‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 31 sur 181 · DE L’HABITUDE. [BY0IÈNE · texte numérisé non relu

DE L’HABITUDE. [BY0IÈNE

presque toujours de celte dernière espèce. Bégin (1) établit encore une autre 1 .... ... i.. ,iiA An l’oVr.rAtinn sèmi-

distinction qui porte sur l’intermittence et la continuité de l’excrétion séini nale ; continue, quoique insensible, elle constitue la spermatorrhée, qu’Arélée a fait entrer le premier dans le cadre nosologique et qui y est restée presque sans vérification ultérieure, comme tant d’autres fantômes de 1 imagination médicale. Les recherches si minutieuses auxquelles s’est livré Lallemand I ont conduit à nier l’écoulement continu et goutte à goutte du sperme, tout en reconnaissant que les écoulements chroniques de l’urèthre se compliquent trèsfacilement de pertes séminales involontaires, mais comme toujours intermittentes et de quantité variable (2).

Pollutions nocturnes . - Elles sont plus communes que les diurnes; mais nous ne pouvons admettre avec la plupart des auteurs qu’elles soient p us susceptibles de devenir habituelles, plus indépendantes de la volonté, p us difficiles 5d guérir. Tout au contraire, elles sont plus souvent excitees par des causes qui dépendent indirectement de la volonté, par des conditions passagères de l’organisme; elles sont plus souvent critiques, c’est-à-dire salutaires, et c’est à tort qu’on les représente presque toutes comme accablantes, comme essentielles à réprimer. Unes à la pléthore spermatique, elles font cesser es angoisses indéfinissables d'une continence forcée. 11 y avait de 1 inquiétude, du malaise, de l'impatience, de la disposition ans larmes, de la cépha a gie avec fermentation des idées et vagueémoi de l'âme, etc. ; survient une évacuation spontanée de sperme, et tous ces troubles s'évanouissent : une crise, une véritable crise a rétabli l'équilibre dans l’économie. Chez quelques jeunes gens, vers Pépoque de la pnberté, les pollutions se déclarent comme les premières reg es chez la jeune fille, et elles préludent pendant quelques jours pai des trou > Généraux qui se dissipent après la première évacua, ion. Elles on, quelque*,» ?é des maladies. P. Frank rapporte l'exemple d'un homme atteint te Box.

et qui dans la nuit où l'on craignait le pins pour ses ours eut pollutions copieuses qni jugèrent la maladie. Bulfon elle un devint fou par excès de continence et recouvra la raison apics d abond, pollutions - Presque toujours les pollutions utiles sont copteuses. pmsqu elles S g èie beu que dans un état de pléthore spermatique msohte; quand Ibe son. critiques dans le cours d'une maladie, elles se répètent plusieurs fm d ns i seule unit : ainsi l'indiquent dn moins les cas mentionnés par ! s ameurs (3). Cependant il faut se rappeler ici les inégalités de la fonction gu

“l^C^les SOHl occasionnées par la plénitude des vésiculesséminales, ces évacuations sont accompagnées de sensations voluptueuse»,

(1) Bégin, DM. de mti. et de chirurgie pratiques. Paris, 1S36, t. t- 43*'1 2 3 art. Pollution.

(2) Lallemand, op. cit., t. U, P- 3/8.

(3) Voyez thèse de M. Kaula, p. 31.

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précédées de rêves agréables; mais celte exubérance d’énergie génitale ne dure point. La fatigue survient par la répétition des mêmes phénomènes; les organes sexuels, que ne fortifie point un exercice régulier, légitime, s'affaiblissent, tout en conservant l’habitude de se contracter sous l’influence de stimulations de moins en moins énergiques, et c’est ici la transition de l’état normal à l'état pathologique, transition qui échappe aux regards du praticien, rarement appelé ou rendu attentif à cette époque de déchéance commençante. Si le coït, qui est alors d une indication aussi sûre qu’impérieuse, ne vient point rompre l’habitude des émissions spontanées, celles-ci ne tardent pas h s’opérer sans rêve, sans érection, sans jouissance, et le malade ne reconnaît plus qu’aux maculations de sa couche le stérile épisode de ses nuits;'alors aussi la liqueur séminale subit les altérations signalées plus haut, et finit par devenir aqueuse, circonstance qui obscurcit le diagnostic. Bientôt les causes les plus légères, les plus indirectes, suffisent à mettre en jeu la contractilité morbide des vésicules séminales : la chaleur ou l’élasticité du lit, l’usage du café ou du thé, la plénitude de la vessie, le décubitus dorsal, etc., provoquent des pollutions, et les impressions les plus fugitives de la journée servent de thèmes à la fabulation ' cérébrale qui réagit sur les organes génitaux. Mais les rêves commencent à s entremêler d’incidents tragiques, de terreurs; ils dégénèrenten cauchemars, et I émission séminale survient au plus fort de ce drame étrange, sans plaisir, sans tdee lascive. Au reveil, faiblesse, accablement, paresse de l’esprit, pesanteur de tete morosité, etc. On peut donc dire que la nature des pollutions se révèle par leurs eflets, par les circonstances dans lesquelles elles ont lieu. La fraîcheur et la vivacité de l’esprit, un sentiment de vigueur musculaire et de soulagement general, tels sont au réveil les signes de l’utilité ou de l’innocuité d’une pollution nocturne, et il ne s'agit pour l’hygiéniste que d’en prévenir la trop omp e îecidive; des sensations inverses l’avertiront qu’il y a imminence noi bide pour 1 organisme, sinon déjà maladie et péril.

Quant aux rêves qui précèdent 1 évacuation spermatique et auxquels le vul " «WW. '“r filiation es, double : tantôt

antot 1 instrument fonctionnel qui en a l’initiative. Le premier cas se présenté quant i par hasard, ou par vicieuse habitude, l’esprit s'est préoccupé pendant e jour d’images lascives, de souvenirs tentateurs : il en réstZ un t

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Pollutions diurnes. — Il est rare qu’elles soient actives, c’est-à-dire le résultat d’une excitation vénérienne, directe ou indirecte; cependant des sujets robustes, jeunes, à organes neufs, peuvent éprouver, par la seule présence d’une femme aimée, par l’incitation d’une réminiscence, un désir violent suivi d’éjaculation spermatique. Mais le plus souvent les pollutions diurnes ont un caractère pathologique, s’observent chez les sujets irritables, usés et faibles; elles ont alors lieu sans érection ni volupté, et sont déterminées, non-seulement par l’émotion du cœur et des yeux, par l’ardeur des convoitises mentales, mais par la défécation et par l’émission des urines; la susceptibilité nerveuse de ces malheureux peut aller si loin, que la moindre excitation des organes génitaux leur occasionne une nouvelle perte de sperme. Toutes les causes qui produisent la constipation peuvent donner lieu à des pullutions diurnes.

