OG
OG : Strabisme convergent ; amblyopie par anopsie. Obs. : ODG. Conjonctivite folliculaire.
Pour l'examen habituel de l'acuité visuelle, le médecin scolaire, aidé au besoin par le directeur de l'école ou par un maître, procédera de la façon suivante :
L'enfant sera amené dans une pièce bien éclairée; on pourra au besoin procéder à l'examen dans le préau ou dans la cour de récréation ;
il sera utile de connaître la valeur de 1 éclairage de cette pièce, qui sera apprécié par le photomètre : une intensité de 10 à 15 bougies
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Fig. 243. — Échelle de caractères el figures géométriques. Le chiffre (D) placé au-dessus des lignes indique la distance à laquelle les lettres doivent être lues par un œil normal.
sera suffisante. Si l'examen doit avoir lieu dans une école mal éclairée, ou par une journée peu lumineuse, on éclairera les tableaux que doit lire l'enfant d'une façon artificielle ; l'intensité lumineuse devra toujours être é^ale à celle indiquée ci-dessus; on aura soin que la
MER Y ET GENÉVRIER
HYGIENE SCOLAIRE
ÉCHELLE OPTOMÉTRIttUE SCOLAIRE
Donnant l'Acuité Visuelle (V) en dixièmes d'unité, et établie pour la distance de 5 mètres Par le Dr LEPRINCE, Médecin-Oculiste & Bourges
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Détermination de l'Acuité visuelle :
r Fixer le .tableau au mur dans ud endroit bien éclairé, a hauteur dTiommet
2* Placer I élève a 5 mélres-du tableau et lui montrer successivement les différentes lettres, en
commençant par le haut. Examiner tes deux yeux séparément, l'œil ne prenant pas part
à la vision étant fermé avec la paume de la main.
La dernière ligne lue indique I acuité visuelle de Ictit examiné.
La dernière ligne lue est la 3" de l'Œil droit, on notera ; O O- = 0.3
— — — & de l'ail gauebe. on notera; O.C- = 0.8
— — — T des deux yeux, on notera; O. D. = !': O. G = I.
POTâ. — SI A ft meut* t'enfcint ne volt pat tel deui p/emlefoa lettre» <E U>. on U 1er» approcher du r»PUt u K'A'i ce qu'a let aperçoive. On mesurera alors approilmatlvement ta distance qui te tepare du U5.c~u cl en noiera de U façon suivante :
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Fig. 2 i i. — Échelle optométrique scolaire.
lumière soit dirigée par un réflecteur vers le tableau, et que l'œil de Tentant n'en reçoive pas directement les rayons.
L'enfant est placé à 5 mètres du tableau.
Les tableaux lesplus souvent employés sont leséchelles de Snellen, de Monnoyer ou celle de Leprince (de Bourges) que nous reproduisons ici (fîg. 244) ; les chiffres placés en regard des lignes où sont imprimés les caractères de dimensions différentes indiquent la valeur de la vision de l'écolier.
Pour les enfants qui ne savent pas lire, on utilisera, à la place de ces échelles, des figures géométriques simples, comme celles que nous reproduisons p. 491 (tig. 243).
D'autres tableaux portent des carrés, des cœurs, des triangles, ou toute autre figure facile à reconnaître par un jeune enfant.
Avec l'échelle de Leprince, tout enfant ayant une acuité visuelle normale doit lire la dernière ligne. On dira, dans ce cas, que son acuité visuelle ou V — 1. S'il ne lit pas cette dernière liçnc,
on lui fera lire les autres lignes, en commençant par la première et en notant celle à laquelle il s'arrêtera; le chiffre situé en regard de cette ligne indiquera que l'acuité visuelle ou V — 1/10, 1/6, 1/3, etc., de l'acuité normale.
Dans toute recherche relative à Vacuité visuelle, les deux yeux devront être examinés séparément, c'est-à-dire en pratiquant alternativement l'occlusion d'un œil, puis de l'autre ; cette occlusion peut être faite avec la main de l'enfant ou celle d'un aide ; un petit écran est préférable, dans ce sens qu'il ne provoque pas la pression gênante du globe oculaire, comme peut le faire l'occlusion avec les doigts. Avec un peu d'habitude et avec des enfants assez disciplinés, cet examen peut être mené rapidement et fournir des renseignements assez précis, spécialement en vue de la prophylaxie scolaire de la myopie.
Nous verrons plus loin commentées mesures de prophylaxie peuvent être appliquées à l'école.
La diminution de Vacuité visuelle peut être due à une altération des milieux transparents de l'œil (kératite interstitielle, taies, etc.) ; plus souvent elle sera la conséquence de la myopie. C'est donc entre ces deux groupes d'affections que le diagnostic de l'insuffisance visuelle devra d'abord être établi.
