PROPORTIONS DIVERSES. — *T AV AN J MO INET
cylindre dans les deux levées ne sont pas semblables ; dans la première levée, la lèvre a un mouvement en partie opposé au mouvement progressif de la face frottante de la dent, tandis que, dans la seconde, les deux mobiles fuient ensemble avec des vitesses différentes. » (Le premier frottement est de ceux dits rentrants, le second est un frottement sortant.)
« Le frottement sur les arcs de repos agissant alternativement sur deux rayons de résistance, qui diffèrent l’un de l’autre de l’épaisseur de l’écorce cylindrique, on comprend que, par conséquent, son influence sur les vibrations du balancier est inégale. »
207. MOINET (1846). « Actuellement dans la pratique la plus générale, comme dans la figure deCumrning1, on ne donne à la partie pleine ou repos du cylindre, y compris l’arrondi de la lèvre d’entrée et l’incliné de celle de sortie, qu’environ 190° au plus; en sorte qu’au moment où l’angle postérieur de la dent échappe à la lèvre, qu’elle a fait reculer, la pointe de cette dent tombe sur le repos en arrière du bord de la lèvre de sortie, mais seulement de la quantité nécessaire à la sûreté du repos, c’est-à-dire pour ne pas atteindre le plan incliné de la lèvre, quantité qui se trouve être d’environ 3°.
« Si l’on ajoute à cette sûreté de 3° la petite partie de levée produite par l’incliné de la lèvre de sortie, ou par l’arrondi de la lèvre d’entrée, qui est d’environ 5°, on aura 8° à ajouter au demi-cylindre, en plus de sa demi-circonférence, ce qui donnera 188° de plein à laisser en définitive.
« Gomme il n’est pas facile de préciser de si petites quantités, portons à 190°, sauf à réduire un peu au besoin, et d’après l’expérience.
« On conçoit que la chute de la pointe de la dent sur le dehors du cylindre doit avoir lieu avec la même sûreté qu’en dedans, c’est-à-dire d’environ 3° en arrière de l’arrondi de la lèvre d’entrée; cet arrondi doit s’étendre un peu plus en dehors qu’en dedans, et être formé d’une courbe moins rapide du côté du repos, où elle prépare l’entrée de la dent. »
Pour la levée et l’inclinaison à donner au plan incliné de la dent, les chiffres de Moinet ne sont autres que ceux de Berthoud.
1 Horloger anglais qui , selon Moinet, fut le premier à proposer, dans le dernier siècle (1776), la forme courbe pour les inclinés. Il avait aussi admis pour l’ouverture du cylindre celle proposée ici, et la courbe de son incliné était tracée par un rayon moitié de celui de la roue.
Nous ferons remarquer que Jodin avait traité la question des courbes plusieurs années avant Cumming, et que sur ce point la priorité appartient aux horlogers français.
Après avoir rappelé « une autre modification pratiquée à F échappement à cylindre et reprise en divers temps, » c’est-à-dire le changement de la ligne droite du plan incliné en ligne courbe, Moinet dit : .
« Quant au choix de la forme du plan incliné, soit droite, soit courbe, et à leur effet compliqué de la puissance du spiral et de la vitesse du balancier, comme nous l’avons dit, le plus sûr serait d’expérimenter laquelle de ces formes produit le plus d’oscillation supplémentaire; car, dans ce genre de question, le raisonnement peut aisément séduire, et il est plus certain d'éprouver le fait. »
Rajeunissant les calculs d’une montre de Berthoud, il fait remarquer que le diamètre du cylindre est environ 1 /20e de celui du balancier, et il ajoute : « d’autres le font le 1/1 4e du diamètre du balancier pour augmenter la compensation due au frottement des repos. »
208. M. WAGNER (1847). « Le perfectionnement qu’il importe le plus d’introduire dans tout échappement est celui qui tend à le faire marcher, sous une action déterminée, avec le moins de frottement possible. » (La question des frottements, quoique importante, n’est pas la principale, surtout au point de vue de leur réduction indéfinie. — (106 et suivants.)
Selon le principe de cet auteur, si l’on veut que l’échappement à cylindre ne s’arrête pas au doigt, que ses frottements soient réduits le plus possible, et que l’étendue de ses oscillations soit la plus grande qu’on puisse avoir, il faut : 1° placer le centre de rotation du cylindre sur la tangente; 2“ entailler le cylindre à 180°, moins la saillie des lèvres (estimée à l\° ou 5°); 3° avoir pour l’angle de levée un angle égal à la circonférence de la roue divisée par le double du nombre de ses dents.
Pour une roue de 15 dents, on aura ainsi un angle de levée de 12°.
« La surface de la dent (ou la droite passant par les deux extrémités;, le diamètre du cylindre et la tangente ne formeront qu’une seule et même ligne.
« Je ferai remarquer que, en maintenant les conditions ci-dessus énoncées, cet angle (celui de levée) varie en raison inverse du nombre des dents de la roue.
a Ici se présenteront probablement des objections de la part d’un grand nombre de praticiens, qui avec ce nombre de dents à la roue (15 dents) ont l’habitude de faire lever l’échappement de 20, 25, 30 et même 40 degrés, bien convaincus qu’ils impriment, avec cette levée, une plus forte impulsion au balancier; il est facile de démontrer le