La constipation dépend-elle de l’affaiblissement du rectum qui est progressif dans les constitutions détériorées, la défécation ne peut s’effectuer que par l’action des muscles abdominaux; d’où la compression des vésicules séminales.

La station assise trop prolongée, l’exercice soutenu du cheval échauffent le périnée, la marge de l’anus, et produisent des érections suivies d’émission séminale; à la longue, les érections cessent, mais non la sortie du sperme; tout ce qui irrite le rectum réagit par consensus sur les vésicules séminales et y détermine des contractions spasmodiques, cause de pollutions diurnes. C’est ainsi que leur étiologie se rattache parfois à la présence d’ascarides dans le rectum, à l’existence d’hémorrhoïdes, surtout dans leur période fluxionnaire, etc. Quand la pollution diurne s’opère avec l’émission des urines, c’est dans les dernières gouttes d’urine expulsées qu’il faut chercher les traces du sperme; le fluide prostatique, le mucus uréthral et vésical sont toujours éliminés dès les premiers jets de l’urine. La microscopie, appliquée avec tant d’habileté au diagnostic des pertes séminales, est, dans tous les cas de pollutions, un moyen péremptoire de vérification.

Aux sujets continents et robustes qui n’éprouvent de pollutions qu’à long intervalle et par l’effet de la plénitude séminale, nul traitement ; quand elles tendent à se répéter, régler normalement la fonction par un coït modéré ; les soumettre en même temps à un régime rafraîchissant, à des exercices actifs et prolongés; ils coucheront sur un sommier de crin, abrités par des couvertures légères; on leur recommandera le décubitus sur les côtés; ils se lèveront de bonne heure, dès l’instant du réveil ; on entretiendra chez eux la liberté du ventre. Les sujets épuisés, nerveux, excitables, chez qui les pollutions sont diurnes et consécutives à la masturbation, rentrent dans la catégorie des masturbateurs : la gymnastique, les exercices, les voyages à pied, leur seront utilement prescrits ; il faut surtout, comme nous l’avons déjà dit, changer l’impulsion vicieuse que suit leur système nerveux par des occupations variées, par des travaux qui éloignent toute idée provocatrice du sens génésique. Si leurs organes génitaux sont exempts de toute irritation et sont au contraire frappés I d’asthénie; si les perles qu’ils éprouvent semblent passives et dues seulement

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à une sorte (l’habitude, ils emploieront avec avantage les lotions froides sur les parties génitales, les frictions et les douches d’eau froide sur les cuisses, les lombes et les reins, ainsi que les bains frais de rivière et les bains de mer; ces moyens nous paraissent devoir nuire dans les cas d’excitation inflammatoire des parties et d’orgasme habituel. Il va sans dire que l’on aura combattu au préalable la cause accidentelle des pollutions, si elles proviennent de l’une des causes précitées et extérieures aux voies génitales.

Les femmes éprouvent, par l’excitation factice ou spontanée de leur appareil génital, des phénomènes semblables à ceux des pollutions viriles, moins la déperdition séminale. Mêmes sensations locales, mêmes rêves, même exaltation générale ; le tout se terminant par l’effusion d’une matière muqueuse, souvent assez abondante pour lubrifier les parties et souiller le linge. Ces pollutions sont familières à deux classes de femmes, les unes énergiques et continentes, les autres fatiguées par les excès et d’une sensibilité exagérée : elles sont utiles aux premières, dommageables aux autres; l’affaiblissement qu’elles causent aux femmes résulte des ébranlements du système nerveux et de la dépense matérielle d'une sécrétion irrégulière.

h° Menstruation. — Celte fonction présente, suivant les individus, une ouïe de particularités habituelles. Les principales portent sur l’époque de son établissement et de sa disparition, sur sa périodicité relative, sur sa durée, sur la quantité et sur la nature des fluides qu’elle élimine. Rien de variable comme le moment où les règles paraissent pour la première fois; et il n’y a lieu d’insister ici sur ce point : le climat, la constitution, le tempérament, le régime,

1 éducation physique et morale, hâtent ou retardent la première menstruation ; il en est de même de la cessation de cet acte important. C’est en étudiant les modificateurs externes que nous aurons à noter l’influence qu’en reçoit l’utérus pour toutes les fonctions qui lui sont dévolues. Une seule observation doit

trouver ici sa place, c’est qu’il est des dispositions individuelles qui annulent 1 action des agents* extérieurs. Ainsi, quoique la précocité menstruelle appartienne aux climats chauds et aux races méridionales, il s’en trouve dans nos chmais tempérés de nombreux exemples qui ne peuvent s’expliquer que patune disposition personnelle. Haller cite une jeune fille de Suisse qui accoucha J neuf ans’ D>rès ,es '^evés de Marc d’Espine, le plus grand nombre de enimes sont réglées à Pans vers l’âge de quatorze ans (1); une statistique îessee pai Bouchacourt, et confirmative des résultats consignés dans la thèse etiequin, fixe, pour la grande majorité des femmes à Lyon, la première menstruation entre la quinzième et la seizième année; la quinzième année est

o'rrlin v 6 r Un lraVail slalisli(ïue de Roberton (2) comme l’époque la plus ordinaire des premières règles dans le nord de l’Angleterre ; la plupart des

(1) Mémoires de l'Académie à? médecine. Paris, -1841, t. IX, p. 108.

medirn / i n' l/iriU" y m lu ^i(! na^urat liistory of the menstrual fonction. ( Edinburgh mea»-a/ and surgical Journal, 1832, t, XXXVHI.)

