PROPORTIONS ADOPTÉES A DIFFÉRENTES ÉPOQUES
198. JODIN1 (1754 et 1766). « La pointe de la dent doit passer par le centre du cylindre. Le frottement sur le repos en sera plus doux. »
Le plan incliné doit être droit, ou formé selon la courbe la plus approchante de la ligne droite. « C’est cette dernière forme qui procure le plus grand mouvement au balancier. »
La levée de 40°. Il y aurait avantage à la réduire à 30°.
L’ouverture du cylindre, 190°, environ, pour la partie laissée pleine.
L’épaisseur de l’écorce du cylindre, environ l/6"le de la longueur du plan incliné.
Il est bon de remarquer ici que du temps de Jodin les montres à cylindre étaient généralement grandes et hautes, et qu’avec les roues de laiton il était utile de conserver à l’écorce du cylindre une certaine épaisseur, afin que le frottement de l’incliné ne se fît pas sur un seul point.
Jodin est le premier qui ait remarqué que le succès du réglage de l’échappement à cylindre tient à l’harmonie de ses proportions; et surtout à leur rapport avec le poids et la grandeur du balancier. Par une réserve que lui a dictée l’intérêt privé, sans doute, il n’a pas fait connaître ce que l’expérience lui avait appris sur ce sujet.
11 a signalé l’influence fâcheuse qu’a sur le réglage la trop grande puissance des chocs qui ont lieu sur les repos ; que cette puissance provienne d’un incliné trop court ou de la forme désavantageuse de cet incliné.
11 a également fait remarquer le premier que : « Lorsqu’un balancier est trop grand dans un échappement à cylindre, la montre retarde si on augmente la force motrice; au contraire, s’il est trop petit, elle avance. »
1 Jean Jodin (né en Suisse) était un des horlogers en renom au siècle dernier.
Si son livre n’a pas eu le retentissement que lui méritaient les excellentes choses qu'il renferme, il faut en chercher la cause dans les faux raisonnements dont l’auteur a trop souvent accompagné de très-bonnes et très-judicieuses observations; dans un style maniéré et diffus; dans les incorrections et les mots impropres, qui rendent en quelques endroits fatigante la lecture de ce petit volume.
ÉCHAPPE M E N T A CYLINDRE
199. La question de la meilleure forme à donner aux dents de la roue de cylindre est très-loin d’être, ainsi que pourraient le faire supposer d’assez récents écrits, une question neuve, puisqu’il y a prèsd’un siècle qu’elle a été traitée par Jodin, et nous ajouterons, traitée avec sagacité, quoique incomplètement et sauf quelques erreurs, qui doivent être imputées moins à l’artiste qu’à l’état de l’horlogerie et de la science à son époque.
Nous emprutons à son ouvrage les fragments qui suivent :
« Les trois formes particulières qu’on peut donner à ces courbes « (celles de l’incliné) répondent aux trois objets suivants, quoique à « levée égale :
« 1° Cette courbe peut avoir la forme dont il a été question (c’est la « courbe dont les parties égales font parcourir des arcs égaux au « cylindre) et dont il résultera uniformité dans les arcs que chacune de « ces parties fera décrire.
« 2° On peut demander que sa nature soit telle que la courbe « éprouve toujours la même résistance de la part du ressort spiral; car « on conçoit sans beaucoup de peine que tout ressort oppose plus de « résistance dans le haut de sa bande qu’il n’en oppose vers le bas.
« Ce second objet est très-séduisant, et cette courbe est susceptible- « d’une haute spéculation (on l’a vu assez depuis).
« 3° Une courbe dont l’objet serait de faire parcourir au balancier « les plus grands arcs qu’il soit possible, c’est la courbe la plus appro- « chante de la ligne droite.
« Enfin, on en peut concevoir une quatrième, où les avantages précé- « dénis combinés formeraient à chaque point un maximum relatif à la « régularité du mouvement, mais il faut y renoncer, etc .
« 11 me semble voir mon lecteur embarrassé sur le choix ; il craint de <> prendre à gauche ; les trois objets sont également séduisants. Une « courbe dont chaque partie donne des arcs égaux, une autre qui com- « pense l’inégalité d’action du ressort spiral, et enfin une troisième « qui donne les plus grands arcs possibles.
« Je restai longtemps partagé et indécis entre les deux premiers « avantages, enfin le second l’emporta. Une courbe qui avait des pro- « priétés si satisfaisantes (d’éprouver toujours la même résistance de la « part du spiral) ne pouvait que plaire à un amateur de raisonnements, « et ce ne fut qu’ après une très-profonde spéculation que je fis les plus « mauvais échappements à cylindre; car c’était cette courbe même « qu’il fallait éviter, comme la plus mauvaise des trois.