CHAPITRE V
DE L’HÉRÉDITÉ
Commençons par poser des faits :
1° Certaines espèces végétales présentent des variétés qui sont remarquables parla forme, la couleur, les qualités sapides et nutritives; ces variétés se transmettent par les graines, et, en l’absence même de toute culture, elles sont lentes à faire retour au type premier de la nature.
2° Backweil, fermier anglais, a réussi à créer des races d’animaux domestiques d une conformation parfaitement en rapport avec l’usage auquel il les destinait : « Dans les bœufs réservés pour la boucherie, il voulut que les parties charnues qui constituent les morceaux de choix se développassent avec un volume énorme, au préjudice des parties basses ou dites de rebut. Après quinze années d’essais, il put montrer une race nombreuse de bœufs dont la tete et les os étaient réduits aux plus petites dimensions, les jambes courtes, a panse étroite, la peau line et souple, tandis que la poitrine était vaste, l’intervalle qui sépare les hanches largement développé et les masses musculaires si con^derables qu’elles formaient à elles seules plus des deux tiers du poids otal de 1 animal. Backweil jugea que les cornes des bœufs étaient inutiles et souvent dangereuses; ,1 créa des espèces complètement dépourvues de cornes, est encore a lui que l’Angleterre doit cette belle race de gros chevaux qui
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opulence de faits et de preuves et un ^ ' i qUelqUeS llléories abstraites, une véritable
«• LÉVï. Hygiène, 50 S ^ d’inductio"-
il 4
DE L’HÉRÉDITÉ
savent que les petits issus (l’un chien bien dressé sont eux-mêmes d autant plus faciles à dresser qu’ils ont plus de ressemblance physique avec leui parent. Non-seulement l’aptitude, mais la spécialité de 1 aptitude se communiquent parla génération; plus un chien couchant s’est habitué à aller à leau, plus ses petits montrent de disposition naturelle à s’y jeter. Les chevaux dont les parents ont été montés par des écuyers adroits se forment plus aisément au manège. Fréd. Cuvier (IJ rapporte que dans les contrées où les renards sonL fréquemment traqués par des embûches, les jeunes renards révèlent, dès leur première sortie du terrier, une circonspection qui manque aux doyens de leur espèce dans les contrées moins visitées par les chasseurs, moins inleslées de pièges.
J L’hérédité éclate chez l’homme et dans sa forme générale et dans la proportion relative de ses parties; elle se manifeste par les propriétés intimes de la libre organique, si l’on peut ainsi dire : les mouvements, les allures, les traits du visage, le son de la voix, les singularités fonctionnelles, tout témoigne du rapport vivant qui se continue entre le produit et ses facteurs, même après la séparation de l’être nouveau qui, émancipé de l’incubation utérine, se pose au dehors dans la sphère de son individualité. îSous ne disons pas que les êtres procréateurs se répètent exactement dans leur progéniture, mais ils lui impriment avec la vie une partie de la direction spéciale que la \ ie avait prise en eux. Ce qui se transmet d’abord des parents à l’enfant, c’est le type physique, la conformation extérieure, la physionomie, la taille, la couleur ; il y avait des familles romaines appelées J\usones , Labeones, Bucconesr du trait saillant qui accusait sur leur visage l’influence héréditaire. Le tempérament, les idiosyncrasies, les caractères généraux de l’organisme qui se résolvent dans l’idée de constitution, ne se transmettent pas moins que les ressemblances extérieures : Hofaker a démontré chez les animaux domestiques l’hérédité des conditions spéciales de la charpente osseuse, du système musculaire; l’aptitude au trait ou à la course est congénitale chez les chevaux. Il en est certainement ainsi chez l’espèce humaine ; toute famille a son patrimoine organique; les éléments dont il se compose lui font ses aptitudes, sa saute, ses | chances de vie. La voix populaire, plus souvent écho de vérité que d’erreur, confirme l’induction physiologique : elle parle du beau sany d une faurnle, du mauvais sany d’une aulre. Les meilleures probabilités d’un long avenir se déduisent de la longévité des ascendants. Qui n’a connu des familles auxquelles semble échu le privilège de la vieillesse patriarcale, et d autres sut qui la mort prélève presque annuellement un tribut prématuré! I
50 Le croisement des races fournit de nouvelles preuves à l’appui de 1 hérédité; les mulets sont, parmi les animaux, un des nombreux exemplaires de l’influence combinée de deux sexes hétérogènes. D’un nègre et d’une femme blanche naît le mulâtre dont la peau est d’une couleur jaune enfumée et les • (1) Fréd. Cuvier, Annales du Muséum d’histoire naturelle. Paris, 1S08, t. X| • p. 4(33,
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privée] de L’hérédité. 115
cheveux noirs, non laineux. Le mulâtre, marié avec une femme blanche, engendre le quarteron au teint fortement; basané, aux cheveux noirs et longs; déjà les traits du visage s’éloignent de ceux de la race africaine. Le quarteron et la blanche donnent le jour à l’octavon, moins basané que le précédent, et plus voisin du type européen. Enfin l’enfant de l’octavon, uni à la blanche* se confond avec les individus de race caucasienne. Quatre générations en sens inverse font redescendre le type blanc au type noir. Ici l’hérédité se déclare par les signes les moins équivoques et permet à l’observateur de mesurer la part de ses agents.
