‹ Traité d'hygiène (volume 2)Chapitre 4 sur 158 · Plancher établi sur colonnes de briques · texte numérisé non relu

Plancher établi sur colonnes de briques

; Plancher rées

■ Asphalte Béton

Fig. i. — Plancher isolé par une couche de béton et d'asphalte, et légèrement surélevé sur travée de bois.

Aération du sol. — La

perméabilité à l'air des divers sols est intéressante à étudier en raison des échanges constants qui peuvent se faire entre l'air du sol et l'air atmosphérique; il y a des différences assez notables entre la composition de l'air du sol et de l'air atmosphérique. D'une façon générale, la quantité d'azote ne varie guère, mais la quantité d'oxygène diminue, alors qu'on voit augmenter la teneur en acide carbonique et en vapeur d'eau. Peltenkofer a démontré que plus l'air pénétrait profondément dans le sol, plus sa teneur en acide carbonique augmentait et plus sa teneur en oxygène diminuait. Fleck a trouvé que, à une profondeur de 2 mètres, il y avait 19,39 p. 100 d'oxygène, 2,89 p. 100 d'acide carbonique ; à 4 mètres, 17,79 p. 100 d'oxygène, 5,56 p. 100 d'acide de carbone ; à 6 mètres, 14,85 p. 100 d'oxygène, 7,96 p. 100 d'acide carbonique.

La quantité moyenne d'acide carbonique dans l'air du sol est de 2,54 p. 100; on a trouvé jusqu'à 20 p. 100 avec disparition presque complète de l'oxygène.

Il y a des variations assez curieuses suivant les saisons : diminution en hiver, maximum en été.

La production d'acide carbonique dans l'air du sol paraît en rapport avec les processus de destruction des matières organiques ; le fait a été démontré par l'absence presque complète d'acide carbonique dans le sol des déserts. Les fermentations microbiennes jouent un rôle prépondérant dans cette production d'acide carbonique; elle tire aussi son origine des parties des plantes qui n'ont pas de chlorophylle ; les relations de la production de l'acide carbonique de l'air du sol avec les phénomènes de la végétation expliquent le minimum constaté en hiver. Quant à l'augmentation progressive de la teneur en acide carbonique avec la profondeur du terrain, ce qui au premier abord semble en contradiction avec le fait de l'origine végétale d'une partie de cet acide carbonique, elle tiendrait à ce fait que, dans les couches les plus superficielles, il y a un échange beaucoup plus actif entre l'air atmosphérique et l'air du sol, sous l'influence de la pression atmosphérique et des vents régnants. Il y a d'ailleurs de véritables courants dans l'air du sol comme dans l'air atmosphérique; ils se développent sous l'influence de la température, de la pression atmosphérique, du vent et des mouvements de la nappe d'eau. On a remarqué que cette circulation d'air, cette perméabilité à l'air du sol, était influencée quelquefois par de grands travaux de terrassement faits dans le voisinage.

La circulation de l'air dans le sol peut être influencée par toute une série de causes : on peut citer la production naturelle de certains gaz, provenant en particulier d'eaux sulfureuses ou d'eaux minérales contenant de l'acide carbonique, dont la diffusion diminue la quantité d'air du sol, ou tout au moins sa teneur en oxygène. Dans les villes, l'air du sol et sa composition peuvent être influencés parla présence de détritus en voie de putréfaction et surtout par l'issue du gaz d'éclairage contenu dans des canalisations insuffisamment étanches. Il est évident que, dans ces cas où l'air du sol est profondément modifié, son mélange avec l'air atmosphérique peut avoir d'assez graves inconvénients.

En dehors de ces faits un peu exceptionnels, on doit se rappeler que les terrains à gros pores sont ceux qui facilitent le mieux l'aération du sol, et qu'il est intéressant que cette aération puisse également être favorisée par le va-et-vient établi entre l'air atmosphérique et l'air du sol ; à cet égard, on doit souhaiter qu'autour des écoles on ménage des surfaces permettant cette aération, par exemple des surfaces sablées, qui sont très préférables aux cours cimentées et pavées.

Nous ne dirons que quelques mots des méthodes d'examen du sol ; y insister davantage serait d'ailleurs hors de notre sujet.

Au point de vue de Vanalyse physique du sol, on s'attache d'abord à distinguer la grosseur des grains constituant les divers terrains, par tamisage à travers des cribles de grosseurs variées; c'est ainsi

que les grains qui ont un diamètre inférieur à trois dixièmes de millimètre constituent le sable fin ; ceux qui ont un diamètre inférieur à 1 millimètre, le sable moyen ; ceuxde 1 à2 millimètres, le gros sable; de 2 à 4 millimètres, c'est le gravier fin; de 4 à 7 millimètres, le gravier moyen, et au delà de 7 millimètres le gros gravier.

Pour la mensuration de la porosité, on s'est efforcé de mesurer la quantité d'air contenue dans un volume déterminé de sol; pour cela, on chasse l'air contenu dans la terre par un courant d'acide carbonique; l'air expulsé esL mesuré dans un eudiomètre, tandis que l'acide carbonique en excès est absorbé par de la potasse.

On a essayé également de déterminer la porosité par la quantité d'eau que l'on pouvait ajouter à un volume de terre déterminé, contenu dans une petite caisse en zinc laminé ; cette caisse est immergée dans un vase contenant de l'eau, et, après une certaine durée d'im-, mersion, elle est pesée; elle a été pesée avant l'expérience, et la différence doit indiquer le volume d'eau que le sol peut absorber.

Le poids spécifique connu des matières constituant le sol peut également servir à déterminer la porosité; ce poids spécifique est d'environ 2,6 pour le sable, le gravier et le lehm. Par exemple 1 000 centimètres cubes de sol pèsent 1 800 grammes; 1 800 grammes divisés par 2,6 donnent 692 centimètres cubes de matières solides. Le volume des pores est égal à la différence entre 1 000 centimètres cubes et 692, c'est-à-dire 308 centimètres cubes, soit environ 30,8 p. 100.

Nous n'insisterons pas sur les différents moyens de prendre la température du sol.

Par Y analyse chimique du sol, il est aisé de déterminer sa teneur en eau; il suffit déporter un poids déterminé des matières composant le sol aune température de 100 à 110° et de l'y maintenir tant qu'il y a une variation de poids; dès que le poids ne varie plus, on peut admettre que l'eau est complètement évaporée. La différence desdeux poids donnera la teneur en eau du sol.

On pourra aussi rechercher la teneur en matières organiques; il faudra déterminer les matières solubles dans l'eau, souvent nuisibles pour l'organisme : tels sont les produits de destruction, comme le chlore, l'ammoniaque, l'acide nitrique et l'acide nitreux.

L'examen bactériologique du sol se fait d'après les procédés habituels, et il sera surtout intéressant de rechercher la présence des microbes anaérobies. On saitque des microbes anaérobies pathogènes, comme le bacille du tétanos, le bacille de l'œdème malin, le bacille charbonneux, peuvent se rencontrer dans le sol. Parmi les microbes aérobies, on peut trouver le bacille de la fièvre typhoïde, du choléra, ces microbes aérobies se rencontrant surtout dans les eaux polluées sur place ou à distance.

L'examen de Vair du sol ne présente, au point de vue des procédés,

rien de particulier. Pour se procurer une certaine quantité d'air, il faudra enfoncer profondément dans le sol un tube de métal aboutissant à une pompe aspiratrice.

Enfin il est intéressant de déterminer le niveau de la nappe d'eau souterraine; on peut, pour cette opération, utiliser les puits existant dans la région. Dans certains cas, il est nécessaire défaire des sondages d'épreuve, qui devront avoir à peu près 10 centimètres de diamètre.

Situation de l'école. — Il faut distinguer, pour le choix d'un emplacement, l'école de ville et l'école de campagne, car les conditions sont fort différentes.

En ce qui concerne les écoles de campagne, il est désirable de les établir en un endroit un peu élevé et autant que possible éloigné du fond d'une vallée, de façon à éviter l'humidité et les inondations ; il ne faut pas exagérer cependant la hauteur et ne pas forcer les enfants qui vont à l'école à exécuter une véritable ascension ; il est préférable de choisir un emplacement à flanc de coteau, abrité,, si les lieux le permettent, des vents du nord et de l'ouest.

L'école ne doit pas être trop loin des centres habités par les enfants; en général, il ne faut pas, pour les écoles de campagne, obliger les enfants à faire plus de 4 kilomètres en plaine et plus de 2 kilomètres en montagne : si la chose est possible, iL faut établir des écoles de hameaux.

A la campagne, il est facile le plus souvent de réaliser des conditions de bonne aération, d'insolation et de tranquillité autour de l'école. Il faudra éviter le voisinage des écuries, des abreuvoirs et des dépôts d'immondices; d'une façon générale, il est préférable de placer l'école un peu en dehors du village. On recherchera, s'il est possible, le voisinage d'un bois. En Finlande, par exemple, on protège le plus souvent les écoles de campagne par un bois de sapins r chose utile pour éviter, dans ces contrées froides, l'action des vents d'hiver.

En résumé, il faut choisir un espace libre, facilement accessible,, enveloppé d'air et de lumière, et réunissant les conditions dont nousavons parlé.

A la ville, ces conditions sont beaucoup plus difficiles à réaliser,, parce qu'il est impossible d'isoler complètement l'école des bâtiments voisins; on a établi cependant des règles pour que l'école ne soit pas privée d'air ni de lumière; dans certains cas, l'école peut être établie sur une place, isolée de tous côtés, de façon à réaliser le maximum d'aération ; dans d'autres cas, on est bien forcé de bâtir sur des rues souvent trop étroites. A Berlin, on exige que les constructions les plus voisines de l'école soient à une distance d'au moins soixante pieds, et que la lumière solaire puisse pénétrer jusque dans les classes du rez-de-chaussée. En général, la distance I

entre l'école et les bâtiments voisins devrait atteindre presque le double de la hauteur de l'école. Dans certains cas, il sera préférable de placer les bâtiments en retrait sur la rue, de façon à pouvoir mettre un jardin devant le bâtiment principal de l'école et à gagner ainsi un peu de terrain, d'air et de lumière.

I)ans les villes, il faut protéger aussi l'école contre le bruit de la rue ; c'estdans ce but qu'à Paris un pavage en bois a été établi devant la plupart des écoles. Il faut également éloigner l'école des fabriques, des usines, et des gares de chemin de fer qui dounent lieu à des fumées ou à des odeurs désagréables; il faut l'éloigner encore des marchés, des endroits particulièrement exposés au feu, des usines à gaz, des fabriques de caoutchouc, des fabriques de savon et, pour d'autres raisons faciles à comprendre, des casernes et des hôpitaux» Ce ne sont pas seulement des raisons d'hygiène physique, ou de défense contre les maladies contagieuses qui doivent guider dans le choix des emplacements des écoles; ce sont aussi des raisons d'hygiène morale : certains voisinages, à cet égard, sont à éviter.

Enfin, où que soit placée l'école, il faut s'assurer qu'elle peut être approvisionnée en eau potable. Nous reviendrons sur cette question dans un des chapitres suivants.

