RÉSUME DES VISITES DE QUINZAINE
Quinzaine du i
Nombre des écoles visitées ....
Total des enfants examinés individuellement
Gale Teigne.
Pédiculose.
Verrues vulgaires.
Rougeole.
Scarlatine.
Rubéole.
Variole.
Varicelle.
Coqueluche.
Oreillons.
Autres maladies.
Diphtérie.
Érysipèle.
Typhus.
Fièvre typhoïde.
Syphilis.
Lèpre.
Impétigo.
Stomatites.
Conjonctivites aiguës
lentes, diphtériques).
Trachome.
(catarrhales, puru-
Les résulats obtenus pourront être transcrits sur un graphique, comme le fait le Dr Uribe y Troncoso (fig. 349) :
Pourcentage tiré de l examen de 14 588 enfants
Scarlatine Erysipèle Diphtérie Coqueluche Rubéole Variole Varicelle Varioloide Rougeole Grippe Oreillons Typhus
Tuberculose pulmonaire Syphilis Paludisme Teignes ■Gale Verrues Impétigo Pédiculose Herpès circiné Furunculose Mal del pinto Pitjriasis Lèpre Stomatite Gingivite ulcéreuse Amygdalites Conjonctivite aigûe Conjonctivite chronique Conjonctivite phlyctènulaire Conjonctivite qranuleuse Trachème
Blépharo-conionctii/ite Blépharite Otites suppuréea Chorée de Sydenham
(Tnansmbalble parimitatton)
Tics nerveux
(Transmissibla par imitation)
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Fig. 349. — Graphique résumant les cas de maladies contagieuses observées, pendant une année, dans les écoles de Mexico, d'après le Dr Uribe y Troncoso.
La partie du dossier concernant l'état des locaux scolaires sera^ un peu plus compliquée à établir; les résultais consignés porteront sur remplacement et l'orientation de l'école, sur l'éclairage, le chauffage et la ventilation des classes, sur les locaux annexes, sur les cours de récréation, etc. Un questionnaire à la fois simple et précis a été rédigé dans ce but par la Société des médecins inspecteurs des écoles de Paris ; ce questionnaire permet d'établir de façon suffisante et assez complète tout ce que l'école peut présenter de défectueux dans sa construction ou son aménagement. Il n'y est pas fait mention du mobilier, qui est l'objet d'une enquête spéciale et d'ailleurs beaucoup plus simple.
Prophylaxie des maladies transmissibles. — Cette tâche est une des plus délicates de celles qui incombent aux médecins scolaires ; elle suppose plusieurs conditions difficiles à réaliser dans la pratique.
Le médecin doit tout d'abord être prévenu immédiatement de tout cas de maladie contagieuse. survenant chez un écolier ; mais cette connaissance immédiate supposerait une présence journalière du médecin à l'école. En son absence, c'est au maître ou au directeur qu'il appartient de prendre les mesures d'urgence nécessaires.
Ceci nécessite chez les maîtres une certaine perspicacité et aussi une connaissance au moins relative des maladies contagieuses de l'enfant.
Mais souvent le petit malade cesse de fréquenter l'école sans que l'on connaisse la cause de son absence ; les parents peuvent prévenir le directeur de la maladie, mais rien ne les oblige à le faire. De son côté, le directeur peut demander ou faire demander aux parents la cause de l'absence de l'élève ; on n'obtient le plus souvent de cette façon que des renseignements insuffisants.
Quant à la déclaration obligatoire faite par le médecin traitant, à la mairie, ou, s'il s'agit de Paris, à la préfecture de police, elle est portée à la connaissance du médecin inspecteur d'une façon trop tardive pour qu'on puisse compter sur elle pour l'application des mesures de prophylaxie.
Ces difficultés d'ordre pratique doivent être prises en considération dans l'établissemement de tout règlement relatif à la protection de l'école contre les maladies aiguës contagieuses.
