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II. — Préservation et surveillance de l'écolier

Établissement de la fiche ou du carnet de santé.

1° Examen anthropométrique .

a. Manière générale de procéder : Recherche du poids; recherche de la taille; mensurations thoraciques; périmètres; amplitude respiratoire; spirométrie, capacité vitale ; dynamométrie.

b. Instruments : Bascule ; toise ; centimètre ; compas ; spiromètre; dynamomètre.

c. Établissement de la courbe de taille ou de poids : Croissance normale; croissance pathologique.

2° Examen physiologique et organique ou pathologique.

Manière générale de procéder.

Caractères extérieurs : Aspect général ; teint, coloration et pigmentation de la peau; couleur des cheveux: cicatrices cutanées ; hernies; vices de conformation.

Examen du squelette : Tête, sa conformation ; dents, apparition de la deuxième dentition; stigmates de l'hérédo-syphilis: tronc, scoliose; cyphose; flèches de courbure ; membres, coxalgie : rachitisme; pied bot.

Examen des organes : Système lymphatique ; adénopathies

Poumons : Diagnostic précoce delà tuberculose.

Cœur et vaisseaux : Circulation collatérale superficielle.

Tube digestif: Foie,

Examen des fosses nasales et du larynx : Recherche des végétations adénoïdes et de la diphlérie nasale.

Examen de la vue : Moyens pratiques de diagnostiquer la myopie et les affections de la vue. Échelles de Snellen ou de Monnoyer.

Examen de Vouïe : Diminution de l'acuité auditive : moyen pratique de la reconnaître,

3° Examen médico-psychique.

Les anormaux pédagogiques; les arriérés et les irritables; les stigmates de dégénérescence.

Rôle et attributions du médecin scolaire. — Nous allons maintenant préciser les différentes attributions du médecin scolaire. 11 esttrèsnaturel que, dans ce chapitre, nous nous efforcions de définir la conception française de l'inspection médicale des écoles, qui se dégage aujourd'hui nettement des nombreux travaux ou rapports publiés sur ce sujet. A la base de cette conception, nous trouvons d'abord ce principe, accepté par tous, que le médecin scolaire limite son action à V intérieur de V école. M. Vaillant (1) avait fort bien défini ce point de vue, qui reste celui de tous ceux qui ont continué à s'occuper du sujet, et qui forme la base de l'organisation actuelle de l'inspection médicale des écoles de Paris : « Le lieu des fonctions de l'inspection médicale est l'école exclusivement. En dehors des conseils d'hygiène et de prophylaxie, des avertissements donnés à l'administration, à l'instituteur, aux familles, le médecin renvoie, pour les soins médicaux, l'enfant au médecin de l'hôpital, du dispensaire ou de la famille. // n'est pas médecin traitant des écoliers. »

LeDrGuibert,audébutdeson rapport, précise en ces termes le rôle du médecin inspecteur dans les écoles : « Il surveille, il inspecte au point de vue collectif ou individuel, il collabore à l'œuvre administrative dans un sens bien déterminé ; il est avant tout un hygiéniste, mais, dans aucun cas, il ne peut et ne doit donner des soins aux enfants à l'école. Qu'il renseigne officiellement la famille sur l'état de santé de l'enfant, c'est encore un devoir, mais là s'arrête son droit, et le médecin de la famille doit seul intervenir pour les soins à donner, ou pour les enfants indigents, le médecin du bureau de bienfaisance.

« J'insiste sur ce point pour qu'à aucun moment une confusion ne puisse se produire, pour que les droits de tous soient rigoureusement respectés, pour que l'on sache bien que le Conseil municipal n'a jamais entendu faire de l'école primaire un vaste dispensaire, ou

(1) Vaillant, Rapport au conseil municipal de Paris, 23 oct. 1891.

Traité d'hyoiène. VI. — ïs

une immense polyclinique, et qu'il entend rester dans la légalité en respectanl les libertés professionnelles du corps médical tout entier et les droits des pères de famille. »

Il était utile de préciser la façon dont avait été compris en France le rôle du médecin inspecteur.

Limitée comme nous venons de le voir, l'inspection médicale des écoles aura pour but d'assurer d'une façon très large tout ce qui concerne l'hygiène de l'école et de l'écolier.

M. Guibert a pu réunir sous quatre titres principaux les points sur lesquels doit porter l'action du médecin inspecteur :

1° Surveillance hygiénique des locaux et du mobilier scolaire ;

2° La prophylaxie des maladies transmissibles ;

3° Examen individuel de l'enfant avec établissement d'une fiche sanitaire ;

4° Éducation sanitaire de l'enfant et des maîtres.

