CROISEURS
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Fig. 6. — Le Sfax, croiseur de lre classe à batterie, doublé en bois. Coupe médiane.
d'hui entreponts — dont les parties médiane et avant, laissées à la disposition de l'équipage, deviennent pour ce dernier des lieux d'habitation bien éclairés et aérés, du moins au mouillage. Tous les hommes y prennent leurs repas, et le plus grand nombre d'entre eux y trouvent un bon poste de couchage. L'arrière est toujours consacré aux logements du commandant et de l'état-major; le poste des maîtres et l'infirmerie sont installés à lavant. Sur le pont, où des espaces inoccupés servent de promenoirs aux hommes, sont le plus souvent relégués les cuisines, le four etlespoulaines. Certains types, tels que le Duchayla, présentent cependant le défaut d'avoirleurs cuisines placées dans Lent repont. Les passerelles deviennent des abris par mauvais temps. Quant aux étages situés au-dessous du ponl blindé, et dont la plus grande partie est réservée aux machines et aux chaufferies, leur aération est généralement bien assurée, exception faite pour les compartiments des machines auxiliaires, — en particulier des dynamos, — qui sont presque partout défectueux. Toutefois, tels qu'ils sont, ces croiseurs protégés de première et de deuxième classe présentent encore un coefficient hygiénique au moins égal, sinon supérieur, à celui des grands croiseurs en bois qui les précédèrent.
Les croiseurs protégés de troisième classe, — type Lalande, Linois, — se composent d'un faux-pont situé au-dessous d'un pont entouré de hauts bastingages, et supportant à Lavant une tengue, à l'arrière une dunette, reliées entre elles par des passerelles longitudinales. Sur les parois extérieures de ce faux-pont toujours assez bas, font saillie les caissons à cofï'erdam surmontant le pont blindé. L'espace réservé à l'équipage est toujours assez restreint, ce fauxpont étant partout fort encombré à la fois par les cheminées, les manches à air, les monte-charges, les tubes lance-torpilles et les cloisons percées de portes qui enferment dans de véritables cages les escaliers d'accès.
La dunette est réservée au commandant et à l'état-major, qui s'y trouvent bien à l'étroit, la tengue aux maîtres. L'infirmerie est le plus ordinairement installée à l'avant sur une partie latérale du fauxpont.
L'emplacement judicieux de la poulaine d'équipage est un petit problème difficile à résoudre sur ce genre de croiseurs. On lui consacre généralement un coin de la tengue, et le poste des maîtres ainsi que plusieurs postes de couchage des hommes se ressentent trop immédiatement de son voisinage.
Les cuisines et le four ont leur place toute désignée sur le pont, au-dessous de la passerelle de navigation qui entoure la cheminée.
L'extrême avant du faux-pont est disposé en cambuse.
Au-dessous du pont blindé, l'étage inférieur est divisé en une dizaine de compartiments, dont les plus importants, réservés aux
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machines, sont ventilés à l'aide de manches en tôle, destinées les unes à l'arrivée de l'air frais, les autres à l'échappement de l'air chaud refoulé par des ventilateurs. Les chaufferies ne possèdent pour chacune d'elles que deux conduits d'arrivée d'air, les foyers et les cheminées servant de voies d'évacuation.
Croiseurs cuirassés. — Tous ces croiseurs protégés, y compris les plus grands, tels que le Guichen, croiseur-corsaire qui représente chez nous le type le plus parfait du genre, n'ont plus leur raison d'être depuis l'apparition de l'artillerie à tir rapide et la mise en service des explosifs.
Le réseau cellulaire de la flottaison d'un croiseur simplement protégé ne peut plus, en effet, résister au feu de l'artillerie nouvelle, et, puisque l'intégrité de ce réseau assure seule la stabilité du navire, le blindage de toute la tranche protectrice est devenu une nécessité impérieuse. C'est de cette nécessité qu'est né le croiseur cuirassé, seul type de croiseur que Ton puisse désormais construire.
La France peut encore en revendiquer l'initiative, car, dès l'année 1888, elle mettait en chantier, sur les plans de de Bussy, le Dupuy de Lomé, dont la protection est assurée à la fois par un pont blindé et par une ceinture cuirassée de 10 centimètres d'épaisseur, enserrant de bout en bout la tranche cellulaire, sur une hauteur de lm,10, depuis le pont protecteur jusqu'au pont des gaillards. En arrêtant les projectiles de la petite artillerie, et en provoquant à l'extérieur l'éclatement des explosifs de l'artillerie moyenne, cette cuirasse, nous l'avons suffisamment expliqué plus haut, doit maintenir la stabilité des navires.