Orientation de l'école. — Les conditions à réaliser dans l'orientation de l'école sont les suivantes :

Il faut que la face principale soit orientée de telle façon qu'il pénètre une quantité suffisante de lumière dans les salles de classe, et que cette lumière soit, autant que possible, constante, car les variations de l'intensité lumineuse sont toujours une fatigue pour la vue des écoliers. Il faut en outre que, pendant un certain temps, les fenêtres de la salle de classe reçoivent la lumière solaire directe, et autant que possible en dehors des heures de classe. On sait, en effet, toute la valeur bactéricide de la lumière solaire; les travaux bactériologiques ont démontré la destruction des microbes et de leurs poisons par la lumière solaire; c'est là un facteur puissant d'assainissement et de désinfection pour l'entourage des habitations et pour les habitations elles-mêmes. Les lieux obscurs, où le soleil ne pénètre pas, sont malsains pour la santé et généralement humides.

Mais il n'est pas toujours facile de concilier le désir d'avoir une lumière intense et régulière avec la crainte de la lumière solaire directe, qui, par son éclat, est une cause de fatigue pour la vue, et qui, en outre, peut gêner les enfants en élevant trop la température.

Si on consulte les divers auteurs qui se sont occupés de l'orientation de l'école, on voit que les opinions les plus différentes ont été défendues, à commencer par l'exposition de la façade principale au nord, que réclamait Trélat en raison de la constance de l'éclairage dans cette exposition ; malheureusement, si on a de cette façon

un éclairage constant, la luminosité est faible, les bâtiments sont froids et la lumière solaire ne pénètre jamais; aussi cette exposition est-elle à peu près abandonnée.

Certains auteurs modernes, et en particulier Erismann, ont cependant défendu l'exposition au nord.

Au Congrès de Nuremberg (1), NusbaumetGrùber, MôsiusetCottelmann, se sont joints à Erismann pour soutenir cette opinion. L'école, prétendent ces auteurs, n'a pas les mêmes besoins de lumière que les maisons d'habitation; l'insolation directe est impossible pendant les heures d'enseignement; elle oblige à se servir de rideaux qui font perdre jusqu'à 90 p. 100 de lumière; le passage des nuages fait varier à chaque instant l'intensité de l'éclairage, surtout au printemps et à l'automne, et en été la chaleur devient intolérable.

L'argument principal d'Erismann est que les yeux subissent une grande fatigue du fait des changements fréquents d'intensité d'éclairage; en dehors du rôle protecteur de la pupille, on peut opposer à cet auteur ce simple argument tiré de l'observation courante, à savoir que les individus vivant au grand air et habitués à subir de grandes variations de lumière ont, en général, une meilleure acuité visuelle et de moins fréquentes maladies de la réfraction que les habitants des villes, accoutumés à une lumière plus diffuse et plus régulière. L'exposition à l'ouest a été généralement abandonnée, en raison de ce qu'elle permettait, pendant les classes de l'après-midi, la pénétration oblique des rayons solaires dans une trop grande partie de la classe; d'autre part, c'est le côté le plus exposé aux vents dans nos régions. Cependant, cette exposition a été recommandée, en particulier par le règlement prussien de 1886, parce que, l'enseignement cessant avec les premières heures de l'après-midi, l'insolation à ce moment n'a pas d'inconvénients.

Il est évidentque, s'il ne s'agit que de classes du matin, l'exposition à l'ouest est presque l'exposition préférable.

L'exposition au sud-est a été défendue par un certain nombre d'auteurs, en particulier par Schraube: elle donnerait une chaleur suffisante et mettrait à l'abri des vents les plus fréquents dans nos régions; d'autre part, les rayons solaires n'atteindraient la salle de classe que pendant une très petite partie de la matinée, et très obliquement. D'autres auteurs, Svez, Falk, Pappenheim, adoptent franchement l'est, trouvant dans cette disposition une meilleure intensité lumineuse. Guillaume était partisan, comme Schraube, de la direction sud-sud-est et pour la môme raison : pénétration profonde des rayons solaires dans la classe, surtout dans les premières heures de la matinée et peu dans les dernières heures.

La majorité des auteurs sont donc d'accord pour recommander

(1) Ier Congrès international d'hygiène sco'aire, Nuremberg, 1901.

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l'exposition de la façade principale au sud-est de façon à ce que 'insolation de la classe se fasse avant ou après les heu es dense,ttnement C'est également l'opinion de Bag.nsky, qui rejette les exposons nord, imrd-ouest et sud-ouest discutant l'opinion de ,J* majorité des auteurs, qui est plutôt favorable au sud-sud-est d trouve c,ue Pété cette exposition donne quelquefois trop de chaleur et, pour obvier à cet inconvénient, il est partisan de l'exposition a 1 est et même, dans certains cas, à l'est-nord-est.

Quand il s'agira d'une école avec deux façades, 1 une sera généralement disposée dans la direction sud-est et l'autre dans la reetion nord-ouest. En France, dans les cas analog ues M. BuneU architecte parisien, et M. Baudin, sont de cet avis. La Gomm ssion d'hygiène scolaire est plutôt de l'avis de Baginsky; elle préfère l'exposition nord-est - sud-ouest. Cette exposition parait en effetpréférable pour les climats chauds; au contraire, dans les climats plus froids, l'exposition sud-est - nord-ouest paraît la meilleure.

En tout cas, l'accord paraît se faire en faveur de 1 exposition a l est avec prédominance pour la direction nord- est dans les climats chauds, et sud-est dans les climats plus froids.

En résumé l'on peut dire que, sauf dans des cas particuliers, l'orientation de la façade principale dans la direction est ou sud-sudest sera toujours préférable : elle réalise le maximum d éclairage, la protection contre les vents habituels dans nos régions, et une insolation dans les premières heures du jour, c'est-à-dire au moment où celle-ci présente le moins d'inconvénients.

Bien entendu, lorsqu'il s'agit d'établissements contenant des classes i multiples il est impossible de les orienter toutes dans la même direction. Dans de pareils cas, on devra laisser l'exposition la moins favorable aux classes où les élèves séjournent le moins : salles de réunion, de gymnastique, etc.

Les salles de dessin devront de préférence être placées au nord, a cause de la plus grande régularité de l'éclairage.

//. - LE BATIMENT SCOLAIRE

L'étude du bâtiment scolaire comprend l'étude des fondations, des

murs, de la couverture, des planchers, des accès de 1 école des

portes d'entrée, des corridors et autres dégagements, des escaliers;

après avoir étudié tout ce qui concerne la construction de 1 école en

général, nous terminerons par l'élude de la classe proprement dite:

nous fixerons ses dimensions, et nous indiquerons d une façon 1res

sommaire la façon dont le mobilier doit être disposé dans la classe,

devant consacrerun prochain chapitre à l'étudedu mob.l.crlui-meme.

Fondations. - Nous avons parlé déjà de la nécessite de cou-

struire l'école sur un sol aussi sec et aussi aéré que possible, en ayant recours à un drainage si la chose est nécessaire.

D'une façon générale, il faut que la base des fondations soit à une distance de 1 mètre ou lm,50 de la nappe d'eau. La profondeur des fondations est généralement de lm,50.

La qualité primordiale des matériaux utilisés pour les fondations doit être l'imperméabilité, tandis que, pour les murs extérieurs, on réclame plutôt des matériaux perméables : nous en expliquerons plus loin les raisons.

On s'est efforcé d'assurer Y imperméabilité de> fondations en employant des moellons ourdis de ciment; on utilise ainsi une pierre perméable, plongée dans un mortier imperméable, et il est démontré en effet que le mortier déciment assure l'imperméabilité; on a prétendu que le granit était aussi imperméable que le ciment; il faut en réalité se défier de l'imperméabilité du granit; cette pierre n'a pas beaucoup plus de valeur au point de vue qui nous occupe que le moellon rendu imperméable par le procédé indiqué.

Nous n'avons pas à insister sur les différentes qualités de béton ou de ciment à employer ; ce serait entrer dans le domaine de l'architecture sur lequel, d'ailleurs, les traités allemands d'hygiène scolaire ont largement empiété en donnant des développements considérables sur tout ce qui concerne la maçonnerie, la menuiserie, etc. Le seul point à retenir pour nous, relativement aux fondations, c'est la nécessité de leur imperméabilité; les fondations et, avec elles, les murs qui les surmontent doivent être garanties contre l'invasion de l'humidité et de toutes ses conséquences.

Pour réaliser ce but, on n'a pas seulement recours à l'imperméabilité des fondations elles-mêmes, mais on a aussi imaginé d'établir une sorte de gaine imperméable tout autour des murs de fondations et même au-dessous des caves (fîg. 5, B).

Le règlement anglais, en s'inspirant de ce principe, recommande d'établir clans toutes les écoles, sous le sol des caves, une nappe imperméable constituée par un ciment de béton. Dans certains terrains, Nusbaum voudrait que cette gaine protectrice de ciment remonte un peu au-dessus du niveau du sol et dépasse le niveau du plancher du rez-de-chaussée.

En résumé, il existe deux moyens d'assurer l'imperméabilité des fondations : les construire avec des matériaux imperméables, tels que les moellons ourdis de mortier de ciment, et surtout les entourer d'une gaine protectrice de béton, qui s'étend sous le sol de la cave.

Nous devons signaler encore un dispositif, plus avantageux peutêtre en théorie qu'en pratique, et qui consiste à ménager, soit dans l'épaisseur des murs de fondations, soit entre ceux-ci et leur gaine d'isolement, un espace libre, ou « matelas d'air », de 7 à 8 centimètres

LE BATIMENT SCOLAIRE

<T épaisseur (fig. 5) ; cette « couche d'air » (L) communique, par un petit canal (0), avec la cave (K) ; et en haut, une sorte de cheminée (V) le prolonge jusqu'au niveau du toit, établissant en quelque sorte un courant de ventilation entre la cave, les parois externes du muret le toit. Ce matelas d'air, dont la valeur est très discutée par les architectes, a la propriété d'être mauvais conducteur de la chaleur ; c'est en raison de €ette propriété que l'on a parfois adopté, non seulement pour les caves, mais pour les murs ordinaires au-dessus du sol, ces mêmes murs creux, à couche •d'air interposée ; les murs construits avec des briques creuses réalisent plus simplement un dispositif analogue.

Il n'y a pas d'objections à faire contre le principe du « matelas d'air » mauvais conducteur de la chaleur ; mais on lui reproche d'être bon

Conducteur de l'humidité, et E, sol ; B, gaine de béton ; K, sol de c'est là un grief sérieux ; le la cave '> F' plancher du rez-de-chaussée ;

Fi

&. 5. — Fondations établies sur une gaine isolante, formant cuvette sous toute l'étendue du bâtiment, et comportant un matelas d'air.

matelas d'air diminue l'assé-

L, matelas d'air, communiquant en O

avec la cave, et par les gaines V, V, avec chement des fondations, et la l'atmosphère extérieure.

gaine réservée au passage de

l'air devient, dans certains cas, un lieu de condensation pour la vapeur d'eau atmosphérique : ce serait un vrai réservoir d'humidité que l'on aurait disposé dans l'épaisseur des fondations ! Nous reviendrons sur ce point tout à l'heure.

