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L.Peisse. Paris, 1843, in-8, p

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tégumeniaires : cela fait, au lieu d’hypothèses, vous reconnaissez dans les tempéraments admis par le médecin de Pergame des types d’organisation qui se sont fréquemment présentés à votre observation. Il n’y a pas moins de sens dans les liaisons qu’il établit entre eux et les âges, les saisons, les climats. N’est-ce point dans les climats chauds que se rencontrent en grand 'nombre les individus à prédominance du système hépatique? L’organe sécréteur de la hile n’est-il point influencé spécialement par la saison des chaleurs? Son maximum d’activité et de susceptibilité ne coïncide-t-il point avec l’âge adulte? Voilà certes des rapprochements plus féconds, plus sûrs pour la pratique que les suppositions de Stahl et de Haller. L’histoire théorique des tempéraments est celle de la médecine; l’humorisme, le mécanicisme, le solidisme, s’en emparent chacun à son tour. Les progrès de l’anatomie générale suggèrent à Haller une définition qui exprime avec plus de rigueur et de netteté l’idée émise par Bordeu. Celui-ci avait dit que chaque sujet a ses organes prédominants, et qu’en les réduisant à certaines classes, on trouverait peut-être ce que l’on cherche tant sur les tempéraments. Hallé les envisage comme des différences individuelles de l’homme, consistant dans la disproportion de volume et d’activité que présentent certaines parties du corps; parties capables de modifier sensiblement toute l’économie; il est le premier qui distingue les tempéraments généraux des tempéraments partiels, fondant les- premiers sur la prédominance relative des systèmes sanguin et lymphatique, sur les diverses modifications du système nerveux, sur le développement du système musculaire; caractérisant les autres par l’état des systèmes généraux dans les diverses régions du corps ou par le mode d’action de certains organes. Cabanis, sans rien ajouter à la doctrine générale des tempéraments, fait ressortir par une analyse profonde leurs relations avec les idées, les penchants et les habitudes. Rappellerons-nous la classification des tempéraments admise par Cullen, et que lui-même reconnaît peu propre à guider le praticien ? celle de Broussais, laquelle, mélangée d’éléments physiologiques et morbides, nous paraît peu digne de son génie si lucide? A mesure que la médecine s’affermit dans la direction positive que lui impriment les études anatomiques et anatomo-pathologiques, elle cherche aussi à préciser la notion des tempéraments, à eu déterminer avec plus de sévérité les conditions matérielles. Bégin (1) a le plus contribué, api ès Hallé, à l’élaboration des saines idées qui régnent aujourd’hui dans cette partie de la science. Ainsi la question des tempéraments présente, comme toutes les grandes questions de la médecine, un fond inaltérable de vérité sous la discordance des interprétations, et celles-ci, dérivées des conceptions systématiques qui se succèdent, subsistent mêlées d’hypothèses et d’erreurs, jusqu’à ce que la science soit ramenée à l’organisme et s’y fixe comme dans son domaine • nécessaire. Toutefois, dans ce retour à la considération absolue de l’orga-

(1) Bégin, Traité de physiologie pathologique. Paris, 1828, 2 vol. in-8. — Principes généraux de physiologie pathologique , 1821 .

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nisme, la doctrine des tempéraments subit l’attaque de la phrénologie; non que cette école repousse le fait des diversités individuelles d’organisation; non qu’elle nie le rapport presque constant entre les penchants, les facultés, les mouvements et certaines conditions de structure individuelle, mais c’est dans l’encéphale que résident ces conditions; les autres organes n’ont aucune part dans la manière dont se produisent les phénomènes intellectuels et moraux. Quoi de commun, s’écrie-t-on, entre la couleur des cheveux et les passions ou les idées d’un homme? o Le cerveau, dit Georget (1), est le seul organe qui puisse, par sa puissante influence, par ses rapports avec toutes les parties du corps, modifier par son action les dispositions de l’organisme, donner naissance à de nouvelles combinaisons organiques, à des ensembles de phénomènes enchaînés les uns aux autres; et ce qu’il y a de positivement vrai dans la doctrine des tempéraments s’explique parfaitement bien dans ce sens. « Mais le cerveau ne participe-t-il point, comme tous les autres organes, à des conditions générales de structure et de nutrition ? Et ne faut-il point rechercher dans celle-ci la cause de son mode physiologique comme celle de l’activité des

autres organes ou appareils ? Est-il indifférent à la manifestation des actes intellectuels et moraux que le cerveau reçoive l’incitation d’un sang riche et lancé avec force, ou d’un sang appauvri et porté jusqu’à lui par une circulation languissante ? Il y a donc pour l’explication des différences individuelles un élément général, antérieur pour ainsi dire à l’action du cerveau : c’est la nature du fluide nourricier; cet élément est accusé par l’état de tous les organes aussi bien que par celui de l’encéphale. Il n’est donc pas absurde de les etucher dans leur aspect extérieur, dans leur proportion relative, dans leur

modalite fonctionnelle, pour arriver à l’appréciation synthétique des tempéraments. 1

