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Replacer le pied à terre

Même mouvement de la jambe droite.

Fis-. 149.

Fig. 150.

Flexion et extension du tronc, un pied maintenu (exercices 253, 254,255) (fîg. 149, I50? 151).

Mêmes exercices, a la barre (exercices 276 et 279) (fig. 152, 153).

Fig. 152. — Flexion et extension du tronc, à la barre (incliner le tronc en arrière

et revenir assis).

À ces exercices simples, viennent s'ajouter pour les élèves plus âgés les exercices d'application : sauts, courses, boxe, etc. Notons aussi qu'en plus des exercices de pied ferme les élèves pratiqueront

quelques exercices aux agrès : cordes, perches, échelles, barres parallèles ; ce sont à peu près les accessoires utilisés dans la méthode suédoise, mais avec un plus grand souci, dans le choix des exercices, de l'entraînement dans un sens utilitaire et pratique.

Fie. 153. — Flexion latérale du tronc.

C'est ici que nous devons rappeler que chaque série d'exercices doit être séparée de la série suivante par quelques mouvements de

Fig. 15i. — Premier mouvement : inspiration avec élévation des bras

(d'après Marage).

gymnastique respiratoire : après chaque exercice violent ou d'exécution rapide, les mêmes mouvements seront encore répétés. Le manuel officiel, ainsi que bon nombre de manuels de gymnastique.

n'ont pas placé en vedette, comme ils devraient l'être, ces exercices d'importance capitale, et ils ont passé un peu vite sur leur description. C'est pourquoi nous reproduisons ici les conseils donnés par

Fig. 155.

Deuxième mouvement : inspiration avec abduction et extension des bras (d'après Marage).

le D1 Guinon, cité par son élève G. Simon, pour l'exécution simple et pratique de ces mouvements :

Fig. 1 5e>. — Troisième mouvement rotation des épaules (d'après Guinon).

Fig. 157. — Quatrième mouvement rotation des épaules (d'après Marage)

Premier mouvement. — Inspiration avec élévation des bras dans le plan antérieur jusqu'à la verticale; expiration avec abaissement

dans le plan transversal jusqu'au contact des membres inférieurs (fig. 154).

Deuxième mouvement . — Les bras et avant-bras étant placés fléchis dans un plan horizontal, à la hauteur des épaules, les mains devant le sternum : inspiration avec abduction et extension des bras dans le plan horizontal, puis expiration avec adduction et flexion des bras en avant, toujours dans le plan horizontal (fig. 155).

Troisième mouvement (conseillé par le Dp Marage). — Rotation des épaules d'avant en arrière et de bas en haut, avec inspiration pendant que les épaules se portent, en avant et en haut, expiration pendant qu'elles se portent en arrière et en bas. C'est une sorte de haussement d'épaule, avec rotation autour d'un axe transversal (fig. 156).

Quatrième mouvement. — Les bras étant tombants le long des cuisses : abduction et supination forcée des deux bras, les mains restant en bas et portées le plus possible en arrière, puis adduction avec pronation, les mains étant ramenées en avant sur les cuisses ; l'enfant inspire pendant l'abduction avec supination; il expire pendant l'adduction avec pronation (fig. 157).

Tous ces mouvements doivent être faits autant que possible en plein air ; ils seront amples et lents (de 15 à 20 par minute). L'inspiration et l'expiration se feront par le nez.

Promenades et jeux scolaires. — En dehors des exercices gymnastiques proprement dits, l'éducation physique peut être complétée par tout un ensemble d'exercices, dont la haute valeur hygiénique ne doit pas être méconnue, et que nous ne manquerons pas de recommander.