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autres données qui ont été publiées sur ce sujet pour différentes localités de la France placent entre quatorze et seize ans le moment de cette importante révolution d’âge chez la femme. Hors de celle limite moyenne, comme il existe des faits de précocité remarquable, il y a des exemples de tardivité et même d’absence totale de la menstruation, soit pendant tout le cours de la vie, soit jusqu’au mariage ou jusqu’après la première parturition. Linné a vu en Laponie des femmes qui n’avaient jamais été réglées. On connaît plusieurs exemples de femmes qui n’ont été réglées qu’après une ou plusieurs grossesses. Baudelocque mentionne des femmes qui ont déclaré n’avoir été menstruées que pendant le cours de leurs grossesses.

Quant à la durée de la menstruation, elle ne se rapporte pas plus au mois lunaire qu’au mois solaire. D’après Sehweig, 500 observations répétées sur 60 femmes assignent à la période intermenstruelle une duiée moyenne de 27,39 jours (1); Brierre de Boismont la fixe à 30 jours. Pour Ambroise Paré, les femmes les mieux réglées sont celles qui ont un écoulement sanguin de quatre à cinq jours (2). Chez 562 femmes, les règles ont duré en moyenne entre un et 8 jours (3) ; le plus souvent elles anticipent de plusieurs jours sur l’époque suivante, et leur durée ordinaire est de cinq jours (Burdach). Seraitil vrai, comme le dit Gall, que les femmes se partagent, sous le rapport de l’excrétion menstruelle, en deux grandes classes, réglées l’une et l’autre dans un espace de huit jours, mais séparées par un intervalle de dix à douze jours pendant lequel on ne rencontre que très-peu de femmes réglées, de telle sorte que les femmes réglées dans la première ou dans la dernière huitaine du mois, tant qu’elles sont en santé, jouissent d’un répit de vingt et un, de vingt-cinq ou de vingt-six jours? Gai! admet que des femmes sont réglées accidentellement, hors des deux périodes qu’il assigne à la fonction ; mais après un ou deux mois, elles se classent ; les irrégularités seraient fournies par les femmes valétudinaires, les jeunes filles en train de développement et les femmes sur le retour. Le même observateur affirme que les deux époques déterminées coïncident dans tous les pays, au moins en Europe, et qu’ainsi les règles commencent et finissent en même temps à Vienne, à Berlin, à Hambourg, a Paris, etc. Les faits produits par d’autres médecins contrarient la loi physiologique de Gall; c’est un sujet à reprendre sur l’échelle d’une observation étendue, minutieuse et sévère. On voit très-fréquemment des femmes réglées tous les vingt, vingt-deux ou vingt-quatre jours; quelques-unes le sont tous les quinze jours; mais nous pensons, avec Dugès, qu’il y a alors double menstruation.

La quantité de sang évacué pendant la période menstruelle varie suivant les •ndividus ; elle est d’une évacuation difficile : tandis que de Haen la lixe, pour

Ml Roser et Wunderlich, Medicinischer Vierteljalirssohrift, 1844, p. 1.

(2) Paré) Œuvres complètes, nouvelle édition, publiée pur .1. F. Malgaigne. Pans,

18(3°)’ Brierre1* de Boismont, De la menstruation clans ses rapports physiologiques et pathologiques. Paris, 1842.

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le grand nombre de femmes, à trois, quatre ou cinq onces, et pour un trèspetit nombre h une demi-livre, Haller trouve une moyenne de six à douze onces. Dans les limites de l’état de santé, dit Dugès, la quantité de sang nécessaire ne doit pas être moindre d’une à deux onces, ni aller au delà d’une demilivre ; quatre onces sont, suivant lui, la moyenne de ces variations, comme trois jours font la moyenne de la durée de l’écoulement. Mais, sous le double rapport de la durée et de la quantité de l’écoulement, combien de différences individuelles qui constituent une habitude de l’organisme et qui se lient aux conditions relatives de la santé ! Telle femme a des menstrues abondantes et s’en trouve bien, tandis qu’elles atteindraient chez une autre le caractère d’une perle pathologique. La connaissance de la mesure et de la modalité de cette fonction chez les femmes dont on dirige le régime est d’une importance capi taie en hygiène. Oui ne sait avec quelle facilité cette fonction oscille et se trouble par l’effet d’une émotion, par l’ingestion d’une boisson froide, par le plus léger changement dans les précautions usitées, etc.?

C’est à tort que, d’après les analyses de Lavagna et de Brande, on a cru à l’absence de la fibrine dans le sang des menstrues. Denis et Bouchardat l’y ont constatée; selon Brierre de Boismont et Raciborski (1), le sang cataménial ne diffère point du sang artériel. Pouchet y a reconnu, à l’aide du microscope : 1° de nombreux globules sanguins à l’étal normal ; 2° des globules muqueux; 3° des squames d’épithélium; k° du sérum du sang; 5° du fluide muqueux. Séreux, fluide, peu coloré les premiers jours, il se rapproche les jours suivants du sang rendu par épistaxis. Quant à ses altérations, qui ont été décrites sous les dénominations de règles blanches, de menstrues brûlées, sanieuses, etc., elles proviennent d’une modification pathologique du sang menstruel, du mélange d’autres fluides sécrétés ou d’une affection de l’utérus. C’est à tort qu’elles seraient considérées comme une habitude innocente des parties génitales.

La menstruation, en tant que perte sanguine, est quelquefois suppléée ou remplacée par une hémorrhagie qui se fait jour par des points plus ou moins éloignés des voies naturelles et. qui revient avec la même périodicité que les tègles; c est là l’exemple d’une habitude morbide substituée en partie à une fonction. Les auteurs rapportent les observations les plus étranges et cependant les mieux prouvées de déviation menstruelle. Nous avons été consulté nousmême, en 1834, à Toulouse, par une servante affectée d’hémoptysie consécutive a la suppression des règles; depuis plus d’un an elle éprouvait tous les 'bois une attaque d’hémoptysie dont elle présageait le retour avec autant d’oxac- Wude qu’elle faisait précédemment de ses règles; l’attaque durait doux à trois jours ; les organes de la respiration m’ont paru intacts, et, dans l’intervalle des accidents mensuels, la malade, s’il faut l’appeler ainsi, se livrait impunément à s U avaux. « Sa sottie (du sang) de la poitrine n’est que trop fréquente eL

( ) Raciborski, Traité de ta menstruation, ses rapports avec dation. Paris, 1868.

l'ovulation , ta fècon-

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trop commune lorsque le sexe souffre de la suppression ou de la diminution de ces mois, sans pourtant qu’il soit dans un état fâcheux. Je n’en donnerai qu’un exemple, parmi bien d’autres, à l’occasion d’une religieuse qui, n’ayant que très-peu et souvent point de règles, a craché du sang, tantôt plus, tantôt moins avec peu de relâche pendant près de vingt-cinq ans, sans aucune incommodité (1). « Toutefois il sera toujours avantageux de rappeler l’écoulement sanguin par les voies naturelles, et l’habitude morbide dont il s’agit ne doit être respectée que s'il est dangereux d’agir plus ou moins directement sur l’utérus pour rétablir la menstruation.

