CIO
en particulier pour les ateliers et les bains. Nous donnons le plan du sous-sol et celui du premier étage (fig. 287 et 288).
Les photographies des écoles élémentaires de New- York (fig. 289) et de Stockholm (fig. 290) montrent des édifices plus simples, dont le second surtout présente une certaine analogie avec les façades des
grandes écoles françaises.
L'école de Malmo (Suède) (fig. 291) rappelle davantage l'aspect des grandes écoles allemandes : l'importance massive de cette construc-
Fiff. 292. — Toit-terrasse d'une école de New-York.
tion s'explique d'autant moins qu'elle est située dans une ville d'importance moyenne et à population peu dense.
Il nous paraît intéressant de reproduire ici l'aspect spécial et la disposition d'un toit-terrasse d'une. tcole de New-York, où le défaut de place a amené les architectes à créer ainsi des espaces découverts utilisés pour les récréations (fig. 292).
Les internats et les écoles spéciales comportent d'autres locaux que ceux déjà étudiés ; nous ferons une étude d'ensemble de ces établissements : pour éviter des répétitions inutiles, nous réunirons dans un même chapitre les particularités relatives à leur construction, leur installation et leur fonctionnement (Yoy. Internais, p. 627).
Ces écoles, très fréquentées dans les grandes villes, à tel point que leur population atteint à peu près le tiers de la population scolaire totale, n'ont d'existence autonome que depuis la loi d'octobre 1886. Avant cette date, les classes élémentaires étaient appelées Salles <T asile. Un décret de janvier 1887 expliquait que les écoles maternelles sont des établissements de première éducation, où les enfants des deux sexes reçoivent en commun les soins que réclament leur développement physique, moral et intellectuel.
Cette idée de faire des classes enfantines un lieu d'éducation et d enseignement est relativement récente : en effet, avant 1848, les salles d'asile, au lieu d'être dirigées par l'instruction publique, n'étaient que des fondations d'assistance infantile.
Si l'idée a été très généreuse de vouloir donner aux enfants, avant l'âge de la fréquentation scolaire, un début d'éducation morale et intellectuelle, nous devons avouer que le but de l'école maternelle a souvent été dépassé; on n'a pas toujours compris que les jeunes enfants auxquels on s'adressait avaient des besoins qui primaient ceux de l'instruction ; et à vouloir trop tôt et trop vite meubler leur intelligence, on a négligé de cultiver chez ces êtres, en voie de développement rapide, les qualités physiques indispensables à leur développement intellectuel lui-même: on a fait des écoles maternelles des établissements d'instruction où les règles de la puériculture ou de l'homoculture ont été trop souvent méconnues.
En Allemagne, à la suite des travaux de Frcebel et la création de ses jardins d'enfants, on a pris un grand soin de développer les jeunes enfants dans un sens naturel ou physiologique; par une longue étude du développement psychique de l'enfant, Frcebel avait pu établir un certain nombre de principes sur lesquels reposait tout son système d'éducation ; il était sans doute arrivé à une sorte de dogmatisme un peu étroit, et ses conclusions ont souvent dépassé les observations d'après lesquelles il les établissait; il reste néanmoins acquis que l'éducation naturelle, intuitive ou objective, doit avoir la préférence des pédagogues dans la première enfance; c'est en faisant ïéducalion de leurs sens que leur intelligence acquiert son développement. Nous reviendrons sur ce point en étudiant la méthode de Frcebel, et nous y avons insisté déjà en exposant les méthodes de pédagogie expérimentale.
Les particularités de l'enseignement des jeunes enfants ont été comprises depuis longtemps et, dès 1847, on sentit la nécessité d'avoir un personnel spécialement éduqué pour diriger les salles d'asile; sous le nom de « Maison d'études pour les salles d'asile», une femme dont le nom doit rester étroitement attaché à l'éducation des
612 MKRY ET GENEVRIER. — HYGIENE SCOLAIRE.
jeunes enfants, Mmc Pape-Carpentier, dirigea une maison où furent formées plusieurs générations de directrices et d'institutrices destinées aux asiles; cette école, transférée à Fontenay-aux-Roses, est actuellement l'École Normale du personnel des écoles maternelles.
