‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 21 sur 181 · FONCTIONS PLASTIQUES · texte numérisé non relu

FONCTIONS PLASTIQUES

privée]

traitée longtemps par Larrey père, et qui, affectée depuis plusieurs années de lypémanie liée à un dérangement menstruel, s’imposait fréquemment une abstinence absolue de huit à dix jours; nulle prière, nul effort ne pouvait la décider à rompre son jeûne : immobile sur son lit, elle repoussait les aliments présentés par sa mère, et opposait aux tentatives d’ingestion forcée le rempart de ses dents convulsivement serrées. Appelé près d’elle au huitième jour d’une de ces abstinences opiniâtres, j’ai été surpris de la force, du calme et de la régularité que son pouls conservait, et que n’aurait certainement pas offert le pouls d un homme placé dans les mêmes conditions. Les nombreux exemples de polyphagie qui sont connus appartiennent tous au sexe masculin. La faiblesse musculaiie du canal alimentaire rend la femme plus sujette aux constipations et aux maladies qui se rattachent à cette cause : l’énergie plus grande de son absorption donne plus de sécheresse aux produits excrémentitiels de sa digestion. L homme, dont 1 appareil digestif a plus de force musculaire, appète les excitants, les épices, les liqueurs spiritueuses, afin de restituer à sa fibre la vigueur épuisée par les fatigues et les travaux. La femme ressent moins le besoin de ces stimulations ; elle ne saurait les prodiguer à ses organes sans dégénérer de son sexe, sans encourir la dégradation physique et morale ; une nourriture plus légère lui convient, et, comme elle la digère vile, son cerveau

par 1 énorme labeur des digestions du gourmand : le régime, tel qu’il est solli cite par ses instincts, tel qu’il est indiqué par les conditions de sa structure, contribue puissamment à lui conserver la délicatesse de ses sens et l’aisance

2° Resairatinn.pt piwnlntinn r „ •

ne subit point le despotisme brutal du système digestif; il n’est point opprimé

naturelle de son esprit.

ucApuduon, <mez l nomme c est sixième, qui commence à rejoindre le ster-

DES SEXES

[hygiène

n pn en décrivant une courbe ; il s’ensuit que chez elle le champ de l’inspiration est plus limité que chez l’homme. Cette circonstance et celles qui précèdent font comprendre pourquoi la femme possède une respiration plus faible, consomme une moindre quantité d’oxygène atmosphérique (1). La femme inspire principalement par l’action des muscles intercostaux, pectoraux, etc.; aussi sa poitrine se dilate-t-elle plus dans le sens horizontal : de là 1 alternative plus marquée d’élévation et d’abaissement des seins. On trouve dans ces faits une des raisons de la tolérance plus grande de la femme pour la vie sédentaire, pour l’air enfermé des salons, des salles de spectacle. Mais ils n empêchent point que l’hématose ne soit chez elle très-productive : circonstance qui, jointe à la vitesse augmentée de sa respiration, nous explique sa disposition aux hémorrhagies et la facilité avec laquelle elle répare ces pertes.

Lecanu a constaté que le sang de la femme est plus riche d albumine et d eau, moins riche en principes solides. Calculée en millièmes, la proportion est à peu

près la suivante :

Sang de l’homme.

Fibrine

Cruor 1^0

Albumine 91

Fer 9

Eau ^32

Sang de la femme.

« Il est donc vrai de dire, fait observer Forget (2), comme on le répétait empiriquement, que la constitution de la femme est, en général, plus molle,

plus humide que celle de l’homme (3). »

Le système vasculaire de la femme est plus faible et plus mobile, le pouls plus fréquent, moins résistant, variable et prompt à s’accélérer; on a remai qué que le pouls des eunuques est aussi moins fort et plus petit que le pouls mu! .

(1) Beau et Maissiat {Arch. génér. de méd., 3° série, t. XV, p. 399), qui ont adopte trois modes respiratoires, les types abdominal, costo-inférieur et costo-supérieur, attribuent ce dernier à la femme : dans ce type, la plus grande étendue des mouvements s’opère sur les côtes supérieures, et surtout sur la première, qui sont por tees en

et en avant. Bérard ( Cours de physiol., t. III, p. 258) le fait consister en un mouvement ascensionnel de la totalité du thorax, la clavicule, le sternum et la prei côte se soulevant; cette action se propage, mais en s’affaiblissant de haut en bas, e s’accompagne d’un mouvement de rotation très-marqué dans les côtes qui suivent la

première.

(2) Forget, Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. XI , p. J > ar

ticle Sang. .

(3) Becquerel et ltodier ont trouvé pour 1000 grammes de sang chez la femme saine.

Eau

Globules.

Albumine Fibrine . .

Moyenne.

Maximum.

Minimum.

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