La première mesure à prendre est Yéviction de l'enfant malade, qui doit être immédiatement isolé ou reconduit chez ses parents ; ces derniers, qui souvent travaillent au dehors, ne pourront recevoir le petit malade qu'à la fin de la journée; c'est pourquoi nous réclamons avec insistance, dans chaque école, l'installation d'une chambre d'isolemenl munie dune ou deux couchettes faciles à désinfecter.
Les frères et sœurs du malade seront exclus de récole, à moins qu'ils n'habitent pas la môme maison que le malade ou que ce dernier naiL été transporté à l'hôpital.
Même dans ces conditions, les frères et les sœurs ne seront admis qu'après la désinfection du logement familial et après un nombre de jours égal à la durée d'incubation de la maladie.
Un arrêté ministériel du 3 février 1912 règle comme suit la durée des évictions pour les différentes maladies contagieuses :
A. — Eviction des élèves malades.
Diphtérie: 30 jours après guérison clinique constatée par certificat médical. Ce délai peut être abaissé si, après deux ensemencements opérés à huit jours d'intervalle, l'examen bactériologique est négatif.
Variole : 40 jours après le début de la maladie, la réadmission ne pouvant d'ailleurs avoir lieu que sur présentation d'un certificat médical constatant qu'il n'existe plus de croûtes ou de squames et que l'élève a pris un bain.
Scarlatine : Mêmes mesures.
Rougeole : 16 jours.
Oreillons : 21 jours.
Coqueluche : 30 jours après disparition absolue des quintes spasmodiques constatée par certificat médical.
Varicelle : 16 jours après le début de la maladie.
Rubéole : idem.
Fièvre typhoïde et paratyphoïde : 28 jours après guérison constatée par certificat médical.
Dysenterie : idem.
Méningite cérébro spinale : 40 jours après guérison clinique constatée par certificat médical, la réadmission ne pouvant d'ailleurs avoir lieu que sur attestation que l'enfant n'est pas ou n'est plus atteint de coryza chronique rebelle consécutif à la maladie.
Ce délai peut être abaissé, s'il est établi par certificat bactériologique qu'après deux examens opérés à huit jours d'intervalle on ne trouve plus trace de méningocoques dans le rhino-pharynx.'
Poliomyélite : 30 jours après le début de la maladie.
Teignes {faveuse ou tricophy tique) : jusqu'à guérison.
Trachome : jusqu'à guérison.
B. — Eviction des frères et sœurs.
a. Si le malade n'a pas été isolé, ses frères et sœurs rentrent en même temps que lui, à moins qu'ils n'aient été eux-mêmes atteints.
b. Si les malades ont été isolés, la réadmission des frères et sœurs a lieu après un délai correspondant à la période d'incubation delà maladie augmenté de deux jours, dans les conditions ou sous les réserves suivantes :
Diphtérie : 15 jours après l'isolement, sauf production d'un certificat
bactériologique établissant qu'après deux ensemencements à huit jours d'intervalle le résultat est négatif.
Variole : 18 jours.
Scarlatine : 8 jours.
Rougeole : 18 jours.
Oreillons : 24 jours.
Coqueluche : 21 jours.
Varicelle : 18 jours.
Rubéole : 18 jours.
Fièvre typhoïde et paratyphoïde : 21 jours.
Dysenterie : 21 jours.
Méningite cérébro-spinale : 28 jours, sauf production d'un certificat bactériologique établissant qu'après deux ensemencements opérés à huit jours d'intervalle on ne trouve plus trace deméningocoques dans le rhino-pharynx.
Poliomyélite : 28 jours.
Teigne : pas d'éviction.
Les maladies infectieuses aiguës (fièvres éruptives, diphtérie, oreillons, etc.) et les maladies parasitaires (gale, teigne) ne sont pas les seules qui imposent des mesures de prophylaxie scolaire, bien que les règlements soient muets au sujet de celles dont nous devons encore nous occuper : telles sont les maladies infectieuses chroniques, la tuberculose et la syphilis.
