HYGIÈNE DES MAITRES
De par leur profession, les maîtres sont exposés à certaines maladies ou à certains troubles de santé dont la prophylaxie intéresse l'hygiène scolaire; cette prophylaxie est double : elle comporte d'abord les mesures propresà protéger le maître contre les affections qu'il pourrait contracter soit par le fait du contact des élèves, soit parle fait du défaut d'hygiène des locaux scolaires; d'autre part, la prophylaxie des maîtres doit les mettre en état d'éviter les maladies que l'on peut considérer comme « professionnelles » à cause de la grande fréquence avec laquelle elles frappent le corps enseignant; ces maladies particulièrement redoutables pour les maîtres sont : la tuberculose, les affections laryngées et les troubles du système nerveux.
LA MORBIDITÉ ET LA MORTALITÉ DANS LE CORPS ENSEIGNANT. — Si les fatigues imposées aux maîtres sont réelles et considérables, il n'en faut pas conclure que leur profession se classe parmi les plus malsaines et les plus meurtrières. Les statistiques apportées aux divers Congrès d'hygiène scolaire montrent que les maîtres occupent une place moyenne sur les tables de mortalité. Voici par exemple les chiffres fournis par Mme Cath. van Tussembrœk (7er Congrès (V hygiène scolaire de Nuremberg).
En Hollande, la moyenne de la mortalité pour 1 000 individus de sexe maculin est de 8,20. Les professeurs fournissent une moyenne inférieure à ce chiffre, tandis que les médecins le dépassent de beaucoup :
Professeurs 5,61
Ecclésiastiques 6,70
Fonctionnaires 6,18
Médecins 10,34
Les chiffres utilisés par la Banque d'assurance sur la vie de Gotha montrent une proportion analogue : la mortalité moyenne des assurés est rapportée au chiffre 100; les diverses catégories de professeurs restent bien au-dessous de ce chiffre largement dépassé au contraire par les médecins :
Ecclésiastiques 85,9
Professeurs (enseignement secondaire) 83,5
( primaire) 87,5
— ( supérieur) 7 1 ,2
Avocats 73,8
Médecins 111,0
En Angleterre, d'après \\ dliamson (J/Ic Congrès d'hygiène scolaire de Paris), la mortalité dos maîtres <isl également assez peu élevée. Cet auteur a pu établir le relevé des affections auxquelles ont succombé les maîtres; nous rapportons ses chiffres :
Mortalité rapportée aux diverses maladies.
En activité En activité de service. et en retraite.
Influenza 33 45
Alcoolisme 12 13
Rhumatisme 10 10
Goutte 1 1
Cancer 91 121
Phtisie 244 280
Diabète 19 28
Maladies du système nerveux 120 245
Affections valvulaires du cœur 45 59
Anévrysme , 9 10
Autres maladies du système circulatoire 126 211
Bronchite 38 78
Pneumonie 91 105
Pleurésie 5 7
Autres affections de l'appareil respiratoire. ... 24 43
Hernie 1 3
Maladies du loie 25 36
Autres maladies du tube digestif 45 56
Mal de Bright 33 47
Autres maladies de l'appareil urinaire 29 58
Accident s 41 54
Suicides "... 37 41
Autres causes 115 230
Le chiffre le plus considérable, de beaucoup, dans ce tableau, est celui des décès par phtisie : 244.
Puis viennent les maladies du système nerveux et les affections cardio-vasculaires.
Nous n'insisterons pas davantage sur ces statistiques, dont la valeur est toujours discutable; nous en retiendrons seulement que la mortalité des maîtres est loin d'être très élevée et que, dans cette mortalité, la tuberculose occupe une place prépondérante.
LES APTITUDES PHYSIQUES NÉCESSAIRES AUX CANDIDATS A L ENSEIGNEMENT. — La meilleure manière de protéger les maîtres contre les dangers auxquels les expose leur profession, c'est d'abord de s'assurer qu'ils ont un état de santé satisfaisant et une vigueur suffisante au moment où ils entrent dans la profession.