Caves. — Les caves jouent un rôle important dans l'hygiène du bâtiment ; elles assurent son aération et son assèchement, faisant elles-mêmes un matelas d'air considérable au-dessous du rez-dechaussée et s'opposant au passage de l'humidité du sol ; mais, dans bien des écoles, les caves ne répondent pas à un besoin immédiat, et on ne saurait à quoi les utiliser; dans les grandes écoles, au contraire, on ne dispose jamais de trop de locaux, et on aura souvent à se servir des caves; on pourra parfois, nous le verrons dans un autre chapitre, y installer les bains-douches ; dans d'autres cas, ce qui d'ailleurs n'est pas à recommander, on y a installé les ateliers de travaux manuels; dans certaines écoles allemandes, tous ces ateliers

sont dans le sous-sol: mais nous ne devons pas accepter que l'enfant fasse un séjour prolongé dans des locaux privés d'air et de lumière ; pour les bains-douches, où l'enfant ne reste que quelques instants chaque semaine, l'objection n'a guère de valeur.

Dans les écoles de campagne, où la cave n'est guère utilisée, on peut se contenter de voûtes surbaissées, soutenues par des piliers d'une hauteur de 50 à 60 centimètres; ces voûtes ne peuvent pas servir de caves, mais, au point de vue de l'aération, elles remplissent le but que nous désirons (fig. 6).

So/ cto iœ Classe

Fig. 6. — Voûtes surbaissées, construites dans les écoles où les caves sont inutiles, ou dans les cas où le peu de profondeur de la nappe d'eau empêche de creuser le sol pour établir dos caves.

Le rez-de-chaussée, autant que possible, ne devra pas être au niveau du sol lui-même et, d'une façon générale, il devra toujours être un peu surélevé; cette élévation peut varier de 50 centimètres (règlement de Saxe, 1873) à 1 mètre (règlement de Munich). Par conséquent, il doit toujours exister quelques marches pour monter à l'école, et on ne doit pas y avoir accès de plain-pied. La figure 6, empruntée aux « Instructions » de notre ministère de l'Instruction Publique, montre que le sol de la classe doit être surélevé de la hauteur de quatre marches, représentant une hauteur de 60 centimètres.

Murs, cloisons et planchers. — Étudions maintenant les murs extérieurs de l'école et les matériaux qui présentent le plus de qualités pour leur construction. Nous avons vu que l'on avait réclamé une certaine perméabilité pour ces matériaux, de façon à établir un courant de ventilation. Mais il ne faut pas attribuer une grande importance à la ventilation par les murs, ventilation qui est toujours extrêmement réduite et dont le maximum, même d'après Pompée, ne dépasserait guère 5 à 6 litres d'air par vingt-quatre heures pour 1 mètre carré de surface. Il est évident que, pratiquement, on

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ne doit pas en tenir compte, et que ce n'est pas cette petite quantité d'air qui doit être utile au point de vue de la ventilation de la classe.

Nous reviendrons plus longuement sur ce sujet dans un chapitre spécial ; mais disons dès maintenant qu'il faudrait surtout établir une aération active, car l'aération passive est la plupart du temps absolument insuffisante et en particulier l'aération passive par les murs tout à fait négligeable. Néanmoins les architectes soutiennent que les matériaux perméables à l'air sont aussi des matériaux qui sèchent plus facilement et qui, par conséquent, sont plus sains. Peu intéressante au point de vue de la ventilation, la perméabilité des murs est donc importante au point de vue de la santé du mur luimême. En même temps que perméables à l'air, il faut que les matériaux employés soient peu perméables à la chaleur et au bruit, autrement dit qu'ils soient mauvais conducteurs du son et de la chaleur ; c'est là une question importante qui doit retenir l'attention des hygiénistes scolaires.

Parmi ces matériaux, nous ne nous occuperons que des briques et des moellons, qui sont le plus souvent utilisés et qui sont les plus recommandables.

Les briques doivent être bien cuites ; on emploie de préférence les briques creuses, de façon à assurer l'aération du mur ; c'est une application de la théorie du « matelas d'air », mauvais conducteur de l'humidité, de la chaleur et même, jusqu'à un certain point, du son. D'autre part, ces briques creuses auraient l'avantage de favoriser l'assèchement rapide des murs exposés au nord ou à l'ouest. On a employé aussi des briques vitrifiées, imperméables à l'air, et des briques en argile réfractaire.

Pour les cloisons légères, on peut recommander les briques de liège, composées de débris de liège, agglomérés avec divers ciments ou mortiers spéciaux, et qui auraient l'avantage d'étouffer le son beaucoup plus que les autres briques. On les emploie surtout pour les cloisons séparant les classes les unes des autres ; elles sont, malgré leur composition, peu inflammables, et elles conservent bien la chaleur ; en plus de ces qualités, elles ont encore l'avantage de pouvoir être coupées ou sciées absolument comme du bois.

Avec les briques, la matière la plus fréquemment employée est le moellon-, le choix entre ces deux espèces de matériaux est dicté surtout par des raisons économiques qui varient suivant les pays. Les moellons doivent être bien secs et débarrassés de la terre souvent retenue à leurs aspérités.

On a employé aussi diverses espèces de roches, grès siliceux ou pierres calcaires, qui ont l'inconvénient d'absorber beaucoup d'eau. Il est certain que les pierres tendres sont, à ce point de vue, assez mauvaises ; néanmoins, dans certains pays où ces matériaux de

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construction sont à la disposition des architectes, on les emploiequelquefois. 11 faut se rappeler, en tout cas, que ces pierres calcairesne doivent pas être employées à la construction des fondations ni surtout des fosses d'aisances, à cause de leur trop grande perméabilité.

Nous recommanderons donc comme matériaux la brique, avec préférence peut-être pour les briques creuses, et le moellon.

Les mortiers présentent pour nous peu d'intérêt. Rappelons simplement qu'il faut employer le moins d'eau possible pour la fabrication des mortiers pour éviter l'humidité. Nusbaum recommande pour les joints un mélange de ciment, de chaux et de sable, dans la proportion de 1,2 p. 10, qui aurait l'avantage de sécher très vite.

Nous devons revenir ici sur la question des mars creux et du matelas clair dont nous avons parlé tout à l'heure à propos des fondations; on a construit des murs creux de la façon suivante r d'abord un mur extérieur ayant à peu près l'épaisseur de deux briques placées de champ, c'est-à-dire 25 cenlimètres ; puis un espace libre de 6 à 7 centimètres, et enfin un mur intérieur qui n'a qu'une épaisseur de 12cm,5. Si l'on ne tient pas compte de la couche d'air interposée, l'épaisseur totale des deux murs extérieur et intérieur (37cm, 5) se rapproche de l'épaisseur minima (35 centimètres)' réclamée, comme nous le verrons plus loin, par le règlement français pour les murs construits en briques.

Les auteurs qui ont recommandé les murs creux insistent pour que la gaine d'air ou « matelas d'air » soit plus rapprochée de la surface interne, c'est-à-dire de celle qui regardera la classe, et soit au contraire protégée du côté de l'extérieur par un mur de double épaisseur; cette couche d'air doit être absolument enfermée; elle est limitée en bas par un rang de briques qui, autant que possibler sont cimentées par un enduit imperméable. On recommande encore de fermer la gaine d'air par des matériaux imperméables sur tout le pourtour des fenêtres.

Ces précautions ont pour but d'empêcher toute communication, 3ntre le « matelas d'air » et l'air extérieur; il est certain, en effet, que, si cette gaine d'air était en communication avec l'air extérieur, on aurait tout simplement réalisé cette grosse faute dans la construction, de mettre le mur interne, dont l'épaisseur est minime, en rapport avec l'air extérieur. Construit avecles précautions indiquées,, le mur creux remplit au contraire son but, c'est-à-dire celui d'être un mauvais conducteur de la chaleur et de ne pas perdre par rayonnement des murs extérieurs de la classe une grande partie de la chaleur produite en vue du chauffage.

En plus de ces avantages capitaux, nous signalerons encore ce fait, que la gaine d'air est peu perméable au son et assourdit considérablement les bruits venant de l'extérieur.

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Cependant la valeur hygiénique des murs creux a été très discutée, et un auteur allemand, Astfalk, a fait à leur sujet de grosses objections; il prétend que la couche d'air isolante est en général inutile et que le but visé est loin d'être atteint en ce qui concerne la conservation de la chaleur et la préservation de l'humidité. Bien au contraire, la couche d'air favoriserait la pénétration de l'eau dans le mur : en effet, il arrive que cette couche d'air se charge d'humidité dans certaines circonstances atmosphériques, la vapeur d'eau se condensant sur la face interne des murs externes, dès que la température extérieure s'abaisse; il se produit alors, à la partie inférieure de la gaine d'air, un réservoir d'eau de condensation, où vont pouvoir se dévolopper toutes sortes de moisissures, voire même de cultures microbiennes : nous n'attacherons pas, à l'opposé de quelques auteurs, une très grande importance à cette possibilité de cultures microbiennes pathogènes dans les entre-murs, non plus d'ailleurs que dans les entre-planchers ou les entrevous.

Les mêmes objections ont été répétées par Astfalk à propos des espaces d'air ménagés dans les plafonds ; dans certains cas, il est vrai, ces espaces peuvent retenir de l'humidité; mais cette hypothèse mérite peu qu'on s'y arrête, tandis que la crainte de la pénétration d'humidité par les murs extérieurs est beaucoup plus fondée, même si on tient pour négligeable la pullulation microbienne.

Certains auteurs ont trouvé dans les entre-murs le pneumocoque, le bacille du tétanos, le bacille de la diphtérie; nous croyons que dans ces cas la bactériologie a un peu exagéré, et il est difficile d'admettre que les enfants puissent facilement aller chercher dans les entreplanchers ou dans les murs creux les microbes qu'ils récoltent à l'école.

Pour éviter l'accumulation d'eau dans les gaines d'air, on a pratiqué une ouverture à leur partie inférieure: mais alors on supprime toute défense contre la température et contre l'humidité extérieures, et on rend nulle l'efficacité de ce dispositif de protection.

Malgré la grande vogue dont a joui le mur creux chez les hygiénistes, il nous paraît difficile de le recommander de façon absolue, à cause de cet inconvénient majeur qu'il présente en entretenant dans sa propre épaisseur un réservoir permanent d'humidité.

1S épaisseur à donner aux murs est intéressante à connaître. Dans les climats de l'Europe moyenne, d'après les ouvrages de Pompée sur l'école maternelle, cette épaisseur devrait être de 40 à 60 centimètres. Les règlements français donnent les chiffres minima de 45 centimètres pour les murs en moellons et de 35 centimètres pour les murs en briques ; on retrouve d'ailleurs à peu près les mêmes chiffres dans le règlement anglais : 25 centimètres pour les murs en briques et 50cm,8 pour ceux en moellons. Pour les murs de faite, on admet quelquefois une épaisseur un peu moindre. Les

règlements de Saxe et ceux de Hesse permettent, dans certains cas, un minimum de 25 centimètres. Mais, en général, il faut se délier des murs trop peu épais, car ce qu'on économise dans la construction du mur est dépensé et au delà par le supplément de chauffage rendu nécessaire.

La protection extérieure des murs contre les pluies peut être assurée par l'application de plaques d'ardoise, de lamelles de bois, ou de tuiles imbriquées, comme cela se fait dans les pays humides ou exposés aux chutes abondantes de neige. Dans nos régions tempérées, on se contente d'un enduit quelconque; la chaux ou le ciment sont la plupart du temps suffisants. Nous reviendrons tout à l'heure, en étudiant la classe, sur la question des enduits intérieurs.

Nous devons nous occuper aussi de la disposition des espaces situés dans l'épaisseur des planchers, c'est-à-dire des entrevous. A l'école, on doit s'assurer que ces entrevous sont aussi peu perméables que possible au bruit, à la chaleur et à l'humidité.

