PMVÉE] DES EFFETS DES BOISSONS ALCOOLIQUES
de l’alcool; mais si l’usage en est habituel, l’action cutanée diminue, quoique à chaque ingestion nouvelle la diaphorèse se reproduise ; l’alcool à dose excessive, concentre la stimulation à l’intérieur, et par suite la peau devient plus sensible au froid. La surface cutanée n’élimine qu’une petite portion d’alcool. Sans préciser le genre d’altération que la sécrétion biliaire et le foie subissent sous l’influence des abus alcooliques, on comprend que le passage de l’alcool par l’estomac et le foie détermine en ces organes un degré d’irritation proportionnelle à la force alcoolique des boissons et à la fréquence des ingestions. Dans leurs expériences sur les chiens, Lallemand, Perrin et Duroy ont vu le parenchyme hépatique se congestionner à la suite de l’ingestion de l’alcool ; ils ont constaté, en outre, qu’il se localise dans ce viscère comme dans le cerveau, soit qu’on l’introduise clans l’estomac ou qu’on l’injecte dans les veines; par l’une ou l’autre voie, l’accumulation d alcool a lieu comme il suit :
Alcool ingéré dans l’estomac. Alcool injecté dans les reines.
Le sang contenant i
Le foie renferme 1,48
Le cerveau 1,75
Les hÿpérémies répétées sur le foie, le contact irritant d’un sang alcoolisé, expliquent les troubles fonctionnels de cet organe : la jaunisse des ivrognes, l’hépatite subaiguë et chonique avec exsudats fibro-plastiques et épaississement du tissu conjonctif interlobulaire, et, par suite, l’oblitération des vaisseaux, l’atrophie de certains éléments du foie (cellules, lobules, canalicules biliaires, etc.), la diminution de la sécrétion biliaire, la cirrhose, la dégénérescence graisseuse du foie, etc. Ces lésions sont fréquentes chez les vieux militaires qui sont livrés aux excès alcooliques.
Nutrition. — L’alcool n’est pas un aliment respiratoire, il est impropre par lui-même à la nutrition ; il peut l’aider indirectement dans les organes dont il est un excitant général, mais c’est à condition qu’il soit pris à menues doses, et qu’il n’apporte aucun trouble aux fonctions de la digestion : celles-ci ne tardent point à se déranger quand il y a abus ou excès, et les buveurs finissent par s’émacier, soit par l’effet de l’alimentation insuffisante à laquelle les réduit leur anorexie habituelle, soit par l’altération des organes et des fonctions de la digestion, soit par le développement d’une des autres lésions qu’entraîne l’ivrognerie. Une modification singulière que l’alcool produirait dans la nutrition des tissus, c’est celle qui les rendrait aptes à s’enflammer et à brûler comme le font des corps combustibles. Des faits nombreux, qu’on peut lire en détail dans les traités de médecine légale (1), attesteraient la réalité de cet étrange phénomène. Bartholin, Lecat, Vicq d’Azyr, Dupuytren, Marc, Lair, Kopp, Richond des Brus, etc., y ont attaché leurs noms. Dans tous, excepté
Le sang contenant i
Le foie renferme 1,75
Le cerveau 3
(I) Devergie, Médecine légale, t. II.