6° Les vices et les monstruosités primordiaux se transmettent souvent : tels sont la surdi-mutité, l’imbécillité, l’idiotisme, le bec-de-lièvre, les hernies ombilicales (1), etc. ; tous les auteurs citent des exemples d’individus sexdigitaires de père en fils.
/° On cite (2) des cas de mutilation accidentelle, devenue chez les parents un élément d’hérédité pour leur progéniture; ou en a observé particulièrement chez les animaux. Ces faits justifient en partie l’opinion assez étrange de 1 école hippocratique, répétée par Aristote : Gignuntur autem lœsi ex lœsis , claudi ex claudis, etc. (3).
8° L hérédité intellectuelle et psychique, qu’on la considère comme un effet
ém nlZ 7 nl7Ui T ** fon“e d*liamUlue de l’organisme, ou comme une
une e le l r ^ géüémrice’ ne *aui'ait Pas plus être contestée que celle des conditions ci-dessus énumérées; les dispositions morales les
particularités du caractère, les facultés de l’esprit qui ont distingué^ père se
r b fiIS’ ^ m°di«iéesV l’éducation, voiE ’par les s. nations ou combattues par l’effort de la volonté. Non que le génie cir- '
ilm3TTerfftné, aUOI,; n°USparl0nS iddela masse immune des telhgences. il est d observation que des parents doués d’esprit et cultivés
n ïïrrr ™ 8™érai dese°fi,ms pius «« g™.
relèvent de leurs procréateurs il • 1 C‘ ’ d P Upaitdes llomines de génie ne a» * P ocreateuis physiques que par leur acte de naissance th)
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(1) Marc, Dictionnaire des sciences médicales.
P,io. dMh’ PhvM03i°’ "• P- 25«- - «"-J, Dc dam les
(3) Histoire des animaux , liv. Vil, cliap. 6.
‘ sc,llments, intelligence et mouvements. 6 dU djnamisme Pur’ ^nsations.
DE L’HÉRÉDITÉ
[HYGIÈNE
famille. Ce n’est pas le moindre service que l'hygiène csi appelée a rendre aux individus, aux familles, à la société, en réprimant par un régime bien ordonne l'efflorescence des principes morbides héréditaires, en corrigeant la constitution physique des races, en purgeant la population des vices qu, tendent a la déterilr II convient donc de nous arrêter un moment sur cette grave question de l'hérédité morbide, source de tant d'appréhension et de dangers, sujet Salement sérieux pour le médecin et pour le moraliste.
Cm nous d'abord les maladies héréditaires de celles qu, se contracte,, pendant la vie intra-utérine (» norbi connulriti, parentales)-, ne confondons pas davantage avec elles les maladies que l’enfant peut contracter pendant son passade depuis le col utérin jusqu’au dehors des parties génitales; la syphd.s contractée'pendant la grossesse et transmise au
l'accouchement, ne constitue point une maladie héréd. aine . G * voir à l’Académie de médecine (1) un nouveau-ne vanolisé avant la naissance
par la variole de sa mère : il n'y a là, comme pour la syphilis qufe
Lus pendant la gestation, qu'un effet de contagion
lfv,L de Louis, m,e sorte de greffe animale, nullement production dune
C“„ses, agissant sur les membres d'une même fmudle peuvent déterminer chez plusieurs d’entre eux, les symptômes de la moine affect ,
> l a 'simultanéité et l’identité des lésions dépendent de 1 influence lier -
ditaire. Les scrofules se développent aisément
Il aérées et qui ne reçoivent point de rayons solaires directs . une fam lie
|l V dans ces conditions peut offrir, sans hérédité, plusieurs cas de sc
et c’est ce qui arrive dans nos villes du Nord (Lille, Valenciennes Doua., fuies, et c est ce qm a ^ avec douleur les classes misérables s’en-
Bethune, e 0» creusées à plusieurs mètres de profondeur au-dessous
tasser dan ps a831v Les recherches de Fodéré, Coindel, Humboldt,
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pnktionsfébucttn Pi mmKmeM de la p0puUtion dans nos depar-
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LLs de la population ; des parents devenus scrofuleux par l'action proion- . r ihilMin de C Académie de médecine, t. VIII, p. 297.