Leucorrhée. — Rien de plus fréquent, rien de plus habituel., rien de plus négligé que ces écoulements, dont l’origine est diverse, quoique confondus par le vulgaire sous la dénomination de / lueurs blanches. Quelles qu’en soient la nature, la marche et l’ancienneté, nous sommes loin de souscrire à l’opinion de Raymond (p. 294) qui met les flueurs blanches au rang des évacuations qu’il ne faut pas toujours guérir; et si nous en parlons, c’est parce que le préjugé du monde, conforme à la doctrine du médecin marseillais, les place parmi les habitudes morbides qui se concilient avec une parfaite santé. Sans doute les leucorrhées critiques qui surviennent parfois à la fin d’inflammations viscérales avec symptômes graves, de varioles et de rougeoles, sont avantageuses, puisqu’elles 'résolvent ces états morbides, mais à la condition qu’elles n’acquièrent point droit de domicile; sinon, pourquoi n’entretiendrait-on pas aussi ces otorrhées critiques qui se déclarent souvent chez les typhoïdes et qui présagent presque toujours une terminaison heureuse? La suppression naturelle ou accidentelle des menstrues, d’un flux bémorrhoïdal, d’une diarrhée, des lochies, de la sécrétion laiteuse chez les femmes qui ne nourrissent point ou qui sèvrent trop brusquement, peut entraîner l’apparition d’une leucorrhée. Y a-t-il lieu de la respecter? Nullement. Si donc la leucorrhée critique et celle qu’on a appelée métastatique ou supplétive doivent être modérées d’abord et ensuite combattues jusqu’à guérison, quel est le médecin prévoyant qui laissera durer indéfiniment celle qui tient à la constitution même des femmes, celle que produisent la masturbation, les excès vénériens, les fausses couches, des usages vicieux de toilette, etc. ? Nous ne parlons pas des écoulements blancs, symptomatiques d’une lésion actuelle des voies génito-urinaires, telle que métrite, vaginite, polypes, tumeurs fibreuses de l’utérus, etc. Les perles que nous avons en vue reconnaissent pour cause une irritation antérieure; mais celle-ci s’épuise, le symptôme reste; il finit par constituer toute la maladie, c’est-à-dire un flux passif, asthénique, une habitude catarrhale qui excite d’autant moins la sollicitude des malades qu’elle n’est accompagnée, le plus souvent, d’aucune souffrance et n’exige d’c-lles que des soins de propreté. Quelquefois l’écoulement s’est manifesté,

(1) Raymond, Traité des maladies qu'il est dangereux de guérir, édition de M.Giraudy. Paris, 181 G, p. 176.

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dès Je principe, avec ces caractères d’atonie et de passivité : telle est la leucorrhée des chlorotiques; telle encore celle dont l’apparition se lie à la constitution atmosphérique. Les climats humides et froids, les cités enveloppées pendant une partie de l’année par les brouillards et où les affections, par cette cause et par d’autres analogues, revêtent le plus ordinairement une forme catarrhale, sont en quelque sorte des foyers d’endémies leucorrhéiques. Des résumés statistiques publiés par Marc d’Espine et Girard sur Marseille et Paris, montrent que dans la première de ces villes les trois quarts des femmes sont pures de (lueurs blanches, grâce à l’air vif du littoral méditerranéen et à l’élévation habituelle de la température, tandis qu’à Paris les deux tiers des femmes sont affligées de celle désolante infirmité, cause ou symptôme de leur étiolement. Il n’y a que deux espèces d’écoulement blanc que l’art se dispense de traiter : 1° Celui qui se manifeste chez quelques jeunes filles peu de temps avant leur première menstruation, et qui, simple effet de la turgescence vasculaire et de 1 exubérante vitalité des organes, semble le prodrome physiologique d’une fonction nouvelle ; cette leucorrhée cesse dans la grande majorité des cas par 1 apparition même des règles ; elle rappelle le nom de phlogose amoureuse, donné par Lecat à la période menstruelle. On sait d’ailleurs que noi malement le mucus utéro-vaginal est sécrété avec plus d’abondance à l’approche des règles, et les recherches de Pouchet ont montré que les phénomènes de 1 intermenstruation entraînent des variations de quantité et de qualité dans la sécrétion utéro-vaginale. 2° L’aulre écoulement est celui des petites filles en travail de dentition. Il n’est pas sympathique de cette évolution, comme ou dit généralement; mais il est un des phénomènes de cette évolution qui consiste dans l’accroissement rapide et simultané de tous les organes folhculeux : d’où la salivation, les diarrhées, la sécrétion vaginale. Nous avons observé ce dernier phénomène chez la petite fille d’un officier du 11e de ligne. Les parents s’en étaient effrayés; il dépendait manifestement de a c entition, et cessa avec la fièvre qu’avait provoquée ce travail de forma-

H. Fonctions de la vie plastique. -\. Digestion. — Quatre états P U 01 quatre phénomènes morbides se convertissent aisément en habi- • . u système digestif et coexistent avec la santé : la pneumatose gastrointestinale, le vomissement, la diarrhée, la constipation.