La tuberculose ouverte est la seule qui nous intéresse. A ce point de vue, nous avons dit, en étudiant les maladies scolaires, qu'il est rare de rencontrer des écoliers dont les lésions bacillaires soient susceptibles de mettre en liberté des produits bacillifères; les lésions pulmonaires avancées donnant lieu à une expectoration dangereuse ne se rencontreront que chez des écoliers déjà grands.
Également dangereuses seraient les suppurations provenant de tuberculoses externes d'origine osseuse ou ganglionnaire.
Tous les enfants reconnus suspects à ce point de vue doivent être exclus de l'école.
Les mêmes lésions, reconnues chez les maîtres, doivent donner lieu aux mêmes mesures d'éviction; nous devons ajouter qu'à l'heure actuelle nous ne possédons pas de moyens pour vérifier l'état de santé des maîtres; ils ne sont soumis à aucun examen physique obligatoire après leur admission à renseignement. Un maître peut donc, à l'heure actuelle, continuer à faire la classe tout en étant porteur de lésions assez graves et contagieuses.
La syphilis acquise chez les enfants n'est pas absolument exceptionnelle; ces malades admis à l'école pourraient être fort dangereux pour leurs camarades, surtout à la période de la floraison des accidents secondaires.
Désinfection. La désinfection les locaux scolaires et de
tous les meubles ou objets qui ont pu être souillés par le malade
constitue le complément indispensable des mesures prophylactiques déjà éhumérées (I).
Les mêmes mesures de désinfection devront être prises quand l'école aura été détournée de son affectation pour servir de lieu de réunions; l'un de nous a pu trouver dans le préau d'une école parisienne des crachats tuberculeux bacillifères le lendemain d'une réunion électorale.
D'une façon générale, nous croyons que les méthodes de désinfection employées à l'école doivent être simples et pratiques; c'est à cette seule condition que nous pourrons être exigeants sur leur application.
La désinfection de la place de récolter sera pratiquée dans tous les cas d'absence suspecte, et c'est seulement après cette opération que cette place sera donnée à un nouvel élève ; nous conseillons le lavage à la brosse de chiendent du plancher, de la table et du banc avec une solution antiseptique (2). L'eau de Javel est la préparation la plus simple et la plus courante. Ce lavage sera fait par le personnel de l'école aussitôt que le cas suspect aura été reconnu. Les livres seront mis de côté pour être soumis à une désinfection spéciale.
La désinfection des planchers des locaux souillés après une réunion de personnes étrangères à l'école sera faite par un lavage analogue ; on complétera ces mesures d'hygiène par le lavage des murs jusqu'à hauteur d'homme et par une large aération.
La désinfection complète de la classe ne pourra être faite, dans la pratique, que dans les cas de licenciement partiel ou total.
Il faut en effet une journée au moins pour que cette opération soit efficace.
On pourra cependant, faute de désinfection complète, faire laver le plancher et les parois ainsi que les tables et les bancs avec une
(1) Nous donnons ici l'article concernant la désinfection dans le règlement des écoles primaires publiques du département de la Seine (1905) :
« Art. 10. — La désinfection de la classe est faite soit dans l'entre-classe, soit le soir après le départ des élèves.
« Elle comprend :
« Le lavage de la classe (sol et parois) avec une solution antiseptique.
« La désinfection par pulvérisation des cartes et objets scolaires appendus au mur.
« La désinfection par lavage des tables, bancs, meubles, etc.
« La désinfection complète du pupitre de l'élève malade. La destruction par le feu des livres, cahiers, etc., de l'élève malade, et des jouets ou objets qui auraient pu être contaminés dans les écoles maternelles. »
(2) Voici les solutions antiseptiques les plus économiques et les plus recommandables :
Crésyl sodique à 4p. 100
Créoline à. . .. . 4 —
Lysol à 3 —
Lusoforme à 4 —
Eau de Javel à 10 —
solution antiseptique. Ce procédé nous paraît même assez avantageux, ne serait-ce que pour provoquer un nettoyage « à fond » de la classe.