En général, les planchers sont ainsi construits : à leur partie supérieure, ils portent une couche imperméable d'asphalte ou de béton, sur laquelle, dans la plupart des cas, sont placées les lames du parquet; au-dessous sont situées les poutres; au-dessous de celles-ci est établi le plafond de l'étage inférieur.

L'espace situé entre le plafond et le parquçt est généralement rempli par des carreaux de plâtre, par du mâchefer ou par du béton. D'autres fois, on réserve dans les entrevous des espaces creux, formant matelas d'air.

Autant que possible, les matériaux qui serviront à remplir les entrevous seront peu perméables au son et à l'humidité, et on utilisera de préférence les débris de pierre ponce, les sables, les scories, le « poussier », les débris de briques, de coke, de mortier desséché. Il faut éviter tout ce qui est putréfiable.

Les poutres peuvent être en bois ou en fer.

Toits. — Le toit, dans nos pays, est en général à double plan incliné à 33°; il faut que le bord du toit ne fasse pas sur la façade une saillie trop avancée, comme dans certaines villas normandes, de manière à ne pas intercepter la lumière de la classe.

Les matériaux de couverture les plus employés sont, suivant les pays, les tuiles ou les ardoises ; ces matériaux ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients; la tuile est plus mauvaise conductrice de la chaleur, mais elle se brise plus facilement. L'ardoise, plus solide, est aussi meilleure conductrice de la chaleur, et à ce point de vue moins recommandable. A plus forte raison doit-on rejeter les couvertures faites de lames métalliques, de zinc en particulier : elles sont d'ailleurs condamnées par le règlement français.

Les gouttières doivent être placées à l'intérieur du rebord du toit et ne doivent pas dépasser 30 centimètres de largeur, de façon à

LE BATIMENT SCOLAIRE. 6—21

oviter l'accumulation d'une trop grande quantité de neige. Il est important également de calculer les diamètres des canaux d'écoulement par rapport à la surface du toit, et Ton admet qu'ils doivent avoir 1 centimètre carré de surface de coupe par mètre carré de surface du toit.

Les greniers dans les écoles peuvent être utilisés pour le logement du mobilier en réserve.

Dans certaines écoles de grandes villes d'Angleterre et d'Amérique, on a fait des toits en plate-forme (voir p. 610), et on les utilise comme cours de récréation, pour la gymnastique ou les jeux ; ce sont là des installations coûteuses qui nous semblent plus originales qu'utiles.

Accès et dégag-enients. — L'entrée principale de l'école doit remplir quelques conditions intéressantes pour l'hygiéniste; précédée de quelques marches rendues nécessaires par l'élévation du plancher au-dessus du sol, l'entrée doit être protégée par une véranda qui évitera aux enfants de stationner sous la pluie; il faut éviter de faire la sortie de l'école dans une grande rue très passagère; ce sont là des détails qu'il suffît de signaler.

Quand il s'agit de groupes d'écoles, école maternelle et écoles communales de filles et de garçons réunies comme clans nos grandes écoles parisiennes, il est utile que les entrées des écoles soient assez rapprochées l'une de l'autre : en effet, on charge généralement les frères ou sœurs plus âgés de conduire les enfants plus jeunes à l'école maternelle. Cependant les « instructions ministérielles » françaises recommandent d' « éviter de placer l'école maternelle entre l'école de garçons et l'école de filles ».

On admet qu'il faut une entrée pour trois cents enfants : cette limite est fixée pour permettre une évacuation assez rapide en cas d'incendie ou de panique; c'est la même préoccupation qui a fait entrer dans les règlements les chiffres indiquant les dimensions minima des autres « dégagements ».

En France, les couloirs doivent avoir lm,50 de largeur pour une école de 250 enfants ; couloirs et escaliers doivent recevoir directement l'air et la lumière.

Pour éviter l'introduction de terre ou de boue dans les salles de classe, il est nécessaire de placer des grattoirs ou des paillassons à l'entrée de l'école ou des classes ; l'idéal, d'ailleurs irréalisable, serait d'obliger les enfants à changer de chaussures à leur arrivée à l'école; à la campagne, ce but peut plus facilement être atteint, car les enfants arrivent souvent avec des sabots qu'ils n'ont qu'à déposer dans le vestiaire.

On s'est prononcé d'une façon générale contre les grilles de raclage avec espace clair en dessous, difficiles à nettoyer et qui peuvent, d'autre part, faire glisser les enfants. En temps humide, la

sciure de bois, répandue en couche assez épaisse dans le vestibule et le vestiaire, peut avoir son utilité.

Les escaliers en pierre sont les meilleurs, mais les plus coûteux ; les escaliers en fer ne sont pas combustibles, mais ils ont le double i nconvénient d'être bruyants et glissants. On établit le plus souvent les escaliers en bois dur. La largeur des marches, en France, doit être de lm,35, leur hauteur de 16 centimètres au maximum, et leur « foulée » de 0m,28 à 0m,30. Dans les autres pays, on exige une hauteur un peu moindre. Il est nécessaire de faire des paliers de repos dans les escaliers à peu près toutes les quatorze ou quinze marches.

Les instructions ministérielles françaises indiquent encore que les escaliers doivent être droits, sans partie circulaire, que les barreaux doivent être espacés de 0m,13 d'axe en axe, et que la main courante doit être garnie de boutons saillants placés à 1 mètre de distance. Déplus, une seconde main courante sera disposée le long des murs.

Une dernière recommandation importante, en ce qui concerne les dégagements, est de construire deux escaliers, aux deux extrémités du bâtiment, dans toute école qui recevra aux étages 300 élèves ou davantage ; en cas d'incendie de l'un des escaliers, l'évacuation de l'école pourra être assurée par l'escalier opposé.

Les indications relatives aux portes sont fournies par le règlement français ; les portes principales, donnant accès dans l'école, doivent être d'une largeur se rapprochant autant que possible de celle du vestibule, pour permettre l'évacuation rapide de ce dernier ; les portes des classes seront de préférence à un seul vantail et auront 0m,90 de largeur; leur hauteur sera de 2 mètres environ; elles seront surmontées d'une imposte, pouvant s'ouvrir et concourir à la ventilation de la classe.

Toutes les portes devront s'ouvrir en dehors, et on veillera à ce qu'elles ne soient pas bruyantes. La porte d'une classe doit être toujours disposée de façon à ce qu'elle se trouve située dans l'espace qui est entre la chaire du maître et les bancs où sont les écoliers.

Dans les écoles des villes, les classes ouvrent en général sur le corridor; ces corridors, qui doivent avoir au minimum lm,50 de large quand ils desservent une seule classe, doivent avoir une largeur plus grande quand plusieurs classes y prennent accès. Nous avons dit déjà que les corridors doivent avoir des fenêtres propres, pour assurer leur éclairage et leur ventilation.

Vestiaire. — En même temps que les dégagements, nous pouvons étudier les vestiaires; le règlement français dit que « chaque classe aura, autant que possible, un vestiaire ; toutefois le même vestiaire pourra servir à deux ou à plusieurs classes contiguës. On y établira des portemanteaux pour les vêtements et des rayons pour les paniers ou les sacs à provision. Dans les écoles rurales, le ves-

LE BATIMENT SCOLAIRE

libule pourra servir de vestiaire ». Nous ajouterons que les portemanteaux devraient être assez écartés les uns des autres pour éviter Les transmissions parasitaires et, dans une certaine mesure, la propagation des maladies contagieuses ; la distance de 0m, 25, dictée par le règlement, esta peine suffisante.

En réalité les vestiaires n'existent que dans un nombre restreint d'écoles. La plupart du temps les vêlements sont entassés à des crochets disposés dans le préau, dans les corridors, ou même dans les •classes ; bien souvent encore les écoliers conservent coiffures et manteaux sur le dossier de leur banc. De grands progrès restent à réaliser à ce point de vue.

Nous reproduisons ici, comme modèle du genre, d'après une pho-

Kiî

Vestiaire avec armoires à portes grillagées.

tographie du Pr Badaloni, un des vestiaires de l'école de la rue Galbera à Bologne (fig. 7) : chaque élève y dispose d'un petit placard, dont la porte est grillagée pour permettre le séchage et l'aération du vêtement.

Il serait désirable que les enfants puissent changer de chaussures par les temps humides et qu'ils puissent trouver à l'école des chaussures sèches; à la campagne, où les enfants arrivent à l'école en sabots, on leur fait quitter ces chaussures, et ils assistent à la classe en chaussons.

Salle de classe. — Il est très important de connaître d'une façon exacte les dimensions que doit avoir la classe. On a dit que la classe était la capitale pédagogique de lécole, et cette définition est en parfait accord avec nos préoccupations de médecins hygiénistes; les dimensions de la classe doivent être fixées d'après les conditions de vision nette au tableau et d'après la portée de la voix du maître. Il est admis qu'à une distance de 8 mètres l'enfant peut lire au tableau des caractères hauts de 3 centimètres: ce sont- les chiffres donnés par le Pr Erismann (de Zurich); pour mesurer l'audition des enfants, on est parti de ce principe que l'enfant doit pouvoir

écrire au tableau sous la dictée du maître, le maître étant à 8 mètres en arrière de lui. Par application du même principe, il faut que le dernier banc ne soit guère à plus de 8 mètres du maître. Les enfants qui seraient placés à plus de 8 mètres du tableau et du maître seraient dans des conditions mauvaises de vision et d'audition.

La forme générale de la classe sera celle d'un rectangle. La longueur maxima sera de 9 mètres à 9m,50.

A un autre point de vue, cette longueur de la classe constitue la limite à laquelle un maître peut surveiller les enfants d'une façon suffisante pour la discipline. D'ailleurs la surveillance serait plus facile dans le sens de la longueur que, dans celui de la largeur, et les professeurs réclament surtout des classes profondes plutôt que des classes larges; ils affirment que, quand ils ont en largeur plus de huit enfants devant les yeux, la surveillance de la classe leur devient très difficile; il ne faut donc jamais dépasser le chiffre de huit élèves en largeur, et le chiffre de six élèves est de beaucoup préférable. C'estcelui auquel nous nous sommes arrêtés dans notre plan. Cette considération a fait donner aux classes une largeur notablement inférieure à leur longueur, et on a proposé que cette dimension soit en principe égale aux deux tiers de la longueur : la longueur maxima d'une classe devant être de 9 mètres environ, la largeur ne devrait pas dépasser 6 mètres : cette dimension permet un éclairage suffisant de toutes les parties de la classe, même avec l'éclairage unilatéral. Nous devons rapporter, à ce propos, les expériences faites par Erismann avec le photomètre de Weber. A 1 mètre de la fenêtre, il trouva 354 à 420 Melerkerzen, et à 7 mètres 5 à 16. Il y a donc, d'après cet auteur, une énorme différence d'éclairage entre la partie proche de la fenêtre et la partie située à 8 mètres. Nous devons retenir de ces expériences que placer des enfants à plus de 7 mètres des fenêtres, c'est les mettre dans des conditions d'éclairage tout à fait défectueuses.

En raison de ces considérations tant pédagogiques qu'hygiéniques la largeur de la classe ne dépassera donc jamais 7 mètres, et encore ne lui donnera-t-on cette dimension qu'avec une hauteur suffisante du plafond et des fenêtres; en pratique, la largeur n'excédera pas une fois et demie la hauteur du bord supérieur de la fenêtre au sol. Si cette hauteur est, par exemple, de 4 mètres, la largeur ne devra pas dépasser 6 mètres. Nous faisons remarquer qu'il ne s'agit pas ici de la hauteur sous le plafond, mais de la hauteur prise entre les parties hautes des fenêtres et le sol.