Le Dr Mosny avait fait adopter par le Congrès international d'hygiène tenu à Bruxelles en 1903 des conclusions un peu plus étendues ; elles comportent en effet pour le médecin inspecteur, en plus des précédentes, les attributions suivantes :

« Le contrôle périodique et fréquent du fonctionnement normal des organes et de la croissance régulière de l'organisme physique et des facultés intellectuelles de l'enfant ;

« La culture rationnelle de son organisme physique;

« L'adaptation, d'accord avec le pédagogue, de la culture des facultés intellectuelles à la capacité physique individuelle. »

Nous n'avons pas à insister longuement sur chacune de ces attributions du médecin inspecteur ; on trouvera dans les différents chapitres de ce traité tous les développements nécessaires.

Surveillance hygiénique des locaux et du mobilier scolaires. — Dans les écoles existantes, le médecin scolaire ne peut que constater les défectuosités possibles de la construction ou de l'aménagement ; il notera cependant les améliorations réalisables, et il s'efforcera de les obtenir.

Pour les écoles à construire, l'avis du médecin devrait toujours être pris en considération. On voit trop souvent dans nos écoles les plus modernes des fautes graves commises contre l'hygiène la plus élémentaire ; il n'est pas rare de voir sacrifier à l'élégance d'une façade les principaux aménagements intérieurs ; nos écoles les plus neuves sont souvent mal éclairées, mal orientées, chauffées de façon défectueuse et nullement ventilées; ces grosses fautes auraient sans doute été évitées si les plans avaient été soumis à un hygiéniste compétent.

D'une façon constante, le médecin scolaire veillera sur la propreté des locaux et sur leur tenue hygiénique, le balayage et le lavage des planchers, le nettoyage des carreaux, l'entretien des appareils

de chauffage ; il prêtera son attention à l'état du sol de la cour, où l'écoulement de l'eau doit se faire d'une façon complète, sans que les caniveaux et les puisards ne puissent répandre de mauvaises odeurs ; il vérifiera enfin le fonctionnement des appareils de chasse dont sont garnis les water-closets.

L'article 4 des lois du 19 juillet 1887 et 25 juillet 1893 met à la charge des communes l'entretien des bâtiments scolaires et la rémunération des gens de service ; à Paris et dans beaucoup de grandes villes, le nettoyage de tous les locaux scolaires est ainsi assuré par un personnel spécial ; mais, dans la grande majorité des écoles de campagne et malgré le règlement, le nettoyage est encore fait par les enfants eux-mêmes : le balayage à sec, l'époussetage du mobilier, le lavages des latrines, exécutés par les écoliers, ne sont pas sans inconvénient ni sans danger, et nous avons signalé cet abus au Ier Congrès d'hygiène scolaire et de pédagogie physiologique (Paris, 1903).

Le médecin scolaire s'assurera aussi de la valeur du matériel, s'attachant à ce que les enfants de tailles différentes ne soient pas assis à des tables trop basses ou trop élevées, bonnes seulement, selon l'expression imagée du Dr Le Gendre, « à fabriquer des myopes ou des bossus ».

Casier sanitaire des écoles. — L'ensemble des observations recueillies par le médecin scolaire pourra servir à établir pour chaque école un casier sanitaire ; l'état hygiénique des locaux et leurs conditions de salubrité seront ainsi facilement comparés à la morbidité et à la mortalité de la population scolaire. De ce rapprochement il sera facile de tirer des conclusions intéressantes pour la construction et pour l'aménagement des nouvelles écoles.

Le casier sanitaire se composera donc de deux parties distinctes : l'une résumant l'état de santé des écoliers et des maîtres en un tableau où seront réunies toutes les affections reconnues dans un semestre ou une année, l'autre concernant l'état des locaux, avec la mention des améliorations apportées dans le courant de l'année.

Le bilan de la morbidité scolaire sera établi dans un tableau analogue à celui dont nous donnons ci-contre le modèle, et que nous empruntons au rapport très documenté du Dr Uribe y Troncoso (de Mexico), au Congrès d'hygiène scolaire de 1910 (1) :

(1) Dans ces deux tableaux, on sera frappé par la place occupée par les affections contagieuses de la peau et du cuir chevelu : ces affections sont particulièrement fréquentes au Mexique.

MÉRY ET GENÉVRIER

HYGIENE SCOLAIRE

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