HAUTEUR DES INCLINÉS. - EXPÉRIENCES
ductions théoriques, voici les expériences que nous avons faites, et que chacun peut répéter.
Nous avons remplacé la roue d’échappement d’une montre à cylindre, où le balancier parcourait des arcs de 260° en moyenne, par une autre roue portant des inclinés moins rapides. Nous nous attachâmes surtout à ce que cette roue eût sur l’autre l’avantage de la légèreté et d’une exécution plus parfaite. Dans ces conditions, le nouvel échappement, avec beaucoup moins de frottement que l’ancien, ne procurait au balancier qu’un mouvement de 210° à 220° en moyenne.
SEPTIÈME EXPÉRIENCE
2S0. C’est la même démonstration sous une autre forme. Pour la donner nous avons construit un appareil (fig. 5, planche troisième), consistant en un bras de levier A monté sur pivots, et équilibré par le contre-poids l. A l’extrémité opposée, un plan incliné c est mobile autour d’une tige qui traverse perpendiculairement le plan vers la naissance de l’angle en h. On peut ainsi faire varier l’inclinaison du plan, maintenu entre deux plaques métalliques, dont une seule b est en vue, et le fixer à volonté par le serrement du petit écrou à oreille f.
Le levier est sollicité à se mouvoir par le poids y.
Une tuile d’acier g est encastrée dans un disque H, mobile sur un long pivot, elle fait saillie sur le plan de ce disque, auquel un pendule P est fixé. Sous la dépendance de ce pendule en mouvement, le disque oscille à droite et à gauche comme fait un cylindre d’échappement de montre.
On opérait de la manière suivante ; l’appareil placé verticalement:
La pointe arrondie h du plan incliné étant placée sur le contour extérieur de la tuile g, et la lentille P, suffisamment écartée à droite de la verticale, étant arrêtée dans cette position par un fil d’attache, on brûlait le fil. Le pendule entrait en mouvement , et le plan d’impulsion agissait sur la lèvre de la tuile, absolument comme l’incliné d’une roue d’échappement agit sur les lèvres d’un cylindre de montre qui se meut en vertu d’un mouvement acquis.
Dans le cours des expériences, on enduisait la face frottante du plan d’une couche de noir de fumée.
Avec un mouvement suffisamment rapide du pendule et sous une très-faible inclinaison du plan, ce plan passait tout entier devant la lèvre sans la toucher.
En ouvrant de quelques degrés l’angle formé par le plan et son bras
THÉORIE DES ÉCHAPT. A REPOS FROTTANT
de support, le talon seul de ce plan frottait vivement la lèvre. La longueur de la partie frottante du plan était nettement indiquée par l’enlèvement de la couche noire.
Continuant d’ouvrir progressivement l’angle, on voyait s’allonger de plus en plus, et se dirigeant du talon vers la pointe du plan, la trace indicative de la longueur du contact, jusqu’à ce que sous un angle passablement ouvert le plan frottât sur toute sa longueur.
Comme on le voit la pratique, ainsi que la théorie, et avec une égale autorité, montre combien est grande l’erreur des horlogers qui prétendent que, abstraction faite des frottements, il est indifférent qu’un plan d’impulsion soit plus ou moins élevé. Une seconde démonstration à l’appui de notre thèse va nous être fournie par l’article suivant.
Entre toutes les inclinaisons qu’on peut donner à un plan d’impulsion, une seule produit le mouvement maximum de la plus grande régularité.
251. Partant du point que nous avons choisi, celui où l’angle formé par la face frottante et la base du plan est excessivement peu ouvert, nous venons de démontrer que les longueurs de contact progressent en raison de l’élévation du plan et jusqu’à une certaine hauteur où ce contact a lieu sur toute l’étendue du plan incliné.
Négligeons pour le moment les résultats déjà acquis; il nous sera facile, avec l’aide des notions théoriques que nous possédons, de prouver que la puissance de l’impulsion est en raison, ou à peu près, de la longueur de la partie du plan incliné qui entre en contact avec la lèvre du bras d’échappement, et que l’effet maximum est produit quand la longueur du contact est la plus grande possible, c’est-à-dire quand elle est égale à la longueur même du plan.
Considérons les deux triangles ad 6 et cd2, ou plutôt les deux inclinés ad, cd (fig. 21).
Le plus ou moins de hauteur du plan incliné n’est chose indifférente que dans le cas où l’effet mécanique est égal avec l’un et avec l’autre. Ici, cet effet ne peut que différer beaucoup.
Une roue d’échappement à repos, qui entre en mouvement, doit surmonter les résistances de l’inertie et de l’huile qui lui sont propres, avec une force très-amoindrie, puisqu’il faut, pour que cette force atteigne à son maximum d’énergie, que ces mêmes résistances de l’inertie et de l’huile aient été surmontées aussi par le rouage. La conséquence forcée est que, quoique l’espace a c soit parcouru à vide par la roue, le choc