‹ Traité d'hygène publique et privéeChapitre 80 sur 181 · DES EAUX. — EAUX PLUVIALES · texte numérisé non relu

DES EAUX. — EAUX PLUVIALES

Millimètres

cubes.

Millimètres

cubes.

Juillet 69

Août 51

Septembre 51

ÀTTT»;l 5 S

Octobre 37

Moi* 60

Novembre A7

Juin 61

Décembre 38

L’eau de pluie est douce, limpide, légère; elle contient en dissolution, à -f 10 degrés centigrades et à 76 centimètres de pression, environ la 25e partie de son volume d’un mélange d’azote et d’oxygène (azote, 60; oxygène, 40); l’eau distillée et qu’on agite à l’air, ne contient que 33 oxygène; l’eau de Seine

fn'en a que 31,9. Péligot (1), dans de l’eau de pluie qu’il a recueillie directement dans un jardin, au mois de mai 1856, a trouvé, par litre, 23 centimètres cubes de gaz; 100 volumes de ce gaz ont donné 32 d’oxygène et 68 d’azote, après déduction de 2,4 d’acide carbonique. Par l’élévation de la température, ou, ce qui revient au même, par la diminution de la pression, ce mélange gazeux va diminuant; d’où il résulte que les eaux pluviales, comme les eaux courantes, en retiendront des proportions variables suivant la hauteur des lieux qu’elles sillonnent. Boussingault a constaté qu’au niveau des mers l’eau renferme 35 d’azote et d’oxygène mêlés dans la proportion mentionnée ci-dessus; à Santa-Fé de Bogota, située à 2640 mètres au-dessus du niveau des mers, l’eau n’en offrait plus que 14; au torrent de Basa (3000 mètres), la proportion se trouvait réduite à 11. Le gaz acide carbonique varie de même suivant les hauteurs dans les eaux pluviales ; elles fournissent des traces de chlorure de sodium dans le voisinage des lacs salés et des mers. Quand elles sont précipitées sur un sol desséché par des chaleurs de longue durée, elles entraînent des matières pulvérulentes, des larves d’insectes, des animalcules, des débris végétaux qui nuisent à leur conservation : aussi peut-on garder plus longtemps l’eau de pluie recueillie en pleine mer. Smith (2), qui a recueilli et analysé de grandes quantités de pluie, est convaincu qu’il tombe avec les eaux de pluie les plus pures une poussière variable dans sa composition suivant les localités; en Angleterre, elle consiste en cendres de houille. On s’explique ainsi la quantité de sulfites et de chlorures que contient l’eau de pluie; celle-ci est souvent alcaline, probablement à cause de l’ammoniaque de la houille brûlée, et qui neutralise l’acide sulfurique que l’on y rencontre si fréquemment : à Manchester, l’eau de pluie est environ de 2 1/4 moins pure que celle qui provient des collines environnantes, différence qui résulte des corps étrangers qu’elle emprunte à l’atmosphère de la ville.

Boussingault a constaté, par une série d’expériences, la présence du carbonate et du nitrate d’ammoniaque dans les eaux des pluies. La quantité moyenne d ammoniaque dans la pluie mesurée au Liebfrauenberg, depuis le

(1) Péligot, Annales de physique et de chimie, 1857, 3° série, t. LI, p. 3G9.

(2) Smith, L'Institut , n° 779, p. 378.

DBS MODIFICATEURS.

— CIRCUMFOSA.

‘26 mai jusqu’au 8 novembre 1853 (77 pluies), a été de 0millis'-,52 pour un 1 litre d’eau météorique, quantité minime, mais supérieure à celle qu’il a dosée dans les eaux de rivières et de sources. Le carbonate d’ammoniaque, soluble et volatil, émane du sol dans l’atmosphère et lui est restitué par les pluies: c’est une alternative continue d’émissions à l’état de vapeur et de retours à 1 état de dissolution. Quant au nitrate, les expériences de Cavendish expliquent sa présence dans les pluies d’orage : il se forme au sein des nuages orageux par l’excitation de l’étincelle électrique ; mais Henri Ben Jones, en Angleterre, et Barrai, en France, l’ont signalé dans les pluies recueillies à toutes les époques de l’année ; et comme il est un sel fixe, Boussingault admet qu’il doit avoir fait partie des poussières tenues en suspension dans l’air, comme lesiodures, comme le sel marin, et généralement toutes les matières solubles et non volatiles qu’on décèle dans les eaux météoriques. Aussi la pluie en contient-elle plus à son début que vers sa fin.

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