Le règlement français ne mentionne pas ces chiffres ; mais il exige que la surface de la classe soit calculée à raison de lm,25par enfant. Il indique, d'autre part, que le nombre maximum des places par classe -sera de 50 : ces chiffres concordent parfaitement avec ceux que nous venons de donner; en effet, une classe de 50 enfants devrait avoir,

LE BATIMENT SCOLAIRE

Chair

Tabh

eau

t Porte

im00

OJQ

d'après le règlement, une surface totale de 50 x lm,25 = 62m,50; en lui donnant les dimensions que nous avons fixées, nous serons dans les limites de ce chiffre, soil 9 mètres de longueur X 7 mèlres de largeur r= 63 mèlres carrés.

La hauteur sous le plafond doit être égale aux deux tiers environ de la largeur de la classe, mais elle ne sera jamais moindre de 4 mètres ; ce chiffre réglementaire, avec celui de la surface accordée à chaque enfant, assure donc à celle-ci un cube d'air de 5 mètres : avec une ventilation efficace, ce cube est suffisant, et à ce point de vue les instructions françaises sont assez généreuses.

Dans les écoles belges, les dimensions accordées sont plus larges encore :

chaque enfant à lmq,50 de surface, ce qui, avec 4m,50 de hauteur de classe, lui assure 6mc,75. Au contraire, dans certaines écoles allemandes, et en particulier dans les écoles de Berlin, nous trouvons des chiffres de beaucoup inférieurs, jusqu'à un minimum de 2mc,36. Mais en moyenne

le cubage d'air par enfant y est de 3mc,62 à 4mc, 12. Dans les gymnases, le cubage est de 5mc,2.

Voici comment les bancs et les tables se logeront dans une classe de dimensions réglementaires (fig. 8) :

Les tables-bancs à deux places ont, suivant la taille de l'enfant, de 0m,60 à 0^,80 dans le sens antéro-postérieur ; dans le sens transversal, ils mesurent lm,10 (ces chiffres sont les chiffres moyens fixés par le règlement français ; ils sont plutôt un peu faibles). Dans le sens de la longueur, chaque table-banc doit être séparée de la suivante par un espace d'au moins 10 centimètres; en avant, il doit y avoir un espace libre de 2 mètres environ entre la première table et la place du maître ; entre la dernière table et le mur, doit être laissé un espace de 50 à 60 centimètres. Latéralement, les tables doivent être écartées de 0m,80 ou 1 mètre, pour permettre le passage des écoliers et aussi la station debout, qui ne peut être prise entre la table et le banc. Entre les fenêtres, sous lesquelles sont généra-

Banc-table

à 2 places

-roc

Fig. 8. — Plan d'une classe de 48 élèves, établi d'après les données fournies par les Instructions ministérielles françaises.

lement les radiateurs, ella première rangée de labiés, ladislance doit être de lm,50 environ; du côté opposé, un écarlement de 0m,70 sera suffisant.

C'est en nous inspirant de ces chiffres que nous avons établi le plan (lîg. 8) d'une classe mesurant 9m,50 x 7m,50 et contenant quarante-huit élèves.

Nous avons supposé une classe occupée par de grands enfants, dont la taille atteint de lm,36 à lm,50, et auxquels convient la tablebanc du type n° IV du mobilier scolaire de la ville de Paris. D'autre part, nous avons supposé la classe occupée, par quarante-huit enfants, -ce qui est, à deux places près, le maximum autorisé par les règlements : noire plan au point de vue des dimensions de la classe est donc dans les conditions les moins favorables, et il ne faudrait dans aucun cas autoriser l'ouverture déclasses excédant en longueur ou -en largeur les dimensions que nous indiquons.

Nous reproduisons ici (fig. 9, 10 el 11) sans les commenter autrement, les plans donnés par les instructions ministérielles, pour la disposition des classes à éclairage bilatéral, ou pour celles où sont utilisées les tables-bancs à une seule place.

Largeur :

Passages le long des murs, 2 à

Om,75 lm,50

Passages longitudinaux, 3 à

i tables-bancs à lm,10 4™, 40

Classe de 48 élèves.

Surface totale 61m(i,60.

Tables-bancs à 2 places.

Éclairage bilatéral

Longueur :

Emplacement pour le maître 2m,00

Passage au fond 0m,70

6 tables-bancs à 0™,82 4m,80

5 intervalles transversaux à Om,10 0m,50

yp^JïïyA^

Fig. 9. — Plan d'une clause de i8 élèves.

Surface par élève lm<i,28.

Hauteur de la classe

im,00.

Cube par élève :

5m<yi31.

La chaire doit être disposée de façon à être toujours située à Tune des extrémités du grand axe de la classe, et de telle sorte qu'il y ait toujours l'espace nécessaire à la circulation des enfants en Ire la chaire et les bancs.

Nous rappelons ici qu'aucune fenêtre ne doit être percée dans le mur qui fait face à la chaire, non plus que dans celui qui fait face £ux élèves.

LE BATIMENT SCOLAIRE

Enduits et peintures. — Étant donné le peu de valeur qu'il faut attribuer à la ventilai ion des classes par la porosité des murs,

Largeur :

Passages le long des murs, 2 à

Passages longitudinaux, 5 à

6 tables-bancs à 0m,60 3m,60

Classe <le 48 élèves.

Surface totale

Longueur :

Emplacement pour le maître.. 2m,00

Passage au fond 0m,60

8 tables-bancs A 0m,80 6m,i0

5 intervalles •transversaux à 0m,10 0m,70

Tables-bancs à 1 place.

Éclairasse bilatéral.

LT

□ □ □ rffcfe*

□ □□□□□ rf

□ a □ □ an □□□□□□

- — — ^^\\W^^^\^^^^^i ISS , §> -« 7.30 >

Surface par élève

lmV»7.

Hauteur de la classe :

im,00.

^ Cube par élève :

°* ômc,90.

Fig. 10. — Plan d'une classe de 48 élèves.

il importe peu que les enduits qui les recouvriront soient ou non

Largeur :

Passages le longdès murs, 2 à

Om,00 lm,20

Passages longitudinaux, i à

0m,50 lm,00

6 tables-bancs ■à 0m,60 3m,00

6mt1Q

Classe de JiO élèves.

Surface totale :

Tables-bancs à 1 place

Longueur :

Emplacement réservé pour le maître 2m,00

Passage du

fond 0m,60

10 tables-bancs à 0m,80 8m,00

9 intervalles transversaux à Om,10 0m,90

llm,50

Éclairage unilatéral.

Surface par élève lmi J2 .

Cube par élève :

6mc,36.

□ □ □ □ □ Il

□ □ □ □ Ois

□ □□an

Fij. 11. — Plan d'une classe de 50 élèves.

perméables à l'air : on tiendra surtout compte, dans leur choix, des

Hauteur de la classe :

lm. 16.

facilités de nettoyage; quand on attribuait à la perméabilité des parois une certaine importance, on classait les enduits dans cet ordre : d'abord les badigeons à la chaux très perméables, puis les couleurs à la colle, les papiers mats, les papiers glacés, et enfin les peintures à l'huile, qui, en couches suffisamment épaisses, sont complètement imperméables.

Ce sont surtout les peintures vernissées, tout à fait imperméables, mais de facile nettoyage et résistantes aux lavages répétés, qu'on emploie de préférence à l'heure actuelle.

La couleur des peintures ne doit être ni trop claire ni trop sombre ; le blanc pur réfléchit trop la lumière et fatigue la vue; on choisira de préférence les teintes gris vert ou gris bleu. Ces peintures ne doivent pas être décorées, et les auteurs allemands prétendent qu'il faut se contenter d'y dessiner des lignes, à l'exclusion de dessins qui peuvent fatiguer la vision des enfants. Si les peintures de la classe doivent être grises de préférence, les plafonds doivent être blancs pour renforcer la diffusion de la lumière.

Les peintures seront renouvelées, ou tout au moins lessivées, tous les ans.

Les murs seront recouverts de panneaux de bois sur une hauteur

de lm,20; à défaut de boiserie, le revêtement sera exécuté en ciment et peint en couleur sombre.

Toute la surface de la classe doit être aussi

jjjl lisse et aussi unie que possible ; on proscrira

*Ê&ÏL~*»*~~*^~»~r ^es moulures et les corniches; « les plafonds

III WÊ seront plans et unis », et, ajoute encore le

règlement français, les « angles formés par Fig. 12. — Angle arrondi ja reïlcontre des murs latéraux avec les

d un rayon de 0m, 10.

cloisons et les plafonds seront remplacés par des surfaces arrondies concaves d'un rayon de 0m,10 » (fig. 12).

« Une ligne indiquant le nord-sud » sera tracée sur le plafond , prescrit le même règlement. Nous devons ajouter que nous n'avons jamais rencontré d'école où cette dernière prescription ait été observée.

Plancher. — Les planchers doivent répondre à un double desideratum : être facilement lavables, sans présenter de joints ou d'anfractuosités capables de retenir et de loger les poussières, et ensuite ne pas être froids aux pieds des enfants. Ce dernier inconvénient ne doit pas être tenu pour nul, malgré l'adoption de la barre ou de la planche d'appui pour les pieds sous la table-banc; car les enfants peuvent, durant la classe, se tenir parfois debout et, de plus, ne pas garder constamment les pieds posés sur les appuis.

Nous devons donc condamner de façon formelle tous les carrelages et tous les grès-cérames, dont les avantages, au point de vue de la facilité du nettoyage, sont cependant indiscutables.

Les parquets de bois restent le plus souvent employés; on se servira de bois durs, de chêne de préférence ; les lames seront soigneusement jointoyées : on a recommandé de mastiquer les joints par°une sorte de calfatage, àl'aide de ciments spéciaux, qui paraissent assez efficaces. Les parquets à lames courtes, bien que exigeant un plus grand nombre de joints, sont cependant les meilleurs, car il s'établit moins de jeu entre des lames plus courtes et de moindre portée; le parquet en « point de Hongrie » paraît recommandable. On a cherché à rendre le bois des parquets imperméable en le paraffinant ou en Yimprégnant d'huile lourde : celte précaution, souvent prise aujourd'hui, donne de bons résultats. Les parquets ainsi traités n'emmagasinent pas la poussière et sont plus faciles à laver.

Les parquets seront établis sur des plans bien unis etimperméables, soit de ciment, soit d'asphalte.

Certains agglomérats, comme le xylolith, composé de sciure de bois et d'un ciment particulier, forment une sorte d'enduit qui peut être étalé sur les planchers : par dessiccation, cet enduit devient assez dur, tout en conservant une certaine élasticité, qui le rend peu sonore ; ces planchers sont également mauvais conducteurs de la chaleur, parfaitement unis et sans joints, et ils sont facilement lavables. Ils ont parfois l'inconvénient de se craqueler, ce qui supprime le principal de leurs avantages, c est-à-dire l'absence de joints. Le linoléum n'a été jusqu'à présent que rarement employé en France dans les salles de classe ; il est plus souvent utilisé en Allemagne. Cette sorte de tissu présente de grands avantages : facilité de lavage, assourdissement du bruit des pas, mauvaise conductibilité de la chaleur.