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DE L’HÉRÉDITÉ
gée de causes accidentelles procréent des enfants plus disposés à celte maladie qu’ils ne l’étaient eux-mêmes , et si les enfants deviennent scrofuleux par la continuation des conditions d’insalubrité où leurs parents ont vécu, la deuxième génération naîtra avec les caractères plus accentués de la prédisposition à l’afféction strumeuse. Les habitants des contrées marécageuses, affaiblis par les fréquentes récidives de la fièvre, engendrent une race malingre et cacochyme qui transmet à sa descendance des germes d’hérédité
morbide.
Par hérédité, il faut entendre, non la maladie elle-même que les parents ont présentée, mais la disposition à la contracter; c’est une tendance de l’organisme à réaliser, suivant l’opportunité de l’àge et avec le concours de causes occasionnelles, l’affection morbide dont le principe ou la virtualité lui a été communiquée dans l’acte même de la fécondation. Toute maladie reconnue héréditaire et actuellement réalisée chez un individu prouve deux choses : d’une part, l’aptitude à répéter l’état morbide qu’ont offert les parents; d’autre part, l’action de causes qui ont mis celte aptitude en jeu. C’est parce que l’hérédité morbide consiste simplement dans une disposition organique que l’hygiène est puissante pour la combattre, pour l’étouffer dans ses germes : c’est parce qu’elle n’éclate point sans la provocation de causes occasionnelles qu’il est possible de lui disputer incessamment l’organe, le viscère qu’elle paraît menacer. Dans l’œuvre de notre conservation physique, comme dans la sphère de nos manifestations morales, reparaît toujours la juste proportion de la liberté et de la fatalité; la volonté et l’intelligence sont le i contre- poids des données d’organisation première; il n’est peut-être hérédité morbide si prononcée qu’il ne soit donné à l’art de coercer ou de détruire.
La force réparatrice que la nature déploie dans l’individu, elle la manifeste aussi en faveur de l’espèce : la transmission héréditaire a ses limites; l’harmonie est la loi de l’organisation ; elle tend à y revenir quand elle s’en est écartée. Dans une famille frappée par une affection héréditaire, il est rare que tous les enfants y participent; presque toujours l’affection n’est léguée qu à quelques-uns. Les anomalies disparaissent plus ou moins vite ; le plus grand nombre des monstres sont inhabiles à la vie, ou quand ils peuvent vivre, ils sont impropres à la reproduction; la plupart des géants et des nains 1 sont dans ce cas; les bâtards d’espèces sont en général impuissants ou ne f deviennent féconds qu’avec les individus des espèces primitives auxquelles leur postérité ne manque point de retourner: tel est le mulet. Un caractère | étranger communiqué à une race ou à une espèce ne persiste point, à moins que la reproduction ne soit continuée par l’espèce ou la race à laquelle appartient ce caractère. Les races perfectionnées de chevaux et de brebis ne se i maintiennent que lorsqu’elles sont propagées jusqu’à la sixième génération par ves étalons de choix. Les mulâtres, même en se mariant entre eux, finissent ] pai letoumei a leur source primitive. L’analogie conduirait à supposer que tes maladies héréditaires peuvent disparaître dans la série des générations
418 DE L’HÉRÉDITÉ. [hygiène
humaines, puisque le type primitif de notre organisation est la régularité, la santé; l’observation corrobore cette induction en apparence hasardée : sept enfants issus de parents tuberculeux succombent à celte maladie, un huitième survit et jouit d’une immunité manifeste; il n’en faut pas plus pour attester la tendance réparatrice de la nature. Une maladie héréditaire, la lèpre, qui sévissait autrefois dans notre hémisphère, en a presque disparu ; des affections cutanées, la syphilis elle-même, ont perdu de leur brutale intensité. Les progrès de la civilisation, et par conséquent de l’hygiène, qui est l’aisance appropriée aux organisations individuelles, contribuent efficacement à la réhabilitation physique de la race humaine.