Les promenades et excursions scolaires ont un double but : elles peuvent servir à l'instruction générale (histoire naturelle, géométrie, topographie), tout en contribuant à l'entraînement physique. Elles doivent être exécutées avec quelque méthode : la longueur des courses sera progressive et portée de 8 à 16 kilomètres pour les enfants âgés de plus de onze ans ; au début de la promenade, l'allure sera modérée; les pauses auront lieu tous les trois quarts d'heure environ, autant que possible dans les endroits abrités, pour éviter les causes de refroidissement; pendant les heures les plus chaudes de la journée, il sera prudent de suspendre la marche; enfin une surveillance active sera exercée sur les élèves pour qu'ils ne commettent aucune imprudence dans leur nourriture et surtout leur boisson : on leur défendra sévèrement de s'arrêter aux fontaines ou aux ruisseaux, où ils pourraient boire de l'eau malsaine ou trop froide.

Lesyewx scolaires, que nous avons vus se développer jusqu'à l'engouement, doivent être organisés de telle façon que la totalité des enfants puissent y prendre part. Le jeu purement sportif n'intéresse qu'un petit nombre de sujets très bien doués physiquement, et il

entraîne souvent, chez les enfants en pleine période de croissance, des troubles sérieux et un véritable surmenage physique contre lequel le Dr Le Gendre à dès longtemps poussé un cri d'alarme.

Les jeux scolaires peuvent être divisés en récréatifs et en gymnastiques, suivant la dépense de force ou d'agilité qu'ils exigent. Les premiers peuvent être exécutés à l'intérieur, bien que le plein air soit toujours préférable pour les ébats des enfants. Les seconds exigent le plus souvent des terrains assez étendus : nous reviendrons tout à l'heure sur la nécessité d'établir, à proximité des villes, des terrains de jeux réservés aux écoliers.

Dans nos écoles, les jeux sont sévèrement réglementés ; on peut voir à Paris, affichée dans la plupart des préaux ou des cours de récréation, une longue liste de jeux interdits ; ces prescriptions arrivent à supprimer presque complètement les jeux dits de plein air; il faut ajouter que la place est très limitée dans les cours de nos écoles, et que l'entassement y est considérable; mais il faut surtout incriminer l'article 1384 du Code civil qui rend les maîtres responsables des accidents survenus pendant les récréations (1). Cette responsabilité a été étendue aux accidents arrivés au cours des promenades ou des excursions : l'initiative des maîtres sera grandement entravée tant que cette loi restera en vigueur ; elle nous paraît incompatible avec le développement de l'éducation physique. Il n'est pas admissible que, pour éviter un accident, dont le maître reste en tout cas bien innocent, on prive toute une population scolaire d'exercices physiques aussi indispensables que toutes les autres parties de l'éducation (1).

Le Manuel d'éducation physique donne une longue liste et une description détaillée des jeux récréatifs et des jeux gymnastiques qui conviennent aux enfants des différents âges, garçons ou filles. Nous ne pouvons ici que renvoyer à cet ouvrage.

Mais nous insisterons tout spécialement sur la nécessité de l'organisation des jeux scolaires, sous la direction et même la participation des maîtres. A l'école spéciale de Joinville, les instituteurs apprennent un certain nombre de jeux scolaires. Il faut que tous les membres de notre corps enseignant comprennent que faire jouer les enfants, c'est faire œuvre d'éducateur. La Ligue française pour l'hygiène scolaire a récemment organisé, pour les enfants de quelques écoles de Paris, des sections de jeux : des groupes de quarante écoliers sont conduits sur un emplacement mis à leur disposition, et ils s'y livrent à des jeux surveillés et dirigés par un maître spécialement entraîné à la pratique et à l'enseignement de ces jeux scolaires. Cette initiative mérite d'être encouragée et développée.

(1) La question de la responsabilité civile des instituteurs a été l'objet, au Congrès international de 1913, de plusieurs rapports et communications. Des projets de loi sont à l'étude. Nous ne pouvons que renvoyer aux publications de ce Congrès les lecteurs qu'intéresserait cette question spéciale.

Traité d'hygiène. VI. — 20

Exercices d'application. — Les premiers et les plus simples des exercices d'application sont ceux qui s'inspirent des conditions normales de noire vie physique : à l'état de nature, et pour la lutte pour L'existence, l'homme doit nécessairement pratiquer un certain nombre d'exercices : la marche, la course, le saut, le grimper, etc. La pratique de ces exercices produit, chez l'homme primitif, un développement harmonieux du corps, et elle lui assure un fonctionnement organique normal.