Les partisans les plus exclusifs des opinions de Gall ne peuvent nier d’aileu.s la solidarité des viscères, et par suite la prédominance qu’ils acquièrent un sur ! autre, prédominance dont le cerveau lui- même subit la loi; seuleeni ,ls la considèrent comme consécutive à l’affaiblissement du cerveau : à

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• yei -Collard (2) s est appliqué à son tour à faire ressortir ce qu’il y a

(2) Ro!Ir!r ^h,iSlolorjl° du système nerveux. Paris, 1821, t. I, p. 204.

o an, Mémoires clc l'Académie de médecine. Paris, 1843, t. X, p. 135.

DES TEMPÉRAMENTS

[hygiène , !

(le vague el d’indéterminé dans les notions généralement répandues sur les tempéraments. Des critiques qu’il a formulées, les unes ne s’adressent plus à l’époque actuelle, les autres retombent sur la constitution même de la science médicale. Quand il se donne le plaisir de combattre le tempérament bilieux, le génital, le musculaire, il oublie que Bégin a déjà fait justice de ces créations, et que les caractères qui leur sont attribués composent une idiosyncrasie, non un tempérament. Lorsqu’il demande ce qu’on entend par vitesse de la circulation, abondance du sang, vigueur et volume du cœur et des gros vaisseaux, etc. , il n’énonce rien contre la réalité du tempérament sanguin ; il accuse l’insuffisance des données anatomo-physiologiques, et nous reconnaissons avec lui que l’hygiène gagnerait en précision si les nombreux problèmes de l’organisation recevaient une solution exacte. Non, nous ne possédons pas des renseignements mathématiques sur les conditions matérielles du tempérament sanguin, du tempérament lymphatique, et cependant ces formes, ces variétés de la santé, suivant l’heureuse expression de Royer- Collard, existent; lui-même les reconnaît. Les explications, chimico- physiologiques qu’il propose tendent à fournir la raison intime des tempéraments, mais n’aident point à les faire reconnaître ; les signes extérieurs se rapportent à l’aspect et à Ja proportion des systèmes, des organes, et c’est dans ceux-ci, en définitive, que se passent les phénomènes intimes auxquels Rover-Collard rattache les variétés de la santé. Acceptons comme démontrés tous les faits qu’il cite, quoique la plupart de ces faits aient à compter avec les découvertes ultérieures de la chimie : ils ne peuvent offrir des indications d’emblée, telles qu’il les faut au praticien. Que l’on se mette en quête de science rigoureuse, mais sans tourner le dos à Ja pratique; analyser le sang pour arriver a la notion du tempérament, cest une œuvre impossible au lit des malades. La médecine pratique a besoin de se régler sur la simple observation, et c’est parce que les conditions profondes des différences individuelles ne se dénotent point au simple coup d’œil du praticien qu’il est obligé de s’en tenir aux caractères extérieurs, apparents, sauf à les grouper, à les comparer; il trouve dans cette méthode un guide qui, sans avoir la sûreté du microscope, sustente ses recherchés, facilite ses prescriptions. L’observation répétée, contrôlée de siècle en siècle, même quand elle ne porte que sur un ensemble de faits extérieurs et pour ainsi dire sur la suiface de l’homme, peut avoir autant d’importance pratique que les conjectures de la chimie moderne sur la présence de tous les produits excrétés dans le sang et sur le rôle effectif des appareils d’élimination (1).

La définition la plus satisfaisante des tempéraments est encore celle de Halle, qui les considère « comme des différences entre les hommes, constantes, compatibles avec la conservation de la santé et de la vie, dues à une diversité

(1) Millier, se bornant à des vues psychologiques, définit les tempéraments « des modes permanents de conflits entre l’âme et l’organisme » , et il les fait dépendre de la relation qui existe entre les penchants et la structure excitable du corps.. ..(Manuel de physiologie, traduction de Jourdan, 2« édition. Paris, 1851, t. II, p. 556).