Quelle est la ligne de transmission héréditaire? Il n’est pas toujours facile de la déterminer; la disposition morbide voyage avec une sorte de caprice à travers la descendance; elle peut sauter une génération, se jeter dans la parenté collatérale, s’attacher 'a l’un des deux sexes. L’hérédité n’est point douteuse quand elle dérive directement du père à l’enfant, de l’aïeul aux petits-fils, de la mère à la fille. Je connais une famille dont la mère est morte d’un cancer mammaire; deux de ses filles ont succombé au même mal; la troisième en est menacée; les fils se portent bien. Un père et une mère issus de parents phthisiques jouissent d’une bonne santé et arrivent 'a un âge avancé; mais voici que leurs enfants sont enlevés l’un après 1 autre par la phthisie : la chaîne étiologique part de l’aïeul et aboutit à la deuxième génération, la première étant sauve. — L’hérédité s’obscurcit quand la maladie qui atteint l’enfant n’a été observée que chez le frère de son père ou de sa mère; quand ce sont des cousins qui la présentent. Elle n’est pas moins contestable lorsque la phthisie enlève le fils de parents, il est vrai, tuberculeux, mais adossés à plusieurs générations consécutives d’ancêtres qui n’ont jamais eu de trace de tubercule. En effet, pourquoi un homme ne pourrait-il être atteint de la même maladie que son père, sans qu’il y ait eu transmission par la génération? La même cause prédisposante peut avoir agi sur le père et sur le fils, isolément et à une époque indéterminée de leur vie. Il existe d’ailleurs d’autres prédispositions aux maladies que celles qui découlent de 1 hérédité; l’homme en subit l’effet après sa naissance, dans le cours de sa carrière, et contracte des maladies qu’on serait tenté de rapporter à une diathèse originaire. Les airs, les eaux, les lieux, les professions, les travaux industriels, les institutions sociales, le mode d’alimentation, impriment aux hommes un caractère spécial, des aptitudes morbides variées : il faut donc, avant de rechercher l’ordre de transmission, s’assurer si la maladie est de la catégorie de celles qui se transmettent par la génération, si réellement elle a existé chez l’un des parents, si celui-ci l’a eue antérieurement ou postérieurement à la naissance de l’enfant, et, dans le cas de postériorité, si la maladie a paru se rattacher à des causes accidentelles ou à une prédisposition. Ces questions doivent se résoudre, non au moyen de renseignements vagues, mais par un examen sévère qui doit s’étendre au degré d’intelligence, de discernement et
DE L’HÉRÉDITÉ
P1UVÉF.]
de bonne foi des malades; le doute rationnel s’applique autant aux affirmations faciles des uns qu’aux réponses négatives des autres, qui se retranchent dans leurs illusions contre l’évidence fâcheuse du pronostic. Il n’est pas plus rationnel de soupçonner partout l’influence de l'hérédité que de la négliger dans les investigations diagnostiques. L’exagération dans l’un ou l’autre sens crée un péril à la pratique et complique les difficultés qui embarrassent la recherche de la filiation morbide. On ne peut ici établir de loi fixe : toutefois la transmission en ligne directe exclut le doute, qu’elle s’opère ou non par un seul sexe; lti ligne collatérale est incertaine. Enfin, sans prétendre déterminer la part relative des deux sexes dans la reproduction de l’espèce, l’hérédité du côté de la mère excitera parfois davantage la sollicitude du médecin. La raison en est qu’il n’admet qu’avec restriction l’axiome de jurisprudence : Is est filius quem nuptiœ demonstrant.
Le cachet des maladies héréditaires se révèle surtout dans la marche qu’elles affectent et dans la disproportion de leur gravité avec la cause occasionnelle qui a déterminé leur explosion. Tantôt cette gravité se dénote dès le début; tantôt elle ressort de la prolongation même des symptômes dont la bénignité apparente contraste avec la difficulté de la guérison. Les maladies héréditaires ont encore pour cachet de récidiver facilement d’une manière irrégulière ou par périodes : elles se développent généralement à la même époque et frappent les mêmes organes que chez les parents. Se transformentelles, sinon dans leur essence, au moins dans leur phénoménalité? Cette opinion est celle de praticiens célèbres, Baillou, Astruc, Bouvart, et surtout A. Portai. Aux yeux de Portai, les scrofules des enfants dérivent de l'affection vénérienne des parents. Cette opinion, reproduite par Alibert, est sans fondement positif. Leberl fait remarquer que dans le canton de Vaud la syphilis est rare et les scrofules très-multipliées. D’ailleurs, suivant le même, auteur ( I), l’hérédité manque dans plus de la moitié des cas de scrofules ; les maladies scrofuleuses pures ne paraissent héréditaires que dans un tiers des cas; les maladies tuberculeuses dans un sixième des cas seulement, les maladies scrofuleuses et tuberculeuses coexistantes chez les trois cinquièmes des individus.
!On a élabli encore une parenté étiologique entre la syphilis, le tubercule et le rachitisme. Celui-ci est une affection essentiellement différente des scrofules et des tubercules. Ces deux dernières maladies, malgré leur apparente parenté, n ont de commun que la consistance caséeuse de certaines adénites, différant sur tout le reste par leur essence même : « Les lésions scrofuleuses naissent sous | influence des déterminations les plus diverses et les plus banales, tandis que la tuberculose est le résultat d’une cause générale, une dans ses effets et dans sa nature essentielle (2). » La thèse de la transmutation de la syphilis a
p. 88 L°bCrt’ T> aité praÜqUe des maladûs scrofuleuses et tuberculeuses. Paris, 1849, (2) Villemin, Études sur la tuberculose. Paris, 1868, p. 262.