Poursavoirsi la mi/o/)/e doit être incriminée, il suffit de faire approcher l'enfant du tableau. Si, au fur et à mesure qu'il se rapproche, il lit distinctement des caractères qu'il ne lisait pas à 5 mètres, il est évident que la diminution de l'acuité est le fait de la myopie.
Nous devons donc passer en revue les affections oculaires externes qui peuvent amener une diminution de l'acuité visuelle et nous occuper ensuite de la myopie scolaire.
Diminution de l'acuité visuelle par lésions oculaires. — Les lésions de la cornée sont fréquentes chez les jeunes enfants : elles peuvent être la conséquence d'un traumatisme et beaucoup plus souvent d'une affection aiguë, ophtalmie ou kératite.
Les taies peuvent être peu étendues et, dans ce cas, malgré leur opacité, constituer une gêne minime; quelquefois, tout en étant plus étendues, elles restent à demi transparentes (néphélion ou albugo), et elles ne sont pas l'origine d'une gêne beaucoup plus considérable. Mais, quand les taies sont centrales et opaques, elles peuvent supprimer de façon à peu près complète la vision de l'œil malade ; quand elle revêt cet aspect, la taie prend le nom de leucome ; l'entrée des rayonslumineux est complètementsupprimée, et la vision ne peut être récupérée que par une intervention chirurgicale.
Entre les taies insignifiantes et ces leucomes graves, tous les intermédiaires existent ; la gêne fonctionnelle sera en rapport avec leur degré de développement.
La kératite interstitielle s'observe pendant la période scolaire, de
six à quinze ans; elle peut se produire d'une façon insidieuse, sans symptômes appréciables. Dans certains cas, on peut voir de la photophobie, du larmoiement et quelques douleurs.
Il est important de surprendre révolution à son début: on constate alors une infiltration de la cornée sous forme de petites taches grises à contours diffus; ces taches paraissent le plus souvent réunies en un seul infiltrat, et c'est seulement à la loupe que Ton peut reconnaître la pluralité des centres d'infiltration.
L'heureuse influence du traitement spécifique sur la régression de la kératite interstitielle rend fort utile son diagnostic précoce: c'est souvent le médecin scolaire qui sera amené à faire ce diagnostic.
Les cataractes ne sont pas exceptionnelles chez les enfants. Certaines cataractes congénitales ne seront reconnues qu'au moment de l'examen pratiqué à l'entrée à l'école : en effet, les cataractes zonulaires ne commencent guère à gêner l'enfant que vers l'âge de quatre à cinq ans, l'opacité étant minime au début de l'évolution.
Les cataractes acquises peuvent survenir à la suite de maladies constitutionnelles, comme le diabète ou l'albuminurie ; ce sont alors des cataractes molles.
Plus intéressantes au point de vue scolaire sont les cataractes traumatiques ; elles sont la conséquence fréquente des plaies du cristallin; elles peuvent aussi survenir à la suite d'une simple contusion du globe oculaire. Quand le cristallin a été lésé, son opacifîcation peut être très rapide et devenir complète en quelques jours; après une période d'opacité complète, il n'est pas rare de voir la lésion régresser d'elle-même jusqu'à complète disparition.
Diminution de l'acuité visuelle par troubles de réfraction. —
La cause la plus habituelle de la diminution de l'acuité visuelle est la myopie; celle-ci est extrêmement répandue à l'école : mais sa grande fréquence ne doit pas faire oublier les autres vices de réfraction que nous devons Fig. 245. - Œil normal. tout au moins signaler :
\S hypermétropie (ou hyperopie), qui répond à la convergence trop accusée des rayon lumineux, avec foyer en arrière de la rétine (fig.246), rend la vision des objets rapprochés impossible ou fatigante : les enfants hypermétropes sont atteintsde cetteanomalie dès le jeune âge, et il y a tout intérêt à leur faire porter le plus tôt possible les verres convexes dont ils ont besoin.
Fig. 2i6. — Œil hypermétrope. L'astigmatisme (ou asligmie) est un
« état oculaire à réfraction difï'é rente selon les divers méridiens, et dans lequel les rayons parallèles incidents ne forment jamais de foyer sur la rétine... Dans cette alï'ec-
Fig. 2 il. — Œil myope.
tion, la vision deslignes verticales et des lignes horizontales ne peut (Ure simultanément nette; les unes sont vues nettes et les autres Houes ; il en est de même des lignes obliques. Les sujets alors inclinent instinctivement la tète pour les voir successivement nettes» (Truc). Pour reconnaître cette anomalie, on utilise un cadran horaire (fig. 248) dont les verticales ou les obliques apparaîtront plus ou moins nettes suivant Taxe et l'importance de l'astigmatisme. Les astigmatismes réguliers peuvent être corrigés par Femploi de verres cylindriques. Cette correction est utile, au point de vue même de la prophylaxie de la myopie, dont l'astigmastisme est un important facteur.
