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SERVICE DES EAUX A BORD

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En temps ordinaire, il circule dans la cale des eaux provenant principale- ^ meut du service de la machine et de la charge des chaudières.

Sur les bâtiments de type déjà un peu ancien, l'assèchement de la cale était obtenu de la façon suivante : on envoyait l'eau de la cale dans le grand drain, que de petites pompes de service, soit à vapeur, soit à bras, greffées sur lui, et refoulant à l'extérieur, servaient à épuiser.

On a reconnu que cet emploi du grand drain pour l'assèchement de la cale offrait de réels inconvénients : il peut être obstrué par des saletés qui s'y accumulent, il peut être rongé par des eaux corrosives de la cale : une circulaire du 24 avril 1903 défendit donc d'utiliser le grand drain, à la suite d'une note du service des constructions navales, dans laquelle on signale que des dépôts de 5 à 6 centimètres ont été trouvés dans les tuyaux, et que des odeurs fades, écœurantes chaudes et nauséabondes se dégageaient, comparables aux exhalaisons, qui se produisent au niveau des bouches d'égout.

Aussi, à l'heure actuelle, réserve-t-on uniquement le grand drain pour l'épuisement en cas de voie d'eau : ou le conserve en temps normal parfaitement clos, et l'assèchement de la cale s'opère aujourd'hui par un drain spécial.

Collecteur d'assèchement. — Ce drain, appelé collecteur d'assèchement des cales, reçoit des dispositions variées suivant les bâtiments (fig. 14).

Sur certains d'entre eux, il se contente, au moyen de pompes en service, d'aspirer les eaux sales, collectées dans des puisards situés aux points les plus déclives des grands compartiments des machines et des chaufferies.

Sur les unités les plus perfectionnées, ce collecteur d'assèchement communique, à l'aide de manches mobiles, avec des raccords de tuyaux en tôle zinguée, plongeant aussi bas que possible dans les cellules des doubles fonds et dans les water-ballast, dont il peut ainsi assurer la vidange.

Petit drain. — Le petit drain ou petit collecteur est un tuyau en cuivre de 15 à 20 centimètres de diamètre qui court dans les cales du navire et communique avec la mer par un certain nombre de prises d'eau, toujours ouvertes, en sorte qu'en temps normal l'eau circule librement dans le conduit.

Collecteur d'incendie. — Ce petit drain fournit l'eau de mer aux divers services du bâtiment : à l'aide de pompes, il refoule l'eau sous pression dans le collecteur d'incendie, et, par l'intermédiaire d'un château d'eau placé sous une passerelle d'où partent des tuyaux de distribution, il permet d'obtenir instantanément de l'eau de mer dans toutes les parties du bâtiment où le besoin s'en fait sentir.

Bouteilles et poulaines. — Bouteilles. — Les bouteilles, waterclosets individuels, sont en nombre variable sur chaque bâtiment, et placées près des logements des officiers ou des maîtres auxquels elles sont destinées.

Elles se composent de cuvettes à siège assez élevé, fermées par un double clapet destiné à empêcher toute projection du contenu des tuyaux de descente, comme cela peut se produire dans les forts coups de roulis. Dans lemême but, les clapets, qui se manœuvrent à la main, fonctionnent successivement; le même mouvement détermine une chasse d'eau provenant d'un réservoir fixé entre barrots.

Le tuyau d'évacuation, que l'on construit aussi rectiligne que possible, sans coudes où pourraient se produire des engorgements, est compris dans l'intérieur de la muraille du navire, sans saillie à l'extérieur, et plongea une faible profondeur au-dessous du niveau de l'eau.

L'entretien de ces bouteilles demande des soins minutieux qui ne réussissent pas toujours à supprimer toute odeur. Elles sont généralement munies aujourd'hui d'urinoirs en faïence appliqués sur la paroi à hauteur convenable, également munis de chasses d'eau de mer qui facilitent leur entretien.