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(le proportion et d’activité entre les diverses parties du corps, et assez importantes pour modifier l’économie ». Cette définition énonce un fait et l’explique. Le fait, c’est l’existence de types généraux d’organisation auxquels l’analyse et l’observation permettent de rallier les variétés individuelles de notre espèce; l’explication consiste à faire dépendre ces types du rapport qui existe entre les différentes parties du corps. Le fait est admis, l’explication est contestée. Royer-Collard (op. cit.) ne hasarde point une nouveauté quand il exprime avec force, de la définition de Hallé, ce corollaire, à savoir, que le tempérament est un état universel de l’économie. Avant lui, Bégin (1) avait appelé tempérament la variété organique la plus générale, et idiosyncrasie celle qui est plus restreinte, et pour ainsi dire individuelle. Mais tandis que pour cet écrivain le tempérament est un état constitutionnel dont l’existence se fait sentir sur tous les points de la machine animale, parce qu’il dépend de la prédominance de développement et d’action de l’un des systèmes qui pénètrent dans tous les tissus, Royer-Collard, s’appuyant sur le même rapport logique, mais l’envisageant sous un point de vue physiologique différent, croit devoir étudier les caractères des tempéraments dans les diverses manifestations que nous offrent le sang et l’action nerveuses : « La santé, quelque forme qu’elle ait revêtue, ne peut être conçue que dans son unité, ne peut être 'saisie que daus les principes mêmes qui animent à la fois toutes les parties ensemble de

la machine organisée. Cependant quels sont ces principes? Il y en a deux : 1 un est le sang, fluide nutritif; l’autre est l’action nerveuse, qu’on peut appeler

flllîrlp noi’imnv . * I I

(1) Bégin, Physiol. pathol., t. I, p. 44. M. lévy. Hygiène, 5e édit.

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sent voir dans tous les organes, dans tous les tissus, les traces de leur développement relatif. Dans un autre ordre d’idées qui gravitent vers un humorisme scientifique, les tempéraments nerveux et sanguins conservent leur vérité; le lymphatique perdra de l’exactitude anatomique de sa dénomination, sans coirespondre exactement, comme le veut Royer-Collard, à cet étal généial de l’économie, qui est l’extrême opposé de la pléthore (1).

Ces trois étals méritent seuls d’être appelés tempéraments, parce que seuls ils exercent sur l’organisme une influence immédiate, et poui ainsi diie souveraine; leur signe commun est de modifier toutes les paities du corps, la direction qu’ils impriment aux actes organiques ressort dans la maladie comme dans la santé (2). Ce n’est point que d’autres organes ou des appareils d’organes ne puissent réagir sur l’ensemble de l’économie, soit par les résultats de leurs fonctions, soit par l’ébranlement des sympathies, et généialiseï ainsi leur influence, comme les tempéraments que nous avons admis; mais ce sont des prédominances consécutives, engendrées le plus souvent par une série de modifications morbides. Que le foie cesse d’extraire du sang les matériaux de la bile en quantité proportionnelle aux besoins de l’organisme, il en résultera dans le sang une exubérance d’éléments hydrogénés et carbonés, de matièies grasses, colorantes, etc., que la sécrétion biliaire a pour objet d’éliminer; de là des phénomènes généraux qui feront croire à l’existence du tempérament bilieux. Il y a plus : ces phénomènes peuvent avoir pour cause une lésion étrangère au foie et au fluide qu’il sécrète, car les matières éliminées par ce viscère le sont aussi par le rein, par la peau, par les poumons sous forme d’acide carbonique et d’eau. Que ce travail d’élimination soit entravé, on verra surabonder dans le sang l’hydrogène et le carbone ; et, comme le dit fort bien Royer-Collard, par la prédominance du sang veineux sur l’artériel, par le ralentissement de la circulation veineuse abdominale, par l’état congestionnel de tout l’appareil où s’accomplit cette circulation, on verra se développer les conditions assignées au prétendu tempérament bilieux, et plus récemment, avec une ingénieuse sagacité, au tempérament mélancolique des anciens (3). De

(1) Les plus récentes recherches des physiologistes ne sont point favorables a 1 mter- 'prétation exclusive des tempéraments d’après l’état du sang; elle méconnaît le rôle important que Virchow assigne aux éléments musculaires et élastiques de la paroi artérielle. (Voy. Pathologie cellulaire, traduct. de Picard, 38 édition. Paris, 1868, p. 108 et suiv.)

