HYGIÈNE DES DIFFÉRENTES SPECIALITES MARITIMES
au service de la Marine, ou rentrent dans leurs foyers après avoir acquis des notions théoriques et pratiques d'électriciens, propres à leur créer des débouchés industriels.
L'école des mousses, l'inscription maritime et rengagement volontaire forment ainsi leurs trois sources de recrutement, et leur brevet s'obtient, après plusieurs mois de stage, soit sur les navires-écoles Magenta ou Algésiras, soit à terre.
Car il existe en réalité trois sortes de torpilleurs dans la marine : les torpilleurs proprement dits, qui forment eux-mêmes deux classes (torpilleurs embarqués et torpilleurs de défense fixe), et les mécaniciens torpilleurs.
Ceux-ci, comme leur nom l'indique, proviennent du personnel de la machine et reçoivent sur Y Algésiras un brevet dont la durée expire au bout de quatre ans. Ils sont exclusivement préposés à bord au chargement à l'air comprimé de la torpille automobile et à l'entretien de son mécanisme, dont ils assurent le fonctionnement et le réglage à l'aide de fréquents démontages et de balancements qui leur occasionnent assez souvent des traumatismes des doigts.
Les torpilleurs embarqués, brevetés sur le Magenta, ont dans leurs attributions tous les détails de la torpille automobile qui ne ressortissent pas à son mécanisme (chargement du cône muni d'un percuteur et rempli de fulmicoton, lancement de la torpille introduite dans des tubes spéciaux qu'ils apprennent à pointer) ; ils doivent aussi assurer la marche de tous les moteurs électriques actionnant les treuils, monte-charges, tourelles, ventilateurs, et la conduite de l'éclairage (lampes à incandescence et projecteurs), les machines génératrices d'électricité restant aux soins du personnel mécanicien ordinaire.
Ces matelots torpilleurs sont encore chargés à bord de la préparation de certaines torpilles dites de déblaiement (boîtes de 125 kilos de fulmicoton humide), que les navires d'escadre délivreraient en temps de guerre aux navires torpilleurs qui les accompagnent, et que ceux-ci feraient éclater dans une passe supposée minée, pour frayer un chemin aux grandes unités de combat, ainsi que de celle des torpilles de blocus destinées à être semées entre deux eaux au voisinage d'une rade-abri, et qui ne sont autres que ces mines dont les Japonais ont fait un si profitable usage devant Port-Arthur.
Quant à la troisième classe des matelots torpilleurs, elle comprend les marins affectés aux défenses fixes des ports, où ils acquièrent leur instruction spéciale, et desquels dépendent les lignes de défense que forment des torpilles vigilantes ou de fonds, susceptibles d'exploser au contact d'un navire ennemi, ou qu'on peut enflammer électriquement de terre au moment où ce navire paraît à portée de l'engin.
Telle est, en ce moment du moins, — car^l'enchevêtrement de leurs attributions entraine constamment, par voie^de décrets, des modîîî"-
cations qui ne conduiront qu'à la longue à une organisation définitive, — la répartition des fonctions dévolues aux marins torpilleurs. En dehors d'un certain degré d'instruction et, autant que possible, d'une certaine adresse naturelle, leur spécialité ne comporte aucune condition d'aptitudes particulières à l'entrée au service.
Toutes ces différentes catégories de marins, — gabiers, timoniers, canonniers, fusiliers, torpilleurs, — auxquels s'ajoutent les fourriers, charpentiers, voiliers, agents des vivres, et cette classe de matelots que leur manque total d'instruction ou leur inaptitude physique font exclure de toute spécialité, constituent ce qu'on nomme communément les hommes de pont, expression assez impropre, attendu qu'un certain nombre d'entre eux (distributeurs, magasiniers, caliers, etc.) passent au moins autant d'heures dans les fonds du navire qu'à l'air libre. Il est cependant certain que, d'une façon très générale, leurs services les appellent sur le pont beaucoup plus fréquemment que les deux autres catégories formées par les mécaniciens et les chauffeurs, dont les conditions hygiéniques, très dissemblables, impriment à leur physionomie ce cachet spécial, qui les différencie parfois si nettement du reste de l'équipage.
Personnel de la machine. — Il se divise en deux classes : les mécaniciens et les chauffeurs.
Mécaniciens. — Presque tous engagés volontaires (un petit nombre provient pourtant aussi chaque année de l'école des mousses), ils sont instruits spécialement dans les écoles fondées par la Marine à Lorient, Brest et Toulon, ou incorporés directement dans les cadres de la flotte, après avoir satisfait devant une commission aux conditions d'un essai manuel, dont la valeur détermine leur grade d'ouvriers mécaniciens de première, deuxième et troisième classe.
Lorient possède une école d'ouvriers où l'on peut entrer dès l'âge de quinze ans, Toulon un cours d'apprentis élèves-mécaniciens, auquel préparent les écoles professionnelles de Vierzon, Nantes, Armentières, Voiron, Saumur, etc., et qui recrute à partir de seize ans des engagés de six, sept et huit ans. A Brest, sont institués deux cours, l'un, celui des apprentis quartiers-maitres, où sont réunis quelques mousses et des jeunes gens issus d'écoles professionnelles ; l'autre, d'un degré supérieur, véritable pépinière d'officiers mécaniciens, d'où les élèves venus soit des écoles d'arts et métiers, soit des lycées et collèges, sortent officiers mariniers (élèves-mécaniciens), après avoir contracté un engagement de cinq ans.
Des concours règlent à époque fixe l'entrée à ces différent es écoles.
Ces multiples voies de recrutement laissent assez prévoir la diversité des provenances auxquelles s'alimente le personnel mécanicien.