On ne peut reprocher aux cuvettes des bouteilles que leur mécanisme un peu compliqué, qui rend leur nettoyage difficile et ne suffit pas à éviter les projections d'eau dans les forts coups de roulis : il y aurait intérêt à simplifier ce système.

Poulaines. — Ce sont les latrines réservées à l'équipage : elles sont généralement situées sur le pont et à la partie la plus avant du navire; elles sont également toujours au nombre de deux, symétriques de chaque bord, de façon que l'une puisse être condamnée tandis que l'autre est en nettoyage ou en réparations.

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Sur les bâtiments les mieux installés, comme sur le Gaulois, qui , est peut-être le plus confortable de tous nos cuirassés, un vestibule et des doubles portes les isolent du reste du bâtiment.

Les latrines proprement dites sont formées dune longue gouttière en cuivre, fixée à la paroi par un de ses bords, et divisée en deux suivant son axe par un perchoir métallique.

Un écran en forte tôle étamée, placé sur le rebord de la paroi antérieure de la gouttière, empêche la projection d'urine au dehors* La face postérieure du banc creux doit avoir une pente voisine de la verticale pour obtenir que les matières solides tombentplus sûrement dans la gouttière, dont la forte inclinaison doit les mener rapidement dans les corneaux.

La gouttière est séparée en un certain nombre de places, deux par mètre environ, limitées par des barres métalliques servant de point d'appui pendant le roulis.

Les tuyaux de descente ne plongent pas dans la mer; ils sont quelquefois extérieurs au navire et débouchent au-dessus du niveau de l'eau.

Les parquets des poulaines, primitivement en fer, furent revêtus plus tard d'un enduit de ciment quadrillé, et, sur quelques unités,, d'un carrelage en grès cérame qui n'a pas donné de bons résultats : ces carreaux sont difficiles à appliquer sur la tôle du parquet ; ils se fendillent facilement sous l'influence de la dilatation du fer, des vibrations des machines et de l'artillerie; des crevasses se produisent dans lesquelles l'urine pénètre, et la production des gaz ammoniacaux: finit par désagréger le ciment : tout nettoyage complet est impossible, et le méphitisme particulier aux latrines mal tenues devient une caused'mhabitabilité pour les locaux de l'avant.

A la suite des plaintes formulées par divers bâtiments et par les. constructions navales, on est revenu sur cette disposition, et une circulaire du 1er mai 1903 prescrit de remplacer les caillebotis par un parquet amovible fait de grilles à barreaux cylindriques en fer zingué, installé à 10 ou 15 centimètres au-dessus du sol de la poulaine.

Les moyens employés pour la propreté et la désinfection des poulaires sont, outre les nettoyages fréquents et les chasses d'eau continues, les lavages avec l'eau de mer électrolysée ; les appareilsemployés sont basés sur le principe du système Hermitte : décomposition de l'eau de mer par un courant électrique suffisant et utilisation du liquide ainsi électrolysé pour la désodorisation et la désinfection des locaux.

C'est le médecin principal Piton qui eut l'idée d'essayer ce système sur les navires de guerre : il fit une première application de ce procédé à bord de Y Amiral Trehouart .

Un appareil analogue fut installé sur le Bouvines en 1902, maisT

construit d'une façon un peu rudimentaire, il fut abandonné par suite de son fonctionnement irrégulier, intermittent : puis en 1904, il fut repris, modifié, et semble avoir donné des résultats excellents.

Cet appareil (1) se compose de réservoirs à eau de mer, caisses en bois carrées de 30 centimètres de côté, enduites intérieurement de gutta-percha et coaltarées à l'extérieur; dans ces bacs plongent des charbons, par l'intermédiaire desquels se fera la décomposition de l'eau de mer.

Le débit de cette eau est réglé de façon à pouvoir opérer dans les urinoirs et dans les poulaines une irrigation continue mécanique de toutes les surfaces souillées.