(2) Dans les préliminaires de ses Études sur la tuberculose, J. ViUemin groupe aussi tous les éléments de l’organisme en trois systèmes généraux et y rattache les tempéraments : 1" le système végétatif, fondamental, lymphalico-conjonctif; 2° le système nerveux, nervo-musculaire; 3° le système sanguificateur, ou, tenant compte des organe» qui assurent au sang sa pureté et son intégrité, système épithélial. Il ajoute (page 34) : « Nous sommes encore peu édifiés sur la nature des actes chimiques accomplis dans e sang et dans les éléments qui concourent à ses modifications : à peine possédons-nous quelques données pour interpréter les phénomènes physiologiques et pathologiques es

P (3) PReveillé-Parise, Mén\. sur l'exist. et la cause or. du tempér . mélancol. ( Études de

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même encore, quand l’appareil génital vient à influencer d’une manière permanente l’ensemble de l’économie, c’est abuser des mots que d’imposer à cet état vraiment morbide la qualification de tempérament génital ; dans une médiocre mesure, cet état constitue tout au plus une idiosyncrasie; à un degré plus éneigique, il y a surexcitation morbide d’une fonction, surexcitation qui irradie de l’encéphale ou des organes mêmes chargés de cette fonction.

Deux remarques essentielles trouvent ici leur place ; 1° Le tempérament se combine dans le même sujet avec une ou plusieurs idiosyncrasies; c’est-à-dire qu en même temps que l’état général de l’économie se caractérise par l’énergie de l’innervation ou par la surabondance des fluides blancs, un ou plusieurs viscères ont acquis une susceptibilité qui, sans atteindre aux limites de la maladie, augmente leur sphère de réaction sympathique. 2° Les tempéraments eux-mêmes se croisent, se mélangent en proportion variable, et donnent naissance à ce que l’on a appelé les tempéraments mixtes. C’est ainsi qu’une grande sensibilité nerveuse se rencontre parfois chez un individu dont le san» est riche en fibrine et en globules. La complication des tempéraments et des idiosyncrasies, jomte aux éléments variables que l’âge, les habitudes et lhéiedite importent dans l’économie, telle est la clef des individualités, telle s a pierre d achoppement de la pratique. C’est parce que ces éléments se iondent en quelque sorte dans la trame organique et s’associent de mille manieies, que les variétés de l’organisation humaine échappent à l’énumération • “S “ à leS décrire ** au lecteur une méthode pour l

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journal la France médicale , 1er jui]le’t lg55“ C ^^ameni mélancolique (voy. le

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sous la peau dans les mêmes conditions, etc. Il est donc donné à 1 art, par une sage dispensation des agents hygiéniques, de créer des idiosyncrasies et presque des tempéraments, d’atténuer ou de renforcer ceux qui existent : là gît L’importance, là gît le pouvoir de l’hygiène. Mais la nature y a posé des bornes; les marques originaires qu’elle imprime à ses œuvres ne s’effacent pas entièrement sous le doigt des hommes. Les tempéraments ne se prêtent point à des métamorphoses aussi radicales que semblent le croire certains auteurs. Nous ne dirons pas, avec Royer-Collard, que le tempérament est une chose essentiellement variable : il ne l’est que dans une limite déterminée (1), et, quels que soient les changements auxquels l’art sait forcer l’organisme, le tempérament primitif y perce encore et tend incessamment à reprendre son empire A-t-on jamais converti parfaitement un tempérament lymphatique en sanguin . La femme nerveuse désapprend-elle entièrement les émois et les turbulences de son électrique sensibilité? Par un autre effet de la stabilité des conditions originaires, de belles et vigoureuses constitutions ont pu traverser toutes es épreuves de l’existence et faire admirer encore, après tant d atteintes, les nobles linéaments d’une organisation d élite.

— Du tempérament sanguin.

Bégin résume ainsi les traits saillants de cette variété organique : « 1° Activité très-grande de l’hématose; T développement et énergie considérables du poumon et du cœur; 3° abondance et richesse des réseaux capillaires rouges dans toutes les parties du corps; h° disposition remarquable aux inflammations ainsi qu’aux hémorrhagies, et facilité à réparer les pertes sanguines; 5° mobilité et impressionnabilité du système sanguin (2). On peut épilogue! sur quelques termes de cette description : demander, par exemple, ce que Pon entend par abondance de sang; contester l’augmentation de volume du cœur etc. Mais j’affirme qu’il n’est pas un praticien qui n’ait rencontré chez maints sujets un ensemble de particularités, un aspect général une modalite réactionnelle qui les rattachent à ce type physiologique. Ces individus se fon

fil Ces lignes étaient écrites depuis longtemps quand nous avons lu, dans un ouvrage nui a paru depuis, cette confirmation de notre idée : « La véritable plelhore (et c es a cet état que l’auteur ramène le tempérament sanguin) est plus souvent constitutionne e qu’elle n’est acquise; on ne la crée pas toujours à volonté par une nourriture tres-su -

stantielle La pléthore semble dépendre d’une constitution primordiale du sang qu u

ne nous est pas donné de produire aussi facilement que nous produisons l’anémie; ce qui veut dire, en d’autres termes, qu’il est beaucoup plus en notre pouvoir d’appauvur sang que d’en accroître la richesse. ». (Andral, Essai d'hématologie pathologique, - • . p. M.) Cette conclusion pose les bornes de l’hygiène organo-plastique de Royer-Col .

