I. — Température et électricité du sol
La terre possède une température propre; de plus, elle est chauffée à sa surface par l irradiation solaire; mais les variations annuelles de la température, dans les régions inférieures de l’atmosphère, n’affectent pas de la même manière les couches du globe. Elles vont en décroissant à mesure qu’on s éloigne de sa superficie dans la direction d’une même verticale; on arrive enfin à une couche où la température est constante. Au delà, elle augmente proportionnellement à la profondeur, mais dans des limites assez étendues (1 degré centigrade d’augmentation pour lù ou 15 mètres de profondeur jusqu’à 50 ou 60 mètres), suivant la nature du sol et d’autres causes moins connues. Les expériences faites par Arago et Walferdin, pendant le forage du puits de Grenelle, portent l’accroissement de la température dans le sens ver tical, avec la profondeur, à 1 degré par 32 mètres, et ce résultat a été ri«*oureusement confirmé par la thermalité de l’eau qui jaillit de ce puits. Humboldt(l) admet 1 degré centigrade (l’augmentation de la chaleur terrestre pour 30 mètres de profondeur, et il fait remarquer que si cette loi s’applique onte les profondeurs, une couche de granit sera en pleine fusion à une
cl mie PH r,ym‘ftreS.(4 * 5 f°is la hauteur d« P*»* haut sommet de la
~ ‘ Néanmoins la chaleur interne du globe est à peu près sans
lueuce svir la température de sa surface, vu l’excessive lenteur de son refroi-
• unent, que Fourier évalue à moins de 1/57600" de degré centésimal pour
(1) Humboldt, Cosmos, t. 1, p. 196.
43ft DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène
un siècle; aussi n’ajoute-t-elle pas 1/30° de degré à la température de la croûte extérieure du globe : celle-ci est donc presque entièrement due à 1 insolation. Pendant le jour, la surface du sol s’échauffe par 1 action directe du soleil. Entre les tropiques, elle marque très-communément jusqu à 52 ,3; près des cataractes de l’Orénoque, Humboldt a trouvé un sable graniteux blanc à gros grains couvert d’une belle végétation de graminées et de mélastomes à 60°, 3 de température, l’air étant à l’ombre à 29°, 6. L astronome Nouet a vu le sable, en Égypte, près de Philœ, à 67°, 5. Pendant la nuit, la terre se refroidit par le rayonnement vers l’espace. Dans la saison chaude, la température du sol va diminuant jusqu’à la couche où elle se maintient invariable; le contraire a lieu dans la saison froide. La profondeur de la couche a température constante varie dans chaque localité, suivant la conductibilité du terrain, et surtout suivant la latitude : dans nos climats tempérés (lat. 58° à 52"), elle se trouve à une profondeur de 2k à 27 mètres; vers la moitié de cette profondeur, les oscillations du thermomètre sous l’influence des saisons atteignent à peine un demi-degré. Sous les tropiques, la couche invariable se présente déjà à un pied au-dessous de la surface. En somme, la température de la surface de la terre est plus élevée que la température moyenne de 1 atmosphère, et celle-ci est supérieure à la température de l’espace.
La terre est électrisée négativement; une des causes les plus^ efficaces de cet effet doit être attribuée à l’évaporation de l’immense nappe d’eau chargée de sel qui constitue les océans. Tout corps à la surface de la terre partage sa tension négative, laquelle augmente d’autant plus qu’il forme une plus grande saillie dans l’espace; aussi les montagnes, les monuments, les arbres, et en général les êtres organisés, ont-ils des tensions négatives plus fortes que le sol qui les supporte (1). Parmi les phénomènes magnétiques du globe de nature à intéresser directement l’hygiène des climats où ils se produisent habitue lement, nous citerons les aurores boréales et les orages; ces derniers agissent sur l’air, et peuvent favoriser la destruction des miasmes, en produisant de l’oxygène actif (ozone), qui agit sur eux à la manière du chlore.
IX, — Structure et composition du sol.
Les mouvements ondulés du sol, les flancs abrupts des montagnes, les rochers amoncelés comme des ruines, les crevasses des volcaus, etc., sont autant de témoignages des révolutions qui ont bouleversé la surface du globe.
En examinant de près ce chaos apparent de la nature, on reconnaît que es catastrophes qui l’ont remuée jusque dans les entrailles se sont accomplies dans un certain ordre, et que ses forces mises en jeu à chaque époque e crises ont agi dans une même direction. Les escarpements qui bordent les
(1) Peltier, Annales de chimie et de physique, 1842, p. 408 et 429