8GD DES MODIFICATEURS. — INGESTA. [hygiène
dans celui qu’a fait connaître un chirurgien militaire, Bubbe-Liévin, il y a eu approche d’un corps en ignition, mais dont le pouvoir comburant n’était pas en rapport avec la masse des parties brûlées. On a généralement expliqué l'incendie spontané de l’homme par la saturation alcoolique des tissus, mis en contact avec une substance comburante ; à défaut de celle-ci, on fait jouer un rôle à l’étincelle électrique dégagée par frottement. Sans rester en substance dans les organes (1), l’alcool, dit II. Royer-Collard, doit laisser, après son passage, des altérations diverses dans la constitution des solides et des fluides; très-avide d’eau, ne tend-il pas à en priver les tissus? n’agirait-il pas sur eux comme la chaleur sur les corps organiques, comme le ferment sur le sucre, la diastase sur l’amidon ? Analysant ensuite les phénomènes de la combustion spontanée des corps inorganiques et les phénomènes de phosphorescence, il aboutit à cette conclusion de Becquerel, que la combustion spontanée résulte d’une réaction chimique qui s’opère avec le concours de l’électricité, soit entre les parties constituantes des corps, soit entre ces mêmes parties et les éléments du milieu ambiant ; une réaction semblable peut éclater dans les tissus vivants, modifiés par l’action lente et prolongée de l’alcool, surtout si l’on pense qu’un gaz inflammable, l’hydrogène, abonde dans l’économie, soit en combinaison avec d’autres principes élémentaires, soit pur ou prolocarboné et sulfuré dans le canal intestinal. Mais tout n’est qu’hypothèse dans cette théorie, et tous les efforts d’ingénieuse induction ne l’emportent point sur les lois physiologiques et chimiques, qui sont en opposition avec les prétendues histoires de combustion sponlanée. Bischoff et Liebig (2), à l’occasion d’un procès criminel célèbre, les ont soumises à une discussion péremptoire qui ne laisse debout que l’explication naturelle de la destruction incomplète d’hommes en état d’ivresse par un incendie qu’ils ont, sans le savoir, allumé de leurs propres mains, ou par l’atteinte de foyers d’ignition qu’ils n’ont pas su éviter. Si le foyer primitif de combustion n’a point toujours paru en rapport avec l’effet produit, c’est que le feu consume la matière qui l’alimente, et celle-ci ne reste pas invariable dans sa forme comme un couteau qui vient de tuer un homme.
Génération. — L’alcool excite les désirs vénériens chez ceux qui s’enivrent rarement, surtout avec le concours de causes stimulantes d’un autre genre; mais ceux qui boivent beaucoup de vin, dit Amyot (traduct. de Plutarque), sont lâches à l’acte de génération, et ne sèment rien qui vaille et qui soit de bonne trempe pour bien engendrer. Lippich a calculé que le produit du mariage d’un buveur est de 1,3 enfant, et que l’ivrognerie étouffe en germe les
(1) L’alcool séjourne en substance dans le cerveau, le foie, les reins, le sang, etc. Les découvertes de Lallemand, Perrin et Duroy auraient fourni à Royer-Collard un argument de plus en faveur des combustions spontanées.
(2) Liebig, Considérations sur la combustion humaine spontanée in Relation médicolégale de l’assasinat. de la comtesse de Goerlitz ( Annales d'hygiène publique et de médecine légale , t. XLV, 1850 et 1851, p. 108).
8(il
pRlvÉE] des effets DES BOISSONS alcooliques.
(leux tiers de la procréation (1). Frank voit dans l’ivrognèric féminine une des principales causes de l’avortement et des accidents funestes qui accompagnent la parturition. Des tables dressées en différents pays semblent indiquer chez les enfants issus de parents ivrognes une fréquence plus grande d affections graves; ils sont plus disposés que d’autres aux maladies de 1 encéphale; mais Datwiti exagère quand il prétend que toutes les maladies pioduites pai 1 abus des liqueurs alcooliques se transmettent même jusqu à la troisième génération, et s’aggravent peu à peu, sous l’influence persistante de la cause, jusqu à 1 extinction de la famille. Esquirol rapporte, d’après Gall, un exemple effrayant d’hérédité, s’il n’est pas un effet de l’imitation : dans une famille russe, dont le père et le grand-père avaient succombé de bonne heure aux suites de 1 iviognerie, le petit-fils manifesta, dès l’âge de cinq ans, un goût extraoidinaiic pour les liqueurs fortes (voy. t. II, Ivrognerie).