DE L’HÉRÉDITÉ
[hygiène
été renouvelée dans ces derniers temps avec une éloquente exagération par Ch. Bœrsch(l), qui s’efforce de rattacher au virus vénérien le tubercule, le cancer, les dartres, la carie des os, etc.; avec érudition par Yvarren(2), qui y ramène certaines formes d’épilepsie, du tic douloureux de la face, de la céphalée (B. Bell), de névralgies à sièges divers, d’affections gastro-intestinales (Baumes, Andral), de phthisie (Morton, Lagneau), de tumeur blanche (Richet), d’altérations du foie (Rayer), etc. ; le professeur Moreau a vu des parents qui n’avaient aucune manifestation actuelle de syphilis, la transmettre 'a leurs enfants. Rappelons toutefois, avec Gilbert, que dans la question de la syphilis larvée, les incertitudes, les difficultés et les méprises abondent (3).
L’aptitude héréditaire a son opportunité, c’est-à-dire que les différentes phases d’accroissement et de décroissance que l’organisme parcourt favorisent plus ou moins la manifestation de tel ou tel genre de lésion héréditaire : chaque âge imprime à l’économie un caractère général qui est en rapport avec telle ou telle altération dont le germe existe en elle; chaque âge fait prévaloir certains organes, et, par la concentration vitale dont ils deviennent le siège, renforce leurs prédispositions morbides. C’est pourquoi certaines maladies héréditaires apparaissent dès la naissance, d’autres longtemps après, d’autres enfin sommeillent indéfiniment par défaut de provocation, soit du dehors, soit du dedans. Il est rare que l’affection inhérente à l’être nouveau se réalise dès la naissance : le plus souvent elle n’existe que virtuellement. Il en est ainsi de la syphilis : les nouveau- nés qui en sont infectés, hors le cas de contagion au passage, n’en offrent point les symptômes caractéristiques; mais ils sont débiles, comme flétris, prédisposés à une foule d’affections qui ont pour effet d’enrayer ou de vicier le travail de la nutrition. En raison de la turgescence sanguine du cerveau et de ses enveloppes dans le bas âge, la méningite tubei culeuse menace les enfants issus de parents phthisiques; la fluxion nutritive, dont le système ganglionnaire est le siège à cette même époque de la vie, explique la fréquence des scrofules et du carreau (tuberculisation des glandes mésentériques), quand il existe en outre une propension congénitale. Nous avons vu que, dans la jeunesse, la prépondérance physiologique appartient aux organes de l’hématose et de la circulation; dans l’âge mûr, aux viscères abdominaux et à l’appareil fibro-cartilagineux lié avec ces viscères par des connexions sympathiques; aussi, à l’une de par 1 hérédité, les phlegmasies du cœur et des poumons; à l’autre, les maladies gastro-hépatiques, les lit. moi rhoïdes, la goutte, etc. C’est vers l’âge critique que les organes génitaux de la femme sont menacés par les effets de l’hérédité cancéreuse; 1 atrophie que subissent alors ces organes (ovaires, utérus, mamelles) favorise le dé\e °PP(
(1) Essai sur, la mortalité à Strasbourg , 1836, p. 115.
(2) Voyez Bulletin de l’Académie de médecine, t. XVIII, p. 104a
(3) Ibid.
DE L’HÉRÉDITÉ
privée]
ment de cette lésion. Velpeau (4) reconnaît que c’est de quarante à soixante ans que l’on voit le plus de cancers du sein chez les femmes; mais parce que la plus grande fréquence du cancer chez l’homme correspond à la même période de la vie, il nie l’influence de l’âge critique chez les femmes : c’est contester un fait démontré, parce qu’il reste à démontrer un autre fait, à savoir, s’il n’existe pas aussi pour les hommes une phase critique de l’organisme entre quarante et soixante ans. — Par la même raison, les professions qui sollicitent l’activité particulière de certains organes et débilitent certains autres, les professions qui sont toutes, au début, perturbatrices de l’ordre physiologique et finissent par changer l’équilibre de l’économie, amènent l’opportunité des maladies héréditaires.
Chaque âge épuise, par sa révolution, l’opportunité qu’il apporte aux affections héréditaires; s’il passe sans les avoir fait naître, le péril de l’hérédité morbide diminue beaucoup. Au delà de trente-six ans, l’individu né de parents phthisiques peut espérer la vieillesse; au delà de la deuxième enfance, le tubercule des glandes mésentériques ne s’observe guère isolément. On comprend, en effet, que chaque âge, par les conditions physiologiques qui le caractérisent, se trouve avoir des relations essentielles avec la nature, la forme, la marche et la durée des maladies déterminées ; plus ces relations sont complètes et intimes, plus l’imminence de la maladie augmente; que si, malgré 1 aggravation du péril, cette période de la vie s’écoule tranquillement, i 1 hérédité morbide, quoique toujours subsistante, se trouve comme annulée, i parce que 1 impulsion ne lui viendra plus des évolutions ultérieures de l’organisme (2).