cm eZZ'086' ~ LeS CXpériences de Girardin et Magendie (1) ont prouvé «uütta ZT'TS SC“ e'TM i,,tm]ahs 4ms lcs ï,lies digestives par la Mon des „,i,î8aSéS r a chale“ro“ ‘Jarun n,otlc quelconque defermenmême anvuiif I "'T’ ' lmelllaires’ ma,s 'Il,'ils se produisent dans ces organes «r , , ]ls * C0Mrlh,Mnt a donner leur forme et leurs dimensions,

leur ton al , ? “T” * leS lubrif,er’ ct ‘'«halation séreuse de

tunique péritonéale à prévenir leurs adhérences et à faciliter leurs ondu-

(•) Girardin, tetoeta „ fa i814,

DE L'HABITUDE

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lations. Compressibles, élastiques, ils préservent les autres viscères des chocs que détermine chaque oscillation produite dans la marche, dans la course, dans le saut; ils servent, en outre, à égaliser la pression alternativement exercée sur les organes digestifs par les parois abdominales et par le diaphragme (1), Les gaz que l’on rencontre dans les voies digestives sont : 1 oxygène, 1 azote, l’hydrogène, l’acide carbonique, l’hydrogène carboné et sulfuré. A pat L la petite quantité d’air mêlé ou dissous dans les aliments et la salive, qui est entraînée dans l’estomac parla déglutition, on ne sait d où vient 1 oxygène intestinal ; d’après Robin et Verdeil (2), le fait le plus probable est qu’il provient des gaz du sang, par une exosmose qui s’effectue suivant des circonstances

non déterminées.

On trouve plus souvent l’oxygène dans l’estomac que dans I intestin, toujours et partout mêlé à d’autres gaz. Chez l’homme malade, sa quantité a varié de 2 à 13 pour 100 dans l’estomac; dans le gros intestin, elle n’est que de 2 à 3 pour 100; ordinairement, il n’y en a pas dans l intestin gièle. Cbevreul a trouvé chez les suppliciés 71, 55 d’azote dans 1 estomac ; de 20,08 à 66,60 du même gaz dans l’intestin grêle; 67,50 dans le cæcum, 18,50 à 51,03 dans le côlon ; 55,96 dans le rectum : il était mêlé, dans l'intestin grêle, à de l’acide carbonique et à de l’hydrogène carboné; dans les autres intestins, à ce mélange s’ajoutait de l’hydrogène. Dans 1 état morbide, on trouve quelquefois jusqu’à 99 pour 100 d’azote dans les intestins, suuout chez les vieillards épuisés (3) ; il est alors mêlé d’hydrogène, de carbures et sulfures d’hydrogène, d’acide carbonique et d’oxygène. L’azote étant plus abondant, même en santé, dans le gros intestin que dans l’intestin greie, on ne peut admettre qu’il est entraîné par la déglutition ; il est donc exhalé par les capillaires, ou fourni par des réactions chimiques qui se passent daus l’appareil digestif. Après ce gaz, l’acide carbonique est celui qui y domine, plus dans le gros intestin que dans l’intestin grêle, moins chez les individus morts d’affections aiguës que chez ceux qui ont succombé à des maladies chroniques. Chevreul en indique, pour l’estomac 15,00, pour l’intestin greie de 25,39 à 50,00, pour le gros intestin de 53,50 à 70,00, pour le cæcum 12,50, pour le rectum 52,86. Remarquons en passant que l’acide carbonique qui s’échappe par les voies respiratoires augmente sous l’influence des aliments féculents et des alcooliques. L’hydrogène fait partie des gaz normaux de l’estomac (3,55 pour 100), du côlon (5,5 à 11,6 pour 100) et du cæcum! (7,5). Le gaz hydrogène protocarboné n’existe que dans le gros intestin . 5,57 pour 100 à 11,60 dans cette portion du canal digestif, 12,50 dans le cæcum et 11,18 dans le rectum. Le moins abondant des gaz intestinaux, c’est l’hydrogène sulfuré qui ne se rencontre aussi que dans le gros intestin ;

(1) Massiat, Mém. de physique animale, 1841, p. 225 et sulv.

(2) Robin et Verdeil, Traité de chimie anatomique et physiologique , normale et pa

tholog. etc., 1853, t. II, p. 38. . .

(3) Robin et Verdeil, Traité de chimie anatomique et physiologique.

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Robin et Verdeil le font provenir des matières azotées ou des principes sulfurés de la bile (tels que la taurine) qui se décomposent, ou de sulfures décomposés par les sucs acides du cæcum et provenant eux-mêmes de sulfates qui, au contact dos matières organiques, ont perdu l’oxygène de leur acide et de leur base. Il faut observer quo s’il s’agissait des sulfures contenus dans les aliments, ils auraient dû être décomposés dans l’estomac par le suc gastrique. La quantité des gaz augmente dans le tube digestif sous l'emploi de diverses conditions, et varie suivant les individus. Il n’est point question ici de la pncumatose symptomatique des lésions diverses et rattachée spécialement par les uns aux névroses, par les autres aux phlegmasies du tube digestif, et que Lobstein(l) considère comme un effet de l’action directe des organes; mais nous avons en vue les personnes qui sont sujettes à cette incommodité sans quelle paraisse aucunement se rapporter à une altération pathologique des organes. La pneumatose à un degré moyen se rencontre très-fréquemment en l’absence de lésion organique ; on a vu même le ballonnement porté à un haut degré chez des individus dont l’intestin ne présentait, après la mort, aucun désordre matériel (2) : un refroidissement de pied cause des coliques venteuses aux personnes qui ont les premières voies absolument vides. Qui n’a été témoin des tympanites si remarquables qui se manifestent chez les femmes hystériques, tympanites qui ne peuvent être imputées qu’à une modification de l’innervation ? Le même accident peut résulter de la réaction purement chimique des principes alimentaires introduits dans le canal digestif ; les vétérinaires ont observé qu’une certaine nourriture donne lieu chez les moutons à un dégagement de gaz assez considérable pour les mettre en péril de suffocation, si on ne leur procure une prompte issue par une ouverj tuie piatiquoe a la panse même, à travers les parois abdominales. Une autre | cause de pneumatose est le défaut de force tonique des intestins, que Reveillé-Parise a si bien signalé chez les convalescents (3), et beaucoup de gens, notamment ceux qui mènent une vie sédentaire et se livrent aux travaux de l’esprit, sont convalescents en ce point. L’ingestion habituelle d’une grande masse d’aliments, la disproportion de la nourriture avec énergie des organes digestifs, finissent aussi par l’occasionner ; le tempérament nerveux et le tempérament lymphatique y exposent davantage ; elle est plus commune i chez a femme que chez l’homme, dans l’âge mûr et dans la vieillesse que (lans I adolescence et dans la jeunesse. L’état du cerveau a la plus grande ! influence sur le développement des gaz pendant le travail de la digestion ; les préoccupations morales, la contention d’esprit, les affections tristes, l’hvponondric, la mélancolie, agissent ainsi ; de là les flatulences ou collection^ de

0) Lobstem, Anatomie pathologique. Paris, 1829-1833, t. l,p. 156.