Les institutrices qui y sont formées possèdent certainement toutes les connaissances et toutes les aptitudes nécessaires à l'instruction des jeunes enfants; nous ferons seulement une réserve sur l'enseignement de l'hygiène; il serait bon que ces femmes, destinées à vivre en contact permanent avec de jeunes enfants, connussent les besoins physiques de cet âge, aient quelques notions sur le développement physique, sur la valeur de l'alimentation et sur celle des exercices corporels ; il faudrait aussi que la prophylaxie des maladies contagieuses y soit enseignée.
A l'étranger, et en particulier en Angleterre, chaque école maternelle ou jardin d'enfants possède une nurse qui est chargée de donner aux enfants les soins hygiéniques, et aussi ceux que nécessitent les accidents qui peuvent arriver à l'école ou les malaises qui marquent souvent le début des maladies contagieuses. Dans nos écoles, les directrices ont le plus souvent une expérience suffisante pour parer à ces incidents journaliers, mais les femmes de service qui sont spécialement chargées des soins hygiéniques manquent actuellement de compétence.
Nous avons déjà, en étudiant la prophylaxie des maladies contagieuses, parlé de ces school-nurses et des grands services qu'elles peuvent rendre. L'essai fait à Paris, sur l'initiative de M. André Mesureur, avec les infirmières de l'école de la Salpètrière, avait donné les meilleurs résultats ; il est fâcheux que des raisons budgétaires aient empêché cette organisation de se poursuivre.
Installation de l'école maternelle (1). — Nous dirons peu de choses des bâtiments des écoles maternelles après les développements dans lesquels nous sommes entrés dans la première partie de cet ouvrage.
L'emplacement et l'orientation seront choisis d'après les données habituelles.
Autant que possible, le bâtiment ne comprendra qu'un rez-dechaussée pour éviter aux enfants trop jeunes la montée ou la descente des escaliers; ce rez-de-chaussée devra être établi sur un sous-sol régnant sur toute son étendue, et ce sous-sol sera aéré et assaini par les moyens dont nous avons déjà parlé. Pour faciliter l'accès du perron, on pourra remplacer les quelques marches par un plan incliné; au besoin, ce plan incliné pourra être construit en bois avec une rampe à chacun de ses côtés.
Dans les grandes villes d'Amérique, l'usage s'est établi d'installer
(1) Mlle BnËs, Construction et aménagement des écoles maternelles, Delàgrave, édit. — Dr L. Dufestel, L'hygiène à l'école maternelle, Delagrave, édit.
des terrasses au niveau des toits ou au lieu et place de ceux-ci; les écoles maternelles elles-mêmes voient leur cour ou jardin remplacés par ces terrasses. Nos écoles, établies dans un simple rez-dechaussée et jouissant d'une cour plantée et d'un préau couvert, nous paraissent infiniment préférables.
La cour de récréation aura une surface « calculée à raison de 3 mètres carrés par enfant ; elle ne pourra avoir moins de 250 mètres carrés. Le sol sera sablé; le bitume, le pavage ou le ciment ne pourront être employés que pour les passages ou les trottoirs. Ces derniers ne feront jamais saillie.
« La cour sera plantée d'arbres placés à distances convenables des bâtiments et disposés de façon à ménager l'espace nécessaire aux exercices et aux jeux des enfants. Une petit jardin y sera annexé » (Règlement français).
Nous demanderons de plus quelques tas de sable, assez souvent renouvelés, sur lesquels les enfants pourront se livrer à leurs jeux favoris.
Le vestiaire des écoles maternelles mérite d'être mieux étudié et mieux disposé qu'il ne l'est d'une façon habituelle. Les jeunes enfants égarent facilement leurs coiffures ou leurs manteaux: aussi les institutrices leur laissent souvent prendre la mauvaise habitude d'emporter ces vêtements dans les classes, où ils les posent sur les tables libres ou même sur les dossiers des tables-bancs; étant donnés les nombreux germes de maladie que peuvent véhiculer ces vêtements d'enfants et les cas de contagion certaine qu'ils entraînent, ces pratiques doivent être absolument condamnées. L'installation du vestiaire, formé de cases individuelles, nous paraît nécessaire, plus encore dans les écoles maternelles que dans les écoles primaires.