L'usage a fait donner ce nom aux différentes parties de l'école autres que la classe, celle-ci étant considérée ajuste titre comme le centre de toute l'installation. Nous étudierons ici les privés, les cours, les préaux, et aussi certains aménagements que nécessitent à la fois les progrès de l'instruction et ceux de l'hygiène. Nous ne reviendrons pas, dans ce chapitre, sur les <^ dégagements »de la classe, déjà étudiés, et nous réserverons pour le chapitre de Veau à V école l'étude les bains-douches.

Privés. — Les water-closets, ou privés, selon l'expression employée par les hygiénistes, ne doivent pas occuper dans l'école un emplacement quelconque. Dans une école de campagne, ou dans une école d'externat, ils ne devront jamais être logés dans les bâtiments \ d'école; ils doivent occuper un bâtiment séparé, à l'une des extrémités de la cour, çtôlre assez éloignés delà classe et des bâtiments

principaux pour que les émanations ne puissent pas y arriver (I). On lit généralement, dans les règlements, qu'il ne faut pas que les waterclosets se trouvent placés de façon à ce que les vents habituels du pays apportent les odeurs dans les classes ; on évitera également qu'ils soient reliés au bâtiment principal par un passage vitré, qui, dans la plupart des cas, servirait de façon malencontreuse de couloir d'aération. Enfin on orientera autant que possible ce bâtiment spécial vers le nord, de façon à restreindre l'action fermenlescible de la chaleur.

Ces recommandations ne seront plus applicables quant il s'agira d'un internat; dans ce cas, il sera préférable d'avoir des waterclosets dans le bâtiment lui-même.

Les urinoirs, dans les écoles de garçons, devront être en nombre

au moins égal à celui des privés.

Les cases auront « environ 0m,35 de profondeur sur lm,20 de hauteur ; elles seront espacées de 0m,40. Un service d'eaux sera établi pour le nettoyage » (règlement français).

Le plus souvent, les parois des urinoirs sont faites de lames d'ardoise : cette matière ne convient qu'à moitié à cet usage, Fig. 13. — Urinoirs à parois cintrées, car elle est légèrement poreuse et en faïence émaillee. dégage facilement de mauvaises

odeurs, quand elle n'est pas lavée de façon constante par une mince nappe d'eau courante ; une pareille installation ne peut pas être partout établie, surtout à la campagne ; dans ces cas, on a recours à un enduit d'huile de naphte qui empêche l'urine de fermenter sur l'ardoise; mais cette précaution ne constitue guère qu'un pis-aller.

Il serait préférable d'employerpour les cases des urinoirs des matériaux complètement imperméables, tels que les grès ou les faïences émaillés, ou les opales coulées; ces produits ont en outre l'avantage de pouvoir former des angles arrondis ; on construit même des stalles complètement cintrées (fîg. 13), d'un entretien extrêmement facile.

Nous ne parlerons pas ici de l'évacuation de l'urine, qui se fera par le même moyen que l'évacuation des matières fécales.

(1) Cet éloignement des water-closets est encore recommandé, et dans la construction des écoles neuves on tient un compte exact de cette sorte de précepte ; il semble cependant que dans les grandes villes, et avec les systèmes à siphons adaptés sur le « tout à l'égout », les privés pourraient sans inconvénient être installés dans l'école même, dans le sous-sol, par exemple.

Les règlements fixent le nombre de cabinets séparés qu'il est nécessaire de construire pour un nombre donné d'enfants; en Belgique, on admet qu'il faut un water-closet pour vingt-cinq garçons, et un pour quinze filles; dans les prescriptions allemandes, nous trouvons une proportion un peu moindre, soitun siège pour quarante garçons et, pour les filles, un pour vingt-cinq. Le règlement français ne mentionne pas le nombre d'enfants, et il réclame simplement que : u toute école doit être munie de privés à raison de deux cabinets par classe dans les écoles de filles; » comme les classes ne doivent pas compter plus de cinquante élèves, notre règlement exige en somme au moins un cabinet pour vingt-cinq enfants.

« Les cases auront 0m,70 de largeur et 1 m, 10 de longueur environ» Les portes ouvriront en dehors et seront munies de tampon en caoutchouc; elles seront surélevées de 0™,20 au-dessus du sol et auront lm,10 de hauteur. » Ces indications du règlement français coïncident à peu près avec les chiffres des documents allemands, sauf en ce qui concerne les portes.

Le dispositif réclamé chez nous pour les portes présente un double intérêt : au point de vue de l'aération d'abord, et aussi pour la surveillance qui doit être facilement exercée par les maîtres ou les maîtresses.

En Allemagne, le principe est un peu différent du nôtre ; on ne tient pas compte des nécessités de la surveillance, et la porte est pleine jusqu'en haut; notre système paraît préférable, et c'est par application des mêmes idées que les pédagogues réclament des water-closets visibles de la cour même du bâtiment principal, et non dissimulés derrière les arbres ou les pans de murs.

Les parois des cases, si la chose était possible, devraient être lavables ; on pourrait les recouvrir de peinture assez résistante pour ne pas être enlevée ni détériorée parles enfants; les revêtements de carreaux en céramique nous paraissent préférables, et leur usage tend fort heureusement à se généraliser. On peut, par mesure d'économie, limiter ce revêtement assez coûteux au sol et aux parois jusqu'à lm,20 ou lm,50 de hauteur.

Le règlement français ne dit rien de l'emploi de ces matériaux propres et hygiéniques ; il exige seulement que « les parois et le sol soient en matériaux imperméables; tous les angles seront arrondis ; une pente sera ménagée pour l'écoulement des liquides vers le siège,. avec ouverture d'échappement au-dessus de la fermeture de l'appareil obturateur ».

Ce même règlement ne donne pas d'indications bien précises, ni surtout très modernes, sur l'installation du siège : « Le siège, en pierre, ciment ou fonte, aura 0m,20 de hauteur; il sera incliné de toutes parts vers l'orifice. Celui-ci, de forme oblongue, aura 0ra,20 surO^li; il sera à 0«i,l0 du devant. La cuvette sera munie d'un obturateur. »

Fig. 14. — Modèle de siège « à la turque » (d'après les Instructions ministérielles). Coquille en grès-cérame.

Nous reproduisons ici le dessin qui illustre l'édition primitive de

ce règlement, qui est toujours en vigueur, et conformément

auquel sont installés les privés de la plupart des écoles (fig. 14).

Nous devons, sur bien des points, compléter ces instructions et

indiquer les progrès accomplis à ce point de vue dans les écoles modernes.

Doit-on d'abord préférer les cabinets pourvus de cuvetles et de sièges aux anciens cabinets à la turque ? En France, et en particulier à Paris, ce dernier système est très employé, et il est encore défendu par bon nombre d'hygiénistes:

la position accroupie, en effet, facilite la défécation en permettant aux muscles abdominaux et aux releveurs de l'anus leur maximum

de contraction ; d'autre part, cette installation est d'entretien facile et est moins aisément souillée par les enfants. Dans les cabinets récemment construits, le siège à la turque est en fonte émaillée blanche (fig. 15 et 16). le conduit d'évacuation forme siphon, les parois de ce cabinet sont revêtues, ainsi que le sol, de carreaux de faïence vernissée.

Les cabinets avec cuvette surmontée d'un siège, sur lequel l'enfant doit s'asseoir, exigent plus de soin : il est

Fig. 15. — Installation de cabinets avec siège à la turque dans une école parisienne (Cliché Jacob, Delafon et Cle).

Fig. 16. — Siège à la turque, en fonte émaillée (Cliché Jacob, Delafon et C1*).

difficile d'empêcher les enfants de monter sur le siège, et, pour parer à cette habitude, on a imaginé de rendre la station debout impossible sur le siège : on a réduit le plus possible la largeur de

ses bords, de façon à réaliser plutôt une sorte de couronne qu'un siège à proprement parler; on emploie souvent aussi des sièges se relevant de façon automatique dès que les enfants n'y sont plus assis (fig. 17).

Plus simplement encore, on a supprimé toute garniture de bois et remplacé le siège par un épaississement en bourrelet assez épais du rebord de la cuvette; ce dernier dispositif est à la fois pratique, très facilement lavable et économique; il a l'inconvénient d'être froid (fig.18).

D'une façon générale, on préfère les cuvettes profondes aux cuvettes plates, parce que la chasse d'eau s'exerce plus facilement dans la cuvette ronde que dans la cuvette plate, où la chasse d'eau est latérale et où l'eau oeut venir mouiller les enfants.

Fig. 17. — Siège « rationnel » (Société générale d'épuration et d'assainissement).

Fig. 18. — Siège à rebord en porcelaine ( Jacob, Delafonet O).

Le point le plus important de la construction de la cuvette est que sa tuyauterie d'évacuation forme un coude suffisant pour assurer un siphonnage complet et éviter le reflux du gaz de la fosse ou de l'égout dans le cabinet; il faut, d'autre part, que ce siphon soit assez large pour éviter tout engorgement des conduites. C'est ce dispositif que montre clairement la figure 17.

La hauteur delà cuvette et celle du siège doivent être calculées de telle façon que l'enfant y soit assis bas ; nous insistons à nouveau sur cette nécessité ; dans cette attitude, les muscles abdominaux peuvent développer leurs contractions au maximum; on aura donc soin que la hauteur du siège soit toujours inférieure à celle du banc convenant à la taille de l'enfant.

Le siège, pour ne pas être une cause de contagion possible, doit être maintenu dans un état de propreté absolue ; la vulvite, certains parasites et en particulier les vers intestinaux, pourraient se propager par ce moyen.

L'éducation des enfants doit être faite à ce point de vue et, dans

Traité d'hygiène. VI. — 3

certaines écoles étrangères, le cabinet ne peut être ouvert qu'à l'aide d'une clef qui doit être demandée au maître : de cette façon, il est facile de savoir quel est l'enfant qui aura laissé les privés dans un état malpropre.

Les sièges des cabinets réservés aux filles sont habituellement échancrés en avant, en forme de fer à cheval, pour éviter la souillure de l'urine et aussi la propagation de la vulvite.

Dans les écoles maternelles, on adapte parfois un dossier qui permet de laisser les enfants sur le siège, sans qu'il soit besoin de les y maintenir (fig. 19).

Quel que soit le système employé, il est d'absolue nécessité de fournir une quantité d'eau suffisante aux privés pour leur nettoyage

Fig. 19. — Siège à dossier, pour les écoles maternelles (modèle Mouren, Paris).

complet après le séjour de chaque enfant. Les « chasses d'eau » réalisent le mieux ce nettoyage; on a imaginé des chasses d'eau automatiques, se faisant dès que l'enfant quitte le siège, ou quand il appuie sur une sorte de pédale formant appui-pied, comme dans certains sièges à la turque. Quand l'installation ne comporte pas de réservoirs d'eau avec une pression suffisante pour l'utilisation de ces appareils à chasse d'eau, ce qui est habituel dans les écoles de campagne, on placera des seaux ou des brocs et des balais dont l'usage sera imposé aux enfants : il y a là, nous le répétons, toute une éducation à faire: il s'agit de propreté élémentaire, trop souvent méconnue chez nous, et que l'exemple de l'école, tenue de façon propre et hygiénique, doit contribuer à répandre dans toutes les classes de la société.

