‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 22 sur 181 · FONCTIONS PLASTIQUES · texte numérisé non relu

FONCTIONS PLASTIQUES

privée]

Ces particularités fonctionnelles dérivent des conditions anatomiques : le cœur de la femme est moins volumineux que celui de l’homme, ses artères ont des parois moins denses, moins fermes, les lymphatiques et les veines prédominent sur l’élément artériel.

3° Sécrétions et excrétions. — Les décompositions et les sécrétions excrémentitielles sont plus actives chez l’homme, il a des selles plus fréquentes et plus copieuses, il rejette plus de mucosités par la bouche et par le nez; il verse plus d’urine que la femme; celle-ci est moins sujette aux affections des voies urinaires, mais elle produit plus de graisse, provision d’aliment respiratoire qu’elle emmagasine dans son tissu cellulaire comme pour suppléer à l’insuffisance de sa nourriture. L’activité de la sécrétion graisseuse se lie-t-elle à la prédominance du carbone dans le sang? La respiration plus faible des femmes autorise cette induction.

La peau, cette enveloppe qui délimite la sphère de l’individualité, protège moins la femme et semble l’ouvrir au monde extérieur; elle est blanche, lisse, fine et transparente, moins pénétrée de sang artériel, mais ondulée de veines ; la transpiration cutanée n’a point l’odeur fragrante de celle de l’homme adulte; la production pileuse n’apparaît chez elle que sur la tête, au pubis et sous les aisselles. Chez 1 homme, au contraire, elle s’étend des tempes au menton, des aisselles à la poitrine, du pubis à l’ombilic et au périnée. La barbe est le précurseur et comme une garantie de la puissance génératrice ; elle L manque chez les hommes efféminés, les gynandres, les eunuques; aussi 0 I homme a-t-il toujours tiré vanité de cet insigne caractéristique de son sexe :

Du côté de la barbe est la toute-puissance. (Molière.)

Moïse a prescrit aux Hébreux la conservation de la barbe; les Turcs se rasent la tête et ne touchent point à leur barbe; avoir la barbe coupée était, chez les anciens Germains, un mortel affront ; les jeunes Romains faisaient de leur première barbe une offrande à Jupiter Capitolin. Quand le Corse a juré la mot t d un ennemi, il laisse croître sa barbe, sombre enseigne de la venetta dont il porte au cœur l’inexorable souci. —La femme s’éloigne-t-elle du type de sa sexualité par le progrès de 1 âge ou par le fait d’une aberration P astique, elle voit se développer son système pileux; mais les poils qui vienneni a garnir sa lèvre supérieure et d’autres régions sont plus rares, plus lisses et plus souples que ceux de l’homme.

Lu somme, la prépondérance de la plasticité est manifeste dans la femme; ni "UtI "l0n et. a conservation de son individu n’exigent ni autant de substance . an- i 6 al'°n ^Ue ce**es de * l)0|ïime ; les phases de l’organisme sont sa^nhlP1|/</i * acçroissement et la décroissance ont une vitesse plus grande; la oiW.- u evancccc c du gai çon, sa fécondité s’éteint avant celle de l’homme; g ci a ion qui « est à l’espèce ce que la nutrition est à l’individu (1) », et

(1) Lallemand, Des pertes séminales, etc. Paris, 1841, t. II, p. 550.

DES SEX.ES

[hygiène

dont l’exercice esta lui seul la preuve tl’une plasticité exubérante; la génération qui, suivant la belle expression de Lallemand, est une extension de la nutrition, prédomine chez la femme.

§ a. — ronflions de relation.