Dans les écoles parisiennes, on emploie actuellement les pulvérisations de la solution de sublimé à 1 p. 1000. On sait que ce procédé ne produit qu'une désinfection illusoire : il n'est d'ailleurs pas autorisé par le ministère de l'Intérieur, et les seuls procédés recommandables d'après l'article 7 de la loi du 15 février 1902 doivent être autorisés par ce ministère après avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France.
Tous les procédés actuellement autorisés utilisent le pouvoir antiseptique du formol gazeux, celui-ci étant obtenu soit par vaporisation de l'aldéhyde formiqué du commerce, soit par volatilisation du trioxyméthylène, polymère solide de l'aldéhyde formiqué.
La vaporisation de l'aldéhyde formiqué se fait généralement à l'aide d'autoclaves, chauffés par une lampe à pétrole brûlant sans mèche; les vapeurs sont projetées dans le local à désinfecter à l'aide d'un tube flexible, terminé par un petit tube rigide que l'on introduit dans le trou de la serrure ou par tout autre orifice.
Au préalable, il est nécessaire d'obstruer tous les interstices des portes et fenêtres avec du papier collé ou par calfatage de coton.
La quantité d'aldéhyde formiqué à employer et la durée de contact sont déterminées pour chaque appareil par le certificat d'autorisation ministérielle, et, pour leur utilisation, l'on doit strictement s'y conformer.
La quantité d'aldéhyde formiqué nécessaire est en raison inverse delà durée du contact : elle varie pour la désinfection d'un espace de 100 mètres cubes par exemple, de 1 litre à 3 litres, la durée de contact variant pour ces quantités de 9 heures à 3 heures.
Ces autoclaves à désinfection sont généralement d'un prix assez élevé, et ils sont d'un fonctionnement délicat qui exige l'intervention d'un employé spécialement instruit de leur maniement.
Les appareils à trioxyméthylène sont plus simples et moins coûteux ; leur emploi n'exige aucune compétence spéciale, et leur efficacité est régulière à cause de la constance de la quantité de formol dégagé ; ils nous paraissent donc très recommandables, surtout dans les écoles de campagne, où, à l'heure actuelle, les mesures de désinfection sont à peu près nulles ou illusoires.
Le principe de ces appareils consiste à volatiliser du trioxyméthylène en poudre ou en pastilles sous l'influence de la chaleur produite par une lampe à alcool ou par une matière combustible capable de dégager une chaleur suffisante.
Nous reproduisons (fig. 350) un de ces appareils, l'« aldor-formogène », établi par Dufayard et Déchosal. Gel appareil, très simple et
Mi
rfsfâSS '
très réduit de volume, se compose d'un brûleur constitué par une boite métallique contenant un mélange combustible solide non inflammable dans lequel sont implantés trois mèches qui s'allument et brûlent comme des bougies.
Ce brûleur est emboîté dans une gaine métallique ajourée; à la partie supérieure est enchâssée une boîte qui contient le trioxyméthylène, et dont le couvercle est percé d'un trou bouché à la paraffine.
Les mèches étant allumées brûlent en donnant la chaleur nécessaire pour transformer la poudre en formol gazeux, qui s'échappe par le trou du couvercle. Chaque appareil désinfecte 20 mètres cubes.
Il suffit donc, pour elVectuer la désinfection, de disposer sur le sol autant d'appareils qu'il y a de fois 20 mètres cubes à désinfecter, et d'allumer les bougies.
Naturellement tous les orifices doivent être fermés, et les joints des portes et fenêtres bourrés de coton. La durée de la désinfection est de huit heures.
La désinfection par X acide sulfureux doit être abandonnée : elle présente un double inconvénient : sa durée d'abord, qui doit être d'au moins vingt-quatre heures, puis l'odeur irritante du gaz, qui s'infiltre dans les pièces voisines. L'efficacité du procédé est, de plus, très douteuse. La quantité de soufre employé était de 50 grammes par mètre cube. On répartissait le soufre dans plusieurs plats métalliques, isolés duplancher par des carreaux ou des briques; un peu d'alcool aidait la combustion.
