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FORME GÉNÉRALE. DIFFÉRENCE D’ENSEMBLE

I’RIVÉE

au même endroit, chez l’autre, « une partie analogue, mais qui n’a pas la même fonction, qui n’a pas même, à ce qu’il paraît, de fonction essentielle, qui végète comme image inutile de l’organe appartenant au sexe contraire (1). » On peut envisager sous ce point de vue les mamelles et le raphé chez l’homme, le clitoris et les grandes lèvres chez la femme; c’est par ces organes, quand ils viennent à se développer outre mesure, que les sexes s’obscurcissent en quelque sorte en se confondant, et donnent naissance à l’hermaphrodisme. Il est évident que toutes les différences qui séparent l’homme delà femme se résolvent dans le fait de la propagation de l’espèce ; mais, si tranchées qu’elles paraissent, elles se correspondent harmonieusement: d’une part, la précision dans les formes, la force dans ses mouvements, l’intelligence pour manifestation dominante de l’activité psychique; d’autre part, la mollesse dans les contours, la grâce et l’agrément dans les attitudes, le sentiment pour expression de la vie morale.

A la naissance, l’inspection directe des parties génitales fait seule reconnaître le sexe de 1 enfant : nui autre caractère ne distingue encore le jeune garçon de la jeune fille ; même indécision des traits du visage, même conformation des membres et du tronc, même mollesse des tissus, même son de voix, mêmes altitudes. Cette ambiguïté se maintient quelque temps ; mais, à mesure que les sens s’érigent et transmettent au cerveau des impressions plus variées, à mesure que les perceptions qui en résultent acquièrent plus de précision et de netteté, des nuances se décèlent aux yeux de l’observateur. Stimulé par les mêmes objets, le système nerveux de la jeune fille ne tarde point à réagir autrement que celui du garçon. C’est vers trois, quatre ou cinq ans, quand l’organisation n est point retardataire, que le mode de sensibilité propre à chaque sexe se révèle: dans le garçon impulsif et brusque; dans la jeune fille, plus délicat et moins agissant. Observez-les dans leurs rapports mutuels; dès lors ils manilestent la diversité de leur organisation cérébrale par la diversité de leurs sensations, de leurs goûts, de leurs jeux, de leurs naïves inclinations, de eurs allures : d’un côté, plus de pétulance et d’agitation, une audace agressive, la tendance à la domination, un penchant marqué à la violence et au combat ; d un autre côté, la douceur et la timidité, une volonté plus suppliante qu’imperieuse, la soumission et la finesse; ce que l’un exige, l’autre le sollicite; où lun s’irrite et s’emporte, l’autre pleure et caresse. Déjà on reconnaît qu’au garçon sont échues l’initiative et la force, à la jeune fille la mansuétude et la passivité; la pensée n’est certainement pas le monopole de l’homme, mais le sentiment est surtout l’apanage de la femme; sa vie est de sentir et de

dW*'! Tu S“0ns'dans le silcnce de la rêverie; celle de l’homme est la non t 6St U,,erg,e de sa destination que l’exécution devance souvent sec. L époque de la nubilité prononce davantage les différences de l’ac- , 0 nerveuse, et par conséquent du caractère moral dans les deux sexes. Elles renforçant et se consolidant dans le cours de l’adolescence; elles s’ex-

(1) Burdach, Physiologie, loe. cit.

DES SEXES

[hygiène

pliquent en grande partie par la loi d’antagonisme entre le système nerveux et le système musculaire, entre deux modes d’activité de la fibre vivante, la sensibilité et la contractilité ; la première prédominante chez la femme, la seconde chez l’homme : loi de pondération organique et vitale, qui explique non-seulement les aberrations du tempérament sous l’influence de l’esprit et des passions de l’âme, mais encore la mesure dans laquelle se développent les organes dans les deux sexes. L’accroissement du système musculaire n’est point enrayé chez l’homme par un excès de susceptibilité nerveuse. Les matériaux que les viscères fournissent à son assimilation semblent plus élaborés; leur sanguification est plus complète ; le système artériel tend à prédominer en lui, et dessine mieux ses extrémités capillaires dans les tissus, le système osseux se consolide, plus tôt. L’homme doit à ces conditions élémentaires de sa constitution la résistance et la densité de ses tissus, la coloration plus foncée de la peau, la vigueur et le volume de ses connexions articulaires, la décision de ses mouvements, etc. Le muscle l’emporte en lui sur le nerf, l’action sur le sentiment, la puissance sur la délicatesse. — La femme conserve et stabilise en elle deux caractères organiques de l’enfance, la surabondance des fluides plastiques et l’excessive impressionnabilité du système nerveux. A la première de ces conditions elle doit la rondeur de ses formes et l’agrément de ses traits; à la seconde, sa précocité morale et sexuelle : sa puberté exige moins de frais, si l’on peut ainsi dire, puisque l’organisme n’a pas besoin, pour l’exercice des fonctions génératrices, du même degré de perfection universelle que chez l’homme.

Au demeurant, les différences que présentent les deux sexes peuvent être ramenées aux suivantes : 1° celles qui émanent de l’organisation de l’encéphale et de ses dépendances; 2° celles qui proviennent de la structure des organes génitaux et des actes importants dont ils sont chargés ou qui se rattachent à leur fonction ; 3° celles qui sont dues à l’empire des habitudes, à l’éducation physique et morale : elles ne nous occuperont point ici. Les deux sexes se rapprochent d’autant plus que les causes précitées ont moins d’activité; c’est ce qui arrive aux deux périodes extrêmes de la vie, alors que le système nerveux offre dans l’un et l’autre sexe une égale mollesse ou une égale dureté, l’appareil génital un même degré d’imperfection ou d’atrophie, et que les facultés psychiques dorment encore du même sommeil ou s’affaissent sous le poids d’une décrépitude inévitable pour tous deux.

privée]

DE L'HÉRÉDITÉ

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