1° Mouvements. — Le système osso-musculaire est moins développé que chez l’homme. Le tissu musculaire est plus pâle et plus mou ; les fibres en sont grêles et faibles. Les muscles, moins denses et recouverts du tissu cellulaire et graisseux, ne prononcent point leurs saillies comme chez 1 homme. Les tissus tendineux, moins serrés, contiennent plus de tissu cellulaire; les cartilages sont plus minces et plus flexibles ; les os, moins compactes, plus lisses, ont leurs éminences ou leurs enfoncements moins marqués ; la femme a moins de masse osseuse et, à poids égal de la totalité du corps, son squelette pèse moins que celui de l’homme; la tige du rachis est plus longue, à cause de 1 épaisseur plus grande des vertèbres et des cartilages interposés. Nous avons déjà fait remarquer l’ampleur de son bassin et le volume des muscles qui s’v insèrent ; vu l’écartement des cavités cotyloïdes et la direction moins oblique des cols des fémurs, les têtes de ces os laissent entre elles un plus grand espace, les deux grands trochanters sont plus distants l’un de l’autre, les genoux plus tournés en dedans. La femme a les membres inférieurs plus courts que l’homme et le point qui partage la hauteur de son corps en deux moitiés égales correspond entre le bassin et l’ombilic, tandis qu il se trouve chez 1 homme au-dessous de la symphyse pubienne. Burdachfait observer naïvement que, pai la situation respective de leurs cavités cotyloïdes, la femme et 1 homme sont entraînés dans leurs chutes, l’une en arrière et sur le dos, l’autre en avant et sur la face. Quant aux membres thoraciques, des clavicules plus courtes et plus arquées, des omoplates plus petites et serrées contre le tronc, des bras plus courts et plus arrondis, des mains petites et potelées, des doigts effilés, annoncent que la femme est appelée à exécuter des mouvements plus aisés, plus gracieux, plus délicats ; la facilité des mouvements compense, pour les membres inférieurs, le manque d’assurance dans la démarche, cette sotte de ballotcment qui provient de l’obliquité des cuisses et de l’amplitude du bassin. Comment ne reconnaîtrait-on pas, à cet ensemble de traits, que les travaux mécaniques et pénibles, exigeant beaucoup de force musculaire, répugnent à i l’organisation de la femme et sont une atteinte à sa santé !

2° Innervation. — Les appareils des sens ont des proportions restieintes chez la femme; son œil, plus petit, est moins enfoncé dans l’orbite et n est point surmonté de sourcils aussi épais ; l’oreille externe est plus oblmigue, plus mince; son conduit auditif étant plus cylindrique qu’en forme d’entonnoir, le son frappe plus directement la membrane du tympan et ne se disperse point sur les parois osseuses, ce qui permet à la femme de discerner p us habilement que l’homme le ton ou le timbre d’un son même léger, pio uita

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FONCTIONS DE RELATION

peu de distance. Le nez de la femme est en général plus court, plus resserré; sa langue, moins volumineuse, est plus mobile ; ses doigts sont déliés, et leur agilité, jointe à la mollesse de sa main potelée, lui procure une dextérité singulière pour le tact. Les sens de la femme semblent donc façonnés pour un régime d’impressions douces et délicates ; leur structure, leur rapport avec les objets extérieurs, contre-incliquent toute violence, tout excès dans le plaisir comme clans la douleur; ils se comportent comme des réactifs d’un ordre plus subtil; ils analysent jusqu’aux nuances des impressions; la délicatesse de son tact, la sagacité de son oreille, la justesse de son œil, ne lui assurent pas seulement l’excellence dans les arts d’imitation, mais encore elles préparent, dirigent et rectifient son jugement; la finesse et le piquant des observations qu’elle émet sur le détail des hommes et des choses tiennent en grande partie au jeu exquis et tempéré de ses organes de perception.