La désinfection des privés sera faite par lavage des parois et du sol avec une des solutions citées plus haut. On jettera de plus dans les fosses une de ces solutions :
Fig. 350. — Appareil au trioxyméth}' lène (Dufayard et Déchosal).
Sulfate de cuivre à 5 p. 100
Sulfate de fer à 5 —
Chlorure de chaux à 2 —
Lait de chaux (1) à 20 —
(1) Le lait de chaux se prépare de la façon suivante : la chaux vive est arrosée ; moitié de son poids d'eau; quand la chaux est ainsi délitée, la délayer avec le
La désinfection des livres est difficile dans la pratique ; le règlement prescrit leur destruction par le feu après maladie contagieuse des détenteurs actuels; nous devons ajouter que cette mesure rigoureuse est très rarement suivie, tout d'abord par raison d'économie. Et, à son défaut, nous ne croyons pas que d'autres précautions soient prises d'une façon courante.
Il est vrai que la désinfection des livres présente de grosses
Fig. 351. — Étuve à livres (Gonin, constructeur).
difficultés, qui ne paraissent pas complètement résolues à l'heure actuelle. Le passage à l'étuve, humide ou sèche, l'action des antiseptiques usuels (chlore, brome, iode), à l'état de vapeur ou de gaz, détériore profondément le papier ouïes reliures. Le formol ne présente pas ce grave inconvénient ; mais on sait qu'on n'obtient par l'aldéhyde formique qu'une désinfection en surface) il est doncnécessaire de soumettre à l'action des vapeurs désinfectantes le livre avec tous ses feuillets écartés : il y a là une complication qui rend l'application de la méthode assez délicate. Josias, dans un rapport présenté l'Académie de médecine en 1906, signale un certain nombre d'appareils ou de dispositifs qui se résument tous à soumettre les
double de son volume d'eau, Exemple : 1 kilogramme de chaux 4- 500 grammes d'eau = 2 200 centimètres cubes de chaux délitée. Ajouter 4 400 centimètres cubes d'eau pour obtenir le lait de chaux à 90 p. 100.
Ljvres, les feuillets étant écartés, à l'action des vapeurs du formol. En L908, le 1)' Berlioz a présenté à l'Académie de médecine une étuve où l'onfait pénétrer, au-dessous de 95°, des vapeurs d'aldéhyde formique. Dans ces conditions, tous les germes seraient détruits au bout de deux heures, sans que le volume ait souffert de l'opération.
Dansl'étuve dont nous donnons la reproduction (fig. 351), la désinfection complète des livres est assurée par Faction combinée des vapeurs de formol et de la chaleur produite par un radiateur électrique. Le prix de revient de cet appareil est assez élevé, surtout si l'on considère le faible prix d'achat des livres scolaires.
Examen individuel des écoliers et établissement d'une fiche sanitaire. — Nécessité de l'examen individuel. — Le rapport qui existe entre l'état de santé physique et l'aptitude au travail intellectuel est tellement étroit que le plus souvent on ne pourra faire de bonne éducation sans connaître l'influence possible de certaines conditions physiques sur l'état psychique de l'enfant.
C'est là une vérité que nous ne devons pas nous lasser de rappeler; dans l'enfance et dans l'adolescence, plus qu'à toute autre période de l'existence, les liens sont étroits qui unissent le physique et le moral : est-il besoin de rappeler ici les démonstrations si philosophiques de Cabanis et de Rousseau ? Après ces initiateurs, combien de pédagogues et surtout de médecins n'ont-ils pas répété ces vérités indiscutables, sur lesquelles devraient reposer tout système d'éducation : l'enseignement doit être réglé sur la capacité intellectuelle de l'enfant, qui dépend elle-même de son développement ou de sa santé physiques ; le médecin et le pédagogue doivent collaborer étroitementdans l'élaboration des programmes; l'enfant malade ou fatigué a des aptitudes intellectuelles diminuées qui imposent à l'éducateur des méthodes ou des précautions spéciales : pour toutes ces raisons, nous estimons que l'avis du médecin n'est pas à négliger en matière même de pédagogie. Nous avons d'ailleurs précisé les rapports qui doivent exister entre médecins et pédagogues quand nous avons étudié la croissance physique et psychique de l'écolier, ainsi que les conditions du travail intellectuel.