C'est en observant cette « loi naturelle » que le lieutenant de vaisseau Georges Hébert a institué sa méthode naturelle, dont le succès est si vif et les résultats si encourageants (1).

« Les plus beaux spécimens humains, dit le lieutenant Hébert, en force et en santé, se rencontrent chez les hommes vivant près de l'état de nature, plus particulièrement chez les sauvages.

(( L'être humain, par sa nature même, est organisé pour vivre à l'air libre avec son revêtement naturel, qui est la peau, et bâti pour pratiquer certains exercices essentiellement utiles à ses besoins. Ces exercices, qu'on peut dénommer utilitaires indispensables, forment huit groupes distincts, qui sont :

« La marche, la course, le saut, le grimper, le lever, le lancer, la défense et la natation.

« Par suite, pour acquérir le plus haut degré de santé et de force, l'homme doit vivre le plus possible au grand air, s'exercer au dehors, assurer à la peau le contact de l'air et se soumettre à la pratique des exercices utilitaires indispensables. Tels sont les procédés naturels de développement.

« La méthode d'éducation physique dite « naturelle » n'est qu'un retour à la nature raisonné et adapté aux conditions de la vie sociale actuelle (2). »

Il s'agit donc bien là de vrais exercices d'application. Leur pratique doit aboutir à une aptitude suffisante aux divers exercices utilitaires indispensables; Hébert a évalué les «performances» auxquelles doivent arriver, pour chacun de ces exercices, les enfants de différents âges, et il a ainsi établi une limite inférieure du débrouillage, exprimée en chiffres, et exposée en une série de tableaux, auxquels on devra se reporter pour savoir si un sujet est arrivé au point de « débrouillage » normal pour son âge.

Selon la remarque de Heckel, ces tableaux doivent être considérés, à l'heure actuelle, « comme le seul moyen qui satisfasse aux nécessités scientifiques parce qu'il permet d'exprimer par un chiffre la valeur de l'élève, avant, pendant et après l'entraînement ».

(1) G. Hébert, Guide pratique d'éducation physique (Paris, Vuibert, édit.). L'entraînement complet par la méthode naturelle (Paris, Vuibert, édit.).

(2) G Hébert, L'éducation physique ou l'entraînement complet par la méthode .naturelle (Le Temps, supplément du 23 mars 1913).

Nous ne pouvons détailler ici la « leçon d'entraînement » du lieutenant Hébert, qu'on trouvera exposée dans les ouvrages de cet auteur.

Nous ne dirons que quelques mots des exercices d'application ou

Fig. 158. — Exercices préparatoires à la natation, exécutés debout ; mouvements des membres supérieurs (d'après Hœnig).

plus spécialement « sportifs » dont la pratique est plus ou moins courante.

La natation est un des exercices les plus complets et les plus utiles, auquel on entraînera les élèves toutes les fois que les circonstances le permettront.

Les bains de rivière exigent une température de l'eau de 20° G. au minimum ; les baignades en « pleine eau » ne sont pas toujours exemptes de danger et seront difficiles à faire accepter comme exercice scolaire ; dans les villes situées sur un cours d'eau, les écoles devraient disposer d'une enceinte, ou mieux d'un établissement, où le bain pourrait être surveillé, et où l'on ne craindrait ni les tourbillons, ni les plantes aquatiques, ni les fugues trop

éloignées. L'installation idéale serait celle de piscines, suffisantes en nombre et en dimensions pour recevoir toute la population scolaire. A Paris, les piscines municipales ont été mises à la disposition des écoles, et des propositions ont été faites pour en augmenter le

Fig. 159. — Exercices préparatoires à la natation, exécutés debout; mouvementdes membres inférieurs (d'après Hœnig).

nombre. Ces établissements permettraient seuls d'exercer régulièrement, en toute saison, les enfants à la natation.