Doué d'une grande vitesse, armé d'une artillerie puissante, le Dupuy de Lôme commença donc une véritable révolution dans l'architecture navale des croiseurs.
Des raisons économiques conduisirent, les trois années suivantes (1889, 1890 et 1891), à construire une réduction du Dupuy de Lôme représentée par quatre échantillons : Bruix, Charrier, Chanzy et Lalouche-T réville . L'économie ne fut pas heureuse, et en 1899 on s'efforça de corriger les défauts militaires (protection plus aléatoire, vitesse réduite) de ces types, en augmentant les proportions de leur successeur, qui fut le Pothuau.
Mais la solution restait encore insuffisante, et il devint indispensable d'aborder franchement les tonnages élevés. Cette obligation conduisit au type Jeanne d'Arc, qui atteint 11 300 tonnes.
Les mêmes raisons d'économie qui, après le Dupuy de Lôme, nous valurent le Chanzy et ses similaires, firent suivre la Jeanne d'Arc des types Gueydon et Monlcalm (9 500 tonnes), et de trois croiseurs construits pour les stations lointaines, Desaix, Kléhcr et Dupleix (7 700 tonnes).
Avec la Gloire, le Condé, le Sully, la Marseillaise et Y Amiral
Aube (1899), nous revenons aux croiseurs cuirassés de 10 000 tonnes, pour atteindre 12 500 tonnes avec le J. Ferry, le Le Gambella, le Victor Hugo, le J. Michèle /, puis 13 700 avec V Ernest Renan et Y-Edgar Quinet, croiseurs figurant au programme des constructions navales de 1900, et qui, à l'époque où nous écrivons, commencent seulement leurs essais.
Le Waldeck-Rousseau, dont la mise en chantier vient d'être décidée, devait encore dépasser ce tonnage; mais ces caractéristiques viennent d'être ramenées à celles de Y Ernest Renan.
Partisans des cuirassés et des croiseurs, tous sont aujourd'hui d'accord sur l'obligation des tonnages élevés, et la discussion ne porte plus que sur l'évaluation de la vitesse et l'épaisseur de la cuirasse. Peut-être un jour viendra-t-il, — c'est le rêve de certains techniciens, — où des concessions mutuelles fusionneront en une seule les deux grandes unités dont doivent être pourvues les marines modernes : le cuirassé et le croiseur cuirassé.
A tout bien considérer, ce jour ne paraît pas proche, car, dans les conditions où se trouvent actuellement toutes les marines, il semble indispensable de conserver pour les cuirassés comme pour les croiseurs cuirassés « l'état harmonique », caractérisé par le développement des qualités essentiellement propres à chacun de ces deux types de navires.
Ce simple aperçu historique établit, par ordre chronologique, la classification de nos croiseurs cuirassés, et nous nous bornerons, comme nous l'avons fait pour les cuirassés, à décrire succinctement l'un des plus importants d'entre eux, la Marseillaise, dont le médecin principal Valence, en qualité de premier médecin-major de ce bâtiment, a fait une étude si approfondie.
La Marseillaise est un croiseur cuirassé de 138 mètres de long sur 20m,20 de large, muni d'un appareil moteur de 20500 chevaux (3 machines verticales, 28 chaudières), capable de fournir une vitesse de 21 nœuds, et comportant un équipage de 590 hommes dont 25 officiers.
En considérant une coupe longitudinale de ce croiseur (fig. 7), on voit qu'il se compose de deux étages situés au-dessus du pont principal, et portant dans la nomenclature actuelle les noms de premier entrepont et entrepont principal ; d'un faux-pont compris entre les deux ponts cuirassés (entrepont cellulaire), qui s'incline fortement à l'avant; et de deux autres faux-ponts très compartimentés, le premier interrompu en trois endroits par les chambres des chaufferies et des machines ; l'autre (en réalité troisième faux-pont ou cale), coupé comme l'étage précédent par la machinerie, et reposant sur la plateforme de cale.
Le pont proprement dit n'a pas la longueur complète du navire; il s'arrête environ à 10 mètres de l'arrière. Les cheminées et les