Hippocrate a émis une doctrine de l’hérédité; en parlant des macrocé p h a les qui déterminaient l’allongement de la tête de leurs enfants au moyen I de bandages cl de machines convenables pour altérer la forme sphérique du i crâne, il ajoute : « D’abord c’était l’usage qui opérait de force le changement I dans la configuration de la tête; mais avec le temps ce changement est devenu naturel, et l’intervention de l’usage n’est plus nécessaire. En effet, la liqueur séminale provient de toutes les parties du corps, saine des parties saines, altérée des parties malades. Si donc de parents chauves naissent géné- » râlement des enfants chauves, de parents aux yeux bleus des enfants aux I yeux bleus, de parents louches des enfants louches, et ainsi du reste pour les autres variétés de la forme, où est l’empêchement qu’un macrocéphale n’engendre un macrocéphale (3)? », A côté de la théorie la plus ancienne, plaçons a îeone e plus lécemment formulée pour marquer le point de départ et le erinci i ésultat de la science : la fécondation est due à la fusion du sperma-
lo! IelPeaU’ TlUltl: des maladies du sein et de la région mammaire, 1852, p. 550.
1 , °ntaigne; dont les ancêtres avaient eu la gravelle, en fut atteint au môme âge e son pere. °
(3) Hippocrate, Des airs, des eaux et des lieux, traduction de Littré, t. II, p. 61 et suiv.
122 DE L’HÉRÉDITÉ. [hygiène
tozoïde et de l’ovule. Le premier n’est point un axe cérébro-spinal, ni le second un système digestif; ils renferment en eux les éléments nécessaires au développement ultérieur de ces deux bases essentielles de 1 animalité, loscpielles, bientôt liées par le système vasculaire, se complètent 1 une par l’autre et s'influencent réciproquement de manière à amener le développement ultérieur du tout : chacun des deux agents de la fécondation, ovule et spermatozoïde, apporte en lui une matière déjà organisée et vivante; c est ce qui explique comment ils influent également sur le produit commun. Il y a plus.: chacun des deux éléments de la combinaison humaine représente bien l’être qui l’a fourni et le rôle que cet être, homme ou femme, remplit dans l’œuvre de la procréation. Le mâle, plus ardent que la femelle dans toutes les espèces, produit le spermatozoïde, et celui-ci a son maximum d activité au moment de la copulation. La femelle nous présente des ovaires toujours cachés profondément, fournit un ovule qui reçoit le zoosperme comme la femelle reçoit le mâle; « les spermatozoïdes sont l’élément générateur male; probablement ils nous représentent l’une des formes sous lesquelles s’offre la matière germinative; arrivés dans l’œuf ou à sa surface, ils se fondent, se dissolvent, se mêlent avec l’élément générateur femelle, et de cette dissolution, de cette fusion intime, résulte une combinaison organique nouvelle, constituant le germe qui se développera en individu nouveau (1). » On voit que l’idée moderne n’est pas sans analogie avec la doctrine hippocratique; ce que celle-ci attribue au sperme seul, celle-là l’attribue au zoosperme et à l’ovule. La liqueur séminale résume, aux yeux d’Hippocrate, toutes les parties du corps; pour l’observateur d’aujourd’hui, l’ovule et le spermatozoïde possèdent en eux les éléments nécessaires au développement ultérieur de tout le corps. Dans l’une et dans l’autre doctrine, l’hérédité nous apparaît comme une condition primordiale de la matière organisée que séparent les agents de la fécondation et qui reproduit, au terme de ses transformations, le type de l’espèce. L’hérédité a donc ses racines dans ce que la vie a de plus intime e de plus fondamental; elle existe antérieurement à la copulation, dans 1 ovule et dans le zoosperme; elle se détermine dans le conflit des deux sexes et se modifie parla fécondation, puisque deux genres d’éléments héréditaires Jj rencontrent et se fondent dans une combinaison organique nouve e, q reflétera le type des individus souches. Avoir noté dans cette période initia de la reproduction les rudiments de l’hérédité, c’est avoir indiqué par quelle
voie l’hygiène peut réussir à la combattre. . .
Tout" ce que l’hygiène peut faire contre les dispositions héréditaires qiu sont de nature à compromettre la sauté, se trouve indiqué sommairement dans ce conseil de Mercatus : Uxorem aut virum quærere qui te™Pe11.' modo substantiel' et fere in omnibus individuahbus condition ibus, dissuie longis interuallis ab uxore. Sic enim a generaüone in gencrationem deltr
(1) Longet, Physiologie, t. Il, 3e partie, p.