Avant d'être conduits aux bains, les élèves devront savoir exécuter les exercices préparatoires. Ces exercices, comprenant les mouve-

Fig. 160. — Exercices préparatoires à la natation exécutés sur un pliant

(Manuel d'Educat. phys.).

mentsde flexion etd'extension des membres supérieurs et inférieurs, seront pratiqués debout d'abord (fîg. 158 et 159), puis à plat ventre sur un tabouret ou un pliant (fîg. 160).

Quand l'élève saura nager régulièrement, il apprendra à nager

Fig. 161. — Mouvements du tronc et des membres supérieurs et inférieurs dans le canotage avec banc à glissière (d'après Hœnig).

sur le dos, sur le côté, à plonger; il s'exercera à des sauvetages.

Le bain ne sera jamais assez prolongé pour que la sensation du froid devienne pénible; la durée sera en moyenne d'un.quart d'heure. Le meilleur moment est celui qui suit la classe du soir. Un exercice modéré doit précéder le bain ; et à la sortie, après un essuyage soigneux, une marche rapide ou des jeux assez mouvementés favoriseront la réaction.

Le canotage est un sport qui favorise le développement d'un grand nombre de groupes musculaires et qui présente de grands avantages hygiéniques ; dans les canots à banquettes mobiles, les muscles des bras, de l'épaule, du dos, de l'abdomen, des cuisses, entrent en jeu (fîg. 161); le rythme même des mouvements, qui doivent être très lents et souples, est très favorable à l'ampleur de la respiration.

Le patinage est un excellent sport d'hiver, intermédiaire entre la marche et la course, comme intensité d'effort déployé ; il développe une chaleur suffisante pour que le froid extérieur ne soit plus ressenti ; il exige de plus des qualités de souplesse et d'adresse pour maintenir un équilibre assez difficile à conserver : c'est un excellent exercice d'application.

Le ski rend de grands services dans les régions montagneuses où la neige couvre le sol pendant longtemps ; son usage est encore peu répandu en France ; comme le patin, le ski exige de l'agilité et de la souplesse.

L'escrime est plus discutable au point de vue hygiénique. D'abord on s'y exerce le plus souvent en lieu clos ; c'est un usage contre

Fig. 162. — Exercices de boxe : parades de coup de poings (Manuel d'exercices

physiques).

lequel il serait d'ailleurs facile de réagir, rien n'étant plus simple que de transporter, tant qu'il ne pleut pas, les planches d'assaut à l'extérieur : on éviterait ainsi la poussière qui se dégage du plancher, et on gagnerait tous les avantages des exercices en plein air.

Un inconvénient plus grave de l'escrime est d'exercer les muscles d'un côté du corps au détriment presque complet du côté opposé. On peut, il est vrai, faire travailler les deux côtés ; les maîtres d'armes ne s'y prêtent pas toujours volontiers, prétendant que ce double entraînement nuit au doigté et à la rapidité. Pour corriger la tendance aux attitudes vicieuses provoquées par un développement unilatéral des muscles, on ne peut que recommander les exercices généraux ; il existe dans la plupart des salles d'armes quelques appareils permettant de se livrer à ces exercices entre les leçons ou les assauts. Au demeurant, l'escrime est un sport excellent, où entrent pour une grande part les qualités de décision et d'agilité, et où le système nerveux est rigoureusement stimulé.

La boxe, comme l'escrime, est un sport essentiellement pratique ; mais, en dehors de la boxe proprement dite, il est d'usage de faire

exécuter aux élèves les mouvements gymnastiques tirés de la boxe; c'est plus tard seulement que les jeunes gens peuvent s'entraîner par des leçons spéciales et par des assauts à la boxe de combat ; pour cette dernière, la méthode française seule est recommandable,la boxe anglaise étant très brutale et même dangereuse.

Les mouvements gymnastiques tirés de la boxe sont supérieurs à ceux de l'escrime, dans ce sens que les membres des deux côtés ont une part d'activité à peu près égale ; les muscles du tronc et ceux de l'abdomen prennent une grande part à cesmouvements, qui exigent, en même temps qu'une certaine énergie, delà souplesse et de l'agilité (fig. 162 et 163).