( Andral, Anatomie pathologique. Paris, 1820, t. II, p. 148

18 5 er,lléfoafe’ ÈtHdeS de rhomme KM * santé et de maladie. Paris,

U 1, p# SUjy^

DE L’HABITUDE

[hygiène

gaz dans l’estomac et les intestins ; s’ils ne sont rendus à mesure de leur formation par la bouche ou par l’anus, ou par ces deux voies à la fois, ils produisent le bruit connu sous le nom de borborygmes, de gargouillement ; s’ils s’accumulent en quantité considérable, ils donnent lieu au gonflement sonore du ventre, appelé météorisme, ballonnement ; ils réagissent sur la digestion et causent souvent des coliques venteuses, avec alternatives de diarrhée et de constipation. Par la distension des organes digestifs, ils refoulent le diaphragme, les poumons, et donnent lieu à des dyspnées, à des lipothymies, à des oppressions passagères, à des intermittences du pouls : la gêne de la respiration pourrait être par erreur attribuée d autant plus facilement à une lésion des poumons, que l’ascension simultanée du foie et du diaphragme peu® rendre la percussion très-mate jusqu'au niveau du sein droit. On a constaté, par le spiromètre, que par suite de la pneumatose gastro-intestinale, la diminution de la capacité respiratoire vitale peut aller jusqu à deux décilitres (1). En la dissipant au moyen d’un laxatif, Fabius a vu la capacité respiratoiie augmenter de deux litres et demi (2). La disposition à la pneumatose s établit très-facilement et résiste souvent à tous les moyens thérapeutiques; 1 hygiène seule réussit à l’affaiblir, à la dissiper : le choix, la proportion des aliments, la distribution des repas, adaptés aux conditions individuelles, telle est la base du traitement hygiénique. Manger peu, soumettre longtemps les aliments à la mastication, conserver au ventre et aux pieds une bonne chaleur pendant la digestion, entretenir la liberté du ventre, rompre les habitudes de vie sédentaire et de concentration intellectuelle, fortifier le système musculaiie par l’exercice à l’air vif, etc., ce sera beaucoup faire contre le retour de la pneumatose, après qu’on aura favorisé ou provoqué par les moyens de l’art l’expulsion des gaz. Il importe surtout, dans la dispensation du régime, de s’assurer si la tendance à la supersécrétion gazeuse accuse une nuance d asthénie ou d’irritation des voies digestives : une nourriture tonique dans le premier cas, et même l’emploi de quelques liqueurs aromatisées, une nourriture rafraîchissante dans le deuxième cas, rempliront le but de l’hygiéniste. Quoique l’accumulation habituelle des gaz dans le tube digestif ne soit pas toujours sans danger, il faut avouer que rien n’est plus commun, et qu un grand nombre de personnes n’en éprouvent pas un dérangement dans leur santé ; les inconvénients qu’elle suscite, tels que dyspnée, accélération du pouls, céphalalgie, etc., sont passagers. Les rapports, les éructations gazeuses sont l’inévitable incommodité des mangeurs, des hypocondriaques oes hemorrhoïdaires, dont la plupart jouissent d’une santé suffisante, et I on peut dire qu’il est moins urgent de la corriger que de se convainc! e qu i e es indépendante de toute lésion viscérale.

(1) L. E. Hecht, Thèse sur le spiromètre. Strasbourg, 1855, deuxième série, n* 337,

(2) Zeitschrift fur rationnelle Medicin, 1853, l. IV, p. 301.

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Vomissement. — Le vomissement habituel peut s’effectuer avec ou sans le concours de la volonté; il est spontané, volontaire, provoqué.

1° Tout praticien a connu des personnes douées de toutes les apparences de la santé, et qui rendent tous les matins, par un vomissement facile, ou simplement par régurgitation, un liquide filant, visqueux, transparent comme du blanc d’œuf (glaires), ou légèrement coloré, tantôt insipide, tantôt aigrelet ou amer. Le nombre des vomissements, les époques de leur retour, la quantité de matière évacuée, sont variables : tel se soulage peu après son réveil par un seul vomissement; tel autre en éprouve plusieurs dans la matinée ou à différentes heures de la journée, et, chose remarquable, s’il vomit peu de temps après son repas, l’estomac se débarrasse d’un excédant de fluide muqueux et garde les aliments; il est rare du moins que quelques débris d’aliments se mêlent au liquide expulsé dont la quantité peut s’élever de quelques onces à une ou plusieurs livres. L’évacuation s’opère presque sans effort, sans secousse; elle ne laisse à sa suite aucun trouble; tout au contraire, elle est suivie d’un sentiment de bien-être, de débarras; l’appétit ne tarde pas a se manifester, et il semble que la santé de chaque jour soit au prix de celte incommodité. Les personnes dont nous parlons présentent d’ailleurs tous les attributs d’une saine organisation : appétit, embonpoint, force, activité, rien ne leur fait défaut; on a même observé que le vomissement habituel, loin de déranger leurs fonctions, leur imprime une allure plus régulière, les préserve de maladies régnantes, et facilitent la guérison de celles qui les attaquent. Il est donc évident qu’il ne s’agit ici d’aucune lésion de l’estomac, que 1 augmentation habituelle des sécrétions gastriques reste dans des limites compatibles avec la santéi II en serait autrement si elle entraînait la fatigue, l’amaigrissement, l’anorexie, la dyspepsie, un état de langueur et de décoloration. Les laits démontrent que cette supersécrétion peut exister sans altération de 1 estomac. Andral rapporte l’observation d’un sujet qui mourut après avoir eu des vomissements de matières blanchâtres; nulle lésion appréciable ne s est rencontrée dans l’estomac. Un de nos amis, orateur célèbre du barreau et du parlement, a éprouvé pendant nombre d’années, et malgré la régularité de son régime, des vomissements qui se répétaient journellement peu d’heures après ses repas, et sa constitution, qui était forte, ne s’en ressentait guère (1).

