CAUSES QUI MODIFIENT L’ARC DE LEVÉE
253) qu’en partant d’une inclinaison nulle du plan, et sous l’action d’une force motrice qui ne change pas, la force accélératrice augmente rapidement par l’élévation progressive du plan ; jusqu’à une limite au-dessus de laquelle la trop forte élévation du plan offre des inconvénients tels que : un cylindre trop gros , la fin de la menée opérée par un levier de puissance trop long , V arrêt-au-doigt se produisant par suite de diverses pertes de forces qui nécessitent l’ emploi d’un moteur plus énergique, sic. ‘-..-a- •
320. De tout ce qui précède découle nécessairement cette conséquence, qui ne nous paraît pas avoir été signalée par les auteurs ou les praticiens : que la force dont on dispose à V extrémité du levier d’échappement (la roue) est la seule mesure d’après laquelle on puisse déterminer la hauteur de l’incliné.
Or, comme l’expérience nous a démontré que dans les montres d’épaisseur moyenne, la force motrice est suffisante et qu’on ne pourrait l’augmenter sans multiplier en même temps les causes de destruction, la question dont nous faisons l’étude en ce moment se trouve transformée en ces termes :
La force motrice d’une montre étant donnée (en la supposant suffisante), quelle est l’inclinaison que doit avoir le plan d' impulsion pour produire une oscillation de 270 degrés environ , et sans qu’on ait à craindre V arrêt-au-doigt ?
La question ainsi posée échappe au calcul et ne peut être résolue qu’ expérimentalement. Mais les résultats de la pratique suffiront , du reste, et leur réponse, très-nette, se trouvera sous le titre : Règles pour déterminer les dimensions d’un échappement à cylindre.
lia hauteur du plan d’impulsion Tarie aTee Sa grandeur des montres.
321. Toutes proportions gardées entre une grande et une petite montre, la hauteur du plan d’impulsion, relativement à l’ensemble de chaque machine, doit être plus considérable dans la petite montre que dans la grande.
Nous interrogerons tout à l’heure les résultats de l’expérience sur ce point ; mais auparavant il nous paraît nécessaire de l’étudier théoriquement.
Les petits balanciers ont un mouvement angulaire plus rapide que les grands (Théorie du balancier) ; ils se dérobent plus promptement que ces derniers à l’attouchement de la roue. De là la nécessité de
principes de l’échappement a cylindre.
nombrer moins la roue ou d’augmenter la hauteur de l’incliné (248).
Une autre cause complique la première : en regard du mouvement, plus prompt du balancier, le mouvement angulaire de la roue, ou plutôt la facilité de son départ, et toutes proportions gardées, paraît être, au contraire, en raison à peu près inverse de la grandeur des montres ; ce qu’il faut attribuer aux résistances des frottements et à la viscosité de l’huile, résistances sensibles en face des forces si minimes qui animent les derniers organes des petites montres. D’ailleurs une allure plus rapide de la roue nécessiterait un travail plus considérable pour vaincre l’inertie (123). On est donc fondé à admettre que le départ de la roue n’a pas lieu avec une promptitude en rapport avec la vitesse acquise du balancier, d’où résulte la nécessité d’élever l’incliné.
Le poids du balancier, ainsi qu’on va le voir, est aussi pour quelque chose dans la différence de hauteur des inclinés. Cette différence est un fait hors de doute aujourd’hui, qui n’a été signalé, que nous sachions, par personne, et qui ne peut être contesté que par l’ignorance complète des lois de la mécanique et des règles pratiques.
322. Dans les fabriques suisses et françaises, où malheureusement l’instruction théorique est fort incomplète et même tout à fait négligée, mais qui possèdent un certain nombre d’ouvriers dîélite, habiles et intelligents, on remarque ces deux faits contradictoires : la levée moyenne de l’échappement à cylindre à 40° a été généralement adoptée depuis soixante ans, et cependant, quand on mesure l’angle de l’incliné à un grand nombre de bonnes montres de Genève, les unes très-grandes, ies autres très-petites, on est étonné de la différence que l’on rencontre. Par quel aveuglement inexplicable, ces ouvriers d’élite, et pour la plupart enrichis des observations de leurs devanciers, feraient-ils constamment les inclinés des petites roues selon un angle plus ouvert que celui formé par l’incliné des grandes roues, si l’expérience, ce grand maître en fait d’horlogerie, ne leur en avait fait sentir la nécessité ?
Que l’on interroge les repasseurs hors ligne de Paris, et l’on apprendra d’eux qu’ils n’ont pu régler de très-petites montres qu’en remplaçant les roues de cylindre par d’autres roues, ayant les inclinés beaucoup plus prononcés que ceux ordinaires.