ENGRENAGES. — ARTICLES DIVERS
Les engrenages de bas nombres. — La règle de Camus.
1604. Une lacune existe dans les ouvrages traitant de l’engrenage des pignons de bas nombre (de 6 à 9 ailes); tous opèrent une partie de la menée avant la ligne des centres, le pignon de 10 également, quand la denture de sa roue n’est pas un peu plus pleine que vide (1136).
« Cette menée avant la ligne des centres, remarque M. Rambal, ne constitue pas un défaut grave ; malheureusement les roues ne sont pas toujours exactement divisées, ni les pignons d’une fidélité irréprochable; en conséquence, il y aura de ce fait une augmentation accidentelle de la menée avant la ligne des centres, qui pourra dégénérer même en un véritable arc-boutement, et devenir ainsi une cause d’arrêt. »
Un moyen préventif de l’arrêt, quand on n'est pas rigoureusement sûr de la régularité absolue des dents de la roue et des ailes du pignon, consiste à tenir le diamètre primitif de la roue légèrement plus grand que la mesure théorique. Alors l’aile qui suit celle qui est en prise, opère sa rentrée dans le vide de la roue avec un espace, dit jeu, entre son revers et la dent qui suit, suffisant pour écarter toute crainte de frottement du revers de la dent en prise, ou d’arc-boutement (1121).
1605. Cet avantage, il est vrai, n’est obtenu dans le cas en question que par un peu de glissement de la pointe de la dent achevant la menée; mais ce petit inconvénient n’est-il pas compensé par la certitude d’éviter des contacts accidentels, quand, à la suite d’une ou de plusieurs révolutions des mobiles, une aile et une dent inégales, ou mal conformées, se rencontrent; contacts pernicieux et qui produisent des arrêts dont la cause est parfois très difficile à découvrir, la montre reprenant sa marche lorsque l’on secoue ou que l’on ouvre la boîte.
En résumé, l’avantage est certain (quand on considère les moyens aujourd’hui employés pour fendre, arrondir, polir les roues et les pignons), et si on le néglige on a une petite augmentation dans l’angle de frottement rentrant. Celui-ci serait-il plus nuisible que le petit glissement de la fin de la
menée ?
1606. Nous ne connaissons aucun travail sérieux ayant résolu cette question.
A priori nous concluons en faveur (toujours dans le cas en question et sous le bénéfice de ce qui va suivre) d’une augmentation raisonnée du diamètre primitif du mobile menant. Car, en nous appuyant sur la loi du frottement (proportionnel à la pression et indépendant de l’étendue des surfaces en com tact), nous ferons remarquer que, dans les montres , les derniers mobiles (les seuls dont nous nous occupons) agissent avec une grande vitesse et une près-