L'équilation est un exercice d'application, qui n'a que peu d'influence sur le développement physique. Ce sport a tous les avantages

Fig. 163. — Exercices de boxe : coup de pied de flanc (Manuel d'exercices

physiques).

des sports en plein air ; nous devons signaler cependant les inconvénients de l'attitude asymétrique imposée aux femmes.

Les différents sports dont nousvenons de dire quelques mots ne se prêlent guère, la plupart du temps, à être exercés en commun par un grand nombre d'enfants : ils seront plus souvent pratiqués par des enfants appartenant à la classe aisée que par les groupes trop nombreux des écoles primaires. Pour ceux-ci, les jeux de plein air offrent des avantages considérables, et il est désirable que leur usage devienne beaucoup plus répandu qu'il ne l'est actuellement.

Travaux manuels. — Les travaux manuels sont, pour les garçons tout au moins, une excellente manière de pratiquer les exercices physiques; ces travaux, tout en développant l'agilité et l'adresse, ont l'avantage de faire travailler surtout les membres supérieurs. Les travaux de menuiserie, de forge, de modelage, sont les plus usités (fig. 164 et 165). Il importe que les locaux où ces leçons sont données soient vastes, bien éclairés et bien aérés, pour éviter l'absorption des poussières ou des fumées. L'habitude de loger les ateliers dans les

sous-sols, adoptée dans plusieurs grandes écoles allemandes, est des

Fig. 164. — Les ateliers de l'école primaire supérieure de Melun.

Fig. 165. — Travail des métaux dans une école primaire de Stocohklm.

plus défeclueuses. Un lavabo doit être disposé à proximité de ces ateliers.

A la campagne,. les travaux de culture, de jardinage et darbori-

Culture sont à encourager (fig. 166 et 167). On connaît les efforts

Fig. 166. — Jardin d'école (Suède).

tentés au cours de ces dernières années pour développer chez les

enfants des pays forestiers le goût des plantations d'arbres. Chaque

Fig. 167. — Les jardins des ^enfants au lycée Lakanal.

région de la France devrait ainsi intéresser ses enfants à la culture dominante dans le pays.

Installation des gymnases et des terrains de jeux. —

Tous les établissements d'enseignement secondaire et les écoles primaires de quelque importance doivent posséder une salle de gymnastique (fig. 168 et 169), permettant aux élèves de se livrer aux exercices quand le mauvais temps empêche de rester dehors ; il serait désirable que le matériel puisse être facilement changé de place, pour que la leçon soit donnée à l'abri ou au grand air suivant les conditions atmosphériques.

Les préaux ne peuvent pas sans inconvénients servir de gymnase : ils manquent le plus souvent d'élévation ; ils servent de passage, et

Fig. 168. — Gymnase pour garçons à l'Institut central de gymnastique

de Stockholm.

ils sont surtout un lieu de récréation en cas de mauvais temps. Dans ces conditions, il devient impossible d1y donner la leçon de gymnastique.

La salle de gymnase, suivant le Manuel d'exercices physiques, doit être rectangulaire, et ses dimensions varieront avec l'importance de l'établissement :

15 mètres sur 10;

18 mètres sur 12 ;

21 mètres sur 14;

14 mètres sur 16.

La hauteur sera de 8 à 10 mètres environ. La lumière doit venir

Fig. 169. — Gymnase pour les filles à l'institut central de Stockholm.

Fia-. 170. — Salle de gymnastique du lycée Michelet (Paris).

d'en haut et de côté. L'aération doit pouvoir se l'aire rapidement au moyen de vasistas.

Le sol sera de préférence recouvert d'un plancher bien joint, lavable ou enduit d'une substance susceptible d'empêcher l'envoie de la poussière. L'asphalte est froide et dure; le sable, la sciure de bois, le tan forment de la poussière et sont inutiles, puisque les exercices acrobatiques doivent être supprimés des programmes. On disposera seulement de nattes un peu épaisses ou de paillassons, de forme allongée, pour les exercices de saut.