Uanisométropie , ou réfraction inégale des deux yeux, est très fréquente : elle est d'au tant plus utile à reconnaître qu'elle entraîne facilement des attitudes défectueuses de la tête et, par conséquent, de la colonne vertébrale ; par l'inclinaison de la tête, l'enfant cherche à placer l'œil qui jouit de l'acuité la
plus voisine de la normale dans la meilleure condition de vision. Cette attitude vicieuse de la tête est corrigée par l'emploi de verres appropriés.
Alyopic scolaire. — Cette maladie est si fréquente à l'école et ses conséquences sont si importantes que son diagnostic et sa pophylaxie doivent vivement nous préoccuper.
Si l'école joue un rôle primordial dans l'apparition de la myopie, elle peut d'autre part servir à l'amélioration de ce défaut de vision. Les résultats obtenus dans certains pays où l'hygiène oculaire est très en honneur montrent que cette proposition est réalisable.
La fréquence de la myopie augmente avec Tâge des écoliers et surtout avec l'importance des études auxquelles ils se livrent. Les classes supérieures des lycées fournissent une proportion de myopes
Fig. 248. — Cadran pour l'astigmatisme.
beaucoup plus considérable que les classes élémentaires des écoles publiques; c'est pendant la scolarité que se développent la plupart des myopies, et il n'est pas exagéré d'affirmer que c'est l'école qui est le facteur principal de ce développement.
Parmi les fadeurs de la myopie, il faut faire une place à l'hérédité: les statistiques montrent que 50 p. 100 environ des myopes ont des parents atteints de la même affection : cette notion permettra de prévenir les parents myopes du danger qui menace leurs enfants, visà-vis desquels ils devront prendre toutes les mesures de protection possibles.
Les maladies aiguës et aussi les affections chroniques, débilitantes, peuvent avoir une influence sur le développement delà myopie.
Les laies cornéennes et Yastigmatisme sont susceptibles de déterminer ou d'aggraver la myopie : les enfants porteurs de pareilles tares seront spécialement surveillés.
Mais la myopie reconnaît surtout pour causes les conditions ellesmêmes dans lesquelles les enfants sont placés à l'école : l'insuffisance de l'éclairage, l'emploi de caractères d'imprimerie trop petits, l'usage fréquent du tableau noir où le maître ne prend pas toujours soin de proportionner la taille des caractères qu'il trace à la distance d'où ils doivent être lus, sont autant de causes de fatigue oculaire ; il semble bien que les efforts d'accommodation que l'écolier doit accomplir pour percevoir les caractères trop petits ou mal éclairés sont la cause principale de la fatigue oculaire. « L'acuité visuelle d'un œil donné, dit le Dr Leprince (1), décroît rapidement quand l'éclairage tombe au-dessous d'une certaine limite. L'élève travaillant à un éclairage insuffisant remédie à l'acuité défectueuse qu'il lui fournit en agrandissant l'angle visuel sous lequel lui apparaissent les détails de l'objet fixé, c est-à-dire en rapprochant celui-ci d'une façon démesurée.
« A la limite de l'acuité visuelle, le temps nécessaire pour reconnaître une lettre donnée augmentefortement. L'éclairage insuffisant ralentira donc le travail, à moins que l'élève n'augmente l'acuité par le rapprochement.
a La myopie constitue ainsi une vraie adaptation aux conditions défectueuses du travail, en permettant de travailler plus rapidement. » La vision habituelle à courte distance est donc aussi une raison du développement de la myopie : efforts d'accommodation et vision à courte distance sont les deux écueils que l'on doit s'efforcer d'éviter dans la prophylaxie de la myopie : nous aurons à revenir sur ces notions.
Des statistiques très nombreuses et dont les plus anciennes remontent à une centaine d'années témoignent de l'influence de l'école
(1) Dr Leprince (Bourges), Myopie scolaire {Congrès internat, d'hyg. scol., Pans, 1910).
sur le développement delà myopie. Dès 1840, Schurzmayer, cité par Joland, constatait que, dans les classes élémentaires, il existait 4,9 p. 100 de myopes, alors que leur nombre était de 18 p. 100 dans les classes moyennes et de 25 à 50 p. 100 dans les classes supérieures •des gymnases ; Cohn, plus tard, avait trouvé dans ses examens, portant sur plus de 10 000 enfants, que le pourcentage des myopes •était le suivant :
Écoles de villages 1,4
— élémentaires 6,7
— moyennes 19,3
Lycées 26,2
Universités 59,0
La même progression se retrouve naturellement quand on considère l'âge des écoliers ; dans le tableau suivant, que nous reprodui- .sons également d'après Joland, Cohn a établi la proportion des myopes, en tenant compte et de l'âge et de la catégorie d'écoliers :