Le cabinet médical, la chambre d'isolement avec quelques sommiers facilement désinfectables, sont également plus utiles à l'école maternelle qu'à l'école primaire.
Préau couvert. — Il doit être assez vaste pour que tous les enfants y trouvent place les jours de mauvais temps; les jeux tiennent une place importante dans l'éducation des enfants, et rien ne doit être négligé pour qu'ils puissent trouver dans leur pratique les bienfaits physiques qu'on en doit attendre. Une surface de 0m(i,98 par élève est demandée par le règlement : ce chiffre est insuffisant ; la hauteur sera de 4 mètres.
La lumière entrera à flots dans le préau ; le plancher devra être facilement lavable; il ne devra pas receler de poussières qui s'envoleront sous les pas des enfants; à cet égard, le linoléum nous paraît très recommandable. Mme Girard voudrait que « celte salle de jeu soit garnie d'une frise qui contera à l'enfant, en couleurs vi\ es. l'histoire du petit Chaperon Rouge ou de Cendrillon, ou celle de ses grands amis les animaux ».
Salle de classe ou salle d'exercice. — Elle doit avoir des dimensions relativement un peu moindres que celles des écoles primaires ; le nombre des élèves ne doit pas excéder 40, ce nombre étant déjà très considérable, eu égard à la difficulté de la surveillance des jeunes enfants et aussi à la facilité de la propagation des maladies contagieuses dans des classes trop peuplées.
Le règlement français calcule la surface de la classe à raison de 0mci,80 par élève; la hauteur doit être de 4 mètres; le cube par enfant est donc de 3m,20. Ce chiffre serait déjà peu élevé avec un système de ventilation assurant trois ou quatre changes d'air par heure ; mais on sait qu'il n'existe pour ainsi dire nulle part de ventilation effective de nos salles de classe, et dans ces conditions nous estimons qu'un cube d'air de 5 mètres par élève serait loin d'être exagéré.
Le linoléum présente les multiples avantages d'être facilement lavable, de ne pas receler de poussière, et même de ne pas être froid aux pieds à rencontre de ce que l'on a affirmé chez nous.
Les parois du mur, au moins jusqu'à hauteur d'appui, doivent être en peinture émaillée ou mieux encore recouverte de carreaux de grès ou de faïence de façon à pouvoir être facilement lavés; les enfants ont coutume d'essuyer leurs mains sur les murs, d'y griffonner, et l'hygiène et la propreté gagneraient à ce que ces traces malpropres ou malsaines puissent être facilement enlevées.
Une salle de repos n'est pas prévue par le règlement ; mais le Dr Dufestel fait remarquer que les enfants de deux à quatre ans, en particulier pendant les chaleurs de l'été, ont besoin de dormir à l'école. La salle de repos sera, de préférence, contiguë à la salle d'exercice pour que l'institutrice puisse surveiller à la fois les enfants qui jouent et ceux qui dorment. L'orientation de cette salle doit être telle que la chaleur n'y soit pas excessive pendant l'été ; l'exposition au levant sera la meilleure. Signalons enfin l'opinion de M1,e Brès, qui voudrait que les vitrages de cette salle de repos soient en verre bleuté dépoli ; les peintures murales seraient de même couleur : cette teinte aurait l'avantage d'écarter les mouches ; elle procurerait en même temps aux yeux une lumière très douce, reposante, et incitant les enfants au sommeil.
Lavabos. — Ils doivent être installés à l'école maternelle avec un soin tout particulier ; leur disposition générale sera la même que dans les écoles primaires, mais les robinets seront placés très bas afin que les enfants n'aient pas besoin de lever les bras pour se laver les mains et pour éviter que l'eau ne coule dans leurs manches. Pour la saison d'hiver, les lavabos devraient être fournis d'eau chaude. Les serviettes qui servent à laver ou à essuyer les enfants devraient être strictement individuelles. Que dire de l'éponge commune, avec laquelle toutes les figures sont successivement rincées ?
