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EFFETS DES LEVIERS TROP COURTS

Il n’en est plus ainsi avec des bras très-courts.

La poussée sur le plan d’impulsion opère alors latéralement, et, de toute nécessité, le levier, maintenu par la fourchette du pendule, est forcé de déplacer son point d’appui et de le reporter de A vers H, et au delà même dans certains cas.

L’effet de ce déplacement est facile à saisir. La courbe de repos, tracée du centre du pivot, devient momentanément, par suite du déplacement de ce dernier, une courbe excentrique, et comme telle, elle doit opérer, ainsi que les courbes des échappements à recul, une accélération dans le mouvement.

Ce déplacement du contact, soit qu’il résulte du raccourcissement du levier ou des changements faits à la fourchette, mérite une étude approfondie.

Quand les becs de l’ancre sont portés par la tige du pendule, c’est le point de flexion de la lame de suspension qui se déplace.

2S41. La loi nouvelle, formulée au paragraphe 239, et complétée par ce qui vient d’être lu, a pour corollaire immédiat :

Qu’une augmentation de la force motrice fera avancer la montre ou la pendule, par une même étendue d’arc d’oscillation (et même dans certains cas par des arcs plus grands), si les bras d’échappement sont trop courts; et que, au contraire, elle la fera retarder , si ces bras ont une trop grande longueur.

Et, conséquence forcée de ce corollaire :

Qu’une même cause, la force augmentée, produisant deux effets opposés, il doit exister un point où ces deux effets s’annulent, à peu près, l’un par l’autre.

Qu’en choisissant ce point comme la limite de la longueur des bras d’un échappement, on rend celui-ci aussi insensible que possible aux inégalités de la force motrice.

La théorie a répondu clairement et nettement aux questions que nous lui avons posées. Il ne nous reste plus qu’à interroger la pratique, qu’à faire passer les lois nouvelles par les épreuves de l’application pour avoir le dernier mot du débat.

TROISIÈME EXPÉRIENCE

242. Pour vérifier expérimentalement ces déductions théoriques, je me suis livré à plusieurs séries d’expériences. J’en rendrai compte ailleurs, et me borne, pour le présent, à rapporter les trois suivantes.

THÉORIE DES ÉCIIAPP. A REPOS FROTTANT

La première a pour objet de démontrer qu’en restituant au modérateur la force qu’il a perdue, mais sous différentes pressions de repos, il se produit de l’avance sous les pressions les plus faibles.

J’ai remplacé le pignon d’échappement d’une montre à cylindre par un pignon sur lequel était levée une portée haute et régulière; sur cette portée on pouvait ajuster successivement, à frottement très-ferme et très-sûr, deux roues d’échappement.

Leurs diamètres étaient égaux, mais la hauteur des inclinés de l’une différait notablement de la hauteur des inclinés de l’autre.

L’incliné le plus bas répondait, ou à très-peu près, à la tangente. Son frottement sur le repos était en conséquence beaucoup moindre que le frottement du repos de l’autre incliné.

La position des centres était invariable.

Yoici les résultats de la marche de la montre avec les deux roues.

Le ressort moteur étant armé d 'un tour de bande seulement :

La montre battait 17,000 vibrations :

Avec l’incliné à la tangente, et par un arc moyen de 190°,

En 55 minutes 45 secondes;

Et avec l’incliné le plus élevé, et par une oscillation moyenne de 220°,

En 55 minutes 34 secondes.

Remarquons que la force motrice est restée la même, et que l’avance se produit quand des arcs plus étendus sont décrits par le balancier.

Le ressort moteur étant bandé de quatre tours ,

La même montre accomplissait ses 17,000 vibrations:

Avec l’incliné à la tangente, et par un arc moyen de 220°,

En 55 minutes 42 secondes ;

Et avec le haut incliné, et par un arc d’oscillation moyen de 245%

En 55 minutes 28 secondes.

Dans ce deuxième cas, comme dans le précédent , les grands arcs s’accomplissent plus rapidement que les petits.

243. Ces premiers résultats démontrent suffisamment, ce nous semble, qu’un changement dans la hauteur de l’incliné amène un changement dans les puissances relatives de la pression sur le repos et de la pulsion sur le levier de l’échappement; et que, dans les cas où la force est la même, la pression des repos n’ayant pu varier, les différences appartiennent uniquement à l’action plus ou moins énergique de la levée.

Nos précédentes conclusions, basées seulement sur ces faits d’observation, pourraient être contestées, parce qu’ici il faut dégager l’action

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