Au moment où un enfant va entrer à l'école, il est de toule nécessité de contrôler son état de santé; cette mesure s'impose pour différentes raisons. L'enfant n'est-il pas porteur d'une maladie dangereuse pour ses camarades? Ne présente-t-il pas une tare morale ou intellectuelle l'empêchant d'être admis dans la communauté scolaire, où il serait incapable de suivre l'enseignement commun? D'autre part, il est nécessaire de savoir si cet enfant ne présente pas quelque anomalie qui réclamera quelques précautions pendant son séjour à l'école : anomalies de la vision, de l'audition, déviation de la colonne vertébrale. Instruit par le médecin des troubles de
santé dont, sont atteints ces enfants, le maître pourra leur donner dans la classe une place favorable ou prêter une attention spéciale à leur tenue.
Les anomalies psychiques ou morales, dépistées dès l'entrée à l'école, permettront de diriger l'enfant anormal vers les écoles spéciales, et d'éviter aux autres écoliers une présence quelquefois dangereuse pour leur moralité et toujours nuisible à la bonne tenue de la classe.
La connaissance de ces affections ou de ces anomalies est donc des plus utile à connaître dès l'entrée de l'enfant à l'école; il ne sera pas moins intéressant d'être renseigné sur les maladies contagieuses qu'il a pu avoir antérieurement à cette date ; en effet, pour les évictions à prononcer, en cas d'épidémie scolaire, l'immunité conférée par une atteinte antérieure dispense de congédier les élèves ainsi préservés.
Examen anthropométrique. — L'examen anthropométrique, mensurations et pesée, renseignera sur le développement des écoliers ; ceux dont le poids .ou le périmètre thoracique seront insuffisants seront l'objet d'une surveillance spéciale ; on leur évitera le surmenage en même temps qu'on favorisera leur accroissement par tous les moyens possibles. C'est parmi ces malingres qu'on trouvera les prédisposés à la tuberculose; on pourra les faire bénéficier d'une hygiène préventive spéciale, les suralimenter, les envoyer dans les colonies scolaires, ou, ce qui serait préférable encore, les désigner pour les écoles de plein air.
Ce simple exposé démontre que Yexamen individuel à rentrée à V école est indispensable, aussi bien pour la santé de l'élève que pour la protection de la collectivité. Mais, pour que cet examen individuel procure à l'écolier tout le bénéfice qu'on en peut attendre, il ne suffit pas qu'il soit pratiqué une seule fois au moment de l'entrée à l'école. Pour connaître les besoins de l'entant et souvent aussi pour déceler l'état de souffrance de son organisme, il n'y a pas d'autres moyens que de le soumettre à des examens périodiques) on peut ainsi se rendre compte de la régularité ou au contraire de l'insuffisance de son accroissement; c'est la seule manière aussi de savoir si les tares ou les anomalies antérieurement reconnues sont en voie d'amélioration ou d'aggravation.
Dans un précédent chapitre, nous avons étudié les conditions physiologiques de la croissance physique ; nous nous bornerons ici à indiquer la façon dont doivent être prises les diverses mensurations.
Les enfants, amenés dans un local spécialement aménagé, seront déshabillés; les garçons conserveront les chaussettes, la chemise et le pantalon ; les tilles garderont les bas, la chemise et le jupon.