C'est à l'école maternelle que les enfants auront à prendre les habitudes de propreté qu'ils continueront à pratiquer à l'école primaire ; la présence de nurses et la surveillance étroite qu'elles pourraient exercer sur la propreté des enfants serait, à ce point de vue, d'une réelle utilité.
Bains-douches. — Jusqu'ici, ils n'existent pas dans nos écoles maternelles: ilsnedevraientjamaisymanquer. Ilestvraique ce lavage complet demanderait avec de jeunes enfants certaines précautions, et surtout un personnel actif pour que tous les enfants puissent assez rapidement être déshabillés, savonnés, rincés, essuyés et de nouveau habillés; mais quelle valeur éducative aurait cette mesure de propreté !
Ce déshabillage, pratiqué à l'école, serait la seule manière efficace de faire une visite de propreté complète du corps et des vêtements de l'enfant; et bien des mères de famille, sachant qu'une toilette complète aura lieu à l'école, n'oseraient sans doute plus y envoyer leurs enfants crasseux ou déguenillés : « L'enfant, dit Mm3 Kergomard, doit venir propre à l'école maternelle, parce que c'est une nécessité d'hygiène physique, et puis parce que c'est une nécessité d'hygiène morale. »
Le réfectoire et la cuisine seront installés dans les conditions déjà étudiées.
Les water-closets posséderont toujours un siège et une cuvette adaptés à la taille des jeunes enfants ; nous en avons déjà donné les modèles.
La cour sera spacieuse, aérée et ombragée: sa surface sera calculée à raison de 3 mètres carrés par élève.
Le mobilier sera établi] d'après les mêmes types généraux que le mobilier des écoles primaires.
Pour les plus jeunes enfants, nous avons figuré dans un chapitre précédent le modèle de banc-couchette de Pezzarossa ; on a proposé également de petits fauteuils en bois courbé dont les différentes dimensions s'adaptent exactement à la taille de l'enfant; quel que soit le modèle adopté, il y aurait avantage à ce que ces sièges puissent être facilement transportés de la salle de classe dans la cour pour les jours où le temps permettrait d'y garder les enfants; à ce point de vue, de petits fauteuils pliants, garnis de toile, du type dit « transatlantique », nous paraissent à la fois économiques et pratiques; ils peuvent prendre toutes les positions, depuis la position assise jusqu'à la position couchée; ils sont facilement lavables, et leur prix de revient est très minime.
Pour les enfants plus grands, de quatre à six ans, la table-banc sera d'un modèle analogue à celui des écoles primaires. Le règlement prescrit deux types différents de tables avec les dimensions suivantes :
Hauteur de la tablette prise du sol.... i."> centim. 50 centim.
Longueur par place 40 — i."> —
Largeur de La tablette 35 — 'M —
Hauteur du siège au-dessus du sol.... 23 — 30 —
Jouets et matériel d'enseignement. — Les jouets et le matériel d'enseignement qui sont distribués aux enfants ont été le plus souvent jusqu'ici ramassés pêle-mêle après chaque classe pour être distribués au hasard à la classe suivante. Les enfants qui sont en incubation de maladies contagieuses peuvent delà sorte contaminer leurs camarades par l'intermédiaire des objets qu'ils ont pu facilement souiller, par la mauvaise habitude qu'ont tous les enfants de porter leurs jouets à la bouche.
Une heureuse initiative, qui constitue un grand progrès, consiste à fournir à chaque enfant un sac de toile lavable, portant un signe particulier, et dans lequel sont rangés tous les objets usuels : cubes de bois, règle, ardoise et crayons. Ces sacs sont accrochés autour de la classe et facilement reconnus par chacun des élèves grâce au signe distinctif qu'il porte.
Nous avons parlé ailleurs des jeux ou objets qui constituent les « dons de Frœbel ». Nous reproduisons ici une photographie (fig. 293) que nous devons, comme celles qui suivent, à l'obligeance de Mlle Fanta (de Versailles), qui a créé dans cette ville un fort intéressant « jardin d'enfants ».
En dehors des particularités que nous venons de résumer, tout ce qui concerne l'hygiène du bâtiment et du mobilier scolaire est comparable à ce que nous avons dit pour l'école primaire.