(Note de la lr0 édition.)

. (2) Op. vit., t. I, p- 66.

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DU TEMPÉRAMENT SANGUIN

remarquer ordinairement par l’animation de leur teint, par le développement du système musculaire, par la fermeté du tissu conjonctif, qui n’est jamais assez abondant pour effacer entièrement les formes résultant des saillies musculaires. Ces premiers caractères s’expliquent assez bien par la composition du sang des personnes ainsi constituées, ainsi que nous le verrons plus bas. Mais il ne faut point croire cependant que ceux-là seuls participent au tempérament sanguin, qui présentent une coloration vive de la peau; il est des personnes qui, malgré le ton mat de leur surface cutanée, possèdent, si l’on peut ainsi s’exprimer, les attributs internes du tempérament sanguin, c’està-dire une notable énergie de l’hématose, la plénitude sanguine, un grand développement des systèmes capillaires profonds, des muscles vigoureux et prononcés, etc.

Beaucoup de sujets à tempérament sanguin acquièrent un développement très-considérable de tout le système musculaire : c’est cette particularité, portée à son maximum, que l’on a désignée d’une manière inexacte par le tempérament athlétique , qui n’est pas plus une variété spéciale de la santé que ne le serait le volume des différentes pièces du système osseux. La nutrition exagérée des muscles n’est, à nos yeux, qu’un épiphénomène du tempérament sanguin : non que la fibrine, cet élément du tissu musculaire, soit en excès dans le sang des individus ainsi constitués, c’est une erreur répétée par plusieurs écrivains, et dont la chimie a fait justice; mais un exercice plus fréquent, plus énergique du système musculaire, a dirigé sur lui le mouvement nutritif. La nature ne se borne pas à couvrir la dépense; presque toujours la réparation excède le but, et quant au type des athlètes, que les statuaires anciens nous représentent avec la tête très-petite et le front écrasé, tandis que le tronc et les membres sont recouverts de muscles énormes, il justifie la loi des compensations fonctionnelles : l’atrophie encéphalique, la stupidité proverbiale de ces tristes héros était la conséquence de l’activité exubérante et continue des organes de locomotion. Toutefois les physiologistes ont grossi le portrait : un certain développement du système musculaire ne réduit point nécessairement l’activité du système nerveux (1). La prédominance d’une seule fonction n’entraîne point l’affaiblissement des autres, les facultés intellectuelles et morales peuvent jeter un vif éclat dans une organisation puissante en même temps par l’énergie musculaire. Tel est, en effet, le privilège de l’économie, que plusieurs systèmes d’organes peuvent se perfectionner simultanément :

1 exercice exclusif et permanent d’un système unique, d’un appareil unique, détermine seul des contrastes absolus entre les fonctions.

Le caracl<-‘re général du tempérament sanguin, c’est l’aisance avec laquelle s exécutent tous les actes organiques; la respiration est large et profonde, la sanguification active, la digestion facile, l’assimilation prompte, l’innervation

(1) Buflon, le maréchal de Saxe, Mirabeau, et dans l’antiquité, Platon, aux larges épaules,

des exemples de la puissance intellectuelle unie à la force du système musculaire.

5* DES TEMPÉRAMENTS. [hygiène

bien ordonnée, les mouvements libres et réguliers (1) : il n’est point de variété organique où l’on observe plus d’harmonie dans les fonctions, une proportion plus juste dans le développement des parties, dans l’ensemble de l’économie un cachet plus heureux de force et de santé. Le moral se ressent nécessairement de ces conditions physiques : la gaieté de l’esprit, la vivacité de la pensée, la mobilité de l’imagination, le courage et l’inconstance, plus de pétulance que de profondeur, tel est l’apanage de ces organisations brillantes.