Une galerie, située à mi-hauteur de la salle, et étendue à un ou plusieurs côtés, servira à la suspension des perches, cordes, échelles, etc. ; on y accédera par un ou plusieurs escaliers.

Les divers appareils, en particulier ceux dits « de plancher », seront adaptables à la taille des élèves et démontables pour pouvoir être transportés à l'extérieur.

Il sera avantageux de relier directement, par un couloir couvert, le gymnase à la salle de douches, ou de bains-douches; un vestiaire, un lavabo et des water-closets, seront égalementannexésau gymnase; mais en aucun cas ils ne devront s'éclairer ni s'aérer sur cette salle.

Il est inutile d'encombrer le gymnase d'une multiplicité d'agrès qui ne permettent que des exercices individuels; la leçon devant être surtout collective, il faut choisir des accessoires qui permettent d'exercer plusieurs élèves à la fois. Certains agrès doivent servir d'abord aux exercices de développement ; mais il ne faut pas négliger d'en employer d'autres qui familiarisent les enfants avec les pratiques qui trouvent leur application dans la vie.

Les plus petites écoles doivent posséder un matériel au moins rudimenlaire. Dans celles qui n'en seraient pas pourvues, le professeur s'ingéniera à fabriquer ou à installer quelques agrès de fortune.

Terrains de jeux. — Les terrains de jeux constituent, dans les villes, une dépendance indispensable des lycées ou des écoles. Malheureusement leur nombre est en France encore restreint.

Le choix de ce terrain n'exige pas de conditions bien spéciales ; il doit être situé aussi près que possible de l'établissement scolaire, pour que les élèves puissent y être conduits tous les jours où le temps le permet. On évitera les terrains humides, ou trop encaissés ; quelques ombrages seront appréciés pendant la saison chaude.

L'aménagement sera très simple. Un bâtiment léger abritera le vestiaire, le lavabo et, si cela est possible, une salle de douches. Un hangar, ou un préau serviront de refuge en cas de mauvais temps. Les pelouses doivent être suffisantes pour l'installation des jeux de ballon ou de paume. Des pistes seront aménagées pour les courses à pied (fig. 171).

Mais il est bien entendu que ces terrains de jeux servent beaucoup plus à l'éducation en plein air, aux exercices de développement et

MÉRY ET GENEVRIER.

HYGIENE SCOLAIRE

d'application, qu'aux sports proprement dits, dont l'abus devient si facilement nuisible aux jeunes gens en voie de développement.

Précautions hygiéniques. — Un vêlement spécial ne peut pas être exigé de tous les élèves. Mais il faut néanmoins adapter leur costume aux conditions physiologiques du mouvement et de l'exercice.

Les vêtements seront amples et ne seront serrés en aucun point du corps ; le cou sera dégagé, et on fera enlever cols et cravates ; les ceintures rigides sont nuisibles, en empêchant le jeu des dernières côtes et en réduisant la capacité thoracique; les sortes de ceintures

Fig-,171. — Terrain de jeux du lycée Lakanal.

de pompier, munies d'un large anneau, dont on voit s'affubler encore quelques écoliers, sont absolument condamnables.

Pour les exercices d'application un peu énergiques, et pour ceux qui ont lieu sur le terrain de jeux, il faudrait que les enfants puissent changer de vêtements, ou tout au moins de linge : dans ce dernier cas, il suffirait de remplacer, pendant la leçon, la chemise par un maillot de coton pendant l'été et par un maillot de laine pendant l'hiver.

Toutes les fois que la température le permettra on pourra, à défaut de vêtements spéciaux, faire retirer leurs vestes aux garçons et les faire s'exercer en bras de chemise.

Pour les petites filles, on prendra les mêmes précautions générales;

suppression des cols et des ceintures trop serrés. Les filles plus âgées ne devront jamais porter de corsets baleinés pendant les leçons de gymnastique. Une sorte de vareuse, en coton l'été, en laine l'hiver, serait le meilleur vêtement à conseiller.