Système nerveux. — D’après Brodie, l’alcool n’agit que sur les extrémités du système nerveux. Orfila croit qu’il agit à la fois et par contact et par absorption. L’imprégnation alcoolique du cerveau, démontrée parles expériences de Lallemand, Perrin et Duroy, ne laisse plus aucun doute à cet égard. L’influence de l’alcool sur le système nerveux, et particulièrement sur l’encéphale, se manifeste par une série progressive, mais constante, de symptômes qui, à leur intensité près, se reproduisent chez tous les individus : elle constitue une véritable intoxication, et l’état morbide qui la produit déroule trois phases : surexcitation, perturbation, destruction des fonctions de l’axe cérébro-spinal ; tous les troubles qui surviennent dans les autres appareils dérivent de ces trois modifications des centres nerveux. On distingue dans l’ivresse trois degrés. Dans le premier, turgescence et chaleur de la peau, face injectée, visage plus ouvert, œil brillant; idées plus libres, plus faciles; alternatives de volubilité et d’embarras de la langue; disposition à la gaieté, à la bienveillance, aux épanchements affectueux; gestes multipliés, vifs et brusques, etc. Si les sujets qui présentent ces symptômes continuent à boire, ils éprouvent des vertiges ; la vue se trouble, l’œil se voile de brouillards ou voit double ; le regard est sans expression, puis fixe et stupide; la pupille est contractée; la face devient vultueuse, les oreilles tintent, les sens s’émoussent; le goût ne discerne plus la saveur des liquides et des mets; la voix est rauque et plus grave,. la parole s’alourdit. « Aux inspirations d’un esprit stimulé succède un bavardage inepte; les discours sont sans liaison, le courage dégénère en témérité, et la joie est extravagante. Le caractère tourne à la susceptibilité, à la défiance, à l’irascibilité. Les jugements perdent leur justesse, ils deviennent incomplets, hasardés, durs, incohérents; l’esprit devient mordant, insipide; ce n’est plus qu’un flux désordonné d’idées, qui finit par faire place à un véritable délire. » (Roesch. ) La conception délirante n’est pas toujours en rapport avec l’état moral habituel des individus ; tel perd sa réserve ordinaire ; tel autre, timide
(1) Roesch, Annules d’hygiène, t. XX, p. 83.
862 DES MODIFICATEURS. — INGESTA. [hyciène
et doux, devient provocateur et méchant. L’axiome in vino veritas est contestable, puisque l’homme ivre a perdu la conscience de ses rapports avec le monde extérieur, et parle, agit en vertu d’imaginations délirantes qu’il substitue à la réalité; aussi commet-il en cet état des actes que plus tard sa raison condamne, et dont la mémoire ne survit pas à l’ivresse. La contraction musculaire n’a plus sa régularité ni sa juste portée, l’intelligence cesse de rectifier les erreurs des sens, et de combiner avec précision les mouvements qui maintiennent le corps dans son équilibre. De là les mouvements saccadés des bras et des mains, et la titubation du corps imparfaitement soutenu par les membres inférieurs : phénomènes dont la cause réside dans le cervelet, si l’on admet, avec Flourens, qu’à cette portion des centres nerveux appartient le pouvoir de coordination des mouvements. Le troisième degré, expression complexe des effets de l’alcool accumulé dans le cerveau et d’une hypérémie considérable de cet organe et de ses enveloppes, correspond à cet état que le langage vulgaire appelle énergiquement ivre-mort , et se caractérise par l’abolition plus ou moins complète de l’intelligence, du sentiment et du mouvement : le malade, car l’ivresse est une maladie, gît dans la stupeur, dans le coma, et souvent dans un carus profond; sa pupille est dilatée; il est insensible à l’action des stimulants externes, il ne répond plus à la voix qui l’appelle; ses membres sont dans la résolution; les muscles des sphincters, soustraits à l’empire de la volonté, laissent échapper les matières excrémentitielles, urine et fèces, qui se répandent à l’insu du malade; la bouche est parfois agitée de mouvements convulsifs; elle est remplie d’écume; les joues sont soulevées à l’expiration, la respiration est slertoreuse et râlante comme chez l'apoplectique ; le sang ne parcourt plus librement les vaisseaux pulmonaires ; l’engouement pulmonaire s’accroît encore par l’effet de la forte congestion du cerveau et de ses membranes. Quand la mort survient, elle paraît due à la cessation primitive des fonctions du système nerveux cérébro-spinal, sous Faction immédiate du poison qui l’imprègne : « La diminution des mouvements respiratoires et leur arrêt définitif ne sont que la conséquence de la suspension des fonctions nerveuses. Par suite de l’affaiblissement des mouvements respiratoires qui n’amènent plus qu’une quantité d’air insuffisante dans les poumons, l’acte de. l’hématose devient incomplet, et plus tard, comme la circulation continue après l’arrêt définitif de la respiration, le sang, privé du contact de l’oxygène, reste noir et fluide, et s’accumule dans les cavités droites du cœur, les grosses veines et les vaisseaux capillaires. La congestion des méninges nous paraît être plutôt passive qu’active, et tenir surtout à l’afflux sanguin qui engorge le système capillaire pendant les derniers instants (1).
