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PROPRIÉTÉS DES PLANS DROIT ET COURBE

Propriétés du plan courbe.

287. Les partisans du plan courbe dont chacune des parties égales fait décrire au balancier des arcs égaux disent de ce plan :

Qu’il obvie à l’arrêt-au-doigt dans l’acte du remontage de la montre '

Que la levée s’opère avec une plus grande régularité ;

Que le spiral lui oppose moins de résistance vers la fin de la levée.

Tous ces avantages sont complètement illusoires; le seul point essentiel a été oublié.

288. Il n’est pas dans la nature des échappements à cylindre modernes, bien faits, de s’arrêter au doigt, ni par l’effet du remontage; il n’y a donc pas lieu de prévenir un défaut qui n’existe pas.

La régularité de la levée, loin d’être utile, est désavantageuse, puisqu’elle ne peut être obtenue que par l’accélération du mouvement angulaire de la roue (27(5), et par l’augmentation de la chute.

Quant à la résistance plus grande du spiral, ce n’est qu’une hypothèse dénuée de preuves, et qui est née de la persistance de quelques auteurs à considérer ce ressort, lorsqu’il quitte l’état du repos et non lorsqu’il se meut en vertu d’un mouvement acquis et rapide. Nous aurons à revenir sur ce sujet.

Une preuve, qui serait péremptoire, de la réalité des qualités qu’on prête au plan courbe que nous examinons, serait qu’il favorisât l’extension de l’arc supplémentaire du balancier : or c’est précisément l'effet contraire qui a été observé.

289. L’avantage réel, sérieux, que présente le plan courbe, c’est qu’il opère sous une plus faible pression et qu’il répartit mieux le frottement ; qu’on nous passe cette dernière expression, nous n’en trouvons pas qui rende plus clairement notre pensée.

RÉSUMÉ

290. Avec le plan courbe : — chute forte ; pression sur les lèvres faible.

Avec le plan droit : — chute courte ; pression sur les lèvres assez

énergique.

De toute nécessité, toutes choses égales de part et d’autre, il doit en résulter que :

Le plan droit produira des arcs supplémentaires un peu plus étendus , mais l’usure des lèvres sera un peu plus prompte;

Le plan courbe assurera plus longtemps la conservation des lèvres, mais fera perdre quelques degrés sur l’amplitude de l’oscillation.

principes de l’échappement a cylindre.

Ces conclusions de la théorie, conclusions qui se vérifient rigoureusement dans la pratique, indiquent, aussi nettement que possible, la vraie et définitive solution. La voici :

291. Le plan d’impulsion doit être conformé selon une très-légère courbure , intermédiaire entre le plan droit et le plan courbe que nous venons de considérer.

Sous l’action de l’incliné à légère courbure, l’étendue de l’oscillation sera sensiblement égale à celle qui résulte de l’action du plan droit, et le frottement sur les lèvres étant un peu moindre la conservation des surfaces frottantes se trouvera mieux assurée.

292. L’ on n’a pas à se préoccuper de l’usure qui peut se produire sur les repos ; il est à peu près sans exemple, dans les échappements bien faits, que la destruction ait commencé sur ce point. Les lèvres sont toujours endommagées les premières.

Nous n’avons rien dit de l’incliné légèrement concave que plusieurs auteurs ont proposé ; il ne ferait qu’accélérer la destruction des lèvres du cylindre et doit être rejeté.

293. Ainsi que nous allons le prouver, en rapportant des faits d’expérience, la théorie et la pratique sont ici entièrement d’accord. Mais auparavant qu’on nous permette de faire remarquer combien de temps les horlogers ont perdu en discussions aussi oiseuses que stériles, tendant, trop souvent, non à la mise en lumière des principes, mais à la mise en évidence des personnalités, puisque la conclusion à laquelle on vient d’aboutir, qui est la seule juste, est précisément la solution proposée par Jodin et formulée par lui il y a plus de cent ans!

EXPÉRIENCES

29-ï. « Dans ce genre de question, a dit Moinet, le raisonnement peut aisément séduire, et il est plus certain d’éprouver le fait. » Nous avons suivi le judicieux conseil de cet auteur et les résultats pratiques sont venus pleinement confirmer l’exactitude des démonstrations théoriques.

Nous engageons nos collègues à faire comme nous ; alors les vagues discussions renouvelées à peu près d’année en année depuis un siècle, et nécessairement interminables dès qu’elles roulent sur des subtilités de langage, ou qu’elles s’appuient sur de prétendus principes mécaniques, désavoués par la science, auront une fin.

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