Lorsque Ton veut obtenir de l'eau ozonée, — et il suffit d'une heure ou deux de fonctionnement journalier pour chaque poulaine, — on fait passer dans les réservoirs d'eau un courant de 70 à 80 volts, pris sur le courant fourni par le bord ; les charbons employés sont ceux qui ssrvent pour les projecteurs.

L'appareil ainsi conditionné est facile à installer sur n'importe quel navire, et comme il y a toujours à bord une chaudière sous pression et une dynamo en marche, la dépense qu'il occasionne est tout à fait négligeable.

Les réactions chimiques qui se produisent pendant le passage du courant électrique dans l'eau de mer sont très complexes; il se dégage, entre autres produits, de l'ozone, et le dégagement de chlore est très important : la valeur antiseptique du chlore à l'état naissant est incomparablement supérieure à celle des solutions chlorées employées dans d'autres procédés de désinfection.

Dès que le courant est établi dans cet appareil, il se fait au-dessus des récipients un dégagement intense de vapeurs chlorées à l'odeur un peu piquante, mais parfaitement supportable, qui remplissent l'atmosphère et agissent sur les composés ammoniacaux et sulfurés qu'elle contient. La désodorisation d'une poulaine en service s'effectue en dix minutes environ; l'effet produit est incontestable.

D'ailleurs des expériences, relatées dans les Archives de médecine, ont été effectuées en 1894 pour mesurer le pouvoir antiseptique de l'eau de mer électrolysée par le procédé Hermitte : ces recherches ont corroboré les résultats obtenus pour l'eau chlorée par Chamberîand et Fernbach (2).

Le dosage de l'eau électrolysée fait par le pharmacien principal Chalufour à Cherbourg a donné 12 centimètres cubes de chlore par litre. 11 serait d'ailleurs facile d'augmenter la production du chlore en employant des électrodes de plus grande surface et en les rapprochant de façon à diminuer la résistance de l'électrolyte.

(1) Bellet, Appareil électrolyseur d'eau de mer pour la désinfection des poulaines. Archives de médecine navale, janvier 190 i.

(2) Annales de l'Institut Pasteur, juin 1903.

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ANNEXES ET DÉPENDANCES. — Infirmerie. — L'emplacement des locaux d'infirmerie ne soulève plus d'objections sur les devis d'un bâtiment moderne. A défaut du pont, où il serait impossible de créer le dégagement nécessaire à leur établissement, c'est dans la partie du navire la plus favorisée au double point de vue de l'aération et de l'éclairage que sont toujours distribués ces locaux, c'est-à-dire à l'avant du premier entrepont.

Mais si, à cet égard, aucune discussion ne peut surgir, des divergences d'opinion font varier la répartition des logements hospitaliers sur des unités de même type, à rencontre même de certains principes, qui devraient seuls servir de guides en pareille occurrence.

Nous savons que, pour obvier à cet inconvénient, un plan définitif d'infirmerie est en ce moment à l'étude, et nous ne doutons pas qu'il soit prochainement adopté sur tous les bâtiments en construction, comme sur ceux qui pourront admettre les transformations prévues dans son arrêté.

Celui-ci ne manquera certainement pas de s'inspirer des progrès réalisés sur les cuirassés et les grands croiseurs, lesquels nous offrent déjà, — malgré les erreurs de certaines installations locales, — presque toutes les commodités et les ressources que le service médical du temps de paix a si longtemps souhaitées.

Sur les unités modernes les plus rationnellement disposées, l'hôpital est divisé en deux parties symétriquement placées en regard l'une de l'autre latéralement et à l'avant du premier entrepont, abondamment pourvu d'air et de lumière, et séparé du grand poste de l'équipage par une cloison blindée. Il comprend sur chaque unité une même série de logements, dont la distribution sera la suivante, si nous prenons pour exemple la combinaison appliquée à l'entrepont de Yléna :

A bâbord : pharmacie et salle de pansements, salle de visite ;

A tribord: salle des malades, salle de bains, salle d'isolement, bouteille (water-closets).

