RÉSISTANCE DU SPIRAL
auraient grand tort de substituer à la légère courbure qu’ils donnent aux inclinés la forme rectiligne, c’est-à-dire le plan droit.
©oit-il exister un rapport entre la forme de l’incliné et la résistance
variable du spiral?
La recherche d’une forme d’incliné propre à rendre la force motrice proportionnelle à la résistance croissante du spiral repose sur une illusion.
Le défaut que cette prétendue amélioration veut corriger n’existe pas.
L’erreur des auteurs qui voient dans le spiral une entrave à Faction delà levée provient de ce qu’ils le considèrent à l’état de repos, ou sortant de ce repos, et non à l’état de mouvement; et qu’ils oublient que ce ressort , en outre qu’il produit contre l’action qui l’a bandé une forte réaction, possède alors, en vertu de son élasticité et des lois de l’inertie, et comme tous les corps qui ont quitté l’état de repos, une tendance à continuer le mouvement.
Si l’on examine, avec une scrupuleuse attention, comment les choses se passent pendant la marche de la montre, on sera bientôt convaincu qu’au commencement de la levée le spiral aide au mouvement et entraîne le balancier, tandis qu’ aussitôt que celui-ci a senti l’impulsion, si nous pouvons parler ainsi , il prend un excès de vitesse sur le spiral et entraîne ce dernier à sa suite. Le balancier, comme on le voit, est sollicité par le spiral , mais en sens contraire, au début et à la fin de la menée; et la résistance du spiral à la fin de la menée tient uniquement à l’action que la roue exerce sur le balancier.
Il est évident , cela nous semble devoir se passer de démonstration, que l’effort le plus énergique du moteur, c’est-à-dire de cette roue, doit agir préférablement au début de la levée ; cette force, s’exerçant sur un balancier moins retenu, lui communiquera une plus grande vitesse, et ce balancier, animé par une plus grande quantité de mouvement , aura acquis plus de puissance et fera son oscillation un peu plus étendue.
La hauteur du plan d'impulsion est la seule mesure exacte de la levée.
30<3. Les auteurs, comme le remarque Moinet , arrivent fréquemment à ne pas s’entendre sur la levée : ce qui ne saurait manquer d’avoir lieu, puisque les uns prennent pour mesure la levée totale et les
principes de l’échappement a cylindre.
autres la levée d’un seul côté; quantité qui, étant doublée, n’est pas la même que la levée totale.
Distinguons bien, avant d’aller plus loin, la levée réelle de la levée que donnent les méthodes vulgairement en usage.
306. La levée réelle est l’arc décrit par un point du balancier pendant le passage de toute la hauteur du plan incliné sur une seule lèvre, et cette levée {a b ou c i, fig. 2 h) doublée donne la levée totale réelle, seule représentation exacte de la puissance du plan d’impulsion.
307. La levée apparente est l’arc de cercle enfermé entre les deux points marqués sur la platine (0° et 40°) et correspondant à la fin des deux demi-levées. Ces deux points nous font connaître où finit chaque demi-levée, sans nous indiquer où elles commencent. Cette fonction appartient au point du centre placé entre les deux points qui bornent l’étendue de l’arc de levée [d, fig. 24). Tout horloger a remarqué sans doute combien il est rare de rencontrer un échappement où la roue se mette en mouvement, c’est-à-dire entre en levée, quand le repère du
Fig. 24.
balancier est arrivé en face du point du centre d : presque toujours la roue commence sa levée 2°, 4°, 6° et même 10° avant. 11 est bien clair que ces quantités doivent être comptées avec chaque demi-levée à laquelle elles appartiennent et dont elles font partie intégrante, et que si trois échappements lèvent 40° entre les deux points, de droite et de gauche, mais que chaque demi-levée commence 2°, 5° ou 10° avant le centre, les actions des plans inclinés sont représentées non par 40°, mais par 44°, 50°, 60°. Par conséquent , toutes les dents possibles, et quelle que soit l’inclinaison de leur plan, donneront, si leurs talons décrivent la même circonférence, une levée totale unique, quoique l’inégalité de leur force d’impulsion soit très-évidente.
308. On voit ici quelle erreur énorme commettent ceux qui proposent une levée totale (0° à 40°, fig. 24) de même chiffre pour tous les