Avant d'étudier les différentes espèces de fosses d'évacuation, nous montrerons l'importance de la question de la ventilation de ces fosses; la ventilation de la cabine elle-même est facilement réalisée par l'usage de porte à mi-hauteur adoptée en France. Mais la ventilation de la fosse est autrement importante, et il suffit, pour la démontrer, de citer ces quelques chiffres empruntés à un travail d'Erismann : cet auteur a calculé la quantité de gaz qui se dégageait

d'une fosse fixe, contenant 18 mètres cubes de matières: il a trouvé que cette fosse dégageait en vingt-quatre heures :

Acide carbonique 11kg, 144

Ammoniaque 2k&,040

Hydrogène sulfuré 0^,333

Carbure d'hydrogène 7K&,164

Il y avait donc 20kg,381 de gaz dégagés en vingt-quatre heures par cette fosse d'aisances; calculés en mètres cubes, ces gaz nocifs ou toxiques représentent 18mc,792, ou 18 792 litres; il n'est pas besoin d'insister davantage pour montrer de quelle importance est la ventilation des fosses d'aisances.

Pour les tinettes mobiles, un tuyau d'aération est absolument ' nécessaire, soit qu'il parte de la tinette elle-même, soit qu'il soit abouché sur la conduite qui réunit la cuvette à la tinette. Le plus souvent, on adopte pour le tuyau d'aération un dispositif en U; cette précaution devient inutile s'il existeun siphons'opposant au passage de l'air.

Dans les fosses fixes, la cheminée d'aération est placée à la partie supérieure de la voûte; elle doit monter jusqu'au niveau de la partie la plus élevée des bâtiments.

On a cherché des procédés susceptibles de faciliter l'aération et de provoquer le mouvement ascensionnel des gaz dégagés aussi bien dans les fosses mobiles que dans les fosses fixes ; c'est ainsi que Ton a pensé à se servir de la chaleur, produite soit par une lampe à alcool ou par un brûloir placé à côté de la cheminée d'évacuation : réchauffement des parois de cette cheminée provoque le mouvement de bas en haut qui doit constituer l'aération. Nous croyons d'ailleurs que ces dispositifs ont plus de valeur théorique que pratique.

L'évacuation des matières fécales et, d'une façon plus générale, des « matières usées » ne se fait pas de la môme façon à la ville et à la campagne. Dans les villes, certains procédés permettent l'évacuation immédiate, et nous avons ici en vue le tout à l'égout, qui n'existera jamais à la campagne.

A la campagne, nous avons le choix entre trois procédés : la tonne mobile, un système anglais qu'on appelle le earlh System, et la fosse fixe.

Les tonnes mobiles constituent le plus simple de ces procédés ; cependant nous devons signaler la difficulté qu'il y a à réunir de façon étanche à la tonne mobile le tuyau d'évacuation qui vient des cabinets ; il faut que ce joint soit aussi hermétique que possible.

D'autre part, il faut veiller à ce que les matières puissent être enlevées rapidement, sans qu'elles risquent d'èlre répandues dans l'endroit où est placée la tonne.

Dans rétablissement de ce système, on ménage au-dessous et en arrière des cabinets une sorte de loge avec une porte spéciale, ouvrant autant que possible à l'extérieur de l'école, de façon que Ton puisse enlever ces tonnes sans avoir à traverser les cours ou les bâtiments scolaires; il faut que les échanges des récipients puissent se faire facilement et fréquemment.

Nous n'avons pas à insister ici sur d'autres dispositifs de détail, tels ceux destinés à éviter le débordement des tonnes, et nous signalerons seulement ce qu'on a appelé le système diviseur, grâce auquel on peut séparer les matières liquides des matières solides.

Il faut que les tonnes soient aussi étanches que possible, en bois très dur et très sec ; de préférence à ces dernières, on utilisera des tonnes métalliques en tôle galvanisée. Il faut, bien entendu, que ces tonnes puissent être nettoyées et, dans certains cas, stérilisées : on peut y verser des substances antiseptiques de façon à entraver les fermentations, au moins dans une certaine mesure.

On admet qu'il faut une de ces tonnes de 50 litres de contenance pour quinze habitants ; à l'école, la proportion sera moindre, et une tonne suffira pour vingt ou vingt-cinq enfants; ces chiffres coïncident avec ceux que nous avons déjà donnés, fixant à un pour vingtcinq enfants le nombre des cabinets.

Le earth System consiste en des tinettes mobiles garnies de matières poreuses qui, presque immédiatement, assurentl'absorption des matières fécales. Ces substances absorbantes sont constituées par un mélange de terre sèche et de tourbe ; il faut 5 kilogrammes de ce mélange pour 1 kilogramme de matière fécale.

Ce système, employé surtout en Angleterre, a évidemment des avantages ; mais il faut qu'on trouve à côté de l'école un terrain dans lequel on puisse déposer le contenu des tinettes. Il n'y a pas besoin d'enterrer très profondément ce mélange; il a besoin seulement d'être recouvert d'une couche de terre de 50 centimètres, de façon à ce que l'action des bactéries puisse compléter la transformation des matières fécales et en faire ensuite un engrais utile, par l'azote et par les autres matériaux qu'elles contiennent.

Ces deux premiers systèmes reposent sur l'emploi de récipients mobiles, qu'on transporte et qu'on vide aussi souvent qu'il en est besoin : nous aurons à parler de la façon dont on assure leur ventilation.

Les fosses fixes réclament une installation plus complète et surtout très soignée; elles doivent d'abord, de façon absolue, être étanches; mais, malgré toutes les précautions prises pour assurer leur imperméabilité, il faut savoir que Tétanchéité est presque impossible à obtenir. Les règlements édictés à ce sujet sont très précis; voici d'abord les prescriptions édictées en Allemagne, que nous reproduisons d'après Baginsky :

Le mur doitètre, au moins pour les parois latérales de la fosse, de l'épaisseur d'une brique et demie (35 centimètres) et être recouvert à l'intérieur d'une couche ou chape de ciment de 2 centimètres. Le sol de la fosse doit être encore plus épais et être constitué de

trois rangs de bri- n Pierre scellée

ques, soit 0m, 75 environ d'épaisseur ; de plus, ce fond doit reposer autant que possible sur une couche d'argile de 30 centimètres. Il faut que les parois latérales de la fosse

Chape en ciment

Couche isolante d'argile de 0^30

Maçonnerie «tanche de 0m 35

Maçonnerie de 0™75

Fig. 20. — Fosse en maçonnerie, avec chape en ciment, et couche isolante d'argile.

soient également

garnies d'argile, si

la chose est possible

(fig. 20). On demande en France que la partie inférieure de la fosse

ait des angles arrondis, car le nettoyage en est rendu plus

facile.

Voici d'ailleurs le texte du règlement français :

« Les fosses fixes seront de petite dimension, sans jamais avoir toutefois moins de 2 mètres de long, de large et de haut. Elles seront voûtées, construites en matériaux imperméables et enduites de ciment.

>< Elles seront étanches, et le fond sera disposé en forme de cuvette; les angles extérieurs seront arrondis sur un rayon de 0™,25.

« Elles seront établies loin des puits.

« Elles seront munies d'un tuyau d'évent, qui sera élevé au-dessus de la toiture des privés aussi haut que l'exigera la disposition des constructions voisines. »

On a, dans certains cas, établi deux fosses à côté l'une de l'autre avec un ou plusieurs orifice de petite dimension faisant communiquer l'une avec l'autre; cette disposition en deux fosses permet l'évacuation moins fréquente de l'une d'elles ; c'est en somme une sorte de système diviseur ; lorsque la première fosse commence à s'emplir, les matières liquides pénètrent peu à peu dans la seconde; il reste dans la première fosse les seules matières solides, qu'on évacue moins souvent.

Nous devons signaler encore un mode d'installation de fosses qui tend à se répandre depuis quelques années et qui paraît donner de bons résultats : nous voulons parler de la fosse septique (fig. 21), qui n'est qu'un appareil dilueur permettant une vidange automatique.

Voici, d'après M. G. Rives [Revue du Touring-Club de France, mai 190(>), comment fonctionne cette fosse :

Ventilation partielle

Ventilation générale h La Fosse doit être le plus loin

Canalisation d'évacuation

possible de l'habitation Pente minima deû,03par mètre %

Fig. 21. — Disposition générale de la fosse septique (d'après G. Rives).

« Pour son installation, il est tout d'abord indispensable d'avoir l'eau en abondance, à un niveau suffisant pour munir de réservoirs de chasse tous les appareils.

« Les matières de vidange et les eaux étrangères (eaux de pluie, eaux ménagères, etc.) seront amenées jusqu'à la fosse septique, récipient étanche et hermétiquement clos, construit aussi loin que possible de l'habitation : son principe consiste à transformer en liquide, sous faction des microbes anaérobies, tous les produits résiduaires; ce résultat est obtenu dans une période de vingt-cinq jours environ.

« Ce liquide s'écoulera automatiquement par une canalisation, soit dans un égout, s'il en existe, soit dans un puisard, dans le fond duquel la fîltration pourra s'opérer naturellement.

« On peut encore filtrer le liquide au moyen d'une tranchée maçonnée, remplie de tourbe, qui intercepterait son écoulement avec le puisard ou l'égout; la tourbe s'imprégnerait de toutes les matières fertilisantes et pourrait servir ensuite à une utilisation agricole.

« Cette description sommaire démontre que, sans dépenses considérables, il est possible, partout où l'eau existe en abondance, de pouvoir faire cette installation qui, en assainissant l'habitation, procure dans l'immeuble les mêmes avantages que le tout à l'égout.

« Avant de mettre la fosse en service, il faudra la remplir d'eau afin que les tuyaux d'arrivée et d'évacuation plongent à 70 centimètres au-dessous de son niveau : ainsi que nous l'avons indiqué, les matières solides et liquides provenant du tuyau de chute seront reçues dans cette masse d'eau jusqu'à ce que leur dilution soit complète et que par, l'effet d'un nouvel apport, un écoulement se produise par tropTplein.

« Les visites de ces fosses seront très éloignées et n'ont pour but que de les débarrasser de corps durs tels que débris de porcelaine, de verre ou autres qui auraient pu s'y introduire par accident. La canalisation sera ventilée sur un ou plusieurs points de son parcours. »

Des fosses analogues, inspirées du même principe, ont été construites sous le nom de transformateur intégral, fosse automatique, septic-tank, etc.

Dans les grandes villes, l'évacuation des matières usées est souvent assurée par le système du tout à Végout. Il existe deux systèmes pour le tout a l'égout: l'égout unique, dans lequel les eaux de pluie se mélangent avec les eaux souillées de toute origine; puis le système séparatif, dans lequel il y a, d'un côté, l'égout pour les eaux de pluie, et, d'autre part, Légout d'évacuation des matières usées, détritus, eaux de vaisselle, et matières venant des waler-closets.

Dans les écoles parisiennes, le tout à l'égout est généralement employé ; au point de vue de la salubrité, c'est évidemment le système de choix; ajoutons seulement qu'il faut veiller à ce que le siphon, placé à l'origine du tuyau de chute, ne permette pas le reflux des gaz venant de l'égout : si cette condition est bien observée, il n'y aura aucune odeur dans les privés.

La construction et 1 entretien des wa ter-close ts ù l'école sont d'autant plus importants que notre connaissance des modes de contage devient plus précise; et nous pouvons rappeler ici la notion récente des porteurs de germes, et en particulier les cas déjà nombreux d'enfants atteints des fièvres typhoïdes latentes.