L’énergie de l’hématose et de la circulation chez les sujets munis de ce tempérament conduit naturellement à supposer chez eux un volume plus grand des poumons et du cœur; aussi Rostan a-t-il décrit le tempérament sanguin sous le titre de constitution organique ou dominent les appareils circulatoire et respiratoire , faisant d’ailleurs, suivant nous, une confusion de mots et d’idées dans l’emploi indistinct des termes constitution et tempérament. L’ampleur de la poitrine semble confirmer cette supposition ; mais pour qu’elle acquît la valeur d’un fait démontré, il faudrait connaître : 1° le rapport des dimensions du cœur et des poumons avec la taille des sujets ; 2° le rapport des diamètres thoraciques avec la taille; o° enfin, le volume que peut atteindre le cœur sans qu’il en résulte un état pathologique. Ces données nous manquent, malgré les dernières recherches qui ont été faites sur ce sujet (Bizot, Mémoires de la Société médicale d’ observât.) ; mais en nous rappelaut que l’énergie et la perfection du jeu d’un organe dépendent moins encore de son volume que de son rapport régulier avec les centres nerveux, et de certaines conditions intimes jusqu’à présent inexplorables à nos moyens d’analyse, il nous sera facile d’admettre que l’existence du tempérament sanguin n’est pas liée nécessairement au développement des appareils de l’hématose et de la circulation : les faits confirment celte induction. Le tempérament sanguin est un de ceux qui s’observent le plus fréquemment chez les jeunes militaires soumis à nos soins; un grand nombre d’entre eux, explorés minutieusement par voie de percussion et d’auscultation, ne nous ont offert aucun indice qui permît de supposer chez eux un plus grand volume du cœur. Il en est de même des poumons, dont le volume est fidèlement accusé, en général, par les proportions de la cage thoracique ; souvent ils apparaissent volumineux chez des individus qui portent les stigmates du lymphatisme : tels sont ces soldats à haute stature et à large poitrine, recrutés dans la basse Alsace ou parmi la population étiolée qui habite les caves des principales villes du département du Nord, tandis que des sujets manifestement sanguins se distinguent par l’harmonie des formes pins que par l’exagération de certaines parties. Cependant on est frappé souvent, au premier aspect des malades à tempérament sanguin que l’on découvre dans leur lit, de

(1) Les recherches de Matteucci ont fait voir que l’intensité des courants électriques musculaires est en rapport avec la circulation, et n’est pas subordonnée à l’action du système nerveux.

DU TEMPÉRAMENT SANGUIN

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l’ampleur et de la longueur du thorax, de la convexité de sa région antérieure, de la prédominance évidente de cette cavité splanchnique sur l’abdomen, qui est court et ellacé, etc.; la force musculaire des extrémités s’accorde avec ce développement de la poitrine. Volumineux ou non, le cœur prédomine par sa susceptibilité; ses relations sympathiques sont plus prononcées, plus étendues; il est solidaire de toutes les impressions qui aboutissent aux surfaces sensibles de l’économie; il oscille rapidement sous l’impulsion de toutes les causes physiques et morales : de là l’accélération instantanée du pouls sous le doigt qui l’explore ; de là ces rougeurs du visage, aussi promptes que l’émotion qui les provoque; de là cette versatilité des phénomènes réactionnels qu’une circulation très-active promène de viscère en viscère, etc. Il est impossible de méconnaître ici l’influence de l’innervation, qui entre ainsi comme élément dans le tempérament sanguin (1), car la vie n’est autre chose, en son essence, que la réaction incessante de la matière nerveuse sur le sang, et du sang sur la matière nerveuse.

Quelles sont les conditions du sang dans le tempérament dont il s’agit? Comme il est impossible de les formuler avec rigueur et dans une limite déterminée, nous allons rappeler brièvement les données que fournit sur ce point la plus récente chimie. La moyenne de la composition normale du sang

équivaut à 0,003 de fibrine, 0,127 de globules, 0,072 de matériaux organiques, et 0,790 d’eau. Ces rapports sont susceptibles de variations qui tantôt amènent un état morbide, tantôt n’excèdent point la limite de la santé; mais cette limite est mobile ici comme dans le type fonctionnel des organes. Où commence la proportion pathologique des globules, de la fibrine? La science, quoique riche déjà en matériaux de cet ordre, ne peut encore résoudre ce problème avec certitude; les recherches d’Andral et Gavarret permettent seulement d’établir d’une manière générale que la quantité de vigueur de 1 individu s exprime par la proportion des globules et de la matière colorante. Dans la pléthore, état caractérisé par l’énergie de l’assimilation, et qui n’outrepasse point la sauté, un seul élément augmente dans le sang : ce sont les globules, et, avec eux, la matière colorante, qui leur paraît inhérente : leur chiffre peut monter de 0,127 à 0,140, sans qu’il y ait maladie; les autres principes du sang conservent à peu près leur proportion ordinaire. Il existe moins de globules chez la femme que chez l’homme, chez l’enfant qfie chez I adulte. Avec l’anémie coïncide l’abaissement du nombre des globules, phénomène que l’on produit artificiellement par une diète prolongée ou par des saignées répétées; cef abaissement est quelquefois considérable : le nombre

(G Les recherches histologiques sur la musculature artérielle et sur les cléments élasi n t , S VCineS et des arl-ères, les belles expériences de Cl. Bernard sur le relâchement (dilatation) des vaisseaux par la section des nerfs et leur rétrécissement par l'effet d'un couran : ectrique, tendent à démontrer que l’activité et la régularité de la circulation,

9> i eux du tempérament sanguin, tiennent à d’autres conditions encore que la richesse de l’élément globulaire.