DE L’IÏÉRIÎDÏTÉ.
privée]
tescet matin sigilkmi hcereditarium , vincen.it inculpatum. semen, an prœvalens supra vitiosum et prave n/feetum. Les races animales d’élite gagnent h se propager dans les mêmes familles; la beauté des chevaux arabes et anglais, des brebis espagnoles, etc., ne se maintient qu’à cette condition. On a observé notamment que l’espèce chevaline dégénère par le mélange prolongé de races différentes ; mais il faut considérer que, pour perpétuer les races nobles d’animaux, on a soin de n’accoupler entre eux que des individus de choix ; dans les alliances entre proches, cette condition est négligée : de là l’abâtardissement des familles qui s’unissent entre elles de génération en génération. C’est donc une mesure de haute prévoyance sociale que la prohibition des mariages à certains degrés de parenté, puisque la considération du choix physique est presque toujours sacrifiée dans les unions, et tous les peuples d’une civilisation élevée ont proscrit l’inceste, à l’exemple du législateur des Hébieux. C est surtout aux familles entachées de maladie héréditaire qu'il importe d élargir le cercle de leurs alliances et de renouveler en partie les sources de leur reproduction; en méconnaissant cette nécessité, elles renforcent le principe de leur détérioration et précipitent leur décadence. D’après Gama Machado, cité par Prosper Lucas (1), le défaut d’harmonie de la taille des époux est une cause d’avortements. Dans l’appréciation des vices du bassin, il faut considérer non-seulement les proportions de la femme, mais encore les dimensions de la tête et des épaules de l’homme qu’elle doit epouser; 1 hérédité porte en effet et sur le volume partiel et sur le volume
intégral du corps; de là un surcroît de péril possible pour le travail de l’accouchement.
L’axiome Contraria contrariis s’applique avec plus de sûreté à l’hygiène qu’à la thérapeutique; les mariages, au point de vue physique, devraient être combinés de manière à neutraliser, par l’opposition des constitutions, des tempéraments et des idiosyncrasies, les éléments d’hérédité morbide que l’on peut craindre dans les deux époux; il faudrait défendre l’union de deux lymphatiques, de deux sujets éminemment nerveux ; deux familles également prédisposées aux affections de poitrine ne devraient jamais mêler leur sang • même danger dans l’union de deux sujets frappés de débilité générale, etc.’ a prédisposition à des affections analogues constitue, aux yeux du médecin une autre incompatibilité de mariage : scrofule et phthisie formeront, une sor- ' c pépinière, tandis qu’une femme issue de parents tuberculeux et mariée Il r° k,Sle Gt Sain pcut cIevcnir ''heureuse mère d’une génération
généra tü iT ^ S°“ t0°r 8VCC un 8an* de bon a'°'» produira une autre i H ir;éprchablü; car’ ainsi <Iue l’avons dit, la propi, ii 68 héréditaires finit par s’épuiser. Stahl, Borde.., Buchan,
alTectinn l ' ^ PeT'l amS,; dcS fa,ts Prouvencla disparition spontanée d’une parenté, d autres plus nombreux attestent l’efficacité du croise-
(1) Prosper Lucas, Hérédité , t. I, p. 204.
m de l’hérédité. • [hygiène
ment pour l’extinction des germes héréditaires. Malheureusement les médecins restent étrangers à la confection des lois, et rien n’est stipulé dans nos codes en faveur de l’amélioration physique de l’espèce humaine, si ce n est la limitation du mariage à certains degrés de consanguinité et 1 époque de la
nubilité légale.
L’âge des parents exerce une grande influence sur la constitution et a santé des enfants qu’ils mettent au jour : trop jeunes, ils impriment a leur descendance un caractère de débilité générale qui favorise 1 explosion u té-s rieure des maux héréditaires; il est d’observation que les premiers-nés sont souvent plus faibles, plus délicats, et des instituteurs ont constate la supériorité intellectuelle des cadets sur les aînés. Les poulettes pondent des œufs plus petits de moitié que ceux des poules; suivant Bechstein, cité par But ac , les petits qu’une chienne met bas après sa première fécondation n atteignent jamais une grande taille. Il semble que la puissance reproductrice ait besoin, comme toutes les autres fonctions, d’un exercice répété pour imprimer a ses résultats le cachet d’une parfaite élaboration. Les enfants procréés dans une époque avancée de la vie paraissent plus exposés au rachitisme; ils sont dépourvus de la vivacité et de la gaieté qui sont les attributs de leur âge; 1 s périssent souvent de phthisie, sans que leurs parents en soient atteints; s ils vivent, ils ne se développent pas avec plénitude et payent un tribut précoce aux affections hémorrhoïdaires. Une grande disproportion d’age entre les deux époux n’est pas moins dommageable à la qualité des produits, et de ^semblables mariages, légitimés par la loi, sont une véritable infraction .aux ^bonn conditions de la procréation humaine. Quand la cupidité conduit a eune fih dans le lit du vieillard, la nature s’indigne, l’intérêt de aux passions de l’individu : c’est un scandale physiologique, si 1 on peut am dire; mais la loi civile le protège et la société n a poui le punit que.