Nous avons dit que, dans sa « méthode naturelle », Hébert préconise les exercices en plein air, avec un simple caleçon ou culotte comme vêtement : il y a sans doute un avantage réel à soumettre les téguments à l'action de l'air et de la lumière, mais nous croyons que ce «déshabillage» ne sera que difficilement accepté des familles.

Les chaussures ne devront pas porter de talons ; l'espadrille de toile, à semelle de corde, est à la fois économique et extrêmement pratique.

L'heure des leçons a peu d'importance, à la seule condition qu'elles ne suivent pas le repas principal de moins de deux heures, et qu'elles le précèdent d'un quart d'heure au moins. Les élèves ne devront pas venir le matin à jeun à la leçon de gymnastique.

Les conditions atmosphériques sont plus importantes à observer. En principe, la leçon sera donnée en plein air, sauf le cas de pluie, de brouillard épais ou de froid trop intense.

En hiver, la composition de la leçon sera un peu modifiée : pour éviter le refroidissement, on entreprendra, dès le début, des exercices assez énergiques et on ne les cessera guère qu'au moment de la rentrée en classe ; les pauses seront très réduites, et les explications verbales limitées au strict nécessaire ; on évitera les mouvements sur place quand le sol sera humide.

En été, laleçon sera modifiée dans un sens diamétralement opposé ; la mise en train sera plus lente et les pauses plus longues. On évitera de faire exercer les élèves par la pleine chaleur et au soleil.

Aussitôt après les leçons, les élèves remettront leurs vêtements.

La transpiration ne peut être que salutaire quand elle est suivie de quelques précautions ; si le linge n'a pas été mouillé, il suffit de faire couvrir les enfants et d'éviter le brusque refroidissement par l'immobilité si la température est froide ; on empêchera aussi les élèves de stationner dans les courants d'air ou de boire trop frais, trop vite, ou en trop grande quantité.

La transpiration abondante exige un changement de linge ou de vêtements : c'est une des raisons pour lesquelles il nous paraît utile de fournir aux enfants, pour les exercices violents ou les jeux de plein air, un vêtement spécial, maillot ou blouse, qui ne serait utilisé qu'à l'école ou sur le terrain de jeux.

Comme complément à ces précautions élémentaires, il serait fort désirable qu'après les exercices physiques les élèves puissent faire une ablution complète, suivie d'une vigoureuse friction ; ce n'est pas seulement un soin de propreté, mais aussi une excellente règle d'hygiène, qui assure un fonctionnement normal de la peau et qui n'est

pas sans influencer heureusement les systèmes nerveux et musculaire.

Le surmenage physique est un danger que l'application intelligente de la méthode française doit à peu près supprimer : grâce à la progression des leçons et à leur adaptation à la vigueur des enfants, les exercices quotidiens ne doivent jamais provoquer la fatigue, ni à plus forte raison le surmenage ; celui-ci serait plus à craindre dans les exercices d'application et surtout dans les jeux scolaires.

Il y a quelque quinze ou vingt ans, la jeunesse scolaire subit un véritable engouement pour les sports en général, et en particulier pour les courses à bicyclette : l'organisme en voie de développement ne peut pas sans inconvénients graves supporter de tels efforts; le résultat obtenu fut l'inverse de celui qu'on espérait : des cœurs fatigués, des squelettes mal développés, des dos ronds, des poitrines étroites, furent à maintes reprises observés ; et encore fallait-il ajouter à ces désordres physiques le fâcheux effet moral obtenu chez des écoliers, élevés à la hauteur d'athlètes de profession, cités dans les journaux, et dont le seul but n'était plus que de courir le match à sensation ou de s'exhiber en public dans les parties retentissantes.

Le Dr Le Gendre fut un des premiers à signaler ce danger ; loin de condamner l'éducation physique, ses observations judicieuses démontrèrent seulement que les enfants et les adolescents ne doivent pas se lancer dans les exercices violents sans méthode ni sans surveillance.

Il suffira de connaître les dangers du surmenage physique pour l'éviter aux écoliers ; le contrôle médical de celte partie de l'éducation mettrait à l'abri de tous les excès dangereux.

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