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RÉSULTATS ET EFFETS DE L'ÉDUCATION PHYSIQUE

En établissant l'enseignement de la gymnastique sur des bases physiologiques et rationnelles, on peut donc obtenir des résultats multiples sur lesquels il est bon d'insister, et qui sont exposés avec beaucoup de clarté et de précision dans les considérations générales sur l'éducation physique qui servent de préface au Manuel d'éducation physique : nous les reproduisons ici.

Chaque séance quotidienne d'exercice doit produire un effet hygiénique, un effet correctif, un résultat économique et un effet moral.

« I, Veffet hygiénique est le plus important ; il contribue à améliorer la santé et aboutit à l'augmentation de la résistance à la fatigue ; il se traduit par une suractivité des grandes fonctions organiques, en particulier de la circulation et de la respiration; il s'obtient par des exercices s'adressant à un nombre considérable de muscles à la fois et nécessitant une dépense d'énergie notable en un temps restreint. Cependant les exercices trop violents ou trop précipités sont à éviter ; ils causent l'essoufflement et les palpitations du cœur, indices de troubles respiratoires et circulatoires. Les exercices gradués et progressifs, les repos opportuns de quelques instants et les exercices spéciaux dits respiratoires pourront atténuer ces inconvénients et éviteront ainsi des accidents. La marche, la course, les jeux et les récréations de plein air sont les plus favorables pour produire l'effet hygiénique et donner la santé et la résistance à la fatigue, parce qu'ils ont un retentissement général sur l'organisme. Quand, au contraire, on se borne à faire travailler un nombre restreint de muscles, même en faisant des efforts énergiques, cet effet général ne se produit pas; aussi un exercice localisé ne saurait-il en aucun cas être substitué à un exercice généralisé pour obtenir l'effet hygiénique.

« II. V effet correctif de l'exercice s'obtient par des attitudes actives de redressement et par des mouvements bien déterminés; les uns et les autres s'adressent plus particulièrement aux muscles faibles du dos et de l'abdomen et ont pour but de lutter contre les mauvaises attitudes scolaires ou professionnelles. Les attitudes et les mouvements sont combinés de façon à agir dans une même leçon sur toutes les parties du corps, soit successivement, soit simultanément. Au lieu de rechercher un développement musculaire excessif, il est préférable de rétablir l'équilibre entre les groupes musculaires antagonistes par des exercices appropriés qui redressent la colonne vertébrale, fixent l'épaule, amplifient la cage thoracique et fortifient les parois de l'abdomen sans exagérer la courbure des reins. Une règle générale à suivre est de maintenir dans tous les exercices de développement, la rectitude du tronc et de conserver, en exécutant les mouvements de bras, les coudes et les mains dans le plan des épaules. Afin de donner à chaque mouvement plus de précision et d'efficacité, les parties du corps que l'on veut plus particulièrement exercer sont rendues pour ainsi dire indépendantes, et prennent appui pour se mouvoir sur les autres parties immobilisées autant qu'il est possible par des contractions statiques. Il est indispensable d'exercer également les deux parties du corps.

« III. L'adresse et la souplesse sont la conséquence de la meilleure utilisation de notre force musculaire dans les applications ; de là un résultat économique qui se traduit par le maximum de rendement en travail utile avec le minimum de fatigue.

Traité d'hygiène. VI. 19

« Ce résultai esl obtenu par l'éducation de nos mouvements; on doit s'efforcer d'effectuer tout travail sans gaspiller ses forces dans des contrariions superflues ou dans des efforts supérieurs aux résistances que nous avons à vaincre. Cette mesure dans nos efforts est une des conditions les plus importantes de la résistance à la fatigue.

« Il est nécessaire de rechercher dès le début une exécution aussi parfaite que possible. La complication des mouvements, leur vitesse viendront ensuite. Cependant il faut veiller à ne pas compliquer ni précipiter les mouvements sans utilité. Jl y a, pour chacun d'eux, une cadence favorable au travail et qui permet de continuer longtemps celui-ci. Le soin et l'attention qu'on apporte dans la bonne exécution des exercices priment à ce point de vue le nombre d'heures d'application ; on devra même cesser tout travail dès que la fatigue et la raideur se manifesteront.

« Pour éduquer nos mouvements et les centres nerveux qui les commandent, on devra pratiquer les équilibres, compliquer peu à peu les exercices et les rendre plus difficiles; cependant il ne faut pas confondre les exercices difficiles d'une utilité reconnue dans la pratique de la vie comme ceux qui ont trait au sauvetage par exemple, avec les exercices difficiles de pure fanjaisie et sans application utile.

« IV. L'effet moral de l'exercice est obtenu en suscitant l'effort personnel.

« Les exercices d'audace mettent en action la volonté et les qualités viriles. La direction de l'activité vers un but noble et élevé moralise et fortifie. La gaîté et l'entrain obtenus par un bon instructeur contribuent avec la variété des mouvements à la santé morale, par suite à un effet hygiénique plus intense. Faire aimer l'exercice, c'est assurer sa vulgarisation et augmenter la somme de ses bienfaits.

« L'effet moral grandit aussi beaucoup par l'exécution collective des exercices et, en particulier, des jeux et des sports; car la nécessité et l'obligation pour chaque exécutant de conformer ses efforts et de soumettre sa volonté au but commun développent au plus haut point les sentiments de discipline, de camaraderie, de solidarité et môme d'abnégation et de sacrifice. »

Le Syllabus des exercices physiques pour les écoles publiques élémentaires, publié en 1909, en Angleterre, par le « Board of éducation », expose, dans sa très intéressante introduction, des principes analogues. Après avoir montré que l'objet d'un « système d'éducation digne de ce nom est le développement simultané d'un caractère droit, d'une intelligence active et d'une bonne santé physique », l'auteur de la préface, R.-L. Morant, insiste sur les progrès qu'il y a à accomplir pour arriver à ce but, « non seulement par la publication d'un programme officiel adapté aux besoins de l'enfance, mais par une instruction adéquate du personnel enseignant ». Quant aux

conditions physiologiques de l'éducation physique de l'enfance et aux résultats de celle éducation, elles reposent sur les mêmes principes et tendent au même but chez les éducateurs anglais et français : chaque exercice doit avoir un effet « physique » et « éducatif ».

L'effet physique se fait sentir sur la nutrition générale, sur le développement, et il est en même temps « correctif ».

l'effet éducatif agit sur la formation du caractère et le développement des plus hautes qualités intellectuelles et morales.

Il était intéressant de noter, à la fin de celte courte élude, la conformée parfaite des vues qui ont guidé les pédagogues 'anglais et français pour la rédaction des manuels officiels d'exercices physiques dans les écoles publiques dans leurs deux pays.

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