On ne peut refuser à la femme une masse nerveuse spinale plus considérable, car son canal vertébral a plus d’ampleur et les trous intervertébraux pour le passage des nerfs sont plus grands ; en est-il de même du cerveau ? Les recherches récentes de Parchappe établissent que le volume de la tête est notablement plus petit chez la femme que chez l’homme, non-seulement en somme, mais aussi suivant toutes les dimensions; il a comparé le poids de l’encéphale chez 94 individus des deux sexes, et il l’a trouvé en moyenne sensiblement plus considérable chez l’homme. La différence de stature ne peut être opposée à ce résultat, car dans les deux sexes l’encéphale est plus pesant en raison de la taille; si donc il existe un rapport entre la puissance intellectuelle et la masse du cerveau, ce rapport ne s’étend pas à la sensibilité, puisque celle-ci domine chez la femme avec un moindre développement de l’encéphale, suivant Parchappe. Sœmmering est arrivé à d’autres conclusions : il a fait voir que le rapport de la cavité crânienne à la face augmentant d’échelon en échelon dans la série animale (Cuvier), la femme se trouve dans un rapport supérieur à l’homme, comme celui-ci l’emporte sur les animaux : la face de la femme est, en effet, plus courte et plus petite, elle offre moins de saillies osseuses; ses sinus frontaux et maxillaires sont moins étendus. En s’appuyant sur les recherches de Sœmmering, on reconnaît que la tête et le cerveau, plus petits chez la femme que chez l’homme, ont cependant plus de volume et de poids en proportion du reste du corps. La Vénus de Méclicis fournit, pour la hauteur relative du corps et de la tête, le rapport suivant : I 1 ; 750; l’Apollon du Belvedere : : 1 ; 8. Sœmmerring et Autenrieth se sont assurés que les os du crâne sont plus pesants chez l’homme que chez la femme, el Ackermann, cité par Burdach, a constaté que le cerveau de la femme est plus pesant proportionnellement au reste du corps. Nous croyons que de nouvelles investigations i0nt nécessa,res I)0ur fixei’ ce point intéressant de saine phrénologie. Un fait mieux établi, c’est la vascularité plus grande du cerveau de l’homme; celui de emme îeçoit des vaisseaux de moindre calibre, ainsi que le prouve l’étroitesse relative des trous crâniens qui leur livrent passage : faut-il en conclure

HO DES SEXES. [hygiène.

que les femmes ont moins à redouter pour leur encéphale l’effet direct ou sympathique des irritations, et que ce viscère est plus indépendant chez elles des modifications pathologiques du système sanguin ? Les faits répondent diversement : d’une part, Parent-Duchàtelet et Martinet ont trouvé l’encéphalite plus rare chez les femmes que chez les hommes (1 : k) ; d’autre part, tous les relevés statistiques démontrent chez elles la fréquence relative des aliénations mentales.

3° Expressions. — La femme a la voix plus faible que l’homme, parce que ses voies aériennes présentant moins d’étendue, elle n’en peut expulser une aussi grande quantité d’air à la fois; elle a en même temps la voix plus aiguë, parce que la trachée-artère étant plus courte, le larynx et la glotte plus étroits, elle en fait vibrer les parois avec plus de rapidité. La ilexibilité que possède la voix des femmes et qui leur permet de se jouer de toutes les difficultés du chant, lient à ce que les muscles sont plus longs et les ligaments moins roides. Au reste, l’âme doit sonner dans la voix; pour être belle, il faut qu’elle s’échappe suave et caressante de la poitrine des femmes, forte et mâle de celle des hommes. La voix est une des expressions qui se nuancent le plus de l’étal moral des individus; elle est, suivant la bouche qui l’émet, une vibration mécanique ou celle du cœur.

La prédominance du système nerveux sur le système musculaire permet à la femme de régler avec plus d’art toutes ses atliludes et de les rendre constamment expressives ; des muscles très-développés, très-énergiques, tendent saus cessent à se contracter, même automatiquement, ou dépassent dans leurs mouvements la mesure de l’incitation cérébrale : c’est ce qui arrive à l’homme, toujours porté aux mouvements violents et désordonnés, brusque dans ses gestes, puissant par les muscles, mais inégal dans l’exercice de celte puissance. Avec moins de volume musculaire et plus de sensibilité, la femme se meut pour ainsi dire dans une sphère mieux calculée, proportionne plus habilement ses efforts, varie plus gracieusement ses poses; la danse lui est naturelle. Plus flexible, plus vibralile, sa langue participe à la mobilité de ses muscles en général. Cette condition expliquerait-elle sa tendance à la loquacité? Elle explique au moins le jeu de sa versatile physionomie, qui lui fait sa supériorité dans l’art de la mimique. Maîtresse de ses contractions musculaires par la puissance de son système nerveux, elle sait revêtir tous les masques de la passion, dissimuler profondément les émotions qui l’agitent; avec peu d’instruction et d’étude, tdle s’empare des rôles du théâtre et les traduit avec autant d’animation que de vérité : succès si laborieux pour l’homme et qu’elle doit à l’ardeur de son imagination et de ses sympathies.

§ 4. — Forme générale, différences d'ensemble.

Dans leur forme générale, les deux sexes tendent à la conformité, à l’unité; quand, chez l’un d’eux, tel organe sexuel est situé à l’extérieur, on rencontre

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