L’ivresse suspend l’exercice de l’intelligence et de la volonté; elle rend l’homme non compos sui , aliénas à se; aussi a-t-elle été considérée comme une aliénation mentale passagère ; dans l’une et l’autre, au début, exaltation
(1) Lallemand, Perrin et Duroy, op. cit., p. 140.
Privée] des effets des doissons alcooliques.
des facultés intellectuelles et affectives, puis délire, et, par le progrès de la congestion cérébrale, démence, paralysie. La manie et 1 ivresse s accompagnent également de fureur et de désespoir, précipitent parfois au suicide ; l’une et l’autre laissent à leur suite cet état de tristesse et d’affaissement des facultés qui succède aux exaltations morales, comme la fatigue à l’exercice excessif. L’invasion et la durée de l’ivresse accidentelle dépendent des conditions d’âge, de sexe, d’excitabilité cérébrale. Le premier degré d’ivresse s’épuise en cinq à huit heures; le second se prolonge une journée et ne cesse qu 'après un sommeil profond de douze à quarante-huit heures, accompagné de sueurs copieuses; mais c’est surtout la nature de la boisson alcoolique qui indue sur la forme et sur le mode de succession des phénomènes de l’ivresse. L’ivresse produite par les liqueurs distillées est plus prompte, plus lorte, plus lente à se dissiper; elle provoque souvenl l’explosion subite des phénomènes les plus terribles de cet état, et parfois une mort immédiate. Orlila rapporte l'exemple de deux soldais qui périrent, l’un instantanément, l’autre pendant sa translation à l’hôpital, pour avoir bu chacun quatre litres d’eau-de-vie. Chrisdson mentionne un individu qui mourut quinze heures après l’ingestion de douze onces d’eau-de-vie jet d’une bouteille de porter. Motard, chargé d’administrer à une jeune femme un gros d’éther, la vit tomber, comme par sidéraratiou, ivre au point qu’il fallut la porter chez elle. Les buveurs de vin sont plus gais, plus bruyants, moins dangereux; le gin rend furieux; la bière rend stupide et abrutit; l’ivresse des vins mousseux est celle qui disparaît le plus promptement, puis celie des autres vins; celle des eaux-de-vie et des bières fortes dure le plus. L’ivresse habituelle ne se dissipe pas complètement ; chaque orgie laisse peser sur le lendemain un certain nombre de symptômes qui vont se renforçant, tels que malaise, pesanteur de la tète, fatigue des yeux, rougeur des conjonctives, empâtement de la bouche, anorexie, ardeur interne, vomiturilions, coliques, dévoiement, et sans qu’il y aitde lièvre proprement dite, accélération du pouls avec battements violents des artères : « Crapularis dicta febricuta sequenti die adest cum lassitudine tolius corporis , capitis dolore, nauseasœpeetvertigine[ 1). «L’odeur de l’air expi ré permet de distinguer l’ivresse alcoolique d’autres états morbides qui présentent quelque analogie avec ces divers degrés (délire d’invasion de la fièvre typhoïde d'après Trotter, paralysie commençante des aliénés, méningite, etc.), et de l’ébriété produite par l’opium, la jusquiame, la belladone, la stramoine, la ciguë, le chanvre, le tabac, 1 ivraie, etc. Les phénomènes ébrieux que détermine l’usage de ces substances, ainsi que leurs effets consécutifs, ont quelque chose de particulier. L’opium, dont les Asiatiques font une si prodigieuse consommation, paraît leur procurer une sorLe d’extase, accompagnée de rêvasseries douces et de sensations aphrodisiaques; la graine de chanvre qui, mêlée ou non à celle du pavot, sert dans l’Inde, la Perse et l’Égypte, à fabriquer le breuvage connu sous le nom de
(l) Van Swieten, Comment, in Aphor.