On simplifiera le plus possible l'instrumentation nécessaire aux diverses mensurations; si l'on veut que celles-ci soient effectuées d'une façon régulière, il faut en efl'et que le temps dépensé pour chaque enfant soit minime, et il faut proscrire l'emploi des instruments trop compliqués. Ces derniers, dont il ne faut pas cependant nier l'utilité ni l'intérêt, seront plutôt considérés comme des instruments de laboratoires ou de recherches.
Nous réclamons simplement une bascule, une toise et un ruban métrique.
Les enfants amenés par groupe de dix ou quinze au plus dans le cabinet médical sont rangés approximativement par rang de taille
Fig. 352. — Bascule scolaire.
et de poids, cette précaution servant à rendre moins compliquées les manipulations de la bascule et de la toise.
Le poids est pris à Laide d'une bascule à plateau, ou d'une bascule romaine à contrepoids. Le modèle en usage dans les écoles de la ville de Paris (fig. .'<52) est simple et pratique.
Le Dr Dufestel a fait établir un modèle perfectionné de bascule scolaire (fig. 353) : le contrepoids glisse sur une tige placée à la hauteur de l'opérateur. Deux réglettes mobiles donnent, Lune, les kilos et la seconde, plus petite, les hectos. Un enregistreur permet d'imprimer sur un ticket le poids donné par la pesée ; suivant les modèles de bascule, le ticket indique la pesée par décagrammes ou par hectogrammes; ce dernier enregistreur est le plus simple, et il est suffisant pour les pesées scolaires pratiquées à intervalles assez éloignés.
Ce ticket sur lequel s'imprime le poids de l'enfant a le gros avan-
tage d'intéresser celui-ci et sa famille à l'examen pratiqué à l'école; le résultat delà pesée est noté, d'autre part, sur la fiche scolaire; sur celle qui vient d'être établie pour les écoles de la ville de Paris, les indications sont portées sur un graphique occupant la dernière page.
La mensuration de la taille demande plus de soin que la pesée.
Il faut surveiller, en effet, l'attitude de l'enfant, qui, volontiers, est défectueuse et peut amener des erreurs très sensibles ; si Ton n'a pas à sa disposition une toise, on peut se servir d'un double mètre fixé au mur et d'une équerrc.
Pour faire passer reniant sousla toise, il faut naturellement qu'il ait enlevé ses chaussures : les filles doivent de plus avoir les cheveux dénoués, sans chignon ni peignes qui fausseraient les résultats.
L'observalion a montré qu'à la fin de la journée, et surtout après la marche ou les jeux violents, il y a une certaine diminution de la taille par tassement des disques invertébraux (Dufestel); c'est donc le matin que Ton pratiquera la mensuration.
L'enfant aura les talons joints et appliqués contre le montant de
la toise ; la pointe des pieds sera légèrement écartée et la nuque prendra appui contre la toise, ainsi que le dos et la partie inférieure des lombes ; le regard sera dirigé horizontalement. Les résultats sont portés sur la fiche; dans la fiche scolaire parisienne, un graphique est réservé à la taille à côté de celui des poids.
La toise du Dr Dufestel porte, comme sa bascule, un appareil enregistreur qui permet d'inscrire sur un ticket la taille de l'enfant. Nous reproduisons ici le modèle de cette toise et de ses enregistreurs (fig. 354), ainsi qu'un ticket (fîg. 355) imprimé par ces appareils; en effet, on peut utiliser le même carton, qui porte à la fois les indications du poids et de la taille.
La mensuration du périmètre thoracique est la plus délicate de ces opérations : nos efforts doivent tendre à la rendre aussi simple que possible. Un procédé qui nous paraît vraiment pratique con-
Fig. 353. — Bascule enregistrant le poids (modèle du Dr Dufestel).
sisle à se servir d'un simple ruban métrique. On a soin que l'étoffe de ee ruban ne soit pas extensible et que les caractères imprimés à sa surface soit assez apparents.
Fig\ 354. — Toise du Dr Dufestel enregistrant automatiquement ïa taille.
On peut se servir du ruban métrique simple qui, placé tout autour du thorax, donne l'ensemble de son périmètre; nous croyons plus
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