Un illustre et saint prélat, ayant accoutumé depuis quelque temps de vomir, le matin à jeun, des eaux, glaires, phlegmes sans goût et sans couleur, et sur la fin quelque peu de bile jaune et amère, jouissait ainsi d’une parade santé; mais s’étant. trouvé à Paris, on lui persuada de quitter cette liabi- , Il consentit à ne plus se provoquer le vomissement par le moyen d’un Pumasseau qu’il portait et qu’il enfonçait dans son gosier. Il n’eut pas cessé quatre jours de faire la manœuvre qu’il avait accoutumé, que la fièvre, préce e te frissons, le prit; elle fut accompagnée de pesanteur et de douleur

(1) Michel (de Bourges), mort. en 1853.

158 DE L’HABITUDE. [hygiène

de tète, et bientôt suivie d’un délire violent. Son valet de chambre, qui heureusement savait sa coutume, le voyant dans cet état, ne fit rien de plus que de lui avancer dans le gosier le plumasseau accoutumé, et il lui lit rendre par la bouche les eaux et les humeurs qu’il rendait auparavant, et par ce manège, la fièvre, le délire et la douleur de tête disparurent presque subitement. Depuis lors, ce très-digne et très-véridique prélat n’a jamais cessé de se procurer tous les malins ce vomissement par le moyen de son plumasseau; et l’on peut dire qu’il s’est procuré par là une parfaite santé et une très-longue vie, car il a poussé ses jours jusqu’à quatre-vingt -sept ans (1). » L’auteur auquel nous empruntons ce fait en cite beaucoup d’autres qui prouvent, non-seulement l’innocuité de certains vomissements habituels, mais encore le danger de les supprimer.

Il est des conditions qui les favorisent : tels sont les tempéraments nerveux et lymphatiques ; mais chez les sujets nerveux le vomissement accompagne presque toujours la gastralgie, et il est alors le symptôme d’une maladie, non un épiphénomène de la santé. On observe le vomissement habituel chez les adultes et les vieillards plus que chez les enfants et chez les adolescents. Les variations dans la température, surtout uu état électrique ou hygrométrique de l’air, les climats humides et froids y disposent; il est occasionné chez quelques sujets par la polyphagie, par l’usage prolongé des aliments âcres, des viandes salées, des fruits acides; les viandes fraîches, les substances toniques et stimulantes leur réussissent mieux que les fécules, les légumes, les aliments mous ; l’ingestion du café ou d’une liqueur prévient parfois le vomissement ; le sucre, un peu de magnésie, procurent le même elfet. Quand il y a lieu de modérer ou de réprimer cette habitude d’évacuation, oir y réussira souvent eu prescrivant des aliments de facile digestion, pris en petite quantité à intervalles rapprochés, l’exercice, le mouvement à l’air libre, les eaux minérales gazeuses, les infusions théiformes, ou simplement l’usage de l’eau glacée aux repas, etc. Mais si le vomissement habituel ne détermine aucun trouble fonctionnel, s’il n’amaigrit ni ne débilite, si une investigation attentive a fait voir qu’il n’est ni symptomatique ni sympathique, d’aucune affection morbide, il peut être considéré comme un accompagnement de la sauté; il y aura rarement avantage, parfois peut-être péril à le combattie.

2° L’acte du vomissement exige, outre la contraction des parois audoini*nales et du diaphragme, celle de l’œsophage, qui n’est point sous 1 influence de l’innervation volontaire; mais quelques personnes font exception à cette loi, et possèdent la faculté de vider leur estomac à volonté : on sait les données que des expérimentateurs doués de cette propriété singulière ont fournies à la physiologie expérimentale sur l’altération progressive de la matière alimentaire dans le tube digestif. Le vomissement volontaire n’est précédé par aucune sensation pénible; il n’exige point leseiïorts convulsifs qui bouleversent toutes

(1) Raymond, op. cil., p. 241.

PR1VÉE] DES HABITUDES MORBIDES. 159

les fonctions, il n’entraîne point la fatigue et l’espèce de collapsus qui succède ordinairement au vomissement spontané; mais s’il exempte des inconvénients de celui-ci, il n’en a pas non plus les avantages : le vomissement involontaire répond à un but de la nature, il satisfait h une indication physiologique; le vomissement volontaire sera souvent une erreur, parce qu’il ne sera pas commandé par l’instinct.

La simple titillation de la luette ou de l’entrée du pharynx suffit pour amener le vomissement; l’action réflexe qu’elle produit donne lieu à la contraction spasmodique de l’œsophage, à laquelle s’associe presque aussitôt celle du diaphragme et des parois abdominales. C’est à ce moyen qu’avaient recours les Romains dégénérés pour désemplir leur estomac et rouvrir carrière à leur gourmandise. Cette pratique, appelée sirmaïsme, existait d’une manière presque générale parmi les classes opulentes de la société et livrées à la luxure la plus raffinée; il y avait dans leurs demeures un lieu réservé et dont la destination est indiquée par le nom : vornitorium. Observons, pour l’honneur de notre art, que ses interprètes désapprouvaient hautement un semblable abus : " Rejectum esse ab Asclepiade vomitum in eo volumine, quod de tuenda sanitate composait , video ; neque reprehendo , si offenstts eorum est cousuetudine qui quotidie ejiciendo vorandi facultatem moliuntur (1). »

Diarrhée. — « J ai connu plusieurs personnes qui, accoutumées à pousser deux ou trois selles par jour* se trouvaient très-incommodées lorsque le nom- ' bre de ces déjections venait à diminuer ou à manquer ; de sorte qu’il fallait y suppléer par des clystères ou par de doux purgatifs (2). »» Il n’y a point là de diarrhée, mais une habitude qu’il faut respecter. D’autres individus n’ont que deux ou ttois évacuations alvines dans les vingt-quatre heures, mais elles rendent des matières liquides et s’affaiblissent : il y a maladie, et maladie à combattre. Certaines gens sont dévoyées deux ou trois fois par an, à des époques indéterminées, et, cette indisposition passée, se portent mieux qu’auparavant ; le rôle du médecin est négatif en ce cas, à moins que la diarrhée ne se complique de symptômes insolites ou ne se prolonge au delà du terme ordinaire. Chez d autres, c’est au printemps que surviennent des diarrhées éphémères, ramenées par une sorte de périodicité annuelle, et vraiment salutaires par leurs ellets consécutils ; « Nous sommes des arbres ambulants, et comme la sève commence à circuler et à produire dans le printemps fleurs, feuilles et fruits, il en est de même chez nous : nos humeurs épaissies, engourdies, et nos fibres resserrées et raccourcies pendant l’hiver, reçoivent plus de mouvement et de chaleur dans le printemps, s’épanouissent et demandent beaucoup pus d espace qu’auparavant; et, n’en trouvant pas un suffisant dans les vaisseaux, elles s’échappent par la voie intestinale (3). » C’est sans doute l’heureuse

(1) Celse, op. cit., lib. 1, cap. u, sect. xi, § 2.