86 û UES MODIFICATEURS. — INGESTA. [hygiène
bucng , hachisch, poust, fait naître, d’après Kemfer, une ivresse très-gaie qui peuple l’esprit d’images fantastiques et entraîne l’anéantissement de la contraction musculaire.
L’action lente et souvent répétée de l’alcool sur le système nerveux produit trois séries de désordres qui se rapportent à l’intelligence, aux sensations et aux mouvements, mais qui se mêlent et se compliquent dans un grand nombre de cas; ils sont le triste apanage de l’ivrognerie, soit qu’il y ait état d’ivresse habituelle (ébriosité, Friedreich, Clarus, Roesch), soit que l’usage des alcooliques, relativement immodéré, n’aille point jusqu’à produire les phénomènes de l’ivresse. On a remarqué que l’ébriété incomplète, mais quotidienne, laisse des traces plus profondes dans l’organisme que les ivresses accidentelles portées très-loin, mais séparées par des intervalles assez longs de sobriété. J’ai connu un officier d’infanterie qui s’enivrait une fois par mois, le jour ou le lendemain de la solde; avant comme après son orgie mensuelle, il avait sa liberté d’esprit et développait même des facultés assez distinguées. Il est impossible de fixer les doses dont l’ingestion habituelle équivaut à une sorte d’intoxication alcoolique chronique; la limite de l’usage et de l’abus oscille au gré d’une foule de circonstances individuelles; une quantité médiocre d’alcool qui entre dans le régime journalier d’un homme peut à la longue modifier pathologiquement les centres nerveux; ailleurs c’est l'élévation progressive de la dose qui amène ce résultat. Plusieurs des lésions que nous allons énumérer peuvent aussi être occasionnées, d’une manière aiguë, par une seule ingestion d’alcool à dose inaccoutumée, ou par des excès commis à longs intervalles; elles se développent dans le paroxysme de l’ivresse.
1° Lésions des sens. — Plus aigus, plus excités au début de l’ivresse, ils finissent par s’émousser ou se pervertir chez les ivrognes; souvent ils deviennent le siège d’hallucinations extraordinaires: ils entendent des voix qui les provoquent, qui leur prescrivent des actes bizarres; ils voient des flammes, des figures étranges, etc. Un militaire qui avait séjourné en Afrique, se voyait assiégé la nuit par des visions de guerre, entouré d’Arabes, et, s’échappant de son lit, il sabrait jusqu’au matin table et chaises. Au reste, se voir poursuivi est l’une des hallucinations les plus fréquentes des ivrognes devenus fous (1), au point qu’elle constitue un caractère tranché de leur état. Les fous de cette catégorie ont cela de remarquable, qu’ils ne présentent peut-être jamais l’exemple d’une hallucination gaie.
2° Lésions de l'intellect. — Elles consistent dans des conceptions délirantes qui dérivent d’hallucinations actuelles ou antérieures, et plus rarement en sont indépendantes ; presque toujours elles ont pour effet de placer l’individu sous l’empire d’une action dépressive; la crainte, la honte, le chagrin, éclatent dans ses idées ; quelquefois les troubles dénotent une atteinte pro-
(1) Marcet, De la folie causée par l’abus des boissons alcooliques, thèse de Paris, n* 18, 1847.