Ct Si ^'e médecin n’est pas intervenu a l’origine pour corriger ou prévenir I» transmission ries dispositions morbides, il lui reste à les comba tre dans ^ tant issu de mariages formés contre les convenances lngieniqu . de donner à l’enfant une nourrice robuste, d’une constitution sienne, et dont la santé sera sévèrement surveillée; on ptolon ‘
ment; après le sevrage, il faut adapter le régime au tempérament de 1 e et le diriger contre l’aptitude héréditaire que 1 on redoute. Le ho n et la t veillance de l’habitation sont très-importants ; tei climat telle ^
ou contrarie le développement de certaines maladies. s- ‘ ployée avec discernement, peut modifier heureusement l’orgumsu.'on n inn une disposition héréditaire par le déplacement du mouvement nutritif, par la
DE L’HÉRÉDITÉ
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héréditaires. Le choix de la profession contribue puissamment à l’immunité de l’avenir; elle fait à l’homme son milieu social, elle lui assigne ses conditions de vie morale et physique, elle empoisonne ou purifie l’air qu’il doit respirer, elle lui mesure le travail et le repos; de plus, elle détermine l’activité relative de ses organes dont chacun correspond pour ainsi dire à une spécialité professionnelle : souvent elle a produit dans la ligne ascendante de parenté la maladie dont on redoute le principe héréditaire, et force sera d’y renoncer pour écarter une éventualité funeste. Quand l’hérédité dépend d’un virus, ou celui-ci se manifeste par des symptômes caractéristiques et donne besogne de guérison, ou il n’existe qu’une aptitude de l’organisme 'a répéter l’affection virulente de parenté, et la prophylaxie hygiénique se règle sur les bases précitées; car nous nous inscrivons contre l’usage banal des médicaments amers, mercuriels, anliscorbutiques, martiaux, etc. (Portai, Pujol, etc.), à titre de préservatifs, usage plus répandu encore qu’on ne pense, et qui, avec l’emploi préservatif des cautères, des vésicatoires, des sangsues, des saignées, défraye la routine domestique de tant de familles, de tant de médecins asservis par intérêt ou par ignorance aux préjugés du vulgaire. Notre pensée ne va point jusqu’à proscrire absolument l’application de ces moyens, mais il convient de n’y recourir que d’après des indications positives; c’est par les agents du régime (air, local, vêtement, nourriture, bains froids, affusions, bains de mer, etc. ), que l’on a chance de rectifier les tendances vicieuses de l’organisation, non par les arcanes de la polypharmacie. Rappelons, en terminant, que les individus prédisposés aux maladies héréditaires doivent surtout être surveillés à l’âge où ces maladies tendent à se développer et à l’âge où leurs parents en ont subi l’atteinte ; c’est alors qu’il faut redoubler de sévérité dans les précautions hygiéniques, c’est alors qu’il y a lieu de recourir à des moyens spéciaux, s’il en est d’assez puissants pour conjurer l’invasion des affections héréditaires. L’état constitutionnel des sujets doit fixer l’attention du praticien. Il s’assurera d’abord si le péril est réel ou s’il n’existe que dans l’imagination de son client, dans la sollicitude exagérée de son entourage; il pèsera les avantages et les inconvénients des moyens préventifs dont il prescrira l’usage.
S agit-il, par exemple, d’établir un exutoire pour prévenir un exanthème dont on se croit menacé par hérédité ou pour combattre une tendance congestionnelle vers l’encéphale, il faut considérer l’effet moral que produit une médication anticipée, le dégoût d’une suppuration habituelle, les soins qu’elle exige, 1 excitation douloureuse qui peut l’accompagner, etc. Avant de proposer à une personne de poitrine faible le climat d’un pays lointain, songez aux fatigues des voyages, au changement des habitudes et des impressions,
: a,IX ùistesses de l’expatriation, aux conséquences d’une brusque rupture avec la société, les travaux, les projets d’ambition, à l’éloignement des personnes aimées : il y a là parfois de quoi voiler l’éclat du ciel d’Italie; un ivu moins inclément ne compense point une si grande perturbation de existence. En hygiène, n’espérons pas beaucoup d’une influence isolée : la
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thérapeutique a quelques remèdes souverains, quelques agents héroïques; l’hygiène ne possède pas les équivalents de l’opium, du mercure, de l’émétique ; elle vaut surtout parla réunion d’un certain nombre d’iniluences convergeant au meme but. Que peut sur une poitrine débile le soleil du .Midi sans la sérénité de l’àme ? L’art de préserver n’est souvent que l’art de compenser.