Admission à l'école maternelle. — On reçoit à l'école maternelle les enfants de deux à six ans. Avant d'être admis, l'enfant doit subirune visite médicale dans le but d'éloigner les suspects de maladies contagieuses; on ne recevra que les enfants déjà vaccinés et ceux dont la propreté ne laisse pas à désirer; nous voudrions, en particulier, que les enfants porteurs de poux soient sévèrement éloignés de l'école maternelle.
Hygiène physique des enfants à l'école maternelle. — En dehors des conditions matérielles dans lesquelles nous souhaitons voir les enfants placés à l'école maternelle, nous devons prévoir la façon dont nous pouvons être utiles à leur développement physique.
Nous avons dit quelques mots déjà des soins de propreté, des ablutions et des bains-douches ; le vêtement doit être surveillé, et il est désirable que les vestiaires et les œuvres qui les approvisionnent soient assez riches pour fournir des vêtements convenables aux enfants particulièrement miséreux.
Nous avons encore à nous occuper de la question del 'alimentation à V école maternelle et de la question des exercices physiques.
Dans quelques grandes villes, les cantines scolaires fonctionnent à
l'école maternelle. L'administration de ces cantines ne diffère pas de celle des écoles primaires, dont nous avons déjà parlé, mais l'alimentation des enfants doit y être tout autrement réglée.
Alimentation des enfants. — L'alimentation des enfants qui fréquentent l'école maternelle doit être surveillée avec beaucoup de soins. Dans beaucoup d'écoles de campagne, et aussi dans les villes quand il n'existe pas de cantine scolaire, les enfants ont l'habitude d'apporter leurs repas dans un panier: on trouve dans ces repas improvisés par les mères de famille les aliments les plus invraisem-
Fig. 293. — Quatrième « don de Frœbel » (cliché de Mlle Fanta).
blables, du lard, des oignons, des salades, etc. ; on y trouve aussi les boissons les plus nocives, depuis le café noir jusqu'à l'eau-de-vie à peine étendue d'eau, qui constitue un breuvage presque habituel en Normandie. Les maîtresses d'école devraient avoir suffisante autorité pour défendre la santé des jeunes enfants contre des habitudes aussi néfastes. Quels sont les aliments de choix pour ces jeunes enfants? Le lait serait évidemment une des bases de leur alimentation s'il était facilement transporlable sans risquer de fermenter; en dehors du danger auquel expose le lait ainsi aigri, il faut signaler aussi l'inconvénient que présente l'emploi en trop grande quantité du lait chez des enfants déjà grands; une alimentation trop lactée ne fournit pas à l'enfant les différents sels minéraux dont il a besoin pendant cette période de croissance active, et elle peut aussi être la cause de certains troubles dyspeptiques. On voit des enfants pales cl anémiés dont le seul besoin est celui d'aliments plus variés que ceux qu'ils reçoivent. Il ne
MERY ET GENEVRIER.
HYGIENE SCOLAIRE
faut donc pas tomber dans cet excès qui consisterait à donner presque exclusivement du lait liquide. Au contraire, le lait mélangé à d'autres aliments, ou employé pour la préparation des potages ou des entremets, constitue une excellente alimentation.
Les œufs, à la condition d'être frais, sont un aliment parfait.
La viande a été souvent proscrite de l'alimentation des jeunes enfants ; dans les milieux pauvres et qui envoient à l'école des enfants émaciés et anémiés, une ration de viande est loin d'être nuisible. Nous conseillerons volontiers l'emploi de la viande à l'école maternelle deux fois ou au moins une fois par semaine : autant que possible, la viande sera finement divisée ou hachée ; toutefois les directrices d'école ont remarqué que les enfants préféraient la viande coupée en petits morceaux à la viande hachée. Dans tous les cas, la viande devra être absolument fraîche, tendre et choisie parmi les morceaux de bonne qualité. Le mouton et le bœuf présentent les meilleures qualités alimentaires.
Le poisson n'est pas à recommander pour les menus d'écoles maternelles.
Nous rappellerons seulement le nombre de calories nécessaires à l'enfant, et la proportion des diverses substances fondamentales qui doivent fournir ces calories; nous empruntons le tableau suivant à de Camerer :
AGE