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des globules peut se réduire de 0,127 à 0,100, à 0,090, 0,080, et même à moins. Notons que l’élément globuleux, une fois diminué, se régénère trèslentement chez les individus de faible complexion. Le principe du sang qui varie le moins, c’est la fibrine ; elle se maintient presque constamment dans sa proportion normale, et c’est à peine si elle subit une augmentation d’un demi-millième dans les cas de pléthore la mieux dessinée, pourvu que celle-ci ne dégénère point en maladie. En général, chez les sujets pléthoriques, mais bien portants, la fibrine n’augmente pas ; elle ne baisse pas non plus dans l’anémie ; son accroissement est considéré par Andral comme la preuve d’une disposition inflammatoire dans l’organisme. On est peu fixé sur les changements quantitatifs que peuvent subir les éléments constituants du sérum du sang, dont l’eau est comptée, terme moyen, pour 0,790 sur 0,870, les matériaux organiques solides pour 0,072, et les matériaux inorganiques pour 0,008 : la proportion d’eau est en raison inverse des parties solides, et réciproquement ; les matériaux organiques solides sont en rapport de quantité avec les globules, du moins pendant la santé ; ils diminuent seuls, sans changement dans la fibrine ni dans les globules, sous l’influence de certaines maladies, notamment de l’albuminurie; des hémorrhagies copieuses réduisent tous ces éléments à la fois, au profit de l’eau qui surabonde. Restent les matériaux inorganiques du sang : inhérent ou non à la matière colorante, le fer existe dans le fluide nutritif. Pour l’homme sain, Lecanu en évalue la quantité à d /500e; puisque ce métal est toujours uni aux globules, il doit nécessairement augmenter ou diminuer avec le chiffre de ces derniers : cette induction se vérifie par les heureux effets des préparations ferrugineuses dans la chlorose. S’il est démontré que les sels de soude et de potasse concourent à conserver au sang sa liquidité, l’hygiéniste devra rechercher dans quelles proportions ils peuvent varier sous l’influence des aliments et des boissons, problème complexe et qui attend encore sa solution. Enfin est-il besoin de rappeler que les sels calcaires (phosphate et carbonate) sont sujets à varier dans le sang, suivant l’âge, le régime, l’imminence morbide, ou dans le cours de certaines affections (goutte, gravelle, affections calculeuses, etc.)? Mais ces différences de proportion relative ne sont pas encore déterminées, et l’indication qui en découle, pour l’hygiène comme pour la thérapeutique, manque d’une certitude rigoureuse. Un dernier sujet de recherches, réservé pour l’avenir, se trouve dans d’autres conditions du sang qui, pour être moins matérielles, ne doivent pas moins influer sur le rôle immense, universel, qu’il remplit dans l’économie : nous voulons parler de sa température, de son électricité, etc. Mais ce sont des desiderata, et nous sommes en quête de notions exactes.

Appliquons maintenant ces résultats de l’analyse au tempérament sanguin. Il est incontestable que les sujets qui en sont doués présentent un accroissement de globules, accroissement qui varie de 0,127 à 0 , 1 Z» 0 en raison de l’intensité du tempérament; d’où la coloration de la peau et le ton animé des

DU TEMPÉRAMENT SANGUIN

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autres tissus, puisque la matière colorante accompagne les globules; le fer inhérent à l’hémalosine doit aussi augmenter de proportion. Que la fibrine augmente chez les individus sanguins, cela est douteux; dans tous les cas, elle n’augmenterait pas de plus d’un demi-millième. Le sang contient moins d’eau, les éléments solides s’étant accrus; enfin, comme il offre une moindre fluidité, les sels de soude et de potasse y sont diminués. La cause organique du tempérament sanguin réside-t-elle dans les globules du sang, et dirons-nous, avec Fleury (1), que si le chiffre 127 représente la moyenne physiologique, le chiffre 135 correspond au maximum, c’est-à-dire au tempérament sanguin, au delà duquel se manifeste la pléthore? Il y aurait à prouver d’abord que tout individu dont le sang fournirait ce chiffre de globules à l’examen microscopique présente les conditions du tempérament sanguin, et réciproquement. Admettons cette donnée de la science contemporaine comme un signe important de plus du tempérament sanguin, non comme sa cause unique ; elle est plus sujette à varier sous l’influence de beaucoup d agents passagers (diète, saignées, maladies aiguës), que le tempérament lui-même. Le fer, qui contribue à élever le chiffre des globules, ne transforme pas un lymphatique en sanguin.