(2) Raymond, op. cit., p. 263.

(3) Raymond, op. cit., p. 255.

DE D'HABITUDE

[hygiène

influence de ces évacuations spontanées qui a suggéré l’aphorisme : « C’est au printemps qu’il faut purger et saigner ceux à qui ces remèdes sont avantageux (1). » Une habitude aussi ancienne, aussi populaire, aussi universelle que celle des purgations vernales, doit être fondée en partie sur l’observation des faits.

La fréquence et la nature des excrétions alvines dépendent des conditions suivantes : 1° l’état général des sujets (constitution, tempérament); 2° leurs idiosyncrasies viscérales; 3° l’action musculaire des intestins (mouvement péristaltique) qui dirige lentement toutes les matières excrémentilielles vers l’anus ; h° l’état des différentes portions du tube digestif qui concourent, soit à l’élaboration, soit à l’absorption de ces matières; 5° la quantité et la qualité des aliments solides ou liquides introduits dans l’estomac; 6° la nature et la quantité des humeurs versées dans le tube alimentaire pour contribuer avec les intestins h la digestion. Chacune de ces conditions peut donner lieu à une diarrhée qui n’exige que des soins hygiéniques ou qu il y aurait danger à guérir. L’ingestion habituelle d’une trop grande quantité d aliments cause la diarrhée stercorale, familière aux gros mangeurs et surtout aux vieillards gloutons; elle est produite aussi par l’usage, même à dose modérée, de substances indigestes, et les susceptibilités individuelles déterminent seules le caractère des aliments ; la substance indigeste est pour celui-ci la viande de porc, pour celui-là le gibier, etc. Ce genre de diarrhée résout chez d’autres une constipation de longue durée, et quelle qu’en soit la cause, elle satisfait à une indication

de la santé. « Mais, dit-on, elle affaiblit, elle ôte l’appétit N’importe, lais-

sez-lui faire son chemin et obviez à la faiblesse par le repos, et surtout par celui du lit. Regardez le défaut d’appétit comme nécessaire ou comme indifférent, puisque, si vous mangiez dans cet état, les aliments vous seraient nuisibles. Soutenez donc avec patience et même avec joie cette heureuse indisposition qui vous préserve d’un mal qui peut-être vous aurait été funeste. » (Raymond. ) Le tempérament nerveux rend sujet à la diarrhée dite nerveuse, que ne peuvent conjurer toujours ni la sobriété, ni les précautions de régime les plus strictes ; une émotion, un chagrin, une frayeur, la sensation du froid, y donnent lieu ; ses symptômes sont ceux de la diarrhée stercorale, mais elle ne cède ordinairement qu’à un régime substantiel et à l’usage de quelques stimulants. L’idiosyncrasie hépatique est souvent accompagnée d’une supersecrétion de bile (polycholie) qui s’échappe en selles jaunes, verdâtres ou porracées : ce sont les flux bilieux des auteurs, la fonte de bile des gens du monde ; il est facile de reconnaître aux caractères de l’excrétion le fluide surabondamment sécrété par le foie. Cette diarrhée cesse spontanément au bout de quelques jours et tourne au profit de la santé ; elle dissipe un malaise, un état de souffrance physique et morale, et si elle manque, c est 1 ictère qui

survient.

(1) Hippocrate, Aphorismes, à", scct. u

DES HABITUDES MORBIDES

privée] DES HABITUDES MORBIDES. 1C1

Il est d’autres diarrhées qu’il convient de respecter ; bornons-nous à énoncer celle qui se développe chez les enfants pendant la dentition, et dont l’imprudente suppression pourrait avoir pour effet l’explosion convulsive d’une phlegmasie cérébrale ; les diarrhées supplémentaires d’un (lux, d’un exanthème ou d’un exutoire habituel. Nous avons soigné une dame affectée de diarrhée légère, mais habituelle depuis l’âge critique; sa santé n’a éprouvé aucune pet turbalion, giace à 1 évacuation supplémentaire qu’elle a eue longtemps et qui se renouvelle encore par intervalles.

Pour constater si la diarrhée est ou non, comme on disait autrefois, bénéfice de nature, il faut prendre en considération : 1° toutes les conditions d’organisation individuelle ; 2° la durée et l’intensité de cette déperdition, les phénomènes qui l’accompagnent ; 3“ l’état des forces et l’embonpoint des sujets ; h" leur âge ; 5° leurs antécédents. L’âge importe beaucoup à la conduite du praticien ; il y a une grande différence entre la diarrhée des enfants et des jeunes gens et celle des vieillards. Ceux-ci, de quelque espèce de diarrhée qu î s soient atteints, s’en affaiblissent et en ressentent un dérangement fâcheux de tout leur ensemble et manière de vivre ; l’enfant à la mamelle exige aussi une surveillance sévère, et, dans les troubles qui lui adviennent, le diagnostic se tiouve par moitié en lui et dans sa nourrice.

Constipation - Elle a pour phénomènes la rareté des excrétions alvines augmentation de leur consistance et quelquefois une sensation de plénitude « de tension abdommale. Une foule d'états morbides ayant leur siège dans un

0 nu u canal alimentaire ou hors de ce canal produisent la constipation ; mais

question ici que de celle qui dépend d'une disposition individuelle et

incommodité T™'"0" * ''hreiè4e' Ce genre <le constipation constitue une laisse Me d'e 7e-ment fré<luente' sou,e"t rebelle à tons les moyens, et ne n im elle se prolonge, une série de perturbations

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