Pharmacie et salle de pansements. — La destination du local affecté à la pharmacie est rarement unique. Il est presque partout assez spacieux pour pouvoir abriter le matériel de pharmacie et servir de salle de pansements.

Les médicaments et objets de pansements sont renfermés dans des coffres spéciaux dus à l'initiative du directeur du Service de santé Rouvier, et qui sont en usage depuis 1899. Tous nos bâtiments sont pourvus de ces coffres Rouvier, d'un maniement très simple, et qui ne doivent subir à bord aucune modification extérieure, ni même porter aucune indication de navire, afin de pouvoir indifféremment servir à tous. Leur délivrance est naturellement proportionnelle aux nombres des effectifs : les cuirassés en détiennent chacun dix, dont deux de réserve; il en revient un, de plus petit modèle, par torpilleur.

Ces coffres n'ont pas seulement pour but de faciliter le logement du matériel pharmaceutique volumineux que comporte le service de nos unités, ils offrent surtout l'avantage, particulièrement précieux en temps de mobilisation, d'une grande rapidité d'embarquement, et simplifient beaucoup en temps ordinaire l'opération des rechanges. Qu'elle soit attenante ou séparée de la pharmacie, la salle de pansements renferme toujours un lit, sur lequel un blessé peut recevoir immédiatement des soins; elle contient un caléfacteur à vapeur fonctionnant nuit et jour pour les besoins de l'infirmerie, et une table à pansements en bois dont tous les chirurgiens réclament le remplacement par l'étagère en métal laqué qu'a imaginée à l'usage du bord M. l'inspecteur général Auffret ; il serait indispensable qu'elle fût toujours munie d'un lavabo à eau chaude et à eau froide; son parquet devrait être carrelé.

Elle appelle ainsi bien des perfectionnements que nous n'attendrons plus longtemps, espérons-le ; son innovation est, en tout cas, une excellente mesure, qui récompense des efforts obstinés.

Salle de visite. — Généralement contiguë à la pharmacie, cette petite salle, pourvue d'un lavabo, et qui donne souvent asile aux armoires à linge, est très appréciée. Elle permet au médecin de s'isoler avec un malade, que sa timidité naturelle ou la nature de son affection faisaient hésiter autrefois à passer publiquement la visite. Elle peut devenir un cabinet noir pour l'ophtalmoscopie.

Salle des malades. — C'est la chambre où sont couchés les malades. Sa situation favorise toujours son éclairage et son aération ; un poêle à charbon peut y suppléer le calorifère à vapeur, s'il vient à s'avarier; les rideaux de carène la protègent l'été des rayons thermiques, et, lorsqu'ils n'y suffisent pas, un ventilateur électrique fonctionne en permanence le long d'une de ses cloisons.

Mais cette pièce est rarement assez vaste pour le nombre des malades dont on prévoit le couchage ; aussi n'use-t-on jamais que d'un seul des deux plans de lits superposés et trop rapprochés, qui peuvent y être montés. Ces lits à roulis, très confortables, ont été décrits en détail par Rochard et Bodet (1).

Le lit d'hôpital à roulis de Du Bois Saint-Sevrin est aujourd'hui réglementaire dans la marine et remplacera les lits d'infirmerie actuellement en service au fur et à mesure de leur condamnation (B. 0., 5 novembre 1900).

Ce lit est en fer forgé, extrêmement simple de construction (fig. 15), se repliant et se montant à la main, sans aucun instrument, à l'aide de quatre petits boutons à ailettes : c'est un lit a roulis simple, constituant un bon moyen de couchage, pouvant se décrocher facilement et constituer un bon moyen de transport par tous les temps.

(1) Rochard et Bodet, Traité d'hygiène navale, fig. 50.

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