Si le tempérament sanguin est l’expression la plus complète de la santé, s’il est le plus favorable au développement parfait des organes, à la régularité et à l’intégrité des fonctions, il offre aussi, dans la maladie, le plus de ressources au médecin. Chez ceux qui en sont doués, les maladies débutent franchement, prononcent mieux leurs symptômes, revêtent une forme plus aiguë, suivent une marche régulière, passent plus rarement à la chronicité, tendent spontanément a la résolution; les déperditions sanguines que leur traitement nécessite sont plus vite réparées; la convalescence est prompte.

L’École histologique est venue confirmer nos vues sur le rôle du sang dans la production des tempéraments : „ Le sang n’a pas d’existence propre, indé-

)v"ms ét deS‘ ï", l>‘'0dT “ra,’°Sé d'éléraems Morphologiques, les seuls ™ 2 f t,e SulBlanc',,s dlï™ d« provenance extrinsèque et intrinsèque. t-irJ “ ses parties n a la propriété de se perpétuer dans les voies circula-

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e>! v!i,“rï-’ C"ra/,,W”“,ete Paris, 1850, t. Il, p, 337. nnn, Lludes sur la tuberculose. Paris, 1868, p. 32.

DES TEMPÉRAMENTS

[hygiène

§ :i. — Ou tempérament nerveux.

L’action nerveuse, dont l’essence nous sera longtemps un mystère, ne s’exerce pas chez tous les sujets dans une égale mesure et sous un mode uniforme. Les modifications innombrables qu’elle subit se rattachent manifestement aux diversités des tempéraments, quoiqu’elles se lient encore à d’autres circonstances, telles que l’âge, le sexe, l’état de santé ou de maladie. Placez plusieurs personnes du même âge dans une atmosphère d’une température très-basse, observez-ies sous l’influence d’un temps orageux, dirigez simultanément sur elles des excitations morales identiques, elles éprouveront des impressions différentes, elles réagiront avec une force inégale ; et ces nuances de phénomènes réactionnels traduisent celles de leur structure nerveuse. Pour peu que l’on ait exercé son regard médical dans le monde ou sur le théâtre des hôpitaux, on a remarqué bientôt, entre les types variés d organisation qui s’v pressent, des individus à taille médiocre, à visage expressif et mobile, à la fibre grêle et vibratile, aux proportions exiguës, au ton blafard ou terreux de la peau qui va parfois jusqu’à revêtir une teinte jaunâtre; presque toujours leur œil est vif, leur front haut et tout leur crâne dispropoi donné par son volume avec l’étendue de la face. Si on les observe en action, leuts mouvements sont brusques, saccadés, d’une énergie qui contraste avec leur maigreur ou la mollesse du tissu musculaire ; cette pétulance alterne avec une sorte d’indolence et d’affaissement. Si on les touche, leur peau ne procure pas au conLact la sensation douce et halitueuse qui caractérise la chaleur cutanée du tempérament sanguin; elle est d’une chaleur âcre et comme moidicante. A cet ensemble de traits extérieurs, comment méconnaître les exemplaires flagrants du tempérament nerveux? La supériorité que la substance nerveuse possède chez eux originairement, ou par acquisition progressive, s’imprime dans toute leur habitude, comme elle est scellée pour ainsi dire dans tous les actes intimes de leur économie. Elle entraîne presque inévitablement 1 affaiblissement de la puissance musculaire, si celle-ci n’est frappée dès l’origine d’une débilité sans remède. Celte loi d’antagonisme entre l’activité musculaire et l’activité nerveuse engendre des effets multiples qui se rapportent les uns à la vie de relation, les autres à la vie organique; car tous les muscles, qu ils dépendent ou non de la volonté, participent à la détérioration acquise ou primitive : par l’amincissement des plans musculeux du tube digestif, labeur pénible des digestions et moindre élaboration des matériaux alibiles; pai cette même cause, jointe au défaut d’énergie du diaphragme et des muscles qui concourent à l’expulsion des fèces, constipation opiniâtre et flatuosités, double fléau des personnes nerveuses, particulièrement quand les études littéraires et scientifiques les condamnent à la vie sédentaire. La contractilité du cœui et des vaisseaux subit même dépression ; lancé avec moins de force, le sang tend à s’accumuler dans les viscères, dans les organes profonds, tandis qu’il par-

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