Le contrôle de la propreté, de la netteté môme, du water-closet à l'école est une question qui doit attirer au premier chef l'attention du médecin scolaire.

En plus de cette méticuleuse propreté, il faudra parfois, et particulièrement en cas d'épidémie, assurer la désinfection des privés : les procédés sont multiples, et nous ne donnerons ici que les plus usités d'entre eux : les cuvettes, les sièges et les parois pourront être lavés avec une de ces solutions : chlorure de chaux à 50 p. 1 000 ; sulfate de cuivre à 50 p. 1 000 ; crésyl ou lysol à 30 ou 40 p. 1 000 ; le sublimé est un mauvais antiseptique pour cet usage, car il forme des précipités insolubles en présence des matières albuminoïdcs; on versera en outre dans les fosses une solution concentrée de sulfate de

cuivre à 1 p. 10, ou de chlorure de chaux, également à 1 p. 10, ce dernier produit ayant l'avantage d'être un bon désodorisant: il faudrait au moins 10 litres de ces solutions par mètre cube de matière à désinfecter.

Cour. — La cour doit avoir, d'après le règlement français, 5 mètres carrés au moins par enfant ; elle ne devra pas avoir plus de 2 000 mètres, à cause de la surveillance. Cette cour doit êlre sablée) en Angleterre, on préfère les cours asphaltées; mais nous croyons que, au point de vue de l'hygiène, les cours sablées sont préférables, car elles permettent bien mieux l'aération du sol, si la dérivation des eaux est favorisée par un nivellement convenable. On établira au besoin un drainage en creusant simplement des fossés remplis de pierres un peu grosses.

A Paris, beaucoup de cours sont asphaltées; d'après Dufestel, les directeurs d'école préféreraient ces systèmes aux cours sablées, qui ont l'inconvénient de laisser entraîne]' des cailloux dans les classes ou les préaux. Cependant le règlement français prescrit formellement le sol sablé, à l'exclusion du « bitume ou du pavage, qui ne pourront être employés que dans les passages et les trottoirs ». D'autre part, passages et trottoirs ne feront jamais saillie, et les eaux ménagères ne devront pas traverser la cour à ciel ouvert.

Des arbres pourront avec avantage être plantés dans la cour; on aura soin qu'ils ne soient pas trop rapprochés des fenêtres pour ne pas diminuer la valeur de l'éclairage ; ils ne devront pas être entourés de grilles ni de grillages, auxquels les enfants pourraient se blesser.

Le règlement français dit encore que des bancs fixes seront établis au pourtour de la cour et que dans les écoles mixtes la cour sera divisée par une claire-voie.

En étudiant l'eau à l'école, nous parlerons des fontaines et gobelets placés dans les cours.

A côté de la cour de récréation, on pourra réserver un petit jardin à l'usage des enfants; dans beaucoup d'écoles de campagne, le jardin est de dimensions suffisantes pour que l'on établisse une sorte de « jardin d'essai », où les enfants peuvent s'intéresser aux méthodes d'agriculture ou d'arboriculture, suivant les régions.

Enfin un portique pour appareil de gymnastique pourra être dressé dans la cour de récréation.

Préau. — Le règlement français prescrit en ces termes l'installation des préaux :

« Toute école sera pourvue d'un préau couvert ou abri. La surface sera de im;25 environ par élève, la hauteur de 4 mètres sans plafond.

« Il pourra y être installé des lavabos, ainsi que des tables mobiles pour le repas des élèves.

« Un fourneau pourra être établi à proximité du préau pour préparer ou réchauffer les aliments des enfants.

« A défaut d'une salle spéciale pour renseignement de la gymnastique, une partie du préau ou abri sera affectée à l'installation des appareils ».

11 serait à souhaiter que, dans nos climats tout au moins, où les enfants passent un bon nombre des récréations des jours d'hiver dans le préau couvert, ce dernier soit destiné à des usages moins multiples : encore le règlement passe-t-il sous silence les réunions électorales, les logements de troupes, les conférences publiques, pour lesquelles le préau est souvent réquisitionné; il y a là des abus contre lesquels nous devons protester. Le lendemain d'une réunion électorale tenue dans une école parisienne, sans que les mesures de désinfection consécutives prescrites en pareil cas n'aient été exécutées, nous avons pu prélever des crachats bacillifères dans le préau où les enfants avaient joué toute la journée.

Pour ce qui est des cantines scolaires logées le plus souvent dans les préaux de nos écoles, nous dirons ailleurs la façon dont elles devraient être installées : des enfants qui prennent de façon régulière un repas à l'école ne doivent pas y être campés dans une installation de fortune, et les médecins inspecteurs des écoles de Paris ontréclamé déjà l'établissementde cuisines spécialeset de réfectoires. Ajoutons que le préau doit être largement aéré et ventilé et qu'il doit jouir d'un éclairage intense, fourni par des fenêtres ou par des baies vitrées de grandes dimensions. Comme les enfants peuvent s'y livrer à des exercices violents, il faut que la surface de cette pièce soit dépourvue de tout meuble encombrant : dans les installations modernes, comme nous l'indiquerons plus loin en nous occupant du chauffage, les radiateurs y sont dissimulés sous les plinthes, ou même sont logés dans l'épaisseur des planchers et recouverts de grilles ajourées.

Une salle de gymnastique peut exister, indépendante du préau. En Allemagne, on l'a souvent installée dans les sous-sols : nous avons dit déjà que nous considérions comme un contresens d'utiliser ces locaux pour des exercices physiques qui devraient, autant que possible, être exécutés au grand air. Nous reviendrons sur cette question quand nous aurons à nous occuper des terrains de jeux et de la culture physique des écoliers. En tout cas, on donnera aux salles de gymnastique de grandes dimensions, surtout une grande hauteur, et on leur assurera une large aération en même temps qu'un maximum de lumière. Le sol sera sablé; sous les agrès, il sera prudent d'étaler une couche de sciure de bois. Quelques installations sont parquetées et munies de tapis : ces installations sont coûteuses et ne permettent pas, comme le sable ou la sciure, de fréquents renouvellements. Salles de classes spéciales. — Le règlement français dit que,

dans les écoles où il y a plus de trois à quatre classes, on doit prévoir une classe spéciale soit pour les travaux manuels, soit pour le dessin.

La classe de dessin peut, avec avantage, être orientée au nord, à cause de la fixité de la lumière et de la régularité de l'éclairage; l'éclairage par le haut, par des châssis vitrés, y est également favorable, tandis que l'éclairage bilatéral est complètement à rejeter. Un mobilier spécial est nécessaire pour ces classes : nous en parlerons ailleurs. La figure ci-dessous (fîg. 22) montre une salle de dessin remarquablement aménagée, mais répondant plutôt par ses proportions aux besoins d'une école professionnelle qu'à ceux d'une école primaire.

Fig. 22. — Salle de dessin.

Les classes de dessin peuvent être de grande longueur et atteindre 17 mètres, les enfants y étant habituellement répartis par groupes qui travaillent d'après différents modèles; la largeur au contraire, à cause des nécessités de l'éclairage, ne doit pas dépasser 6 mètres.

Les travaux manuels ne doivent, sous aucun prétexte, être installés dans les sous-sols ; comme tous les locaux où séjournent les enfants, l'air et la lumière doivent y entrer à flot. Nous en dirons autant des ateliers de couture, de repassage, installés dans quelques écoles, p Dans certaines écoles allemandes, il existe des salles d'enseignement ménager, où les fillettes apprennent à faire la cuisine. Nous

reproduisons ici la photographie (fig. 23)Id'une de ces « classes » de cuisine.

Logement des instituteurs. — Le logement des instituteurs sera aussi indépendant que possible des locaux scolaires. Le règlement français est très explicite à cet égard, et il montre un grand souci du bien-être des maîtres :

Art. 41. — Le logement convenable, tel que Ta prévu l'article 48, paragraphe 15, de la loi du 25 juillet 1893, doit se composer au minimum:

1° Pour tout instituteur, marié ou non, placé à la tête d'une école primaire élémentaire :

Dans les communes de moins de 12 000 habitants : d'une cuisine-salle à manger et de trois pièces à feu ;

Fig. 23. — Classe de cuisine.

Dans les communes de 12000 habitants et au-dessus : d'une cuisine, dune salle à manger et de trois pièces à feu ;

2° Pour tout adjoint titulaire ou stagiaire marié et pour tout instituteur placé à la tête d'une école de hameau :

D'une cuisine-salle à manger et de deux pièces à feu ;

3° Pour tout adjoint célibataire, titulaire ou stagiaire :

De deux pièces, dont une à feu ;

4° Pour les directeurs et directrices des écoles primaires supérieures:

D'une cuisine, d'une salle à manger et de trois pièces à feu;

5° Pour les instituteurs adjoints mariés des écoles primaires supérieures :

D'une cuisine, d'une salle à manger, de deux pièces à feu ;

G0 Pour les instituteurs adjoints célibataires :

De deux pièces à feu.

Tous les maîtres désignés ci-dessus auront à leur disposition soit une cave, soit un débarras servant de cellier et de bûcher, ainsi que l'usage de privés.

Art. 42. — Les dispositions de l'article 41 sont applicables aux institutrices exerçant dans les écoles de filles ou dans les écoles maternelles. Toutefois, toute adjointe célibataire, titulaire ou stagiaire, a droit à une cuisine distincte.

Art. 43. — Aucune communication directe ne devra exister entre les classes et le logement de l'instituteur.

Art. 44. — Un même escalier pourra desservir plusieurs logements.

Art. 45. — Dans les écoles de quatre classes et plus, une pièce située au rezde-chaussée servira de vestiaire et de réfectoire pour les maîtres adjoints.

Art. 46. — Dans les écoles d'une certaine importance, nécessitant un emploi de concierge, le logement de celui-ci sera établi au rez-de-chaussée et comprendra : une loge, une cuisine, une ou deux pièces, des privés et une cave.

La pièce d'attente pour les parents sera située à proximité de la loge du concierge.

Nous devons insister sur Y isolement des logements des instituteurs ou des concierges : il importe qu'on puisse accéder à ces logements sans traverser aucun des locaux scolaires, en particulier pour le cas où quelque maladie contagieuse surviendrait parmi le personnel ainsi logé.

Cabinet médical et chambre d'isolement. — En terminant la description des annexes de l'école, nous devons émettre le vœu que le médecin ait à sa disposition, dans les écoles comprenant plus de cent élèves, un cabinet médical. Dans l'école de la Gœtzingerplatz, à Munich, école qui est un véritable palais et qui a coûté près de 1 300000 marks, il y a un cabinet médical très bien installé, avec tous les instruments pour peser et mesurer les enfants. Sans réclamer une installation luxueuse, il est très désirable qu'il nous soit réservé dans les écoles dont nous avons la surveillance hygiénique un local où nous pourrions, en toute tranquillité, examiner les enfants et conserver en sécurité nos dossiers et nos fiches.

Nous devons insister encore davantage pour la création de chambres cV isolement, qui permettraient de séparer de leurs camarades les enfants suspects de maladie contagieuse avant que les familles aient pu venir les chercher à l'école. Ces chambres, réclamées avec insistance par les médecins inspecteurs des écoles de Paris, ne comporteraient qu'un mobilier très succinct, de façon à être facilement désinfectées après chaque séjour d'enfant contagieux.

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