve en bonne position pour recevoir une impulsion de cette dent a. L’impulsion terminée, la deuxième grande dent r s’appuie contre l’écorce ; un nouveau repos a lieu, et ainsi de suite.

Voici en quels termes un ingénieur-coiislriicteur, M. Berlioz, a rendu compte de ce dispositif dans un excellent rapport sur l’Exposition de 1878. « Il y a certainement dans cette transformation de l’échappement Duplex une combinaison nouvelle appelée au plus sérieux succès. Elle présente les qualités suivantes : le repos sur l’axe se fait rigoureusement ù la tangente; l’entaille faite dans l’axe est un vrai réservoir à huile, et, malgré cette entaille, l’axe reste fort solide. La levée qui dans le Duplex ancien ne pouvait pas varier pour une grandeur de roue, ici peut être plus grande ou plus petite à volonté. Ce nouvel échappement réunit donc toutes les qualités de l’ancien, après en avoir fait disparaître les défauts. »

1 598. Qu’ on nous permette d’ajouter : qu’avec ce nouvel échappement l’engrenage de champ est supprimé (pendules de voyage), et qu’en faisant varier entre eux les facteurs de la combinaison mécanique, on peut obtenir de l’avance ou du retard par la décroissance de la force motrice. Il y a donc une combinaison où cet échappement sera peu sensible aux différences de forces, qui se produisent du haut du ressort armé au bas du tirage de ce

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ressort; ce qui est le grand écueil des échappements à cylindre et à ancre.

En outre, comme on peut faire varier à volonté l’angle de levée, il s’ensuit que le même échappement peut être placé dans les grandes et dans les petites pièces de voyage, puisqu’il suffit de faire varier, selon la force motrice, le poids de son balancier.

On peut tremper l’écorce au mercure, ou à la trempe ordinaire et la laisser dans toute sa dureté: elle ne se pique alors que rarement. Si cela lui arrivait après plusieurs années de service, il suffirait de l’enlever avec des brucelles chaudes et de la remplacer par une autre, dont le coût ne dépasserait pas 20 centimes.

Figure 97.

En 1878, une grande maison de Paris allait se charger de l’exploitation du Duplex-tangent, quand nous fûmes arrêté par des difficultés, résultant d’une rupture d’association, où, bien mal à propos, on avait mis, malgré nos propositions conciliantes, le doigt d’un agent d’affaire.

Le moment favorable étant passé, nous dûmes tout laisser là; ce qui ne nous a pas empêché de perfectionner le système.

1599. La roue, ou double ou unique et pourvue de chevilles, peut être remplacée, n’ayant pas besoin d’être trempée, par une roue en acier malléable, d’une senle pièce.

Dans une plaque juste de l’épaisseur nécessaire, on découpe à l’emportepièce des étoiles comme M (fiq. 98). Puis, on en empile un certain nombre sur un axe à vis, où elles sont serrées entre deux disques de laiton, et l’on amincit et régularise les dents sous l’action d’une fraise (ou de deux fraises accouplées) montée sur le chariot vertical d’un outil à fendre.

Cela fait, on emboutit les dents, comme la chose est indiquée en N. Les dents de repos b , b' formeront le contour de la roue, et les dents c remplaceront la couronne intérieure des petites chevilles.

On justifie et régularise les dents sur un petit outil spécial.

N'ayant que difficilement le temps de nous occuper de cette fabrication,

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qui comme on le voit n’offre aucune difficulté sérieuse, nous avions chargé un membre de la Chambre syndicale du soin de terminer quelques pièces. Il prétendit qu’il allait perfectionner notre système, ne fit que du gâchis et finalement nous rendit le tout, sauf plusieurs parties détachées qu’il avait égarées.

Le travail repris par un excellent ouvrier allait à bien quand celui-ci fut forcé de quitter Paris.

Figure 93.

Très dégoûté de ces déboires et malechanccs, nous nous sommes borné depuis à suivre la marche de plusieurs des pièces exposées en 1878. Leur marche est très bonne. Celle que nous allons présenter à l’Exposition de 1889, quoique d une exécution fort ordinaire, marche depuis six ans, sans avoir été démontée et sans avoir reçu d’autres soins que la mise d’un peu d’huile à l’échappement de deux ans en deux ans. C’est à peine si l’étendue de son oscillation a varié.

1600. Cet échappement a eu les honneurs delà contrefaçon et du plagiat ; la fabrique de Waterbury en Amérique, se l’est approprié (sauf le revêtement de l’écorce qui assure la durée et la constance du réglage), et c’est â ce système d’échappement qu’elle doit la régularité (temporaire) de ses montres de fort médiocre qualité du reste.

« Application à la montre. — Un court examen des figures 97, 98, suffit à faire voir que notre échappement peut être appliqué à la montre. Il ne faut, pour cela, que placer la roue dans un plan horizontal (platine du mouvement), ayant eu le soin, préalablement, de la disposer de façon que les dents de repos soient dans le plan delà roue et les dents d’impulsion relevées du champ. » (Extrait du numéro de juin 1873 de la Revue chronométrique.)

1601. Échappement de M, Petersen, dit échappement à chronomètre allemand.

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